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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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dimanche 22 juin 2025

Fête du Corps et du Sang du Christ C - 22 juin 2025

 Adoration, communion : pourquoi les opposer ?



 

 

            Tout a commencé le 7 avril de cette année, dans la rubrique A vif, du journal La Croix. Un prêtre témoigne comment le pape Jean-Paul II a marqué des générations de prêtres dans le monde. Il dit entre autres : Jean-Paul II insistait sur la centralité de la prière dans la vie du prêtre. Ma génération cherche à développer une spiritualité, souvent nourrie par l’adoration eucharistique, une forte dévotion mariale et un attachement à la liturgie. Rien de révolutionnaire ni d’extravagant. Cela a pourtant entraîné des réactions de lecteurs interrogeant le positionnement de ce prêtre. Une personne par exemple s’interroge : Qu’est-ce qui est le plus important, la communion eucharistique – qui fait des fidèles le Corps du Christ pour qu’ils témoignent de l’amour de Dieu pour tous –, ou l’adoration eucharistique – pratique individualiste, qui n’est pas sans risque de déviance (fascination pour l’hostie, chosification de la présence réelle dans un morceau de pain) ? La fête du Corps et du Sang du Christ qui nous rassemble, est l’occasion toute trouvée pour éclaircir ce questionnement parce que justement, nous y ferons les deux : communier et adorer !

             Ma première réponse serait de dire : pourquoi opposer communion et adoration ? Parce que la première serait communautaire et la seconde individuelle ? Tout alsacien qui se respecte sait que l’adoration est aussi communautaire. Il peut en faire l’expérience chaque année lorsque son secteur est d’adoration au Mont Sainte Odile. Depuis 1931, les paroisses se relaient dans ce haut-lieu de la foi chrétienne en Alsace pour porter devant le Saint Sacrement exposé la prière pour l’Eglise diocésaine et pour le monde. Jour et nuit, nous nous relayons, deux par deux, pour assurer cette prière devant le Christ présent dans l’Hostie exposée. Est-ce dangereux que de vouloir être présent à Jésus ? Est-ce dangereux que de se mettre à l’écoute de Celui qui a livré sa vie pour notre salut ? Est-ce dangereux de se confier et de confier le diocèse et le monde à l’Amour exposé et adoré ? Je ne crois pas, sinon je n’y entrainerais pas des jeunes chaque année. Adorer le Saint Sacrement, c’est justement croire à cette présence continue du Christ qui nous stimule, stimule notre foi et nous tourne vers les autres. Nous venons devant lui, avec nos peines et nos joies, avec les visages de celles et ceux qui nous ont demandés de prier pour eux. Nous venons devant lui accueillir son amour, non pour le garder jalousement pour nous, mais pour le répandre et le transmettre. Adorer ne sert à rien si cela ne nous relie pas aux autres ; adorer ne sert à rien si cela nous replie sur nous-mêmes. Le « risque de déviance » existe, mais pas plus qu’avec la communion eucharistique !

             Si l’adoration est importante, la communion eucharistique l’est tout autant. Elle nous fait accueillir physiquement à travers ce Pain rompu et partagé, le Christ qui s’est livré pour nous. C’est le sens même voulu par Jésus : Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. Faire mémoire, c’est plus que simplement se souvenir ; c’est rendre ce sacrifice unique, contemporain à notre vie. Et ce faisant, nous redisons le cœur de notre foi en Jésus qui s’est livré pour nous et dont nous attendons le retour.  Nous avons entendu Paul l’expliquer aux chrétiens de Corinthe : Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. Le risque de chosifier le corps du Christ est tout aussi réel dans la communion que dans l’adoration. Je peux communier en ne pensant qu’à moi et à mon petit Jésus qui se livre pour moi, oubliant qu’il s’est livré pour la multitude ! Que la communion eucharistique construise le corps du Christ est une réalité à laquelle je crois, mais ce n’est pas pour autant que chacun en a conscience, ni même que chacun ait le désir de grandir dans l’Eglise et de la servir. La communion ne garantit pas davantage une ouverture et une attention aux autres. C’est toujours une question personnelle : est-ce que je reçois l’Hostie pour moi tout seul ou pour que le Christ nourrisse ma foi et me rende courageux sur le chemin de la mission, à la rencontre des frères et sœurs en humanité qu’il met sur ma route ?

             En cette solennité du Saint Sacrement, nous allons communier, non parce que nous l’avons mérité, mais pour redire notre attachement profond au Christ et notre désir de nous laisser envoyer par lui, dans le monde, pour y vivre notre foi. Il est le Pain qui nous fait vivre et nous met en relation avec lui et les autres. En cette solennité du Saint Sacrement, nous allons aussi processionner et prendre un temps d’adoration, à l’issue de la messe. Nous porterons le Christ au cœur de cette cité, au cœur de la vie des hommes et des femmes de notre temps. Ils nous regarderont ou pas ; ils apprécieront ou pas. Cela les concerne et ne nous empêchera pas de rappeler que l’homme, à cause de Jésus, vaut plus que ce qu’il pense, qu’il est appelé à une vie qui le dépasse et le fait grandir jusqu’à être capable d’assumer Dieu. Parce que oui, l’homme est capable de Dieu. Capable de l’accueillir dans sa vie par la communion ; capable de le laisser transformer sa vie par l’adoration. Communion et adoration nous rapprochent du Christ qui nous renvoie toujours vers nos frères et sœurs en humanité qui sont comme un reflet de sa présence à notre monde. La communion comme l’adoration nous renvoie vers l’humanité pour que nous la servions comme nous essayons de servir Dieu. Que cette solennité nous le fasse comprendre davantage. Amen.

