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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

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samedi 19 septembre 2026

25ème dimanche ordinaire A - 20 septembre 2026

 C'est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers.









 

            Ce n’est pas juste, hein ? Les derniers, qui n’ont presque rien fait, reçoivent autant que les premiers qui ont enduré le poids du jour et la chaleur ! Comment est-il possible d’accepter cela ? Si nous regardons cela avec nos repères très humains, ben non, ce n’est pas juste. Mais personne n’a dit qu’il faut regarder cela avec des yeux humains ! N’oublions pas que c’est Jésus qui parle, et qu’il nous raconte une fois de plus une parabole pour que nous comprenions une réalité mystérieuse.

Ce qu’il veut nous faire comprendre, ce n’est pas une règle économique, mais la réalité du royaume des Cieux, cet endroit que nous ne voyons pas, mais auquel nous aspirons ! Et pour comprendre cette réalité nouvelle, il nous faut quitter nos pensées et nos chemins pour suivre ceux du Seigneur. Dieu s’était adressé jadis ainsi à son prophète Isaïe : Mes pensées ne sont pas vos pensées et vos chemins ne sont pas mes chemins. Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. Autrement dit, nous ne pouvons pas écouter une parabole à hauteur d’homme. Pour bien comprendre, il nous faut déjà regarder le monde et écouter Jésus à hauteur de Dieu. Et cette parabole précisément nous demande de laisser là nos jugements et nos critères humains pour embrasser le jugement et les critères de Dieu lui-même. Et croyez-moi, c’est bien mieux ainsi, pour nous tous. Il suffit d’écouter l’avertissement final de Jésus : C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. A vue humaine, nous sommes tous le dernier de quelqu’un, comme nous sommes tous le premier d’un autre.

Quelle est alors cette réalité du royaume des Cieux que Jésus veut nous faire comprendre aujourd’hui ? Elle comporte deux dimensions importantes. La première, c’est que, devant ce royaume des Cieux, nous sommes tous égaux. Dans le royaume, pas de faveur au titre de notre ancienneté ; pas de faveur au titre du temps passé à travailler pour lui. Que ce soit un jour ou une heure, c’est pareil. Dieu ne fait pas de différence entre les personnes. Ce qui importe, c’est de s’être engagé à travailler à la vigne du Seigneur ; au bout la récompense est la même : nous serons aimés d’un même amour. Les parents font-ils une différence entre leur aîné et le petit dernier ? En aiment-ils l’aîné davantage que le dernier venu sous prétexte qu’il est avec eux depuis bien plus longtemps ? Ou l’aiment-ils soudain moins parce qu’ils ont fait le choix d’accueillir un autre enfant ? Y a-t-il un parent qui ait dit à son premier enfant : Tu comprends, tu as épuisé le capital d’amour que nous avions pour toi ; comme nous voulons aimer encore, il nous faut un autre enfant ? Le capital d’amour de Dieu envers l’humanité est inépuisable. Et il est le même pour tous. Nous pouvons entendre ainsi la réponse du maître du domaine à celui qui se sent lésé : Je veux donner au dernier venu autant [d’amour] qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de [mon amour] ?

