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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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dimanche 15 octobre 2017

28ème dimanche ordinaire A - 15 octobre 2017

Tout est prêt : venez à la noce !







Tout est prêt : venez à la noce ! Honnêtement, pourriez-vous résister à pareille invitation et vous dérober au dernier moment pour aller au champ ou à votre commerce ? Dans quel monde vivent ces invités qui ont l’outrecuidance de rester chez eux, voire de tuer les envoyés de celui qui aurait dû être leur hôte ce jour-là ? A l’écoute de cette parabole, nous comprenons la colère du roi et sa réaction violente. Si nous avions été à sa place, serions-nous restés de marbre ? 
 
Tout est prêt : venez à la noce ! Pareille invitation nous est faite chaque dimanche, lorsque les cloches de nos églises se mettent à carillonner. Car les cloches sonnent bien pour nous inviter au repas des noces de l’humanité avec Dieu qui veut la joie et la vie de son peuple. Au cours de ce sacrement, source et somme de la vie chrétienne, Dieu s’unit à nous, Dieu s’offre à nous. Le pain partagé et le vin versé sont les mets de ce festin que le prophète Isaïe annonçait jadis. Le Seigneur prépare chaque dimanche un festin pour son peuple, la messe étant un avant-goût du repas que Dieu nous offrira dans son Royaume. Si d’aventure nous l’avions perdu dans les méandres de nos habitudes, il nous faut d’urgence retrouver ce plaisir de répondre à l’invitation à ce festin dominical. Notre rencontre doit nous transporter de joie ; elle doit être l’événement attendu qui ouvre une nouvelle semaine. Aucun autre événement ne peut surpasser en joie l’eucharistie dominicale. Elle est un temps de respiration, de fraternité, de rencontre, de communion entre nous et avec Dieu. Rien ne vaut face à cette rencontre. Cette invitation qui nous est faite ainsi mérite d’être défendue dans un monde qui veut banaliser le jour du Seigneur et le mettre en concurrence avec les réalités économiques. Nos champs et nos commerces nous procurent-ils une joie plus grande que le repas du Seigneur ? Nos champs et nos commerces valent-ils plus que le repos que nous trouvons auprès du Seigneur ? Si nous perdions le sens de cette invitation, nous ne vaudrions pas plus que ces invités qui maltraitent et tuent les serviteurs du Roi. 
 
Tout est prêt : venez à la noce ! J’étais au milieu de vous dimanche dernier lorsque vous avez accueilli votre nouveau pasteur. Tout était prêt, nous étions invités à la noce. Mais comme celle de la parabole, elle a failli tourner court parce que l’on sentait encore les divisions et les tensions qui ont porté atteinte à l’unité de la communauté. La joie était grande, certes, mais pas complète. Certains avaient préféré leur champ et leur commerce, d’autres sont venus sans le vêtement de la noce en ne tenant pas la place qui est d’ordinaire la leur. Il est plus que temps de travailler à retrouver la joie de se retrouver autour du Seigneur, non pas individuellement mais collectivement. Il est temps de répondre aux invitations adressées par le vicaire épiscopal dimanche dernier ; il est temps de répondre aux invitations que vous lancera votre nouveau curé. Réunis autour de lui, vous retrouverez le goût de porter le vêtement de noce ; réunis autour de lui, vous retrouverez le goût de la fête à laquelle Dieu vous invite. 
 
Tout est prêt : venez à la noce ! C’est tout simple de répondre à cette invitation. Il suffit de se mettre en route ; il suffit de décider que le bien commun est supérieur à mon bien personnel ; il suffit de se laisser aimer par celui qui nous adresse cet appel. L’amour de Dieu pour nous est tel qu’il transformera notre amour et le rendra puissant comme le sien. Appuyés sur l’amour de Dieu, nous sommes capables de grandes choses : capables de réconciliation, capables d’unité, capables d’aimer comme Lui nous aime. Laissez là votre quotidien, laissez là les champs et les commerces de vos divisions et rassemblez-vous, dans la joie, au repas que Dieu vous offre. Comme nous le dira la prière sur les offrandes de ce dimanche, chaque liturgie célébrée avec amour vous fera passer à la gloire du ciel où Dieu vous attend. Amen.

vendredi 30 mai 2014

07ème dimanche de Pâques A - 01er juin 2014

Un dimanche pour entrer dans la prière de Jésus.