 



samedi 31 mai 2025

7ème dimanche de Pâques C - 01er juin 2025

 Pâques, l'expérience du désir d'être avec Dieu.







 

            C’est un curieux dimanche que ce septième dimanche de Pâques. Coincé entre les deux solennités de l’Ascension et de la Pentecôte, on pourrait le prendre pour un petit dimanche sans importance, et pourtant les lectures qui lui sont affectées nous rappellent que le mystère de Pâques, c’est aussi l’expérience du désir d’être avec Dieu.

             La première lecture nous relate la fin tragique d’Etienne, le diacre, premier martyr à cause de sa foi au Christ Sauveur. Luc souligne habilement l’identification d’Etienne avec Jésus dans sa mort : les mêmes paroles prononcées que Jésus sur la croix, une mort violente en haine de son attachement à la personne de Jésus. Ceux qui pensaient être débarrassés de Jésus après l’avoir cloué en croix, ne peuvent qu’être excités contre ce prédicateur qui accomplissait parmi le peuple des prodiges et des signes éclatants. Manquant peut-être d’imagination, ou parce que cela avait bien fonctionné avec Jésus, ils ressortent les mêmes vieilles accusations : Cet individu ne cesse de proférer des paroles contre le Lieu saint et contre la Loi. Nous l’avons entendu affirmer que ce Jésus, le Nazaréen, détruirait le Lieu saint et changerait les coutumes que Moïse nous a transmises. La justice est expéditive, les pierres se mettent à voler et Etienne s’effondre avant de s’endormir dans la mort après avoir invoqué le nom du Seigneur : Seigneur Jésus, reçois mon esprit. Le désir profond d’Etienne est ainsi manifeste : il veut vivre pour toujours avec Celui qu’il a annoncé et servi. Il va à sa rencontre, sans haine pour ses persécuteurs ; seul compte Jésus et la vie avec lui.

             L’extrait du Livre de l’Apocalypse nous donnait alors à entendre quelques-uns des versets qui concluent ce livre, et donc toute la Bible. Cette annonce du retour du Christ dans la gloire, au jour du jugement, s’achève sur ce cri : Amen ! Viens, Seigneur Jésus ! C’est l’espérance chrétienne qui est ainsi exprimée. Nous désirons ardemment ce retour qui fera toute chose nouvelle. Là où Etienne allait à la rencontre de son Sauveur dans sa mort, les témoins de l’Apocalypse appellent le Christ à revenir. Le mouvement peut sembler contraire, mais c’est la même réalité qui est exprimée : le désir de l’humanité de vivre avec Jésus. Que nous allions vers lui ou qu’il vienne vers nous, le résultat est le même : une communion entre l’humanité sauvée et le Christ Sauveur. La question qui se pose alors à chacun est bien celle-ci : désires-tu être avec Jésus ?

             Dans sa grande prière sacerdotale au soir de sa mort, Jésus adresse déjà à son Père ce même désir pour l’humanité : Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Autrement dit, cette communion de l’humanité avec Dieu est fondatrice de la foi. Nul ne peut croire quand la division règne ; nul ne peut croire et être agent de division. Croire, c’est fondamentalement prendre le parti de Dieu, vivre avec lui, en lui, pas seulement au-delà de cette vie, dans le paradis, mais dès ici et maintenant. Et Jésus d’insister : Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Notre désir d’être avec Dieu, avec le Christ, Jésus le fait sien : Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire. Et voilà comment notre désir profond d’être avec Jésus devient notre destinée, quand le Christ légitime notre désir et le fait sien. Rien ne pourra désormais jamais nous séparer de lui. Ce que nous osions à peine imaginer, il le veut et il le demande à Dieu. Parce que Dieu aime son Fils par-dessus tout, il l’exausera. Il ne lui a jamais rien refusé ; il ne va pas commencer maintenant ; nous pouvons en avoir la certitude.

             Désirer plus que tout être avec Dieu, avec Jésus. Voilà un noble désir à cultiver. Il est le fruit de ce temps pascal qui nous a donné de méditer le cœur de notre foi. Nous ne sommes pas obligés d’attendre le jour de notre mort pour confier notre âme à Jésus. Dès maintenant, nous pouvons lui demander de nous garder en communion avec lui pour que notre vie terrestre soit un témoignage de la puissance de son amour pour tous les hommes. Avec l’Esprit et l’Eglise, nous pouvons dire à Jésus, le Christ : Viens ! Viens dans ma vie ! Viens dans ce monde qui semble si souvent vivre comme si tu n’existais pas ! Viens, le monde a tant besoin de toi ! Viens, j’ai besoin de toi ! Amen.

samedi 26 juin 2021

13ème dimanche ordinaire B - 27 juin 2021

 Quand nous allons à la rencontre de Jésus...



(Fille de Jaïre, site internet Sagesse orthodoxe)



        Je voudrais commencer par remercier les personnes qui ont préparé cette messe pour avoir conservé les textes du dimanche et n’avoir pas cédé à la facilité de les remplacer, en ce jour où nous célébrons des premières communions, par des textes eucharistiques ou par des textes qui « seraient plus adaptés aux enfants », si toutefois de tels textes existent. Vous nous rappelez que nous ne sommes pas propriétaires de la Parole de Dieu, que le dimanche on ne choisit pas, mais on reçoit ce que Dieu veut nous dire. Et voyez-vous, si je considère la messe comme le moment où je vais à la rencontre de Jésus, les textes entendus conviennent très bien, puisque les lectures nous rappellent quelques fondamentaux et l’Evangile nous donne à voir des personnes qui vont à la rencontre de Jésus.