Certains pourraient penser alors qu’il vaut mieux profiter de la vie avant de s’engager à travailler à la vigne ; si c’est pour avoir la même chose, pourquoi se précipiter ? C’est la deuxième dimension de l’enseignement de Jésus. Les derniers venus n’ont pas attendus sur la place la fin du jour pour venir enfin travailler à la vigne. Ils n’ont pas esquivé le travail. Il se trouve juste, et l’un d’eux le dit au maître du domaine, qu’ils sont restés là, toute la journée, sans rien faire parce que personne ne les a embauchés. Mais sitôt appelés par le maître du domaine, sitôt ils sont au travail. Ce ne sont pas des tire-au-flanc ou des profiteurs ; ce sont juste des personnes qui n’ont entendu l’appel à travailler que maintenant, avant la fin du jour. Tous les hommes n’ont pas entendu l’appel de Dieu à travailler avec lui dès potron-minet. Ce n’est ni la faute de Dieu, ni la faute des hommes. Dieu appelle en permanence, la parabole le montre bien à travers les nombreuses sorties du maître du domaine. Mais pour que les hommes répondent, il faut que la rencontre se fasse. Plutôt que de jalouser les derniers venus, les derniers convertis, il nous faut nous réjouir d’être plus nombreux à travailler à la vigne du Seigneur. Les nouveaux convertis n’enlèvent rien aux baptisés de longue date. Ce qui compte, c’est ce qui les unit désormais : ils vont travailler ensemble à la même vigne pour la même et unique récompense : vivre en présence de Dieu pour toute éternité. Que vouloir de plus ?

C’est en ce sens qu’il faut encore comprendre le dernier verset de cet évangile ; il ne dit pas les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. Il dit : C’est ainsi que… celui qui a rejoint en dernier sera traité de la même manière que celui qui est venu en premier, et vice-versa. Le C’est ainsi que renvoie à la parabole qu’il ne faut jamais oublier quand on cite ce dernier verset. Jésus ne dit pas que les uns seront promus et les autres dégradés. Il dit : comme cela est démontré dans cette parabole, tous sont traités de la même manière, qu’ils aient été premiers ou derniers. Dieu ne fait pas de différence, il aime chacun pareil. Cela devrait nous réconforter et nous réjouir tous. Amen.

samedi 25 juillet 2026

17ème dimanche ordinaire A - 26 juillet 2026

 Le royaume des Cieux : un trésor caché, une perle fine trouvée.





(image trouvée en ligne)


 

            Troisième et dernier dimanche consacré à la lecture du chapitre treize de l’évangile de Matthieu, consacré aux paraboles sur le royaume des cieux. Nous avons entendu successivement les paraboles du semeur, du bon grain et de l’ivraie, de la graine de moutarde, du levain dans la pâte. Aujourd’hui, nous terminons avec les paraboles du trésor caché dans un chant, de la perle fine et celle du filet rempli de toutes sortes de poissons. Autant d’images différentes pour expliquer une réalité pourtant inscrite au cœur de notre foi : le royaume des cieux où nous sommes attendus ! La liturgie de ce dimanche a prévu une lecture courte de l’évangile qui ne fait entendre que la parabole du trésor caché et celle de la perle fine. Deux petites histoires qui nous disent de grandes choses.

            Le premier enseignement de ces paraboles, c’est que le royaume des Cieux, c’est quelque chose de précieux : un trésor caché, une perle de grande valeur qu’un homme finit par dénicher. Cela peut faire rêver, mais cela nous dit surtout que Dieu ne se moque pas de nous ; il ne nous promet pas juste un centre de vacances où nous irions nous reposer pour l’éternité. Ce qu’il nous propose, c’est quelque chose de précieux. Avons-nous déjà songé à ce que cela signifiait de pouvoir contempler Dieu face à face ? C’est comme la découverte d’un trésor caché ou d’une perle fine trouvée. Cela n’a pas de prix, c’est juste fabuleux !

            Et c’est le deuxième enseignement de ces paraboles. Ce trésor caché ou cette perle fine ont tellement de valeur que ceux qui les trouvent se débarrassent de tout ce qu’ils avaient jusqu’à maintenant pour les acquérir. Rien n’a plus de valeur quand on découvre le royaume des Cieux : il nous le faut absolument ! Et contrairement à la petite robe ou au costume vus en soldes, il n’y a pas de rabais possible. Il nous faut tout lâcher pour gagner ce trésor, pour acquérir cette perle fine. C’est le must have, c’est the place to be ! Comment, ayant entendu Jésus, et contemplé le royaume des Cieux, comment donc ne pas le vouloir ? C’est l’horizon vers lequel nous tourne Jésus ! C’est le but de toute vie croyante ! Avons-nous ce désir du royaume ? Le préférons-nous à tout le reste ?         