Coincé entre l’Ascension et la Pentecôte, ce septième dimanche de Pâques peut nous sembler de moindre importance. Il fait le lien entre le départ du Christ et le don de l’Esprit Saint. Pourtant, nous aurions tort de le prendre pour un petit dimanche, existant seulement pour satisfaire une règle mathématique élémentaire : des 40 jours après Pâques marquant l’Ascension aux 50 jours après Pâques de la Pentecôte, il y a dix jours, et donc forcément un dimanche. Ce dimanche nous est donné pour entrer dans la prière de Jésus, pour faire nôtre sa prière au soir de sa mort. 
 
N’est-ce pas là l’attitude des disciples après que Jésus fut enlevé au ciel ? Ils rentrent à Jérusalem, se retrouvent à la maison, et d’un seul cœur, ils participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes, dont Marie… Sans doute est-ce la seule chose qui est nécessaire à ce moment-là ! N’ont-ils pas reçu de Jésus une mission lorsqu’il s’est élevé dans sa gloire ? Celle de faire de tous les hommes des disciples ? Nous pouvons comprendre que ces hommes et ces femmes réunis dans l’attente de l’Esprit Saint, qui sera leur force pour cette mission, n’aient trouvé rien de plus important à faire que de prier, c’est-à-dire se relier à ce ciel vers lequel Jésus est monté. En se mettant en prière, en attendant la venue de l’Esprit Saint, ils manifestent leur désir d’être là où est Jésus, d’être avec Jésus, toujours. N’est-ce pas ce que la liturgie de ce dimanche nous invite à faire aussi dès l’ouverture de la célébration ? Notre première prière en ce dimanche commençait par ces mots : Entends notre prière, Seigneur ! Avant de nous lancer dans une quelconque mission d’Eglise, ce devrait être là notre attitude fondamentale : nous relier au ciel, entrer en relation avec lui pour que le Christ soit avec nous, comme il nous l’a promis. Ce que nous réaliserons sera alors vraiment mission d’Eglise et non activisme débordant. 
 
La prière, n’est-ce pas ce que recommande Pierre, dans sa première lettre au chrétien persécuté à cause de sa foi ? Si c’est comme chrétien [qu’on le fait souffrir], qu’il n’ait pas de honte et qu’il rende gloire à Dieu à cause de ce nom de chrétien. Rendre gloire à Dieu est bien un des buts de la prière. Ce nom de chrétien, que nous devons porter avec fierté, est LE nom qui nous relie au Christ. Ce nom, dans les Actes des Apôtres, n’est pas choisi par les disciples ; il leur est donné par ceux qui ne le sont pas pour les distinguer des autres, pour manifester leur appartenance au Christ, dont les croyants disent à tous qu’il est mort et ressuscité. Ce nom dit notre foi ; ce nom dit la reconnaissance que les non-chrétiens ont de ce que nous sommes en vérité : nous appartenons au Christ et nous portons ainsi son propre nom. Nous sommes identifiés à lui ; nous sommes « Lui » par le baptême ; nous devons en rendre gloire à Dieu ; nous devons lui dire notre reconnaissance. 
 
Jésus, dans sa prière que nous avons entendu dans l’Evangile, vient nous redire pourquoi nous devons rendre gloire à Dieu pour ce nom. Ce nom d’abord nous obtient la vie éternelle puisqu’il est porté par ceux et celles qui ont été donnés par le Père au Christ. La vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Mais Jésus va plus loin dans son enseignement sur ce que doit ou peut être notre prière. La prière de Jésus dans laquelle nous devons entrer est cette prière qui nous fait souvenir que nous sommes au Christ, et donc que nous sommes à Dieu comme le Christ est à Dieu. Sa prière pour nous montre son désir de nous voir fidèles à ce qu’il est, fidèles à sa mission, fidèles à sa Parole. Entrer dans la prière du Christ, c’est demander à Dieu pour nous, cette même fidélité dans un monde qui ne nous y encourage pas. Notre salut vient de ce que le nom de Jésus a été prononcé sur nous ; notre salut sera toujours dans notre fidélité à ce nom. 
 
En attendant que souffle sur nous le grand vent de l’Esprit qui nous communiquera la force du Christ, restons dans cette prière de Jésus ; ce qu’il demande pour lui (que le Père le glorifie), nous pouvons le demander pour nous. La prière liturgique de ce dimanche n’hésite pas d’ailleurs. Dans la prière sur les offrandes, nous demanderons que cette liturgie, célébrée avec amour, nous fasse passer à la gloire du ciel. Et après la communion, nous insisterons encore davantage en priant Dieu ainsi : que notre communion au mystère du salut nous confirme dans cette assurance que tu glorifieras tout le corps de l’Eglise comme tu as glorifié son chef, Jésus Christ. Notre prière rejoint bien la prière du Christ avant sa mort, et sa promesse que nous serons là où il sera, pour toujours unis à lui, en lui, par lui. 
 