            Rapidement les fondamentaux (ce qu’on ne peut pas ignorer quand on est croyant) qui nous sont rappelés dans les deux lectures. Celle du Premier Testament d’abord nous redit que Dieu n’a pas fait la mort. Il faut entendre cela et le croire vraiment, parce que cela nous dit aussi que nous, les humains, nous-ne-sommes-pas-faits-pour-la-mort ; nous ne sommes pas faits pour quitter la vie. Au contraire, Dieu nous a fait pour que nous venions à la Vie, il nous a fait naître et nous fait renaître en Jésus, par notre baptême. Ne l’oublions jamais : notre destinée, c’est la Vie en plénitude, la Vie vraie, pas cette espèce de vie raccourcie que nous connaissons depuis plus d’un an maintenant, pas une vie confinée, pas une vie sans relation. Chaque fois que vous venez à la messe, vous venez à la Vie, vous venez accueillir, dans la Parole et dans le Pain, la Vie même de Dieu.

            La lecture de l’apôtre Paul ensuite nous a redit le don généreux de notre Seigneur Jésus Christ. C’est l’autre fondamental de notre foi qui est comme la garantie du premier fondamental que je viens de rappeler. Dieu n’a tellement pas fait la mort (premier fondamental) qu’il a envoyé Jésus pour affronter la mort (deuxième fondamental). C’est un cadeau que Jésus nous fait, un cadeau généreux. Il a offert sa vie gratuitement pour que nous puissions partager la vie de Dieu. Il est mort (alors qu’il est la Vie) pour que nous puissions vivre alors que nous étions comme morts à cause de notre péché. Et ce don généreux doit entraîner chez nous un élan au partage. Ceux qui ont trop doivent partager avec ceux qui n’ont pas assez. Il ne s’agit pas de déshabiller Paul pour habiller Pierre. L’Apôtre le dit bien : il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne en soulageant les autres, il s’agit d’égalité. Autrement dit, venir vers Jésus, c’est adopter un style de vie, une manière d’être qui soit à la hauteur du cadeau que Jésus nous fait, une manière de vivre qui soit à la hauteur de la vie de Dieu.

            Les fondamentaux étant rappelés, nous pouvons alors découvrir comment et pourquoi, dans l’Evangile entendu, les gens viennent vers Jésus. Nous verrons successivement Jaïre, le chef de synagogue, la femme qui avait des pertes de sang, et les proches de Jaïre. De Jaïre, nous apprenons qu’il est chef de synagogue (je dirais qu’il est croyant-pratiquant) et que sa fille est très malade, au point qu’elle va mourir si Jésus ne fait rien. Il vient vers Jésus avec assurance, il connaît les bonnes manières (il tombe à ses pieds, il supplie). Ce qu’il veut, c’est que sa fille soit sauvée, autrement dit qu’elle vive. Il reconnaît donc que Jésus vient de Dieu qui n’a pas fait la mort. Il reconnaît que Jésus est son dernier recours possible. Et Jésus se met en chemin pour répondre à la demande, pour manifester la gloire de Dieu qui est pour la Vie. En chemin, ils sont retardés par une femme. Elle est malade depuis douze ans, elle a des pertes de sang. Elle a essayé les traitements de nombreux médecins, mais aucun n’a réussi à la guérir. Elle aussi veut être sauvée. Pas guérie, mais sauvée. En effet, sa maladie l’empêchait de pratiquer sa religion. Perdant du sang, elle était considérée impure. Elle était devenue, malgré elle, une croyante non pratiquante. Ce qu’elle cherche, au-delà de la guérison, c’est bien le salut, c'est-à-dire pouvoir vivre de nouveau la vie normale des membres du peuple que Dieu s’est choisi. C’est bien sa participation à la vie de Dieu qui est en cause. Est-ce qu’elle a oublié, en douze années, les bonnes manières des croyants ? Ou est-ce qu’elle a simplement honte d’être impure et ne veut pas, par un geste public, rendre Jésus impur ? Toujours est-il qu’elle « vole » en quelque sorte sa guérison. Elle vient, par derrière, avec une grande foi : si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. Elle pensait s’en sortir, ni vu ni connu ; mais Jésus a senti qu’une force était sortie de lui. Il a senti que quelqu’un a bénéficié de quelque chose qu’il n’a pas demandé. Il cherche à savoir : Qui a touché mes vêtements ? Quand vous êtes pressés de toutes parts dans une foule, voilà une question incongrue ! Comment savoir ? Prise de peur, la femme se dénonce et avoue tout. Jésus ne la condamne pas : il confirme par sa parole le salut et la guérison obtenus : Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. Dieu n’a pas fait la mort, il a envoyé Jésus pour offrir son salut, sa vie aux hommes qui en avaient besoin.

