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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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mercredi 25 décembre 2019

Jour de Noël - 25 décembre 2019

Quand Dieu se fait homme, il ne joue pas à l'homme !







Après le côté merveilleux de cette nuit, redevenons sérieux, voulez-vous ! Nous avons chanté et célébré Dieu qui se fait homme en Jésus Christ ; nous avons vu la crèche, nous avons entendu le message de l’ange. Et maintenant ? Maintenant, il faut nous rendre à l’évidence : quand Dieu se fait homme, il ne joue pas à l’homme, il le devient, réellement. 

Un instant, nous aurions pu croire à une mauvaise blague. Après tout, les choses se passaient dans l’Empire romain. Et tout le monde sait que les dieux romains, comme les dieux grecs qu’ils imitent, jouent avec les hommes. De temps à autre, l’un d’eux vient sur terre, plus ou moins déguisé, s’en va séduire qui une jeune fille, qui un jeune homme. Une blague céleste, vous dis-je ! Mais aucun d’eux n’est allé jusqu’à se faire homme réellement. Or le Dieu qui s’est révélé à Abraham, Moïse, David et à tous les prophètes, a choisi, pour sauver l’homme, de se faire homme réellement. Le Verbe s’est fait chair (c.h.a.i.r et non pas c.h.e.r - il serait hors de prix !), il a habité parmi nous, affirme le prologue de l’Evangile de Jean. Ce n’est pas une élucubration philosophique, c’est le mystère que Jean l’Apôtre a saisi en côtoyant Jésus jour après jour, jusqu’à la croix, et il témoigne de cela dans son Evangile. C’est tellement évident pour lui, c’est tellement important pour lui, qu’il va transmettre ce qu’il a vu, ce qu’il a compris. Ce n’est pas de la théologie de salon ; c’est du vécu : Nous avons vu sa gloire. Ce prologue vient comme résumer et annoncer tout ce qui est contenu dans son Evangile. Et cette affirmation de l’incarnation de Dieu en Jésus est centrale, fondamentale pour Jean. Il va nous montrer que Dieu ne joue pas l’homme, Dieu ne joue pas avec les hommes ; Dieu vient à leur rencontre, Dieu vient assumer tout ce qui fait leur vie, de la naissance à la mort, pour donner à ces vies humaines leur pleine stature. Quand Dieu se fait homme, l’homme lui-même ne peut plus jouer à être homme ; l’homme lui-même doit être homme, pleinement. Il doit assumer la grandeur de son existence puisque Dieu la lui a rendue en se faisant tout petit. Il doit assumer la sainteté de son existence, puisque Dieu lui-même a embrassé l’humanité, faisant d’elle sa promise, son épouse. Voilà l’humanité qui retrouve la sainteté qui fut sienne, au commencement. 

Si Dieu ne joue pas avec les hommes, les hommes ne doivent pas jouer avec Dieu. Cela ne peut pas être un coup je t’aime, un coup je ne t’aime plus ; un coup je te suis, un coup je te laisse ; un coup je crois en toi, un coup je te tourne le dos. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Entendez bien ce qui est dit : il est venu chez lui. Dieu n’est pas un étranger en terre humaine ; les hommes ne peuvent pas lui être hostiles à moins d’être ingrats. Dieu est chez lui chez les hommes puisque le monde était venu par lui à l’existence. Sans Dieu, pas de monde ; sans Dieu, pas d’hommes ! Quand les hommes jouent avec Dieu, Dieu n’a plus de place reconnue dans ce monde qu’il a créé pour les hommes. Quand les hommes jouent avec Dieu, Dieu devient un étranger sur sa propre terre, et n’y est pas le bienvenu. Quand les hommes jouent avec Dieu, quand ils jouent à se prendre pour Dieu, tout va mal, non pour Dieu, mais pour les hommes eux-mêmes. C’est pour cela d’ailleurs que Dieu se fait homme, pour redonner de la grandeur à la vie des hommes, pour que leurs vies étriquées, abîmées, noyées dans les ténèbres, retrouvent leur splendeur première. A ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Dieu est tellement sérieux quand il se fait homme qu’il permet aux hommes qui l’accueillent de devenir comme Lui, de devenir ses fils. C’est dire si Dieu ne joue pas avec les hommes ; c’est dire que Dieu ne joue pas à être homme. 

Quand Dieu vient chez les hommes, il ne joue pas à l’homme, il ne joue pas avec les hommes. Ce mystère que nous avons célébré cette nuit est un fait et il nous faudra faire avec. Nous ne sommes pas obligés d’y croire ; mais n’y croyant pas, n’accusons pas Dieu de tous nos maux, de tous nos travers, de toutes nos lâchetés, de toutes nos turpitudes. Dieu est venu chez les siens ; Dieu ne cesse de venir chez lui. Continuerons de jouer avec lui, continuerons de nous jouer de Lui, de faire comme si cela ne changeait rien, de faire comme si cela ne nous concernait pas ? Dieu est venu chez lui ; et toi, où viens-tu ? Où vas-tu ? Permettras-tu à la rencontre de se faire et au monde à devenir meilleur ? Permettras-tu à Dieu d’être Dieu-fait-homme, Dieu qui s’invite dans ta vie ? La réponse est tienne, la réponse est nôtre. Dieu vient à nous, sérieusement. Qu’en faisons-nous ? Personne ne peut accueillir Dieu dans ta vie à ta place. A toi d’être sérieux avec Dieu comme il l’est avec toi. A toi de dire à Dieu qu’il compte pour toi comme toi tu comptes pour lui. Amen.




vendredi 23 décembre 2011

Nativité de Notre Seigneur - 25 décembre 2011

Accueillir celui qui vient et voir plus loin.