Ce dimanche n’est donc pas un petit dimanche. Il n’existe pas de petit dimanche d’ailleurs. Il n’existe que des dimanches vécus petitement s’ils ne sont pas vécus en communion avec Jésus, dans une reprise inlassable de sa prière pour ses disciples. N’ayons pas honte de ce que nous sommes ; n’ayons pas honte de ce qui nous est demandé en ce premier jour de la semaine. Et toujours nous resterons fidèles à la prière commune, comme les premiers disciples, attendant que l’Esprit Saint nous renouvelle pour la mission. Amen.

 (Dessin de Coolus, Blog du lapin bleu)

vendredi 2 mai 2014

03ème dimanche de Pâques A - 04 mai 2014

Un dimanche pour accueillir le Ressuscité !




Voici déjà le troisième dimanche qui passe depuis que c’est arrivé, et peut-être sommes-nous encore comme ces hommes qui font route de Jérusalem à Emmaüs, perdus dans leur douleur, leur doute, leur désespoir. Avec la mort de Jésus, leur monde s’est écroulé. Que reste-t-il ? Rien, pas même un espoir. Leur rêve de liberté s’est évanoui. Ils broient du noir comme l’humanité seule sait le faire lors des grandes crises de son Histoire. Que voulez-vous : le monde est foutu ! Pourtant, en ce dimanche, un jour nous est donné pour accueillir le Christ ! Je reconnais que ce n’est pas là chose simple. Quand il ne vous reste que vos yeux pour pleurer, où trouver la force de relever la tête ? Où trouver un peu de consolation ? Comment retrouver l’espérance ? L’expérience de ces hommes en route pour Emmaüs peut nous aider. 
 
Nous admettons tous, spontanément, que ces deux hommes ont tout perdu avec la mort de Jésus. Nous les imaginons sans mal rentrant chez eux, le pas lourd, la mine triste, échangeant des paroles d’incompréhension devant les événements qu’ils vivent de vivre. Celui qui les rejoint n’a pas dû avoir grand mal à les rattraper. Ont-ils vraiment regardé celui qui les interrompt dans leurs échanges ? Saint Luc dit sobrement que leurs yeux étaient aveuglés et ils ne le reconnaissaient pas. Nous sentons bien le poids de leur douleur et de leur désarroi. Mais l’étranger ne veut en rester là ; le dialogue s’engage. Pour la première fois sans doute, quelqu’un les fait parler ; quelqu’un leur fait mettre des mots sur leur douleur ; quelqu’un les accompagne. Jésus avait promis à ses disciples de ne pas les laisser orphelins ; en attendant le don de l’Esprit Saint, c’est lui-même qui va accompagner ces disciples sur leur chemin d’humanité qui va devenir chemin de foi. Il ne les provoque pas en disant : Mais regardez-moi ! C’est bien moi ! Non, il les accompagne, il les écoute et il va leur parler. Il va leur permettre de prendre un peu de hauteur. Il va leur faire comprendre les Ecritures… En partant de Moïse et de tous les prophètes, il leur expliqua, dans toute l’Ecriture, ce qui le concernait. 
 
Voilà un premier pas important : pour qui veut comprendre quelque chose à l’histoire de Jésus, il ne suffit pas de connaître Jésus, il ne suffit pas d’avoir vécu avec lui ; il faut être capable de comprendre en quoi cette histoire est singulière, en quoi cette histoire particulière reprend toute l’histoire de Dieu avec les hommes et la mène à son achèvement. Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth n’est pas un accident de l’Histoire ; ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth n’est une énième injustice faite à l’homme. Ce qui est arrivé là est à la fois l’aboutissement et un nouveau départ dans les relations entre Dieu et les hommes. Quand le jour de la Pentecôte, Pierre prend la parole, c’est bien ce schéma-là qu’il reprend. Il n’accuse pas les hommes du meurtre de Jésus ; il rappelle que c’était là le plan et la volonté de Dieu. Plusieurs, dans les Actes des Apôtres, Pierre et les disciples, vont ainsi relire pour leurs contemporains l’histoire de l’Alliance entre Dieu et les hommes. Nous ne pouvons donc pas faire l’économie de ce travail. La liturgie nous a permis de le faire durant la nuit de Pâques, lorsque nous avons relu la longue histoire de Dieu avec son peuple. Nous avons encore à le faire en approfondissant toujours plus notre connaissance des Ecritures et notre goût de Dieu et de sa Parole. Cela est-il suffisant ? Non, un deuxième pas est nécessaire et capital pour entrer dans le mystère de Jésus, mort et ressuscité pour nous. 
 