            Restent alors les gens de la maison de Jaïre, parce que tout cela, ça a mis Jésus en retard, la fille de Jaïre est morte et on vient le lui dire. Ecoutons bien ce qu’ils disent : Ta fille vient de mourir. A quoi bon déranger encore le Maître ? Je comprends leur question de deux manières. Première manière : puisque ta fille est morte, ce n’est plus la peine de déranger Jésus ; il ne peut plus rien, l’histoire de ta fille s’arrête là. Ils ont oublié que Dieu n’a pas fait la mort et surtout, ils n’ont pas encore reconnu que Jésus vient de Dieu. Pleins de gens, affrontés à des difficultés, réagissent pareil : Dieu ne peut plus rien pour moi. Ils laissent la mort gagner leur vie. Il n’y a pas de jugement à porter ; il faut juste en être conscient. Il nous arrive à tous d’oublier que Dieu n’a pas fait la mort et que donc, il peut toujours quelque chose pour nous. C’est pour nous le rappeler qu’il y a, dans la célébration de la messe, la prière universelle qui nous fait confier à Dieu les situations où nous ne pouvons plus rien, mais en étant sûrs que Lui peut toujours quelque chose. Il y a une deuxième manière de comprendre la question des proches de Jaïre : à quoi bon déranger encore le Maître ? C’est la manière des gens qui non seulement ont oublié que Dieu n’a pas fait la mort, mais qui en plus pensent que c’est une perte de temps de se tourner vers Dieu. Une manière de dire : ta fille est morte, pourquoi tu t’embêtes encore avec lui ? Ils ne croient pas que Jésus peut encore quelque chose pour elle. Il n’est qu’un homme, un beau parleur, et tout ce qu’il pourra dire n’y changera rien. Dans cette deuxième interprétation, ils refusent de croire que Jésus est plus fort que la mort ; ils refusent de croire que Jésus est la Vie véritable. Ce sont des croyants en Dieu qui, face à l’épreuve, ont perdu la foi. Tout est fini, ne me parlez plus de Dieu ! Quand Jésus, parvenu chez Jaïre, affirme : l’enfant n’est pas morte, elle dort, ce sont eux qui se moquent de lui.

            Vous qui allez faire votre première des communions, approchez-vous de Jésus à la manière de Jaïre ou à la manière de cette femme. Tous les deux savent que Jésus peut quelque chose pour eux. Tous les deux savent que la Vie se trouve en Jésus. Quand on sait cela, quand on sait que la Vie est en Jésus, qu’elle vient de lui et qu’elle demeure en lui, alors on vient vers lui souvent. Aujourd’hui, ce n’est que votre première communion. Première veut dire qu’il y en aura une deuxième, une troisième… et la deuxième communion, ce n’est pas ni la profession de foi, ni la confirmation. La deuxième communion, c’est dimanche prochain ; la troisième, le dimanche d’après… au point que rapidement, vous ne saurez plus à la combientième communion vous serez. Ce que je vous demande, c’est à la fois de ne pas prendre la communion par habitude, et en même temps de ne pas perdre l’habitude de la prendre. Jésus vous attend chaque dimanche ; la communauté des croyants établie sur les villages de notre communauté de paroisses vous attend chaque dimanche. Venez comme Jaïre avec assurance ; venez comme cette femme malade avec beaucoup de discrétion ; venez comme vous êtes ! Jésus vous accueillera toujours, Jésus vous offrira toujours sa vie. L’eucharistie n’est pas une récompense pour enfant sage, ce n’est pas la médaille du bon croyant. L’eucharistie, c’est le pain des forts, de ceux qui sont forts dans leur foi ; mais c’est aussi le pain d’effort, le pain que Dieu nous donne pour nous redonner la force de croire en lui, toujours et encore, pour que nous ne perdions jamais l’assurance qu’il peut toujours quelque chose pour nous. Le pain pour l’effort qui nous reste à faire en vue de répondre généreusement au don généreux que Jésus nous fait.

            A vous qui communierez pour la première fois, comme à nous tous ici rassemblés qui communions depuis plus longtemps, je voudrais dire en conclusion : ne nous moquons pas de Jésus quand nous nous approchons de lui. Ce pain consacré et partagé, devenu son Corps et son Sang livrés, c’est tout pour nous ; c’est notre plus grand trésor. Rien n’a plus d’importance pour le prêtre que je suis que ce Pain rompu et livré. Quand je le tiens dans mes mains, c’est Jésus que je tiens dans mes mains. Quand je le partage, c’est Jésus que je vous partage, Jésus qui est ma vie, Jésus qui veut être votre vie. Ne vous moquez pas de lui : accueillez-le, en sachant que c’est Jésus qui vient enrichir votre vie par la pauvreté de ce signe du pain partagé. Ce n’est rien, un morceau de pain, et pourtant, il est toute notre vie, ce morceau de pain. Il est Jésus qui se livre à nous par amour. Ne l’oublions jamais. Amen.

samedi 13 juin 2020

Fête du Corps et du Sang du Christ A - 14 juin 2020

L'eucharistie, un sacrement à vivre.







            Après la Trinité, fête éminemment chrétienne, voici la fête du Corps et du Sang du Christ, éminemment catholique. S’il n’y avait pas les restrictions sanitaires, nous aurions tous été à Mommenheim pour ce qui est pour beaucoup le point d’orgue de cette fête : la procession du Saint Sacrement dans toute la cité, avec des haltes de prières réparties judicieusement sur le parcours. Authentiquement catholique, parce qu’elle met en lumière ce que nous disons de la présence réelle et permanente du Christ dans l’hostie consacrée. L’eucharistie n’est pas un « prêt à consommer » ; l’eucharistie est un « prêt à vivre et à adorer ». C’est tout le sens de ces antiques processions qui retrouvent une nouvelle jeunesse depuis quelques années. En cette année où nous en sommes privés, nous pouvons nous interroger sur le sens de cette démarche. Est-elle vraiment l’affirmation de la présence du Christ au milieu de nos cités et de notre union intime à lui, ou n’est-elle qu’une forme d’idole, à laquelle nous sacrifions par habitude, plus occupés à échanger les nouvelles qu’à vraiment adorer le Christ, présent dans l’eucharistie, quand il passe devant nous ? 