            Le troisième enseignement de la parabole, c’est que la découverte du royaume des Cieux procure une grande joie et c’est cette joie immense qui permet de ne rien lui préférer, de laisser tout ce qu’on avait jusqu’à maintenant pour acquérir ce bien supérieur, ce bien ultime. Le croyant n’est pas fait pour la tristesse ; et s’il la connaît, il doit savoir qu’une joie sans fin l’attend. Et cette joie est accessible dès maintenant. C’est la joie de savoir que la vie est la plus forte depuis que Jésus s’est livré sur la croix pour notre salut. C’est la joie de savoir que ce royaume n’est pas impossible à acquérir. Jésus nous en a indiqué le chemin : l’amour de Dieu et du prochain, jusqu’à l’amour des ennemis. Il nous en a indiqué le prix : une vie donnée au service des autres. Il nous l’a enseigné par ses paroles ; il nous l’a enseigné par sa vie donnée jusqu’à la mort. C’est la preuve qu’il ne nous ment pas et que nous pouvons le suivre, puisque notre foi nous dit qu’il a passé la mort, victorieux à jamais ! 

            Il y a encore une chose que nous comprenons en méditant ces paraboles : le royaume des Cieux se cherche ! Le trésor était caché ; la perle fine est dénichée après des années à en acquérir d’autres. C’est la quête d’une vie, et chaque croyant se doit de rechercher ce trésor caché. Ce n’est pas le fruit du hasard ; c’est le résultat d’une recherche qui transforme notre vie et notre art de vivre. Nous pouvons comprendre qu’il ne suffit pas d’être croyant un jour pour gagner ce royaume. C’est l’œuvre, que dis-je ? le chef d’œuvre de toute vie croyante. Nous pouvons, et nous devons travailler à ce royaume, dès ici-bas. C’est un chemin, un travail progressif. Combien d’hommes ont passé dans ce champ sans trouver le trésor caché ? Combien ont vu cette perle sans en reconnaître la grande valeur ? Il est donc possible, par paresse, par désintérêt, par méconnaissance, de passer à côté, de ne pas le trouver, de ne pas reconnaître sa juste valeur !

            Travaillons donc à connaître et à reconnaître ce royaume. Cultivons notre désir de vivre avec Dieu pour toujours. Approfondissons notre foi et la connaissance de la Parole de Dieu. Cherchons-le et nous le trouverons ! Et osons demander à Dieu de nous l’accorder après une vie passée à le chercher sincèrement. Amen. 

 

samedi 23 septembre 2023

25ème dimanche ordinaire A - 24 septembre 2023

 Premiers ou derniers : dans le royaume, tous pareils !



 Source : Comprendre les paraboles - Région-ouest (epudf.org)

 

            C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. Ainsi s’énonce la conclusion de la parabole que Jésus nous raconte en ce dimanche. Une parabole aux accents indubitablement politique, puisqu’elle dessine un vivre ensemble peu commun. Et sa conclusion ne manque pas de nous étonner. Pour bien comprendre, il me semble qu’il ne faut pas oublier pourquoi Jésus raconte cette parabole. Il ne nous parle pas d’abord de notre monde, il nous parle du royaume des cieux qui est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Et cela change tout, ou presque ! 

