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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







dimanche 28 mai 2017

07ème dimanche de Pâques A - 28 mai 2017

Jésus, le bon pain qu'il nous faut partager.
 
J'ai été invité à présider la célébration de la Première communion dans une paroisse d'Alsace en l'absence de son curé. je vous donne l'homélie prononcée ce matin. les textes bibliques retenus par les catéchistes sont : 1P 4, 13-16 (soit la deuxième lecture de ce dimanche) et l'Evangile de Matthieu 15, 30-38 (multiplication des pains. Il me fallait aussi intégrer un échange sous forme de questions-réponses préparées par les enfants avec leurs catéchistes.





Le Prêtre :
Dites- moi les enfants,  comment être du bon pain pour les autres ? 
pour bien vivre ensemble  en famille, avec vos amis qu’est-ce qu’il vous faut ?

enfants :          Pour bien vivre avec  nos familles et  amis :
·       Il nous faut de l’amour, de la paix, de la joie, de la bonne humeur.
·       Savoir s’offrir des petits cadeaux et des attentions.
·       Il  faut se respecter, s’écouter, ne pas taper ses frères et sœurs, obéir à   papa et maman.
·       Partager des moments en familles plutôt que regarder des vidéos, ou de rester seul dans mon coin.
·       Il faut être serviable, et savoir se soutenir dans les épreuves.
·       Il faut s’entraider, aider l’autre dans les tâches ménagères, s’organiser, ranger nos jouets.
·       Il faut savoir dialoguer, et savoir pardonner.

Refrain :
Jésus, c’est Toi qui nous rassembles, Tu es là…
Jésus, Tu nous parles d’alliance, Tu es là …
Et dans ce pain partagé, tout ton amour est donné,
Tu nous envoies pour aimer, Tu es là….

Le Prêtre :
Et pour bien vivre ensemble à l’école qu’est-ce qu’il vous faut ?

enfants :          Pour bien vivre ensemble à l’école :
·       Il faut respecter les règles du savoir-vivre, écouter le maitre ou la   maitresse 
·       Penser à ses affaires. - Savoir travailler en silence.
·       Ne pas se moquer des enfants différents.
·       Apprendre ses leçons en restant attentif.
·       Aider les élèves en difficulté, être un bon camarade.
·       Rapporter les devoirs à un copain qui n’a pas pu aller en classe.
·       Ne pas gaspiller la nourriture à la cantine.
·       C’est bon de partager nos goûters, nos bonbons.

                        Refrain….
 
Le Prêtre :
Tu pratiques un sport, des activités, des loisirs, que faut-il que tu fasses pour que ça se passe bien ?

enfants :          Pour que cela se passe bien dans nos différents loisirs :
·       Il faut apprendre à être solidaire, écouter son coach, réussir à faire des passes.
·       Il faut savoir  s’encourager. Avoir l’esprit d’équipe. Savoir rester fairplay.
·       Bien travailler les exercices, aller régulièrement au sport, être assidu dans nos engagements.
·       Ne pas jouer perso, mais apprendre à jouer ensemble sans faire de bande ni jouer au chef.
·       Etre bon perdant pour apprendre à être un bon gagnant car  le sport est un loisir.
·       oser poser les questions  si l’on ne comprend pas.

                        Refrain ….

Le Prêtre :
Et cette belle nature que Dieu nous a donné, comment t’aide-t-elle à bien vivre ?

enfants :          Pour bien vivre dans notre belle nature :
·       On a besoin des arbres pour respirer. Il ne faut pas les couper
·       Il faut respecter nos belles forêts, les plantes, ne pas arracher les fleurs,  mais plutôt en planter.
·       Il ne faut pas jeter nos déchets pour ne pas  polluer et s’engager  au nettoyage de printemps.
·       Ramasser les papiers  qui ont été jetés.
·       Il faut apprendre à bien faire le tri.
·       Ne pas faire du mal aux animaux.
·       Fabriquer des hôtels à insectes.
·       Prendre le temps d’apprécier le calme de la nature
 
                        Refrain….
Le Prêtre :
Et enfin Dieu, en quoi en as-tu besoin pour vivre ?

enfants :
·       Nous avons besoin de l’amour de Dieu, on a besoin de venir à la  messe pour écouter et lire la bible et recevoir la communion pour avancer dans notre vie de chrétien.
·       Jésus nous donne son pardon. Il nous demande de nous aimer les uns les autres.
·       Quand on a des soucis, Jésus nous protège et nous soutient.
·       Pour avancer nous avons besoin des autres.
·       Il faut respecter les autres religions.