            L’extrait de la première lettre aux Corinthiens que nous avons entendu nous permet d’approfondir notre réflexion. Voyez-vous, ces deux versets sont tirés d’un passage plus grand consacré à l’idolâtrie, et plus particulièrement aux repas pendant lesquels on consommait les viandes qui venaient d’être offertes en sacrifice. Dans les versets qui suivent ceux que nous avons entendu, Paul dit clairement que lorsqu’on mange le sacrifice offert, on communie à l’autel sur lequel cette viande a été offerte. Il y a un lien intime entre ce que l’on offre, celui à qui on offre et ce qui est offert. Offrir un sacrifice à une idole, c’est s’unir à cette idole ; manger de la viande qui lui est offerte, c’est s’unir à l’idole. C’est le même phénomène qui joue pour les chrétiens lorsqu’ils communient au pain et au vin consacrés. Les questions posées par Paul n’appellent qu’une réponse : Si, bien sûr. La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Si, bien sûr ! Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? Si, bien sûr ! 

                Nous ne pouvons donc pas séparer le pain et le vin offerts, du sacrifice que le Christ a réalisé une fois pour toutes pour notre salut. Refaire les gestes qu’il a fait et redire les paroles qu’il a dites au soir du Jeudi Saint, parce qu’il nous a dit de faire ainsi (Faites cela en mémoire de moi), c’est nous unir au Christ Sauveur, c’est communier à sa vie. Ayant fait le choix du Christ d’une manière aussi radicale et intime, nous ne pouvons que rejeter tous les autres sacrifices, toutes les idoles que notre monde affectionne. Amour, gloire et beauté ne nous rapprochent pas du Christ et ne nous unissent pas à lui. Le pain et le vin partagés, eux le font ; ils nous rapprochent du Christ, ils nous unissent à lui, et ce faisant, nous unissent les uns aux autres : Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain. Et voilà que l’eucharistie n’est plus le sacrement où je reçois mon doux Jésus à moi tout seul et pour moi tout seul ; mais je le reçois avec les autres, pour les autres, pour n’être qu’un avec les autres, que je les aime ou pas ! Le Christ ne s’étant pas offert pour moi tout seul en sacrifice, mais pour tous les hommes, partager son pain et son vin, c’est m’unir à lui et à tous ceux pour qui il s’est donné. Là est la raison pour laquelle les prêtres, même confinés seul, ont continué fidèlement à célébrer l’eucharistie : non pas parce qu’ils en ont le pouvoir, mais pour rester unis et au Christ qu’ils ont choisi de servir, et au peuple vers lequel ils ont été envoyés. A travers eux, chacun de vous était présenté au Christ, uni au Christ par le prêtre célébrant. 

       Alors certes, et beaucoup de chrétiens l’ont exprimé durant le confinement, nous pouvons nous unir au Christ autrement. Tous ceux qui ont été au service des plus fragiles étaient unis au Christ d’une manière particulière. Tous ceux qui ont renforcé leur vie de prière étaient unis au Christ d’une manière particulière. C’est vrai. Mais l’eucharistie nous unit à lui d’une manière plus intensive : elle est la source et le sommet de notre foi. Il n’y a pas de moyen plus fort pour nous unir à lui, parce que quand il se livre ainsi, c’est lui qui s’unit à nous totalement. Il nous donne tout de lui, toute sa vie, pour faire grandir la nôtre. Et cela ne se joue que là, dans ce pain et ce vin partagés. Un dimanche pour louer le Christ qui se livre ainsi à nous n’est pas de trop ; en fait, c’est toute notre vie qui doit devenir, à la suite du Christ, eucharistie, c’est-à-dire vie donnée, vie offerte pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Amen.


samedi 22 juin 2019

Fête du Crops et du Sang du Christ C - 23 juin 2019

L'Eucharistie, source et sommet de notre foi et de notre vie.








Tout un dimanche pour fêter le sacrement de l’Eucharistie : voilà ce que nous offre cette fête du Corps et du Sang du Christ. Un dimanche pour approfondir notre foi, pour adorer le Christ présent réellement dans le Pain eucharistique, d’où les adorations et les processions qui renaissent un peu partout dans nos paroisses. Si nous en avions perdu le goût, peut-être nous faudra-t-il y réfléchir pour l’avenir et pas seulement nous contenter de courir les « fêtes – Dieu » allemandes et revenir en disant : ah que c’était beau ! Parce que la vocation première de ces manifestations festives autour de l’eucharistie n’est pas qu’elles soient belles et folkloriques. Leur raison d’être est peut-être d’abord de nous rappeler que l’eucharistie, selon la formule du Concile Vatican II, est la source et le sommet de la vie chrétienne, donc source et sommet de notre foi. 

Elle est la source de notre foi et de notre vie parce qu’elle nous renvoie au sacrifice de Jésus. Là naît notre attachement au Christ Sauveur et notre vie avec lui. Là naît pour les croyants au Christ la nécessité de s’unir à ce sacrifice par sa célébration rituelle. L’ordre donné par Jésus lui-même au soir du Jeudi Saint ne manque pas de clarté à ce sujet : Faites cela en mémoire de moi. Et nous avons entendu Paul redire aux chrétiens de Corinthe toute l’importance de ce sacrement : chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. Chaque eucharistie célébrée est donc une commémoration de cet unique sacrifice du Christ, quand il s’offre sur la croix pour notre salut. Et l’Eglise ne saurait se priver de cette célébration, parce qu’elle se priverait de ce lien unique à Jésus qui se livre par amour pour nous. Célébrer l’eucharistie revient à sans cesse plonger au cœur de notre foi, pour puiser à cette source la nourriture nécessaire pour progresser et tenir bon en Christ, et en recevoir la force nécessaire pour vivre notre foi au quotidien. Parce que l’eucharistie est bien notre nourriture, donnée par Dieu, pour que nous ne manquions de rien. Nous ne saurions, sans risque majeur, nous en priver de manière continue. 

