Bienvenue sur ce blog !

Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







Affichage des articles dont le libellé est Vie nouvelle. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Vie nouvelle. Afficher tous les articles

dimanche 20 avril 2025

Saint Jour de Pâques - 20 avril 2025

 Pâques, passage du Jésus de l'Histoire au Christ de la foi.






Quelle nuit nous avons vécu ! Alors que nous étions tristes de la mort de Jésus, voilà que dans la nuit a retentit un cri de joyeuse espérance : il est ressuscité ! L’improbable a eu lieu, comme Jésus l’avait annoncé par trois fois à ses disciples : après trois jours, je ressusciterai. Comment aurions-nous pu le croire quand il annonçait cela ? Jamais, personne ne l’avait fait. En passant victorieux par la mort, Jésus est désormais reconnu comme Jésus, le Christ, celui que Dieu envoie pour sauver son peuple.

Nous avons relu cette nuit la longue histoire du peuple de Dieu, histoire faite d’alliances et de promesses. Et il nous a fallu reconnaître l’évidence : Jésus est celui qui accomplit toutes les promesses faites par Dieu à son peuple ; Jésus est celui qui inaugure l’alliance nouvelle et éternelle que rien ne viendra briser. En Jésus, mort et ressuscité, Dieu a pris le parti de l’homme et l’a libéré de la mort et du péché, par grâce, parce que l’humanité, par elle-même, en était incapable. En lui ouvrant la possibilité de la vie avec Dieu pour toute éternité, Jésus réconcilie Dieu et son peuple qui si souvent s’était détourné de lui. Cette alliance est éternelle parce que signée dans le sang de l’Agneau, le sang du Fils unique de Dieu. Dieu ne peut pas se retourner contre son Fils, contre lui-même. Là où l’homme est faible, Dieu est fort. Là où l’homme se montre si souvent infidèle, Dieu se montre fidèle. Nous avons été rachetés à grand prix, le prix de la mort de l’Innocent, le prix de la mort du Fils de Dieu. En s’abaissant dans l’obéissance au projet d’amour de Dieu pour nous, Jésus est élevé par Dieu et reçoit le nom qui est au-dessus de tout nom. Il sera pour toujours le Christ Jésus, seul médiateur entre Dieu et les hommes. Il était notre victime ; il devient notre sauveur. Il était celui que nous avions rejeté ; il devient celui qui nous attire à lui et au Père. Il était celui que nous avons fait mourir ; il devient celui qui nous donne la vie en plénitude. Comment pourrions-nous ne pas nous attacher à lui et ne pas le suivre désormais là où Dieu nous attend ? 

Le temps de Pâques qui s’ouvre nous invite à passer du Jésus de l’Histoire, celui que les hommes ont croisé, écouté, suivi quelquefois, au Christ de la foi, celui en qui nous sommes invités à croire pour obtenir la vie éternelle. Ceux qui n’avaient vu en lui qu’un grand homme, sont invités à découvrir le Fils unique de Dieu. Ceux qui n’avaient écouté qu’un grand prédicateur, sont invités à écouter la Parole même de Dieu. Ceux qui n’avaient vu en lui qu’un faiseur de miracle, sont invités à reconnaître en lui la source des sacrements de l’Eglise, ces signes que Dieu nous donne pour nous dire son amour de toujours. Il nous faut à tous dépasser ce que nous croyions savoir de Jésus pour découvrir, avec ses disciples, dans la force de l’Esprit Saint, le Christ qui nous ouvre le chemin vers Dieu et nous obtient son pardon. Fini le petit Jésus tout mignon dans sa crèche ; voici le temps du Christ qui nous sauve et nous entraîne dans une nouvelle manière de vivre. Fini le temps où notre réalité était le monde terrestre ; désormais, il nous faut penser aux réalités d’en-haut. Fini le temps où l’homme était esclave du péché ; désormais, il est libre en Jésus Christ, vainqueur de la mort et du péché. Sa victoire rejaillit sur notre vie et la transforme. Nos petites vies participent désormais à la Vie même de Dieu. Finis les horizons bouchés ; avec le Christ, une espérance nouvelle est possible, un monde nouveau se construit ; il n’attend que nous.

Que la joie de cette fête qui nous rend la vie nous convertisse à ce monde nouveau où l’homme est fort de la force même de Dieu. Ils sont finis les jours de la Passion, dit la prière de l’Eglise ; avec eux sont finis les jours où l’homme était démuni et subissait sa vie. Désormais, il est libre ; désormais, il est vivant, pleinement ; désormais, il peut, s’il le veut, être pleinement fils de Dieu, à l’image du Christ Jésus, premier-né d’entre les morts. Nous avions suivi Jésus sur les routes de Judée, Samarie et Galilée ; suivons désormais le Christ sur la route qui mène au Royaume, auprès de Dieu. C’est là que nous sommes attendus ; c’est là qu’est notre vraie vie. Amen. 


samedi 19 mars 2022

3ème dimanche de Carême C - 20 mars 2022

 Faire route avec Jésus pour porter du fruit, le fruit d'une vie nouvelle.