            Refrain…..

Les enfants, lequel d’entre vous pense que ces parents ont une bonne mémoire ? Toi ? Va voir tes parents et demande-leur quelle est la première question que je vous ai posée ? On t’attend ! (…)

La bonne réponse est : Comment être du bon pain pour les autres ? Dans cette question, il y a une erreur. Oui, après avoir entendu la première lettre de Pierre et l’évangile de Matthieu, j’affirme qu’il y a une erreur dans cette question. Laquelle ? Qui pense que sa catéchiste peut répondre à cette question ? … Vérifions de suite. Pourquoi y a-t-il une erreur dans cette question ? ...Parce qu’il n’y a qu’un seul bon pain, et ce n’est ni moi, ni toi, ni toi, ni qui que ce soit d’entre nous. Le seul bon pain, c’est Jésus. Et c’est lui, et lui seul qu’il faut partager. C’est lui et lui seul qu’il nous faut donner aux autres, parce que c’est lui, et lui seul qui sauve vraiment.

Ecoutez à nouveau Pierre dans la lecture que nous avons entendu : si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Et encore : si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. Ce que nous dit Pierre, c’est que nous devons être fiers, non pas de qui nous sommes, mais de ce que nous sommes : chrétiens. Nous devons être fiers d’appartenir au Christ. Parce que c’est cela que signifie le nom de chrétien : celui qui est au Christ, celui qui appartient au Christ Jésus. C’est le plus beau nom qu’on puisse donner à quelqu’un. Vos parents vous l’ont donné au jour de votre baptême. Et vous vous le redonnez à vous-mêmes chaque fois que vous faites quelque chose de bien. Parce que nous croyons que le bien qui jaillit de nous, c’est un peu de la lumière de Jésus que nous partageons. Parce que être chrétien, ce n’est pas être meilleur que les autres, mais toujours agir de la manière que Jésus aurait eu d’agir. Quand j’aime, quand je fais la paix, quand je sème la joie et la bonne humeur, quand je respecte les autres et les écoute, quand je refuse de me moquer des autres, quand j’aide celui qui est en difficulté, quand je suis solidaire, quand j’ai l’esprit d’équipe, quand je respecte le monde et la nature qui m’entoure, quand je reconnais à Dieu une place dans ma vie (pour ne reprendre que quelques-unes de vos réponses), je laisse l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus agir en moi, et je vis alors comme lui a vécu au milieu des hommes. Autrement dit, je montre à travers toutes ces actions, et bien d’autres encore, que Jésus est important pour moi, qu’il éclaire ma vie, qu’il donne du sens à ce que je vis. Je montre que je suis à lui et qu’il est en moi.