Alors, il te plaît, ton cadeau ? Combien d’enfants, voire d’adultes, ont entendu cette phrase après le grand déballage de cette nuit ? N’est-ce pas, lorsque nous offrons un cadeau, nous attendons au moins cette lueur dans le regard qui, à défaut de mots, sonne comme un assentiment et un remerciement : tu as bien choisi, c’est bien ce que je voulais. La même question vaut pour nous tous, ce matin. Sommes-nous heureux du cadeau que Dieu nous a fait en cette nuit ? Sommes-nous heureux d’accueillir cet enfant ou sommes-nous déçus devant la taille du cadeau ? Après tout, nous attendions un Sauveur et tout ce que nous avons, c’est un bébé, c’est-à-dire moins d’un mètre de chair, qui braille comme tous les nouveau-nés, et qui n’a même pas eu la bonne idée de naître dans une famille bien comme il faut. Pensez donc : père célibataire, mère enceinte d’un autre. Pas très catho tout ça ! Alors, il vous plaît, le cadeau ?

La messe du jour de Noël a ceci de particulier qu’elle nous fait voir plus loin, plus haut. Autrement dit, elle ne nous fait pas seulement nous intéresser au cadeau, mais à ce que ce cadeau est réellement et à ce que ce cadeau va devenir. Le merveilleux de la nuit (un enfant qui naît à l’écart de tous, avec comme chorale la cohorte des anges et comme visiteurs les bergers du coin), ce merveilleux donc cède la place à la réflexion spirituelle et philosophique. Que voulez-vous ? Il y a un temps pour s’extasier et un temps pour méditer. Et qu’apprenons-nous alors ce matin que nous ne savions déjà cette nuit ? Des choses surprenantes, en fait !

D’abord, nous apprenons sa fonction : il est le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu ! Cet enfant que nous avons admiré en cette nuit, il nous faudra un jour l’écouter. Nous ne pouvons donc pas nous contenter d’une visite à la crèche et nous en retourner chez nous. Si nous venons voir cet enfant, c’est pour nous intéresser à lui, maintenant, mais aussi à l’avenir. Comme tous les enfants, il va grandir ; et c’est à ce moment-là qu’il deviendra intéressant pour nous. Il est depuis toute éternité et pour toute éternité la Parole de Dieu, désormais incarnée. Il aura donc des choses à nous dire.

Nous apprenons aussi qu’il n’est pas si nouveau que cela, ce nouveau-né, puisqu’il était au commencement avec Dieu, et qu’il était Dieu. Ce qui est nouveau, par contre, c’est qu’il vient en notre monde. Un des mots importants de la liturgie de Noël, c’est justement aujourd’hui. Aujourd’hui vous est né un Sauveur. C’est bien maintenant que cela se passe, même si l’histoire des relations entre Dieu et les hommes est une vieille histoire ; cette naissance nous renvoie aujourd’hui au commencement. En fait, aujourd’hui devient un commencement. Avec cet enfant, avec cette Parole livrée aux hommes, c’est un nouveau départ dans notre relation à Dieu. L’auteur de la lettre aux Hébreux le souligne bien : Souvent, dans le passé, Dieu a parlé à nos pères… mais dans les jours où nous sommes (autre manière de dire aujourd’hui) il nous a parlé par un Fils qu’il a établi héritier de toutes choses. Il est peut-être né dans une étable, à l’écart de tous, il n’en n’est pas moins le premier de tous, puisqu’il est l’héritier ! Il va compter plus qu’on ne le devine devant cette mangeoire.

Nous apprenons encore que ce nouveau-né est la lumière, la vraie lumière, précise Jean. Pas seulement celle qui nous permet de marcher dans la nuit, mais la lumière qui révèle, la lumière qui fait advenir les choses qui seraient restées dans le noir, inconnues de nous. Il aura des choses à nous dire et des choses à nous montrer, ce petit d’homme. Par lui, lumière venue éclairer les hommes, nous verrons l’amour de Dieu à l’œuvre et nous comprendrons mieux à quel point nous sommes aimés de Dieu ; et nous comprendrons mieux comment nous devons aimer à notre tour.

Et puis nous apprenons surtout que ce petit d’homme nous permet à tous de devenir fils de Dieu ! A ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu. S’il est venu chez nous et si nous sommes venus à lui, c’est pour que s’opère ce magnifique échange : Dieu se fait homme et nous pouvons devenir Dieu. Et c’est encore par cet enfant que cet échange s’effectue. Nous ne le voyons peut-être pas encore là, sur la paille et le bois de la crèche, mais nous le mesurerons pleinement lorsqu’il sera élevé de terre, sur le bois de la croix. Ce petit d’homme donne Dieu à voir, à entendre et à suivre.

Alors, il vous plaît, votre cadeau ? Si vous en êtes encore au merveilleux de cette nuit, acceptez désormais de faire un pas de plus. Si vous trouvez le cadeau trop petit, attendez qu’il grandisse et reprenez-le, suivez-le, écoutez-le. Il ne vous décevra jamais ; il ne vous ennuiera jamais. Il ne se démodera pas. Il ne s’abimera que sur la croix pour mieux vous recréer et vous mener à Dieu en son Royaume. Alors, si vous trouviez la joie de cette nuit un peu courte, vous la retrouverez à nouveau, pour toute éternité. Car c’est pour partager cette joie qu’il est venu ; c’est pour que vous connaissiez cette joie toujours qu’il s’est fait le cadeau de Dieu pour vous. Amen.








(Photo crèche privée)