(La parabole du figuier, Gravure de Jan LUYKEN, BOWYER BIBLE, source Wikipedia)


            Depuis le début du carême, nous avons vu Jésus affronter le Mal et vaincre le tentateur par sa fidélité à la Parole de Dieu. Dimanche dernier, nous pouvions contempler sa gloire, la gloire qui est sienne depuis toute éternité et qui resplendira par le mystère de la croix dressée et du tombeau ouvert ; cette contemplation par avance de la gloire nous donne déjà la force d’affronter les événements à venir de la Passion. Aujourd’hui, pour poursuivre notre marche à la suite de Jésus, il nous faut nous regarder, oser un regard sur notre propre vie : que produit-elle ? Car comment imaginer faire route avec Jésus sans envisager éventuellement de changer de vie, pour porter du fruit, le fruit d’une vie nouvelle ? 

            L’évangile de ce dimanche ne présente pas de difficulté particulière de compréhension. Il nous rappelle que les catastrophes ou les accidents de la vie ne sont pas la conséquence de notre péché. Le mal arrive dans notre vie, mais il est étranger à Dieu, parce que Dieu ne peut le concevoir. Vous pouvez relire les prophètes qui nous ont déjà été proposés au long de ces deux semaines de Carême. Nous avons ainsi entendu Ezéchiel nous dire que Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive. C’est là le seul projet de Dieu, parce qu’il nous a faits pour la vie. L’avertissement de Jésus ce dimanche, répété deux fois, nous rappelle cette évidence : si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. Non pas que Dieu nous fasse périr (encore une fois, il ne veut que notre vie) ; mais, en refusant de nous convertir, en refusant de choisir Dieu et la vie qu’il nous offre, nous nous précipitons vers la mort. Aujourd’hui comme hier, Dieu voit la misère de son peuple, connait ses souffrances. Hier il envoyait Moïse vers son peuple pour le libérer d’Egypte, pour lui rendre une vie digne de lui. Puis il a envoyé son propre Fils, Jésus, pour libérer les hommes de la mort et du péché et les rendre à nouveau capables de Dieu, capables de la vie éternelle, cette vie nouvelle libérée de toute souffrance, libérée de tout mal. Il est ce vigneron qui bêche notre humanité, l’enrichit de la Parole de Dieu pour qu’elle porte le fruit que Dieu est en droit d’attendre. 

            Hélas, nous l’avons vu ces derniers temps, le mal fait encore des siennes. Il le fait dans notre monde ; nos journaux en sont remplis quotidiennement. Mais il est aussi arrivé qu’il soit fait dans l’Eglise, par des hommes et des femmes au service de cette Eglise. En ce troisième dimanche de Carême, fidèle à son engagement, l’Eglise catholique porte dans sa prière les victimes de tous les abus qui ont eu lieu en son sein. Ce drame nous rappelle l’urgence qu’il y a pour tous de marcher à nouveau avec Jésus. Hors de lui, pas de salut ; hors de lui, pas de délivrance du mal. Cela vaut pour tous, y compris pour les ministres de l’Eglise. L’ordination, pas plus que le baptême, ne protège du mal qu’on peut nous faire, ni du mal qu’on peut faire. L’ordination, comme le baptême, nous donne une responsabilité particulière dans cette lutte de chaque instant contre le mal qui rôde, d’abord dans notre propre vie. Seule la marche humble et persévérante avec le Christ nous offre une voie de salut. Seule la marche humble et persévérante avec le Christ nous permet d’identifier le mal, de le dénoncer, de le rejeter. Ce mal des abus commis, qu’ils soient abus sexuels, abus de pouvoir ou abus de confiance, se devait d’être dénoncé et d’être traité à la hauteur des souffrances qu’il a provoqué.  Que cela ait porté atteinte au crédit de l’Eglise, c’est une évidence. Mais j’ai la conviction que Dieu continue de bécher le sol dans lequel cette Eglise est plantée pour qu’elle porte à nouveau du fruit, un fruit de vie nouvelle, le fruit qu’elle n’aurait jamais dû cesser de porter. De cette épreuve, elle sortira grandie si elle se recentre sur son unique mission : annoncer la Bonne Nouvelle du Christ qui nous libère de tout mal par son offrande sur la croix. 

            Le mal est étranger à Dieu qui ne l’a pas créé, ni ne peut le concevoir. A travers toutes les alliances qu’il a proposées aux hommes, il n’a cessé de le combattre. Appelés à vivre de la vie même de Dieu, le mal doit nous devenir étranger. Il nous faut le combattre toujours, si nous voulons être d’authentiques disciples de Jésus. Il y a tant de beaux et de bons fruits à porter ; pourquoi ne pas y consacrer notre énergie ? Le temps passé à imaginer et concocter le mal est toujours du temps perdu, et définitivement perdu puisqu’il nous ferme le temps de l’éternité bienheureuse. Le temps passé à imaginer et à faire le bien est toujours du temps gagné, pour aujourd’hui d’abord parce qu’il nous rend heureux immédiatement, et pour l’éternité ensuite puisqu’il nous ouvre au bonheur sans fin. En choisissant de faire route avec Jésus au long de ce carême, en choisissant de faire route avec lui tout au long de notre vie, nous ferons reculer le mal. En choisissant de faire route avec Jésus, nous porterons du fruit, un fruit de vie nouvelle, aujourd’hui et toujours. Amen.