Les Apôtres de Jésus nous apprennent aussi, dans l’Evangile, à être de vrais disciples de Jésus. Souvenez-vous de ce que nous avons entendu dans l’évangile. De grandes foules s’approchaient de Jésus, avec pleins de malades de toutes sortes. Et Jésus les guérit. Il devait y avoir tant de monde que cela a dû prendre un peu de temps. Et voici qu’il fait faim. Je suis toujours surpris par ces foules qui viennent vers Jésus en oubliant de prendre de quoi manger. Enfin, on ne se promène pas dans le désert sans emmener une gourde et de quoi manger ! Toujours est-il qu’une fois de plus, ils sont nombreux autour de Jésus, ils passent beaucoup de temps à l’écouter, à le laisser soigner les malades, et quand vient l’heure de manger, il n’y a presque rien, il n’y a que sept pains et quelques petits poissons, pour quatre mille personnes, sans compter les femmes et les enfants ! Autant dire qu’il n’y a rien ! Même pas de quoi faire des amuse-bouche !  Et pourtant, nous dit Matthieu dans son évangile, tous mangèrent à leur faim et des morceaux qui restaient, on ramassa sept corbeilles pleines. Comment cela est-il possible ? Jésus était là, les disciples ont partagés le peu qu’ils avaient et le miracle a lieu. Quand Jésus est là et que les hommes ont envie de faire quelque chose avec lui, tout devient possible, même faire manger autant de monde avec seulement sept pains et quelques petits poissons. Le miracle est possible parce que Jésus multiplie en donnant de sa force, en se donnant lui-même. C’est lui qui partage ; il donne à ses disciples et les disciples à la foule. Ils donnent ce que Jésus leur donne. De même devons-nous donner ce que Jésus nous donne, et seulement ce que Jésus nous donne. Lorsqu’on donne ce que Jésus donne, on donne du bien, on donne de la paix, on donne de la joie, on donne du respect. Tout part de Jésus et de son désir de sauver les hommes. Je dois participer à ce désir et ne pas être un obstacle à Jésus. Alors tout va bien, tout va même très bien. Il reste sept corbeilles pleines.

Je me suis longtemps demandé d’où venaient subitement ces corbeilles vides ? Qui va se promener au désert avec une corbeille vide ? En forêt, à l’époque des champignons, je veux bien. Mais au désert ? Pour quoi faire ? Alors je me dis que ces corbeilles, c’est une image de nous face à Jésus. Et cela explique aussi pourquoi les gens suivent Jésus au désert sans rien emporter. Vous allez comprendre : si je viens vers Jésus, tout rempli de moi, de mes bonnes actions, de tout le bien que je pense de moi, comment puis-je me laisser remplir de ce qu’il veut me donner ? Si je suis plein de moi, il ne peut pas me remplir de lui, de son amour, de son salut. Mais si je suis comme une corbeille vide, alors il peut y déposer le bon pain de sa vie, alors je peux rentrer chez moi, plein de lui, plein de ses dons.

Oui, le seul bon pain, c’est Jésus ; c’est lui que je dois accueillir dans la corbeille de ma vie ; c’est lui que je dois donner aux autres comme les disciples l’ont fait avec le pain et le poisson reçus de Jésus. Et c’est bien ce qui se passe à la messe. C’est là que Jésus se donne dans le pain de sa parole (parce que sa parole nous nourrit, donne sens à notre vie)  et dans le pain de son corps auquel vous allez goûter pour la première fois. En recevant la communion, le chrétien reçoit Jésus dans sa vie pour que Jésus guérisse dans cette vie ce qui doit être guérit ; mais le chrétien reçoit Jésus, non pas pour le garder pour lui, mais pour le redonner aux autres, pour témoigner de tout ce que Jésus réalise en lui et pour lui. Ainsi d’autres hommes peuvent ressentir en eux une faim de Jésus ; ainsi d’autres hommes peuvent se laisser remplir de Jésus comme ont été remplies les corbeilles au désert.

En communiant, nous ne devenons pas meilleur que les autres ; et nous ne communions surtout pas parce que nous serions meilleurs que les autres. Nous communions parce que nous avons compris ce que Jésus peut changer dans une vie, ce que Jésus peut apporter dans une vie. Et nous communions pour être forts de Jésus, parce que nous croyons qu’il nous apporte et apporte au monde, ce qu’il y a de meilleur, ce qu’il y a de plus utile. Et c’est pour cela que cette première communion ne peut pas, ne doit pas rester votre seule communion. De même que vous ne mangez pas une seule fois dans votre vie pour être rassasié, de même vous ne pouvez pas communier une seule fois pour être définitivement plein de Jésus. C’est une communion à renouveler autant que possible, au moins chaque dimanche pour affronter la semaine à venir fort de la force même de Jésus. Je vous souhaite donc une belle communion pour aujourd’hui, et pour chaque dimanche que Dieu vous donnera de vivre. Amen.

mercredi 24 mai 2017

Ascension - 25 mai 2017

Une fête pour nous remettre en route !





Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?

Cette simple question traduit toute la dramaturgie de cette fête si particulière de l’Ascension. Elle souligne le désarroi qui doit être celui des Apôtres devant ce départ pourtant annoncé du Christ ! Ce n’est pas comme au moment de sa mort, mais quand même, cette séparation marque la fin d’une époque. Désormais, ils n’auront plus Jésus, présent sous leurs yeux. Désormais, ils devront apprendre à lire sa présence au cœur même de leur action et de leur vie.
 
Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?

Cette question sonne aussi un peu comme un reproche. Les disciples n’ont-ils donc pas entendu Jésus dire qu’il reviendrait ? N’ont-ils rien d’autre à faire que de rester là ? Le retour promis n’est pas pour tout de suite : on le comprend assez rapidement. Mais attendre le Christ, ce n’est pas justement attendre là, qu’il se passe quelque chose. Attendre le retour du Christ, c’est vivre de l’Evangile, témoigner du Ressuscité, grandir en sainteté. C’est tout, sauf rester passif. Je me demande si, à travers cette question, les anges n’essaient pas de faire comprendre que la foi est action, vie, témoignage. La présence de Jésus les avait peut-être habituée à regarder Jésus faire, à écouter Jésus parler de Dieu et de son Royaume. Son absence va les pousser à prendre la relève. Il a fait d’eux ses disciples pour qu’ils poursuivent son œuvre, et qu’ils aillent sur les routes des hommes pour porter la Bonne Nouvelle du salut, ce salut qu’ils ont pu expérimenter dans la mort/résurrection de Jésus. Ils n’ont plus à avoir peur : Christ s’est montré plus fort que la mort même ! Ils n’ont plus à craindre les hommes : en Jésus, ils ont déjà leur part à la victoire. Ils n’ont plus à être effrayés de ne pas trouver les mots : Jésus leur promet, au moment-même de son départ, le don de l’Esprit Saint, cet Esprit qui les poussera à sortir et à s’adresser à tous les peuples. 
 
Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?

Cette question, nous pouvons aujourd’hui l’adresser à de nombreux chrétiens qui semblent s’être arrêté dans leur chemin de foi. Ils sont nombreux, ceux qui ont oublié qu’ils avaient à témoigner de l’espérance qui les fait vivre, et du Christ qui appelle sans cesse à plus de vie. D’ailleurs, n’en sommes-nous pas quelquefois ? Ne sommes-nous pas de ces disciples qui se sont arrêtés sur le bord du chemin lorsque nous refusons d’avancer sur les nouveaux chemins que l’Eglise nous propose, parce que « nous n’avons jamais fait comme ça » ? Ne sommes-nous pas de ces disciples qui s’arrêtent sur le bord du chemin lorsque nous refusons de faire un bout de route pour retrouver les autres frères de la communauté chrétienne qui se réunissent dans le village d’à côté ? Ne sommes-nous pas de ces disciples arrêtés au bord de la route lorsque nous refusons de prendre notre part à l’animation de la communauté locale ? Ne sommes-nous pas de ces disciples arrêtés au bord du chemin lorsque nous n’approfondissons plus notre foi par des lectures, des conférences, des échanges ? Ne sommes-nous de ces disciples arrêtés au bord du chemin lorsque nous posons des choix politiques en contradiction avec l’Evangile ? 
 
Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ?

Cette interpellation a remis les Apôtres en route, même si elle ne les a pas complètement libérés. Il faudra encore l’Esprit de Pentecôte pour que tombent les dernières barrières, les dernières craintes. Appelons-donc cet Esprit au cœur même de notre communauté : qu’il vienne nous bousculer, nous secouer et nous remettre en route, dans l’attente joyeuse et active de Celui qui vient et ne cesse de venir pour nous vie. Amen.

samedi 20 mai 2017

06ème dimanche de Pâques A - 21 mai 2017

L'Eucharistie réalise la promesse de la présence de Dieu.