Les disciples, rejoints par Jésus, arrivent à destination. Ce devrait être le temps de la séparation. Mais voilà qu’ils invitent l’étranger à entrer avec eux. Ce qu’il leur a expliqué les a remués ; ils le reconnaîtront eux-mêmes : notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route ? Quelque chose a bougé en eux, mais pas encore assez pour que leurs yeux s’ouvrent. Ils n’ont toujours pas reconnu Jésus. Alors Jésus s’attable  avec eux. Et il pose un geste qui va tout changer, pour eux d’abord, pour le monde ensuite : il prit le pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent. A ceux qui s’attendaient à quelques gestes extraordinaires n’est donné que le signe du pain rompu et partagé entre tous. Ce simple geste, d’une banalité terrifiante, a tout changé. Ce qu’ils avaient peut-être pressenti sur la route sans oser y croire encore, se révèle à eux avec une évidence bouleversante : c’est Jésus, il est ressuscité. Ce qu’avaient dit les femmes au matin est vrai. Sitôt Jésus reconnu, sitôt Jésus disparaît. Mais il n’y a plus de place pour la peur, ni pour la tristesse de n’avoir pu le retenir plus long. Ces deux hommes refont tout le chemin qu’ils viennent de faire à l’envers pour annoncer la Bonne Nouvelle aux autres. Ils ont accueilli Jésus, ils vont le partager, comme lui-même leur a partagé la parole et le pain. 
 
Pour tous ceux qui se disent ses disciples, le même chemin est à faire : travailler la Parole de Dieu pour mieux la connaître et y découvrir le projet d’amour de Dieu pour tous les hommes, et rompre le pain avec lui. Lire la Bible ne suffit pas pour connaître Jésus : encore faut-il l’accueillir à la table de notre vie et rompre avec lui le pain de son amour. L’eucharistie devient ainsi le lieu où nous accueillons le Christ, sa vie donnée pour nous et la certitude de sa présence permanente au milieu de nous. Nous ne pouvons pas faire l’économie de ce rassemblement autour du Christ qui se donne dans la Parole méditée et le Pain rompu. Nous n’accueillons pas vraiment ni totalement le mystère du Christ si nous ne participons pas avec fidélité et reconnaissance au repas de son amour. Là, dans l’eucharistie, Dieu nous livre sa Parole. Là, dans l’eucharistie, Jésus se livre pour nous. Là, dans l’eucharistie, Jésus se fait reconnaître, vivant et présent,  et se partage à tous. Accueillons-le. Amen.

samedi 10 août 2013

19ème dimanche ordinaire C - 11 août 2013

Restez en tenue de service !



Pendant longtemps, et cela reste quelquefois vrai aujourd’hui encore, nous avions les vêtements pour la semaine et le vêtement du dimanche. Et l’on ne confondait pas les deux. D’ailleurs, quand quelqu’un se faisait particulièrement beau, on disait qu’il s’était endimanché. C’était une manière de marquer la particularité de ce jour, sa prééminence sur les autres jours. C’était une manière de rappeler aussi que ce jour-là, on ne travaillait pas. Il y avait assez des autres jours pour porter la tenue de service ; le dimanche, c’était un autre jour, un autre rythme, et le vêtement le démontrait. Or voilà que nous venons d’entendre le Christ lui-même dire à ses disciples : restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées. Nous aurait-on menti ? Avons-nous eu tort de nous endimancher, de laisser là notre tenue de travail ? Sommes-nous bien habillés ce matin ? Je vous propose une réflexion en  deux temps pour essayer d’y voir plus clair. 
 
Premier temps : pourquoi nos ancêtres se sont-ils endimanchés ? Parce que pour eux, ce jour était un jour particulier. C’est encore vrai pour les chrétiens aujourd’hui, même si tous ceux qui portent ce nom n’en ont plus vraiment conscience. Mais ce jour-là, c’est le jour du Seigneur, le jour où nous faisons mémoire de la mort et de la résurrection du Christ. Chaque dimanche, nous revivons le mystère de Pâques ; chaque dimanche, c’est comme à Pâques. Nous faisons mémoire de toutes les merveilles que Dieu fait pour nous et nous lui rendons grâce pour le don de son Fils sur la croix, don qui nous vaut notre vie et notre salut. C’est un acte tellement fort qu’il vaut bien que l’homme s’arrête, rompe avec le rythme quotidien, pour s’en souvenir et le célébrer. La tenue du dimanche, c’était aussi une manière de dire que l’homme sortait de son ordinaire, de son quotidien pour vivre un autre rythme, le rythme de Dieu. Puisque Dieu avait fait quelque chose d’incroyable pour l’homme, l’homme ferait quelque chose de pas ordinaire pour Dieu. Ce jour-là serait différent ; ce jour-là, l’homme lui-même sera différent, l’homme lui-même vivra différemment. Il vivra ce jour pour et avec Dieu. Jusque-là, ce n’est pas trop compliqué à comprendre. 
 