Si elle est la source de notre foi et de notre vie chrétienne, elle en est aussi le sommet parce qu’il n’y a rien de plus grand et de plus beau que de communier au Christ et l’accueillir ainsi au cœur même de notre vie. Ce morceau de pain partagé, c’est le corps du Christ, mort et ressuscité pour nous. L’eucharistie célébrée, c’est la rencontre avec Dieu Père, qui nous parle dans son Fils, qui se livre à nous dans la puissance de l’Esprit Saint. Elle est le sommet de notre foi et de notre vie parce qu’elle anticipe cette rencontre face à face que nous espérons dans le Royaume à venir. Elle est un avant-goût de la grande fête que Dieu lui-même nous prépare dans son Royaume, quand le Christ reviendra dans sa gloire. Elle est proclamation du pardon des péchés, écoute de la Parole de Dieu, union intime avec le Christ Sauveur. Elle est don gratuit et sans cesse renouvelé de la grâce de Dieu. Dieu ne saurait nous faire cadeau plus grand que celui-ci, qui nous unit intimement au Christ et à nos frères en Christ. En accueillant le pain rompu, j’accueille l’amour de Dieu pour moi, j’accueille la vie de Dieu en moi pour qu’ils me tournent vers mes frères en humanité. Il n’est plus question ici de savoir si j’aime ou pas les autres ; il est question d’accueillir la vie de Dieu pour la transmettre aux autres par mon témoignage de vie. Communier n’est pas un acte individuel ou égoïste ; c’est un acte hautement communautaire puisqu’il renforce l’unité entre les croyants qui communient au même Corps.

Oui, l’eucharistie est source et sommet de notre foi et de notre vie chrétienne parce qu’elle initie tout et qu’elle récapitule tout. D’où l’insistance de l’Eglise au sujet de l’obligation dominicale. Elle n’est pas à comprendre comme une obligation contrainte au sens où tu n’as pas d’autre choix, mais comme une obligation vitale au sens où sans l’eucharistie, la vie chrétienne s’affaiblit et finit par mourir. Elle devrait être pour nous cette obligation amoureuse qui nous fait surmonter tous les obstacles qui se dressent entre elle et nous, pour aller à la rencontre de l’être aimé. Nous devrions être convaincus que nous ne pourrons jamais connaître de joie plus grande que celle que procure la célébration de l’eucharistie. Ici tout est dit ; ici tout est offert ; ici tout est amour ; ici se trouve la plus grande proximité possible sur notre terre avec le Christ et avec chacun de ceux qu’il met sur notre route. Ici le ciel rejoint la terre ; ici les hommes chantent avec les anges. Ici le Dieu fait homme donne à l’homme de devenir Dieu ; ici l’homme et Dieu sont unis. Il n’y a rien de plus beau ; il n’y a rien de plus grand.

Quand nous comprenons que l’eucharistie est la source et le sommet de notre foi et de notre vie chrétienne, nous comprenons aussi la vacuité de l’expression « croyant non pratiquant ». Elle comporte en elle-même une erreur fondamentale puisque je ne puis être croyant pour moi. Je ne suis croyant que relié à l’Eglise, la communauté croyante rassemblée par Dieu. Si Jésus lui-même dans l’Evangile n’a pu renvoyer la foule, c’est parce qu’elle était un signe du Royaume : l’humanité rassemblée autour du Christ qui enseigne, guérit, nourrit et sauve. Se dire croyant non pratiquant, n’est-ce pas renvoyer la foule de notre vie et s’illusionner d’un lien solitaire avec le Christ venu pour tous les hommes ? 

Puisse cette fête du Corps et du Sang du Christ nous unir toujours plus aux autres, en Eglise, en nous unissant davantage au Christ, lui qui est le début et le terme de notre foi, l’Alpha et l’Omega de notre vie. Ainsi nous deviendrons ce que nous recevons dans notre communion : le Corps du Christ à jamais vivant. Amen.


(Dessin de M. Leiterer)

dimanche 28 mai 2017

07ème dimanche de Pâques A - 28 mai 2017

Jésus, le bon pain qu'il nous faut partager.
 
J'ai été invité à présider la célébration de la Première communion dans une paroisse d'Alsace en l'absence de son curé. je vous donne l'homélie prononcée ce matin. les textes bibliques retenus par les catéchistes sont : 1P 4, 13-16 (soit la deuxième lecture de ce dimanche) et l'Evangile de Matthieu 15, 30-38 (multiplication des pains. Il me fallait aussi intégrer un échange sous forme de questions-réponses préparées par les enfants avec leurs catéchistes.





Le Prêtre :
Dites- moi les enfants,  comment être du bon pain pour les autres ? 
pour bien vivre ensemble  en famille, avec vos amis qu’est-ce qu’il vous faut ?

enfants :          Pour bien vivre avec  nos familles et  amis :
·       Il nous faut de l’amour, de la paix, de la joie, de la bonne humeur.
·       Savoir s’offrir des petits cadeaux et des attentions.
·       Il  faut se respecter, s’écouter, ne pas taper ses frères et sœurs, obéir à   papa et maman.
·       Partager des moments en familles plutôt que regarder des vidéos, ou de rester seul dans mon coin.
·       Il faut être serviable, et savoir se soutenir dans les épreuves.
·       Il faut s’entraider, aider l’autre dans les tâches ménagères, s’organiser, ranger nos jouets.
·       Il faut savoir dialoguer, et savoir pardonner.