Lentement, nous approchons de la fin du temps pascal. Jeudi, nous célèbrerons le retour du Christ vers son Père. Et après ? Qu’en est-il donc de la promesse de Dieu d’être avec nous chaque jour ? Que devient la certitude donnée par le Christ qu’il sera toujours au milieu de nous ? Sa mort avait déjà creusé une distance : nous nous sentions abandonné. Avec les disciples d’Emmaüs, nous doutions que notre monde ait encore un avenir possible. Mais l’annonce de la Pâque, les manifestations du Ressuscité nous ont regonflé d’espoir : celui que nous avions fait mourir, Dieu l’a ressuscité. Nous le retrouvions, presque comme avant, marchant sur nos routes, partageant la Parole, mangeant avec nous. Et voilà que l’Evangile de ce dimanche nous rappelle qu’il va nous quitter et nous ne le verrons plus comme nous nous voyons les uns les autres. Comment saurons-nous qu’il continue de nous guider ? Comment expérimenterons-nous sa présence au milieu de son peuple ? 
 
La liturgie de ce dimanche nous en donne déjà un aperçu : Jésus a promis de ne pas nous laisser orphelin. Au moment même où il annonce son départ, il nous promet une autre présence, un Défenseur : l’Esprit de Vérité. Cela devrait nous rassurer, mais qui a vu cet Esprit ? N’est-ce pas : Dieu fait homme en Jésus Christ avait un visage, un corps, comme nous. Nous pouvions l’approcher, le toucher, le reconnaître. Mais un Esprit ? Jésus lui-même affirme d’ailleurs que le monde ne peut ni le voir ni le connaître. Alors ? 
 
La réponse vient encore de Jésus. Cet Esprit est en nous. Il nous pousse à vivre selon l’Evangile, selon le commandement de l’amour que Jésus vient d’offrir aux siens. L’Esprit ne peut être reçu que par ceux qui ont accueilli le Christ puisqu’il va révéler la Vérité de son enseignement. Il va révéler au disciple ce qu’il avait pressenti à l’école de Jésus et qu’il ne pouvait pas encore saisir en totalité, simplement parce que le Christ n’était pas encore ressuscité. Seul le vrai disciple du Christ peut voir cet Esprit et le connaître. Il le voit à l’œuvre dans la vie quotidienne de celles et ceux qui vivent selon l’enseignement du Christ Sauveur. Car c’est bien l’Esprit qui met en œuvre notre capacité à aimer comme Dieu aime ; c’est bien l’Esprit qui est au cœur de nos pardons demandés et de nos pardons accordés. L’Esprit est celui qui nous permet de nous reconnaître frères et sœurs en Christ, membres d’une même famille. Il nous ouvre à la Vérité de Dieu, il nous ouvre à la Vérité de l’œuvre d’amour et de salut du Christ ; il nous ouvre à notre propre vérité, c’est-à-dire à qui nous sommes, ce que nous sommes et combien nous sommes aimés, infiniment, gratuitement par Dieu. Chaque fois qu’un disciple est capable d’amour, chaque fois qu’un disciple est capable de pardon, chaque fois qu’un disciple est capable de se reconnaître vraiment fils du Dieu vivant, c’est l’Esprit qui est à l’œuvre dans sa vie et qui le lui révèle. 
 
Cet Esprit de vérité agit aussi au cœur de l’Eglise, au cœur de notre célébration de l’Eucharistie. C’est lui qui nous permet de comprendre ce que Dieu attend de nous à travers la Parole entendue, méditée, expliquée. C’est lui encore qui fait de nos offrandes le Corps et le Sang du Christ, rendant présent au milieu de nous Celui-là même qui l’a envoyé. Les épiclèses que nous chantons sont des appels à l’Esprit pour qu’il fasse de nous les membres vivants du Corps du Christ. En agissant ainsi, il nous permet de comprendre qu’à travers le Pain et le Vin partagés, c’est bien le Christ qui est là, actualisant sa promesse de ne jamais nous laisser orphelins. En participant au repas de l’amour offert par Dieu, nous nous approchons du Christ, nous grandissons dans son amour, nous grandissons dans la connaissance de son Evangile et nous devenons, communion après communion, davantage ses disciples, heureux d’être rassemblés, heureux de lui ressembler toujours plus. En nous, peut grandir l’amour de Dieu ; à travers nous, il peut toucher celles et ceux que nous connaissons et côtoyons quotidiennement. Par la puissance de l’Esprit, le Christ se rend présent dans le pain et le vin ; par notre communion au Christ, l’Esprit se répand en nous et à travers nous. Ainsi nous construisons ce monde plus juste, plus aimant que le Christ a inauguré dans sa vie terrestre ; ainsi, nous faisons grandir le Royaume. 
 