C’est le deuxième temps de ma réflexion qui vient compliquer les choses ! Car enfin, Jésus dit bien dans l’Evangile : restez en tenue de service ! Aurait-il quelque chose contre le vêtement du dimanche ? Il faut alors nous interroger sur la nature de ce vêtement de service. Qu’est-il donc ? Est-il vraiment le vêtement de travail que nous ne devons jamais quitter ? Mais pourquoi alors nous battre pour les 35 heures ou pour le maintien du repos dominical ? Il nous faudrait donc travailler toujours ? Quel est donc ce vêtement de service ? Et mieux encore, quel est ce service que nous ne devons jamais cesser d’exercer ? 
 
La parabole de l’intendant fidèle et sensé nous apporte, me semble-t-il, un éclairage sur cette question. Ce ne sont pas les serviteurs, que l’intendant doit gérer, qui doivent garder la tenue de service, mais bien l’intendant. La parabole ne nous parle des domestiques que pour mieux souligner le rôle de l’intendant placé à leur tête. Et quel est son rôle ? Selon la parabole, il ne doit pas veiller à ce que les domestiques fassent bien leur travail ; il doit s’assurer que les domestiques aient leur part de blé, au temps voulu. La tenue de service n’est pas tant un vêtement de travail qu’un état d’esprit. Le service permanent dans lequel nous devons rester, c’est d’abord le service de la charité, le service d’autrui. Si l’intendant  maltraite la domesticité au retour inopiné du maître, il sera condamné. Son rôle est bien de veiller au bien-être des autres serviteurs du maître. Chrétiens, n’avons-nous pas à veiller les uns sur les autres ? N’avons-nous pas, au cœur de nos valeurs, au cœur de notre foi, le souci de la charité envers tous ? Il n’y a pas de jours pour être charitable ; il n’y a pas de jours pour s’abstenir de la charité. Voilà un service que nous ne pouvons abandonner. La tenue du service de la charité doit être pour nous comme une seconde peau. 
 
Le vêtement de service peut encore avoir un second sens, complémentaire du premier : c’est aussi, me semble-t-il, le vêtement du service de la prière, et plus particulièrement du service de la louange. C’est le verset suivant qui m’y fait penser : Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Vraiment, je vous le dis : il (le maître) prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. Deux paraboles que Matthieu nous rapporte de l’enseignement de Jésus sur son retour, à la fin des temps, me reviennent ici en mémoire : la parabole des talents et la parabole du jugement dernier. Dans la parabole des talents, le maître, à son retour, chante la louange des serviteurs qui ont fait fructifier leurs talents : serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle en peu de chose, je t’en confierai beaucoup : entre dans la joie de ton maître. Dans la parabole du jugement dernier, cela est plus évident encore lorsque le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Oui, le Christ lui-même, établi roi du monde, chante la louange de ses serviteurs. Et il le fait, dans la parabole du jugement dernier, parce que ces serviteurs n’ont jamais quitté le service de la charité : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! Nous retrouvons quelque chose de la rencontre de Jésus avec Marthe et Marie. Le vêtement du service de la charité et le vêtement du service de la prière ne sont qu’un seul et même vêtement : il nous faut connaître la volonté de Dieu en chaque instant pour l’accomplir toujours, au bon moment. 
 
Pour revenir au vêtement du dimanche de nos ancêtres, j’en conclus que nous n’avons pas tort de nous endimancher pour marquer le jour du Seigneur. Nous aurions juste tort de nous « désendimancher » pour ce qui concerne la prière et  la charité. Car chaque jour que Dieu fait pour nous, nous avons à porter le vêtement du service de la charité et de la prière ; chaque jour, nous avons à porter le souci du frère et le souci de Dieu. Si le dimanche est davantage réservé à Dieu, il n’est pas dit que ce jour-là nous sommes autorisés à nous désintéresser des frères ; et il n’est pas interdit, les jours de semaine, de s’occuper aussi et de Dieu, et des frères. Que ceux qui vivent un temps de vacances soient bien convaincus que la prière et la charité n’en prennent jamais, de vacances. Et que ceux qui sont au temps béni de la retraite, soient pareillement convaincus que charité et prière ne seront jamais retraité. 
 
Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Vraiment, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour. Je prie Dieu qu’il en soit ainsi pour chacun de nous. Amen.

(Dessin de Jean-François KIEFFER, in Mille images d'Evangile, éd. Presses d'Ile de France)

samedi 26 janvier 2013

03ème dimanche ordinaire C - 27 Janvier 2013

Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu !


Deux moments différents de l’histoire de l’humanité dans son rapport à Dieu nous sont présentés en ce dimanche et pourtant une même certitude les anime : Dieu est présent à son peuple. Deux moments qui, pour nous, sont une page d’histoire, certainement, mais qui nous concerne encore dans notre rapport à Dieu et dans notre manière de célébrer de jour consacré au Seigneur. 
 
Le premier moment nous est rapporté par cette belle page du livre de Néhémie. Elle se situe à un tournant de l’histoire de ce peuple qui a bien souffert. Néhémie est un personnage qui émerge après l’exil. Israël avait été battu militairement, Jérusalem et son Temple ravagés, et le peuple déporté à Babylone. En un mot, il ne restait rien de la foi de ce peuple ; il ne restait rien de son espérance ; il ne restait rien de son avenir. Le peuple a touché le fond, étranger dans une terre étrangère, ne pouvant plus célébrer son Dieu. 50 ans de captivité, puis l’espoir reprend avec le retour des premiers déportés, mais ce n’est plus pareil : Israël n’est plus libre, Israël est sous domination étrangère. Encore 93 ans, et c’est la première mission de Néhémie : il veut rebâtir Jérusalem. C’est dans ce cadre qu’est proclamé la Loi de Moïse, de l’aube jusqu’à midi. Sans doute a-t-il fallu cette épreuve de l’exil et de l’abandon pour que le peuple retrouve le sens de ce jour si particulier : Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Sans doute faut-il avoir touché le fond dans sa vie spirituelle pour mesurer l’importance de ce rappel adressé au peuple choisi par Dieu. De l’aube jusqu’à midi, le peuple se rassemble en une grande liturgie de la Parole. On est loin des cinquante minutes qu’on nous accorde royalement actuellement dans la plupart des paroisses pour célébrer toute la liturgie du dimanche ! Lorsque le peuple entend la Loi de Dieu donnée jadis à Moïse, il se met à pleurer : sans doute mesure-t-il à la fois la distance qui le sépare de cette Parole et la présence indéfectible de Dieu à son peuple. Peut-être se rendent-ils compte aussi que ce Dieu qu’ils ont cru absent et indifférent à leurs épreuves, les accompagnait en fait et attendait simplement un signe de leur part pour leur manifester à nouveau sa tendresse. Les péchés du peuple qui les avaient éloignés de Dieu et qui avaient entraîné l’exil, étaient maintenant lavés par ces larmes versés à l’écoute de la Parole. Dieu, par cette parole proclamée et reçue dans la foi, reprenait toute sa place dans le cœur et dans la vie du peuple qu’il s’était choisi. 
 
Pour vivre le deuxième moment de l’histoire de l’humanité dans son rapport avec Dieu, il faudra encore attendre plus de 400 ans et le début de la mission d’un certain Jésus, de Nazareth. Le pays est encore sous domination étrangère, mais la liberté religieuse est garantie par l’occupant. Le peuple n’en est plus à pleurer en écoutant la Parole de Dieu. Sans doute s’est-il trop habitué à elle ! Et voici que Jésus vient à la synagogue, celle de son enfance, celle où il a appris à prendre sa place dans la communauté croyante. Il lit un extrait du prophète Isaïe et commente : Cette parole que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ! A ceux qui pensaient que la domination étrangère qui se prolongeait excessivement était le signe que Dieu abandonnait encore son peuple, Jésus vient redire qu’au contraire, Dieu est toujours là, veillant et intervenant pour que, dès maintenant, la Bonne Nouvelle soit annoncée aux pauvres, les prisonniers soient libérés, les aveugles et autres malades, guéris. En un mot, dès aujourd’hui, les promesses de Dieu, transmises par les prophètes de jadis, se réalisent. Il suffit d’avoir les yeux fixés sur lui, Jésus, pour découvrir, dans son œuvre et ses paroles, la réalisation du projet d’amour de Dieu. C’était vrai au temps de Jésus ; c’est encore vrai aujourd’hui. 
 
