Bienvenue sur ce blog !

Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







dimanche 1 février 2026

4ème dimanche ordinaire A - 1er février 2026

 Le monde que Dieu veut.




(image trouvée sur internet : Heureux)



 

            A lire les lectures de ce dimanche, il peut rester une étrange impression qui nous ferait croire que Dieu nous veut faibles. Dans le livre du prophète Sophonie, nous avons pu lire ainsi : Je laisserai chez toi un peuple pauvre et petit… Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul écrit : ce qu’il y a de faible… ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi… et dans l’évangile, les béatitudes ne sont pas en reste : Heureux les pauvres de cœur, heureux ceux qui pleurent… Le serpent de la Genèse aurait-il eu raison ? Dieu veut être le seul fort, il ne supporterait pas de concurrence en face de lui ?

            La question me semble mal posée. Plutôt que de partir de Dieu, partons des hommes, et regardons notre monde. Que voyons-nous ? Des hommes forts qui semblent disjoncter, n’hésitant pas à utiliser la force armée pour jouer au conquérant, manipulant la vérité pour écrire une histoire qui leur convienne, ne tenant pas compte de l’aspiration des peuples à la paix et à la vérité. Des puissants qui se partagent le monde en trois sans demander ce qu’en pensent les autres. En fait, ce ne sont que des réflexes de gamins de cours d’école qui cherchent à s’approprier ce qui leur fait envie chez les autres, et tant pis si ces autres doivent souffrir. Et comme toujours avec les harceleurs de cours d’école, ceux qui pourraient réagir ne le font pas ; il ne faudrait quand même pas les fâcher et leur déplaire. Ce monde-là, c’est le monde que voulait le serpent de la Genèse, plus connu sous son nom de diviseur. Il semble plus que jamais réussir. Mais ce n’est pas le monde que voulait Dieu quand il l’a créé ; ce n’est pas le monde que Dieu veut pour nous aujourd’hui.

            Le projet de Dieu, aujourd’hui comme à l’origine, c’est un monde fait d’harmonie, où tous cohabitent en paix. Dans ce monde, l’agneau n’a pas peur du loup, le veau ne craint pas le lionceau, Dieu et l’homme vivent en Alliance, la paix est le quotidien de tous. C’est ce monde-là qu’annoncent les béatitudes ; c’est ce monde-là que Dieu redessine en faisant le choix des petits et des pauvres. Parce que les petits et les pauvres attendent tout de Dieu et ne cherchent pas à s’imposer. Si les grands, les gens de pouvoir, savaient l’exercer pour le bien de tous, cela ne poserait pas de problème. Hélas, ils sont rares, ou en tous les cas, ils semblent rares, les puissants qui aujourd’hui pensent au bien commun davantage qu’à leurs propres intérêts. Le pape Léon l’a rappelé lors de ses vœux au corps diplomatique : la guerre est revenue à la mode et une ferveur guerrière se répand. La force brute et brutale n’a jamais conduit au bonheur.

             Le monde que Dieu dessine et propose à l’humanité est un monde où chacun se respecte, un monde où chacun veille sur les autres plutôt que de surveiller les autres. Le bonheur vient quand l’humanité sait être douce ; le bonheur vient quand l’humanité a faim et soif de justice ; le bonheur vient quand l’humanité est miséricordieuse ; le bonheur vient quand l’humanité favorise la paix… Le bonheur vient quand l’humanité reprend Dieu comme partenaire de vie. Parce que le mal qui ronge notre vie, le mal qui nous fait envier ce que les autres ont et que nous pourrions leur prendre, le mal qui travestit la vérité, ce mal n’a pas de pouvoir sur Dieu ; mieux encore, ce mal et tout le mal que nous pourrions imaginer faire, Dieu l’a vaincu, Dieu l’a anéanti par son Fils Jésus. Et il l’a fait, non pas avec une armée et des guerriers, mais avec l’obéissance jusqu’à la mort de son Fils unique, offert sur la croix pour le salut du monde. Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi pour couvrir de confusion ce qui est fort. Trop souvent, quand l’homme construit son bonheur, il le fait pour lui contre celui des autres, comme s’il ne pouvait pas être heureux avec les autres, être heureux pour les autres, mais seulement être heureux contre les autres. Le bonheur que Dieu construit est un bonheur pour tous, car Dieu ne peut être heureux tant qu’un seul homme souffre. Dieu se réjouit de notre bonheur et souffre de notre malheur. Le bonheur que Dieu nous propose est celui d’une humanité réconciliée, apaisée, libérée. Pour cela, nous devons renoncer à notre désir de puissance, renoncer à notre désir de possession, renoncer à notre désir d’être plus et mieux que les autres. En fait, il s’agit de renoncer à notre désir d’être notre propre Dieu pour apprendre à vivre dans ce monde que Dieu a dessiné pour nous. Il s’agit de marcher humblement avec notre Dieu pour reconnaître en chacun un frère que Dieu nous donne, et non un adversaire ou un concurrent.

            Si la liturgie semble faire aujourd’hui l’éloge de la faiblesse et de la pauvreté, c’est parce que Dieu a pris le parti des petits et des pauvres, reconnaissant en eux l’humanité qui peut repartir d’un bon pied, l’humanité qui comprend la solidarité, l’humanité qui sait vivre la fraternité. Dieu est et doit rester le seul tout-puissant, parce que sa toute-puissance ne se mesure pas en régiments et en armes, mais en amour et en pardon. Sur ce terrain-là, il est imbattable ; c’est sur ce terrain-là qu’il construit son monde nouveau où il nous attend. C’est vers ce monde-là qu’il nous faut marcher, résolument. Amen.