L’Apôtre Pierre souligne dans sa lettre la nécessité pour le disciple du Christ de toujours rendre compte de son espérance. Cela ne peut se faire avec conviction et sincérité si l’Esprit n’habite pas le cœur du disciple. Témoigner du Ressuscité, hier comme aujourd’hui, nécessite un courage et une force que seul l’Esprit nous procure. A chaque eucharistie, nous lui permettons de grandir en nous, en nous alimentant à la source même : le Christ vivant. Puisse notre eucharistie de ce jour nous permettre de demander encore cet Esprit pour qu’il devienne la source même de notre agir et le rempart de notre foi. Puisse notre communion au Christ Vivant nous faire goûter sa présence vraie au milieu de nous, aujourd’hui et toujours, selon la promesse qu’il nous a faite. Amen.

(Dessin de Mr Leiterer)

samedi 13 mai 2017

05ème dimanche de Pâques - 14 mai 2017

L'Eglise, Temple de l'Esprit Saint.




Il y a de nombreuses manières de parler de l’Eglise. Dire ce qu’elle est, dire son mystère, passe nécessairement par une multitude d’images variées, se  complétant l’une l’autre. Si l’Evangile de dimanche dernier nous invitait à découvrir Jésus, le bon Berger, il exprimait aussi une partie du mystère de l’Eglise, comprise comme bergerie du Christ. Ce matin, la liturgie nous propose la méditation d’un extrait de la lettre de Pierre qui nous rappelle qu’il existe un lien puissant entre Jésus et les croyants : le baptême. Le baptême nous identifie au Christ et nous introduit dans cette Eglise de Jésus Christ. Cette Eglise, affirme Pierre, est Temple de l’Esprit (demeure spirituelle dans la nouvelle traduction liturgique) que nous sommes invités à construire par notre vie. Je voudrais méditer avec vous cette affirmation de l’Eglise au sujet d’elle-même.
 
Voilà une belle expression pour exprimer quelque chose du mystère de l’Eglise : Temple de l’Esprit Saint. Elle signifie que l’Esprit Saint y habite, que nous avons la certitude d’être guidé par lui, accompagné à chaque instant. L’Eglise n’est pas Temple de l’Esprit Saint parce qu’elle serait meilleure que les autres institutions humaines, mais parce qu’elle vient de Dieu. Dieu a établi sa demeure au milieu de son peuple. Puisque l’Eglise est ce peuple de Dieu, elle est aussi le lieu où il demeure ! 
 
Dire que l’Eglise est Temple de l’Esprit Saint, c’est aussi affirmer une des missions essentielles de l’Eglise – et donc de chaque croyant –  : sanctifier le monde. Autrement dit, on y prie, dans cette Eglise. « Prier, c’est établir une relation d’amour, une relation personnelle entre Dieu et moi ». Cela a quelque chose à voir avec ma vie privée.  Mais cela a quelque chose à voir aussi avec la prière communautaire ! Si un chrétien seul est un chrétien en danger, on peut dire, par analogie, qu’il en va de même pour le priant. Un priant solitaire peut être en danger si sa prière ne rejoint jamais celle d’une communauté priante. Si la prière personnelle est vitale parce qu’elle met le croyant en relation personnelle avec Dieu, la prière communautaire l’est tout autant, parce qu’elle fait entrer le croyant dans la prière de l’Eglise, et le met ainsi en relation avec ses frères. Je ne prie plus alors avec mes seuls mots et selon mes humeurs, mais avec les mots et les gestes que me donne l’Eglise. La prière de l’Eglise, c’est bien sûr la célébration des sacrements, et en particulier l’Eucharistie, mais c’est aussi la liturgie des heures, c’est-à-dire la sanctification du temps qui passe. Quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, il y a ainsi toujours quelqu’un, quelque part dans le monde, en train d’adresser à Dieu la louange qui lui revient ! Et l’homme ne prie plus ainsi seulement pour lui selon les trois mots fondamentaux de la prière (pardon, s’il te plaît, merci), mais il prie avec les autres, pour la sanctification de l’Eglise et du monde, avec les mots que l’Esprit Saint confie à l’Eglise. C’est une des missions fondamentales de l’Eglise avec l’enseignement et la charité, et non pas l’affaire de spécialistes reclus dans nos monastères ! Par notre baptême, nous participons au sacerdoce commun de tous les fidèles, et nous avons donc notre part à prendre dans la louange des merveilles que Dieu réalise pour nous. 
 