            C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. Souvent, nous pensons que Jésus renverse la table et les valeurs. Nous comprenons alors que les premiers seront les derniers, et que les derniers seront les premiers, ce qui donne, par exemple, quelque chose du genre : tu étais devant la file, tu vas te mettre tout derrière ; tu étais tout derrière dans la file, va te mettre tout devant. Reconnaissons que cela ne nous arrange que lorsque l’on est tout derrière (sauf peut-être à l’église, où l’on aime bien être tout derrière sans que nous sachions trop pourquoi) ! Mais est-ce bien là ce que Jésus nous dit aujourd’hui ? Y aurait-il, dans le royaume des cieux, une prime à la paresse, au dernier de la classe, à celui qui ne fait aucun effort ? Ce n’est pas ce que dit cette parabole. Ce qu’elle nous dit, c’est que le maître traite pareillement les premiers et les derniers embauchés. Il n’enlève rien aux premiers qui ont reçu le salaire promis : il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée, une pièce d’argent. Il ne rajoute rien aux suivants à qui il a promis de donner ce qui est juste, c'est-à-dire un salaire pour leur travail. Et c’est bien ce qui arrive : chacun est payé selon ce qui a été convenu au départ, et que le maître traduit par une pièce d’argent pour tous. Le maître estime juste de donner à tous ce qu’il a promis aux premiers ; c’est son droit !  Dans le royaume des cieux, il n’y a pas de places de première classe ou de quinzième classe… Dans le royaume des cieux, il y a de la place pour tous ceux qui veulent bien travailler à la vigne du maître.  Les derniers seront traités comme les premiers, et les premiers comme les derniers. 

            Certains pensent alors que cela change tout, parce que cela ne correspond pas à notre manière de faire ou de penser. Mais cela n’est pas nouveau. Déjà Isaïe, parlant du rapport entre Dieu et les hommes, rappelait que mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins. Il y a une approche radicalement différente. Là où l’homme fait des différences (parce qu’il faut tenir compte du degré de sympathie, du poids du jour, du temps passé à…), Dieu ne voit que des humains qu’il aime pareillement et qu’il entend accueillir pareillement dans le royaume des cieux. C’est nous qui avons imaginé que Dieu s’en tiendrait à nos représentations, et qu’il était bien mieux que là-bas, on reproduise l’ici-bas. D’autres avaient imaginé au contraire que là-bas serait l’exact contraire d’ici-bas, ce qui pouvait, pensaient-ils, faire accepter les différences jugées inévitables ; cela a donné des prédications du genre : souffrez maintenant, et en silence s’il vous plaît, et vous serez heureux après. On se console comme on peut ! Jésus dit non à ces deux représentations. Le royaume des cieux n’est ni un miroir de notre monde, ni sa copie inversée. Le royaume des cieux est quelque chose de neuf, une nouvelle manière de considérer les relations entre les hommes, une nouvelle manière de considérer les rapports avec Dieu. Dans le royaume des cieux, tu es invité à rejoindre la vigne du Seigneur. Dans le royaume des cieux, Dieu traite chacun avec justice, sans faire de différence entre les hommes. Dans le royaume des cieux, c’est la loi de Dieu qui s’applique, de Dieu qui est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu’il fait. Dans le royaume des cieux, la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres. Bref, dans le royaume des cieux, Dieu est chez lui et il y fait comme bon lui semble. A l’oublier, nous risquons d’être déçus et ingrats. Entendons la réponse du maître de la vigne à celui qui se rebiffe : Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? 

            Puisque nous sommes tous invités à œuvrer pour le royaume des cieux, oublions nos conventions trop humaines, entrons dans la manière d’être et de vivre du maître du domaine. Ne reproduisons pas là-bas ce que nous dénonçons ici-bas. Entrons dans l’unique manière de vivre qui permet à tout homme de se sentir frère, de se sentir aimé, de se sentir respecter : celle que Dieu nous indique dans sa parole. Que la fraternité universelle que l’Evangile de Jésus Christ nous propose ne soit pas un doux rêve mais notre réalité. Qui a dit que nous ne pouvions pas commencer ici-bas à vivre comme là-bas ? Le royaume des cieux peut commencer dès maintenant, puisque le Christ a annoncé qu’il était déjà au milieu de nous. Il tient à chacun de le vivre déjà. Amen.