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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







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samedi 7 février 2026

5ème dimanche ordinaire A - 8 février 2026

 La foi, un art de vivre pour tous les jours.





 

            Comment ne pas penser immédiatement au prophète Isaïe quand Jésus dit à ses disciples qu’ils sont la lumière du monde ? Le rapprochement que fait la liturgie de ce dimanche est totalement juste. N’oublions pas qu’en juif croyant, Jésus connaît le texte du prophète, il n’y a pas à en douter, et s’inscrit pleinement dans son héritage. Il reprend ainsi une veine très ancienne de l’enseignement biblique : la foi, si elle est affirmation d’une relation à Dieu, est aussi un art de vivre qui nous tourne vers les hommes et les femmes de notre temps que Dieu met sur notre route.

            Nous savons depuis longtemps, en fait depuis que Dieu a choisi de sauver son peuple d’Egypte, qu’il avait fait de celui-ci son peuple particulier. Un peuple choisi, non parce qu’il serait le préféré de Dieu, mais pour qu’il soit, par sa vie, le guide pour conduire les autres nations à la connaissance du vrai Dieu. En voyant Israël vivre avec Dieu, cela devait donner envie de faire de même. Il faut bien entendre ce que Jésus dit à ses disciples : Vous êtes la lumière du monde… On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. La tournure on n’allume pas une lampe laisse bien entendre que cette position de peuple particulier n’est pas auto-attribuée, mais bien une vocation, un appel de Dieu. Il est celui qui allume la lampe qu’est le peuple libéré d’Egypte, pour qu’il soit un signe, pour qu’il éclaire tous les peuples par sa Loi et par sa vie avec celui qui l’a appelé. Outre le prophète Isaïe, le psalmiste souligne lui-aussi cette vocation au bien universel qui passe par le bien fait et vécu dans un peuple, celui que Dieu a choisi. Alors quel est cet art de vivre ?

            Il est caractérisé par une attention à tous, et particulièrement aux petits : L’homme de bien a pitié, il partage… à pleines mains, il donne aux pauvres, pour ne citer en exemple que le psaume 111 par lequel nous avons répondu à la Parole de Dieu en ce dimanche. Le prophète Isaïe, quant à lui, est plus précis : Partage ton pain avec celui qui a faim, accueille chez toi les pauvres sans abri, couvre celui que tu verras sans vêtement, ne te dérobe pas à ton semblable… Voilà pour des actes à visée particulière parce qu’il nous oblige envers ceux qui ont moins de chance que nous. Mais il cite aussi des attitudes plus générales, qui ne visent pas un groupe particulier, mais une attitude plus profondément ancrée en celui qui se dit ami de Dieu. Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, voilà des attitudes qui ne visent pas à soulager certaines personnes mais bien à éradiquer le mal à la racine. Il s’agit bien de libérer notre cœur de toute trace du mal, non seulement le mal que l’on fait, mais aussi le mal que l’on profère et que l’on impose aux autres. L’art de vivre que promeut le prophète nous rapproche alors de la manière de vivre de l’homme avec Dieu qui existait jadis, au jardin d’Eden, à savoir un monde d’où le mal était absent, parce qu’il était entièrement tel que Dieu l’avait voulu et réalisé pour l’homme.

            Nous pouvons relire les récits de la Genèse, et les méditer. Mais ne le faisons pas pour dire que c’était mieux avant, mais bien pour y puiser la volonté de vivre, dès ici-bas et maintenant, tel que Dieu attendait que nous vivions pour toujours avec lui, avant la désobéissance de nos premiers parents. Ne soyons pas seulement convaincus qu’un monde sans mal, c’est bien, c’est mieux ; mais construisons ce monde, refusons toute forme de mal, d’envie, de jalousie. Engageons-nous, dans notre quotidien, à construire par de petits gestes personnels, un monde d’où le mal est exclu, un monde qui serait baigné par la lumière du Ressuscité, qui à travers nous, rejaillirait sur le monde. Un monde nouveau est possible ; il suffit d’y travailler, chacun à notre échelle. C’est par les petits pas faits par chacun que la lumière du Christ brillera sur le monde, parce que la lumière qu’il a déposée dans le cœur de chaque croyant resplendira pour tous.

            Et nous comprenons que la foi ainsi vécue devient à nouveau intéressante pour celles et ceux qui ont soif d’un monde qui permette à tous de vivre, d’être respecté et reconnu à sa juste valeur. Cet art de vivre est accessible à tous, quelle que soit sa religion d’origine, parce que la paix, l’entraide, le respect, le refus du mal ne sont réservés à aucune religion en particulier, mais devraient être justement ce qui les rapproche et leur permet de vivre ensemble sur une même terre, au service du bien de tous. Puisse notre eucharistie nous donner le goût d’agir, pour ce qui dépend de nous, sans attendre que les puissants s’y mettent pour ce qui dépend d’eux. Les petits pas individuels ont quelquefois plus d’impact que les grandes théories et les grands traités. Nous pouvons décider chacun, que le mal ne passera plus par nous ; nous pouvons décider chacun, que le bien sera notre quotidien. Que Dieu nous aide à vivre ainsi notre foi au service du bien de tous. Amen.

samedi 4 février 2023

5ème dimanche ordinaire A - 05 février 2023

 Être sel de la terre & lumière du monde, est-ce vraiment une bonne nouvelle ?