Affirmer que l’Eglise est Temple de l’Esprit Saint, c’est aussi reconnaître la chance que nous  avons d’être soutenus par la prière des autres. Nous le savons bien : la vie spirituelle est une longue route. Tous n’ont pas la même avancée. Tous ne courent pas avec la même foulée. Il y a aussi des jours où l’on a envie de s’asseoir, de se reposer. C’est dans ses moments-là, quand rien ne va plus, que nous pouvons le mieux faire l’expérience de l’Eglise comme Temple de l’Esprit Saint, car si nous y prêtons attention, nous pouvons nous sentir portés par la prière des autres. Les mots de la prière qui m’échappent parce que je n’en peux plus sont comme entraînés par la prière de l’Eglise. Et si je ne trouve plus les mots de la prière, je sais que quelqu’un, un frère, une sœur en Christ, prie avec les mots de l’Eglise, pour celles et ceux qui ne savent plus prier ou qui ne savent pas prier. Je peux donc reprendre pied dans ma vie spirituelle en sachant qu’un jour, j’aurai à rendre à mon tour ce service de la prière pour quelqu’un qui sera resté au bord du chemin. La prière de l’Eglise, la prière pour l’Eglise est certainement un des signes les plus forts de la fraternité spirituelle que nous sommes appelés à vivre ! Si nous avons bien compris que la prière, personnelle ou/et communautaire, n’est pas une échappatoire, mais un puissant levier pour transformer les cœurs et le monde, alors nous éviterons la principale limite de cette image de l’Eglise, limite qui consisterait à fuir dans un spiritualisme forcené, déconnecté de la réalité.  L’Eglise est Temple de l’Esprit Saint et nous sommes les pierres vivantes qui forment cette Eglise. Nous sommes le sacerdoce royal chargé de célébrer les louanges de Dieu. Avant d’être un titre de gloire, c’est une grande responsabilité, puisque nous avons à témoigner devant les autres de ce que Dieu réalise pour nous, en nous, par nous. 
 
Par le baptême, chacun fait son entrée dans ce Temple vivant. Il est de notre responsabilité à tous d’éveiller chaque baptisé à ce grand mystère pour que chacun trouve un jour sa place au milieu de nous et chante à son tour les merveilles de Dieu pour les hommes. Aucun croyant ne saurait se soustraire à ce devoir. Aucun croyant ne saurait garder pour lui ce que Dieu réalise dans sa vie. Si nous sommes vraiment au Christ, cela doit se voir ; si nous sommes vraiment au Christ, cela doit se traduire dans une vie conforme à l’Esprit du Christ. Que la célébration de cette eucharistie soit l’occasion de renouveler notre attachement au Christ Sauveur ! AMEN.

samedi 6 mai 2017

04ème dimanche de Pâques - 07 mai 2017

Le Christ est-il bien notre berger ?





           Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne, je suis toujours surpris par le nombre de personnes qui se convertissent au jour de la Pentecôte, après le discours de Pierre. Il se passe visiblement quelque chose à Jérusalem, ce jour-là, en-dehors du fait que l’Esprit Saint ait fondu sur les Apôtres. Le discours de Pierre n’est pas extraordinaire : il affirme juste sa foi en Jésus ressuscité et invite ses auditeurs à la conversion. Cela a suffi pour qu’environ trois mille personnes se joignent à eux. Il leur parle du Christ, ils le choisissent comme berger de leur vie. 
 