Ces deux moments de l’histoire ont en commun de se dérouler lors d’une liturgie. Le peuple est rassemblé, au jour consacré pour le Seigneur, pour écouter sa Parole, renforcer sa foi, vivifier son espérance. En ce jour, le temps est suspendu : ne compte que le jour du Seigneur et l’hommage qui lui est dû. Nous sommes aujourd’hui au jour du Seigneur. Nous sommes rassemblés pour écouter sa Parole (ce que nous sommes entrain de faire) et pour recevoir de lui ce qu’il veut encore nous donner (ce que nous ferons durant le temps de l’eucharistie et de la communion). Pourquoi vouloir presser Dieu ? Pourquoi vouloir que tout se termine avant que Dieu lui-même n’en ait fini de nous prodiguer ses dons ? C’est tout ce jour qui est consacré au Seigneur, et l’eucharistie qui nous rassemble en est le sommet. Plus j’avance dans mon ministère, moins je comprends ceux qui réclament une messe ne dépassant pas 50 minutes grand maximum. Si la liturgie est d’abord l’œuvre que Dieu réalise pour nous, comment puis-je lui demander d’aller plus vite, parce que mon rôti n’est pas prêt ou parce que j’ai encore mille choses à faire, mille choses qui semblent bien plus importantes que d’être là, auprès de lui, à l’écouter, à manger avec lui ? L’Eucharistie est bien ce repas où Dieu lui-même nous invite : c’est lui qui nous rassemble, lui qui nous parle, lui qui nous sert à sa table. Lorsque vous êtes invités, pressez-vous vos hôtes d’en finir rapidement pour que vous soyiez de retour chez vous dans cinquante minutes ? Quand vous recevez des amis chez vous, acceptez-vous qu’ils vous pressent pour rentrer après 50 minutes ? 
 
Il nous faut cesse revenir à ce que l’Eglise nous propose de vivre dès lors que sonnent les cloches de nos paroisses. Il nous faut entrer dans un temps qui est hors du temps fixé par nos montres, et entrer dans le temps de Dieu. Certes, exception faite de la nuit pascale qui demande le temps de parcourir vraiment la Parole de Dieu, ce n’est plus de l’aube jusqu’à midi que nous nous rassemblons ; mais la Parole de Dieu, pour être célébrée, reçue et méditée demande un peu de temps, un peu de silence aussi pour qu’elle puisse porter du fruit. La liturgie n’est pas un atelier de collier de perles que l’on enfile les unes à la suite des autres, le plus vite possible, pour passer ensuite à autre chose. Célébrer demande du temps, des chants, des prières, de l’écoute et donc du silence, de la beauté et de la patience. Ce n’est pas une course que l’on voudrait finie avant même qu’elle n’ait commencé. Chaque moment a son importance, chaque geste sa signification profonde qu’il nous faut réapprendre pour ne pas être saisi d’impatience quand on a l’impression qu’il ne se passe rien. Les maîtres de vie spirituels nous apprennent d’ailleurs que c’est souvent dans ces riens que Dieu agit le mieux, que Dieu agit le plus. 
 
Que nous soyons prêtres, religieux ou religieuses, acteurs de la liturgie ou paroissiens de base, l’impatience du dimanche matin peut nous guetter tous. Ne nous habituons pas à célébrer trop vite ; ne nous contentons pas de venir pour assister à quelque spectacle sacré (le prêtre et les servants d’autel quand il y en a, ne jouent pas une pièce de théâtre : ils servent votre prière). Ne demandons pas à l’Eglise d’entrer dans notre temps qui galope et qui toujours nous manque, mais acceptons d’entrer dans le temps de l’Eglise, le temps de Dieu pour qui mille ans sont comme un jour. Je laisse aux mathématiciens le temps de calculer ce qu’il nous faudrait comme temps pour obtenir 50 minutes pour Dieu et je vous promets que notre eucharistie sera finie bien avant. En attendant, profitons de ce temps avec lui puisque ce jour est un jour consacré au Seigneur notre Dieu. Amen.                   
 
(Dessin de Gustave DORE, Esdras montre le livre de la Loi)

vendredi 20 juillet 2012

16ème dimanche ordinaire B - 22 juillet 2012

Venez à l'écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu !



C’est frustrant, n’est-ce pas ! Nous assistions dimanche dernier au départ des Apôtres en mission, et peut-être, comme moi, vous attendiez-vous à les voir à l’œuvre ! Nous avons quelquefois tant de difficultés dans notre propre mission de chrétien, qu’il aurait été bon de savoir comment eux, les plus proches de Jésus, se sont débrouillés. Et bien, nous n’en saurons rien ! C’est le privilège de l’envoyeur seul que de recevoir le rapport des envoyés. Nous pouvons toutefois conclure de ce retour que la mission fut belle et fatigante, Jésus invitant ses Apôtres au repos : Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu.