Refrain :
Jésus, c’est Toi qui nous rassembles, Tu es là…
Jésus, Tu nous parles d’alliance, Tu es là …
Et dans ce pain partagé, tout ton amour est donné,
Tu nous envoies pour aimer, Tu es là….

Le Prêtre :
Et pour bien vivre ensemble à l’école qu’est-ce qu’il vous faut ?

enfants :          Pour bien vivre ensemble à l’école :
·       Il faut respecter les règles du savoir-vivre, écouter le maitre ou la   maitresse 
·       Penser à ses affaires. - Savoir travailler en silence.
·       Ne pas se moquer des enfants différents.
·       Apprendre ses leçons en restant attentif.
·       Aider les élèves en difficulté, être un bon camarade.
·       Rapporter les devoirs à un copain qui n’a pas pu aller en classe.
·       Ne pas gaspiller la nourriture à la cantine.
·       C’est bon de partager nos goûters, nos bonbons.

                        Refrain….
 
Le Prêtre :
Tu pratiques un sport, des activités, des loisirs, que faut-il que tu fasses pour que ça se passe bien ?

enfants :          Pour que cela se passe bien dans nos différents loisirs :
·       Il faut apprendre à être solidaire, écouter son coach, réussir à faire des passes.
·       Il faut savoir  s’encourager. Avoir l’esprit d’équipe. Savoir rester fairplay.
·       Bien travailler les exercices, aller régulièrement au sport, être assidu dans nos engagements.
·       Ne pas jouer perso, mais apprendre à jouer ensemble sans faire de bande ni jouer au chef.
·       Etre bon perdant pour apprendre à être un bon gagnant car  le sport est un loisir.
·       oser poser les questions  si l’on ne comprend pas.

                        Refrain ….

Le Prêtre :
Et cette belle nature que Dieu nous a donné, comment t’aide-t-elle à bien vivre ?

enfants :          Pour bien vivre dans notre belle nature :
·       On a besoin des arbres pour respirer. Il ne faut pas les couper
·       Il faut respecter nos belles forêts, les plantes, ne pas arracher les fleurs,  mais plutôt en planter.
·       Il ne faut pas jeter nos déchets pour ne pas  polluer et s’engager  au nettoyage de printemps.
·       Ramasser les papiers  qui ont été jetés.
·       Il faut apprendre à bien faire le tri.
·       Ne pas faire du mal aux animaux.
·       Fabriquer des hôtels à insectes.
·       Prendre le temps d’apprécier le calme de la nature
 
                        Refrain….
Le Prêtre :
Et enfin Dieu, en quoi en as-tu besoin pour vivre ?

enfants :
·       Nous avons besoin de l’amour de Dieu, on a besoin de venir à la  messe pour écouter et lire la bible et recevoir la communion pour avancer dans notre vie de chrétien.
·       Jésus nous donne son pardon. Il nous demande de nous aimer les uns les autres.
·       Quand on a des soucis, Jésus nous protège et nous soutient.
·       Pour avancer nous avons besoin des autres.
·       Il faut respecter les autres religions.

            Refrain…..

Les enfants, lequel d’entre vous pense que ces parents ont une bonne mémoire ? Toi ? Va voir tes parents et demande-leur quelle est la première question que je vous ai posée ? On t’attend ! (…)

La bonne réponse est : Comment être du bon pain pour les autres ? Dans cette question, il y a une erreur. Oui, après avoir entendu la première lettre de Pierre et l’évangile de Matthieu, j’affirme qu’il y a une erreur dans cette question. Laquelle ? Qui pense que sa catéchiste peut répondre à cette question ? … Vérifions de suite. Pourquoi y a-t-il une erreur dans cette question ? ...Parce qu’il n’y a qu’un seul bon pain, et ce n’est ni moi, ni toi, ni toi, ni qui que ce soit d’entre nous. Le seul bon pain, c’est Jésus. Et c’est lui, et lui seul qu’il faut partager. C’est lui et lui seul qu’il nous faut donner aux autres, parce que c’est lui, et lui seul qui sauve vraiment.

Ecoutez à nouveau Pierre dans la lecture que nous avons entendu : si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous, parce que l’Esprit de gloire, l’Esprit de Dieu, repose sur vous. Et encore : si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. Ce que nous dit Pierre, c’est que nous devons être fiers, non pas de qui nous sommes, mais de ce que nous sommes : chrétiens. Nous devons être fiers d’appartenir au Christ. Parce que c’est cela que signifie le nom de chrétien : celui qui est au Christ, celui qui appartient au Christ Jésus. C’est le plus beau nom qu’on puisse donner à quelqu’un. Vos parents vous l’ont donné au jour de votre baptême. Et vous vous le redonnez à vous-mêmes chaque fois que vous faites quelque chose de bien. Parce que nous croyons que le bien qui jaillit de nous, c’est un peu de la lumière de Jésus que nous partageons. Parce que être chrétien, ce n’est pas être meilleur que les autres, mais toujours agir de la manière que Jésus aurait eu d’agir. Quand j’aime, quand je fais la paix, quand je sème la joie et la bonne humeur, quand je respecte les autres et les écoute, quand je refuse de me moquer des autres, quand j’aide celui qui est en difficulté, quand je suis solidaire, quand j’ai l’esprit d’équipe, quand je respecte le monde et la nature qui m’entoure, quand je reconnais à Dieu une place dans ma vie (pour ne reprendre que quelques-unes de vos réponses), je laisse l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus agir en moi, et je vis alors comme lui a vécu au milieu des hommes. Autrement dit, je montre à travers toutes ces actions, et bien d’autres encore, que Jésus est important pour moi, qu’il éclaire ma vie, qu’il donne du sens à ce que je vis. Je montre que je suis à lui et qu’il est en moi.