            Cette image de berger est une vieille image pour parler de Dieu qui guide son peuple. Elle est déjà présente dans le psaume 22, sans doute le plus connu de tous. C’est un psaume que de nombreux croyants aiment reprendre pour dire leur confiance en Dieu et surtout pour affirmer le réconfort apporté par Dieu. Il veille sur ceux qui croient en lui, il les conduit et les fait revivre. Il est présent aux heures difficiles, notamment à l’heure de la mort, le moment où Dieu lui-même reçoit le croyant à sa table. La présence de Dieu au côté du croyant est permanente, tous les jours de la vie et procure grâce et bonheur. Nous avons bien raison de chanter en ce dimanche : le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer. Comment ne pas craquer devant un tel Dieu ? Comment ne pas décider de le choisir pour berger de notre vie ? 
 
            Pierre, dans sa première lettre, et Jean, dans son évangile, reprennent cette image et l’appliquent à Jésus, le berger des brebis. Il est le vrai berger parce qu’il est celui qui sauve, celui qui apporte le salut aux hommes. Lui-même a porté nos péchés, dans son corps, sur le bois, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice. Par ses blessures, nous sommes guéris. C’est donc vers lui qu’il nous faut sans cesse revenir. C’est lui qu’il nous faut écouter. C’est lui qu’il nous faut suivre. C’est lui qu’il nous faut accueillir. Comment ne pas reconnaître la puissance de cet amour ainsi manifesté ? Comment ne pas croire que Dieu veut vraiment notre vie ? Comment croire encore que nous pourrions nous passer de Dieu et de ce qu’il accomplit pour nous en Jésus ? 
 
            Cela reste un grand mystère pour moi ; je ne m’explique pas que des hommes puissent intentionnellement renoncer à Dieu, renoncer au Christ après avoir entendu parler de lui. Je ne comprends pas davantage que des hommes puissent, en nombre, suivre de faux pasteurs. Je comprends encore moins que des hommes puissent travestir Dieu, falsifier son œuvre et déformer son visage. Mais je comprends toujours mieux que je dois sans cesse me convertir le premier et accorder ma vie à l’Evangile,  convertir le regard que je porte sur Dieu, convertir mon discours sur Dieu pour que les hommes ne se détournent pas de lui à cause de moi. Je mesure la responsabilité qui est mienne, la responsabilité qui est celle de tous ceux et toutes celles qui croient déjà en lui. Nous avons une responsabilité particulière ; par notre vie, nous devons transpirer le Christ ; par nos actes et nos grandes décisions, nous devons refléter l’Evangile du Christ et faire en sorte que son message d’amour pour tous, son message d’accueil de l’autre nécessairement différent, son message de respect et de protection du faible, soit toujours entendu et pleinement vécu. Chrétiens de France, nous avons aujourd’hui une responsabilité particulière lorsque nous exprimerons notre vote. Nous avons l’occasion de faire vivre plus ou moins d’Evangile pour les années à venir ; nous avons l’occasion de dire ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas au nom de l’Evangile ; nous avons l’occasion d’être de ce peuple qui se prononce pour un avenir que nous espérons meilleurs, pas seulement pour nous, mais pour tous les hommes. Comme nous le rappelaient cette semaine notre archevêque et les responsables des autres cultes, nous ne saurions ni nous taire, ni nous dérober. 
 
            Si le Christ est vraiment notre berger, construisons avec lui un monde plus fraternel. Si le Christ est vraiment notre berger, construisons avec lui un monde sans peur, sans haine. Si le Christ est vraiment notre berger, construisons avec lui un monde ouvert et accueillant. Il a donné sa vie pour un tel monde. Ne soyons pas errants comme des brebis ; retournons vers notre berger, le gardien de nos âmes. Aujourd’hui plus que jamais. Amen.

(Dessin de M. Leiterer)