On pourrait croire, un peu vite, que c’est là un évangile de circonstance. Nous avons entamé la deuxième moitié du mois de juillet : la France est officiellement en vacances pour quelques temps ; répond-t-elle, comme les disciples, à l’appel du Seigneur à se reposer ? Je n’en suis pas sûr, Jésus n’invitant pas ses disciples à s’étendre au bord de mer pour prendre quelque couleur. Il les invite au repos, certes, mais à l’écart, dans un endroit désert. Autant dire qu’il les invite à se reposer en Dieu.

Pourtant, cet évangile reste, pour nous qui sommes venus ce matin, un évangile de circonstance ; ne sommes-nous pas venus justement, à l’écart du bruit de la ville, pour nous reposer dans le Seigneur ? Ne sommes-nous pas venus, à l’invitation de Jésus, confier à Dieu notre semaine, la vie de nos proches qui n’ont pas pu ou su venir ? L’invitation de Jésus aux disciples est une invitation à chaque disciple, donc à nous, à prendre du temps pour nous reposer à l’écart des autres, à l’écart de l’agitation de notre quotidien, fut-il spirituel, pour nous reposer en Dieu. Pour écouter Dieu nous parler au cœur, pour l’entendre nous encourager à la fidélité au Christ, pour l’entendre nous encourager à la persévérance dans la prière et au courage dans la mission.

Oui, notre eucharistie dominicale est chaque semaine une oasis à l’écart, propice au repos en Dieu, propice à reprendre des forces pour affronter à nouveau ce quotidien souvent fatigant. Ce signe du dimanche ne devrait pas être négociable pour le croyant. Il est aussi essentiel à notre survie spirituelle que peuvent l’être l’eau et le pain à notre vie quotidienne. A une époque où ce signe est remis en question sous prétexte qu’on ne peut empêcher les gens de travailler s’ils en ont envie, il faudrait que la voix des chrétiens s’élèvent pour faire entendre qu’on ne peut empêcher les gens de se reposer et vivre autre chose que des rapports économiques, des rapports laborieux. Il y a une vie après le travail et elle est tout aussi importante, sinon plus, que le travail. Il ne s’agit pas seulement de prendre la défense de notre temps de rassemblement autour de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie ; il s’agit de dessiner un projet de civilisation où l’homme ne vaut pas uniquement par ce qu’il produit, mais qu’il a de la valeur pour ce qu’il est : un être créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Et cela vaut plus que le travail qu’il effectue ; et cela vaut plus que l’argent qu’il permet de gagner.

Venez à l’écart et reposez-vous un peu ! Il y a tant de bon sens dans cette affirmation de Jésus, que l’on a du mal à comprendre que certains puissent ne pas y adhérer. Pour le croyant, ce temps hebdomadaire est une nécessité. Nous sommes des hommes et des femmes que la parole de Dieu a bouleversés un jour au point de transformer radicalement leur art de vivre ; nous sommes des hommes et des femmes que l’Eucharistie nourrit vraiment, nous permettant ainsi de tenir notre place dans l’Eglise et dans le monde. Notre mise à l’écart, chaque dimanche, pour ce temps de rencontre avec notre Dieu, nous est nécessaire pour ne pas devenir des intoxiqués du travail, du rendement à tout prix. Ce temps nous est nécessaire pour être, dans notre monde, signe de cet autre monde que Dieu veut construire pour le bonheur de tous. Les foules affamées d’une parole vraie existent encore comme au temps de Jésus ; mais si nous ne faisons plus signe par notre mise à l’écart chaque dimanche, comment ces foules parviendront-elles à Jésus ? Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup les reconnurent. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux. Ces quelques hommes, dans leur barque avec Jésus, ont transporté les foules jusqu’au Christ. Comment pourrions-nous faire de même si nous sommes détournés de ce Christ, si nous ne le portons plus en nous et si nous ne nous laissons plus inviter par lui à le rejoindre, à l’écart, près de celui qu’il appelle son Père et notre Père ?

Il nous faut préserver cette oasis offerte chaque dimanche parce qu’elle nous permet de repartir plus fort dans notre quotidien. Il nous faut préserver cette oasis du dimanche pour nous et pour nos frères et sœurs qui n’ont plus ni courage, ni voix, ni raison de la défendre. Il ne s’agit pas que de nous ; il s’agit du monde que nous voulons voir se dessiner pour nos enfants et pour les enfants de nos enfants. Eux aussi doivent avoir, demain, à l’invitation du Christ, le droit et la possibilité de venir dans un endroit désert pour se reposer un peu. Amen.

(Dessin de Coolus, Blog du Lapin bleu)