Quand Dieu nous dit son amour, il se montre plus fort que la mort.
Vendredi, devant la tombe scellée d’une lourde pierre, nous pensions l’histoire terminée. Jésus était mort en croix, les disciples dispersés ; il ne restait rien de la communauté qui l’avait suivi ; il ne restait rien de l’espérance des hommes qui avaient vu en lui le Sauveur, le Messie tant attendu ! Et voici qu’au cœur de notre nuit a jailli un cri de joyeuse espérance : Soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Cette nouvelle, partagé par l’ange du Seigneur à quelques femmes, est-elle crédible ?
L’évangile de Jean que nous venons d’entendre
nous montre bien que cette réalité nouvelle, inaugurée par l’acte tout aussi
nouveau de la résurrection de Jésus, ne va pas de soi. Jésus a beau avoir
annoncé par trois fois à ses disciples qu’il allait être livré à ses
adversaires, mourir et ressusciter le troisième jour, cela ne fait pas une
évidence pour ses disciples. Marie Madeleine est persuadé que quelqu’un a
enlevé le Seigneur de son tombeau. Pierre, qui va vérifier avec Jean les
dires de la femme, ne comprend rien aux signes qu’il voit : les linges
posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, roulé à
part à sa place, cela ne lui parle pas ; cela ne provoque aucun retour
en arrière sur les annonces de la Passion et de la Résurrection, ni même un :
mais c’est bien sûr… Stupeur sans doute, incompréhension assurément ! Il n’y
a que le plus jeune, Jean, l’autre disciple, pour voir et croire. La résurrection,
c’est tellement neuf, que c’est incroyable ! Vous pourrez faire l’exercice
chez vous, et relire tous les récits d’apparition du Ressuscité dans les quatre
évangiles, et vous constaterez le temps qu’il a fallu pour que les disciples
intègrent cette nouveauté. Paul l’expliquera à sa manière : un Messie
crucifié, c’est un scandale pour les Juifs, une folie pour les païens !
Par
le baptême, par une vie donnée à ceux qui sont placés sur notre route, nous
sommes témoins de la puissance de la vie sur la mort. Chaque acte bon, chaque
geste de paix, chaque colère brisée, chaque moment de haine qui laisse la place
à une fraternité retrouvée, chaque attention aux plus pauvres, chaque main
tendue, chaque parole d’espérance : autant de signes que la vie gagne sur
la mort, toujours, et que l’œuvre du Christ, mort et ressuscité, continue de
faire vivre les hommes et les femmes de notre temps ; autant de signes que
Christ est bien vivant, agissant en nous et à travers nous comme il avait jadis
agit quand il était au milieu de ses disciples. Oui, Christ est ressuscité, il
est vraiment ressuscité ! Que ce cri de Pâques ne manque jamais à nos
lèvres ; qu’il nous pousse à promouvoir la vie et la fraternité véritable.
Amen.