(Image trouvée sur le site : htpps://jardinierdedieu.fr) 


 


          Il ne m’est pas toujours facile de préparer l’homélie du dimanche. Il arrive que je sèche complètement devant les textes de la liturgie. Et ne croyez pas que l’expérience et l’âge simplifient les choses, bien au contraire. Les textes de ce dimanche, bien que faciles à comprendre, m’ont donné bien du fil à retordre, au point que j’ai fini par donner comme titre à mon homélie la question qui m’empêchait d’avancer : Être sel de la terre & lumière du monde, est-ce vraiment une bonne nouvelle pour nous ? Ecoutons bien Jésus. 

          Il nous dit d’abord, à nous, ses disciples : Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. En quoi est-ce une bonne nouvelle ? Ce qui me dérange, c’est que nous n’avons pas le choix. Jésus ne nous dit pas : si vous voulez, vous pouvez être sel de la terre, mais bien vous êtes le sel de la terre. Pardon, mais je n’ai rien demandé de semblable ; je voulais juste être disciple de Jésus, vous savez, l’écouter parce qu’il parle quand même bien de Dieu, le suivre de temps en temps parce que cela fait du bien d’être avec lui. Je voulais Jésus pour moi, avec moi parce qu’il donne du goût à ma vie. Mais voilà qu’il nous dit que c’est à nous de donner du goût à la vie des autres ? Je veux bien, mais je crains d’être plus fade que goûteux. Et je n’ai pas vraiment envie de me faire piétiner par les autres ; je suis sensible, je suis fragile. La suite de l’enseignement de Jésus n’est pas plus rassurant, bien au contraire. Ecoutons à nouveau. 

          Il nous dit encore : vous êtes la lumière du monde… on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes. Oui, mais pardon, encore une fois, je n’ai rien demandé ; et je suis plutôt timide. Alors m’exposer devant les autres, très peu pour moi ! Mais voilà, une fois encore, Jésus ne nous laisse pas le choix. Il ne dit pas plus qu’avant, tu es lumière si tu le veux. Nous n’avons pas d’autre choix que d’être lumière, comme nous n’avons pas d’autre choix que d’être sel, malgré les risques que cela comporte. A chacun sa route, à chacun son destin, chantait l’autre. Notre destin, c’est d’être, dès maintenant sel de la terre et lumière du monde. Cela fait partie de l’être chrétien. C’est assurément une bonne nouvelle pour les autres, pour ceux qui ne sont pas chrétiens, parce qu’ils ont quelqu’un (nous), pour donner du goût à leur vie ; ils ont quelqu’un (nous), pour éclairer leur vie d’une lumière nouvelle. Mais pour nous, c’est un fardeau, une responsabilité. Et pourtant, si Jésus s’adresse ainsi à nous, c’est que cela doit aussi être une bonne nouvelle pour nous. Comment ? 

          Peut-être nous faut-il réentendre alors le verset de l’alléluia, tel qu’il est prévu au Missel de ce dimanche. Je le cite : Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur. Celui qui me suit aura la lumière de la vie. C’est une citation de l’Evangile de Jean (8, 12). Là est la clé qui fait de l’Evangile de ce dimanche une bonne nouvelle pour nous. Nous sommes appelés à être lumière du monde à la suite de Jésus, à l’exemple de Jésus. Pour le dire encore autrement, il faut que la lumière qu’est Jésus, rayonne en nous, à travers nous. En nous faisant lumière du monde, Jésus nous fait porteur de sa lumière qui brille toujours. Ce n’est donc pas à nous de nous de nous mettre en avant ; nous avons à mettre en avant le Christ, et ce qu’il réalise dans notre vie. Et cela est une bonne nouvelle pour nous. D’abord parce que Jésus nous assure d’être avec nous, puisqu’il est, le premier à être lumière du monde. Ensuite, elle est bonne nouvelle parce que nous savons que cette lumière du Christ, dont nous devons resplendir, ne s’éteindra jamais puisque Jésus nous a assurés d’être avec nous, tous les jours, jusqu'à la fin des temps. Vous aurez remarqué par ailleurs que Jésus, s’il dit bien que le sel peut perdre de son goût, ne dit pas que la lumière peut s’éteindre. En effet, puisque Jésus est ressuscité, c’est notre foi, nous savons qu’il ne meurt plus, il brille à jamais en nous et pour le monde ; c’est encore notre foi. En cela, cette parole est une bonne nouvelle pour nous. 

          Tant que nous serons fidèles au Christ, c'est-à-dire tant que nous serons ses disciples, sa lumière en nous ne s’éteindra pas. De même, tant que nous serons fidèles à sa Parole et que nous nous nourrirons d’elle, notre sel gardera sa saveur. Ne cachons pas qui nous sommes, des disciples du Christ ; ne taisons pas sa Parole pour les hommes et les femmes de notre temps. Puisque le Christ donne du goût à notre vie, nous saurons donner du goût aux autres. Et puisque le Christ resplendit en nous, nous pouvons le faire resplendir devant les hommes par nos actes de justice et de miséricorde, par une vie semblable à la sienne. Soyons des christophores, et le monde pourra connaître le Christ et sa Parole. Soyons des christophores, et les hommes rendront gloire à notre Père qui est aux cieux. Amen.