Les Apôtres de Jésus nous apprennent aussi, dans l’Evangile, à être de vrais disciples de Jésus. Souvenez-vous de ce que nous avons entendu dans l’évangile. De grandes foules s’approchaient de Jésus, avec pleins de malades de toutes sortes. Et Jésus les guérit. Il devait y avoir tant de monde que cela a dû prendre un peu de temps. Et voici qu’il fait faim. Je suis toujours surpris par ces foules qui viennent vers Jésus en oubliant de prendre de quoi manger. Enfin, on ne se promène pas dans le désert sans emmener une gourde et de quoi manger ! Toujours est-il qu’une fois de plus, ils sont nombreux autour de Jésus, ils passent beaucoup de temps à l’écouter, à le laisser soigner les malades, et quand vient l’heure de manger, il n’y a presque rien, il n’y a que sept pains et quelques petits poissons, pour quatre mille personnes, sans compter les femmes et les enfants ! Autant dire qu’il n’y a rien ! Même pas de quoi faire des amuse-bouche !  Et pourtant, nous dit Matthieu dans son évangile, tous mangèrent à leur faim et des morceaux qui restaient, on ramassa sept corbeilles pleines. Comment cela est-il possible ? Jésus était là, les disciples ont partagés le peu qu’ils avaient et le miracle a lieu. Quand Jésus est là et que les hommes ont envie de faire quelque chose avec lui, tout devient possible, même faire manger autant de monde avec seulement sept pains et quelques petits poissons. Le miracle est possible parce que Jésus multiplie en donnant de sa force, en se donnant lui-même. C’est lui qui partage ; il donne à ses disciples et les disciples à la foule. Ils donnent ce que Jésus leur donne. De même devons-nous donner ce que Jésus nous donne, et seulement ce que Jésus nous donne. Lorsqu’on donne ce que Jésus donne, on donne du bien, on donne de la paix, on donne de la joie, on donne du respect. Tout part de Jésus et de son désir de sauver les hommes. Je dois participer à ce désir et ne pas être un obstacle à Jésus. Alors tout va bien, tout va même très bien. Il reste sept corbeilles pleines.

Je me suis longtemps demandé d’où venaient subitement ces corbeilles vides ? Qui va se promener au désert avec une corbeille vide ? En forêt, à l’époque des champignons, je veux bien. Mais au désert ? Pour quoi faire ? Alors je me dis que ces corbeilles, c’est une image de nous face à Jésus. Et cela explique aussi pourquoi les gens suivent Jésus au désert sans rien emporter. Vous allez comprendre : si je viens vers Jésus, tout rempli de moi, de mes bonnes actions, de tout le bien que je pense de moi, comment puis-je me laisser remplir de ce qu’il veut me donner ? Si je suis plein de moi, il ne peut pas me remplir de lui, de son amour, de son salut. Mais si je suis comme une corbeille vide, alors il peut y déposer le bon pain de sa vie, alors je peux rentrer chez moi, plein de lui, plein de ses dons.

Oui, le seul bon pain, c’est Jésus ; c’est lui que je dois accueillir dans la corbeille de ma vie ; c’est lui que je dois donner aux autres comme les disciples l’ont fait avec le pain et le poisson reçus de Jésus. Et c’est bien ce qui se passe à la messe. C’est là que Jésus se donne dans le pain de sa parole (parce que sa parole nous nourrit, donne sens à notre vie)  et dans le pain de son corps auquel vous allez goûter pour la première fois. En recevant la communion, le chrétien reçoit Jésus dans sa vie pour que Jésus guérisse dans cette vie ce qui doit être guérit ; mais le chrétien reçoit Jésus, non pas pour le garder pour lui, mais pour le redonner aux autres, pour témoigner de tout ce que Jésus réalise en lui et pour lui. Ainsi d’autres hommes peuvent ressentir en eux une faim de Jésus ; ainsi d’autres hommes peuvent se laisser remplir de Jésus comme ont été remplies les corbeilles au désert.

En communiant, nous ne devenons pas meilleur que les autres ; et nous ne communions surtout pas parce que nous serions meilleurs que les autres. Nous communions parce que nous avons compris ce que Jésus peut changer dans une vie, ce que Jésus peut apporter dans une vie. Et nous communions pour être forts de Jésus, parce que nous croyons qu’il nous apporte et apporte au monde, ce qu’il y a de meilleur, ce qu’il y a de plus utile. Et c’est pour cela que cette première communion ne peut pas, ne doit pas rester votre seule communion. De même que vous ne mangez pas une seule fois dans votre vie pour être rassasié, de même vous ne pouvez pas communier une seule fois pour être définitivement plein de Jésus. C’est une communion à renouveler autant que possible, au moins chaque dimanche pour affronter la semaine à venir fort de la force même de Jésus. Je vous souhaite donc une belle communion pour aujourd’hui, et pour chaque dimanche que Dieu vous donnera de vivre. Amen.