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vendredi 21 juin 2013

12ème dimanche ordinaire C - 23 juin 2013

La grâce du baptême, une liberté fondamentale !




Il en va du baptême et de la foi comme de l’œuf et de la poule : quelquefois je me demande ce qui est premier. Faut-il avoir la foi pour demander le baptême ? Faut-il être baptisé pour avoir la foi ? Qu’est-ce qui est premier ? 
La réponse qui jaillit assez spontanément, c’est de dire que la foi doit nécessairement être première, puisqu’elle est le préalable au baptême. Personne ne peut être baptisé s’il ne confesse pas la foi au Christ Sauveur ! C’est vrai de tout adulte, libre et consentant, qui se présente à l’Eglise pour en être membre. Son catéchuménat va lui permettre de comprendre toujours mieux ce à quoi il s’engage, que la vie chrétienne, vie baptismale, ne se limite pas à ce beau jour où nous devenons fils de Dieu par la foi. La foi, qui nous fait désirer le baptême, nous entraîne aussi à une vie qui se doit d’être de plus en plus conforme à ce que le baptême signifie. Je me dois d’apprendre ce que cela veut dire d’être fils de Dieu, configuré au Christ, ne faisant plus qu’un dans le Christ avec celles et ceux qui croisent ma route. Je me dois de l’apprendre et de le vivre très concrètement dans l’ordinaire de ma vie. La foi, qui me fait désirer le baptême, me fait désirer être un frère, une sœur, universel. 
Mais qu’en est-il lorsque l’Eglise baptise majoritairement des enfants en bas âge ? La foi est-elle toujours le préalable au baptême ? Dans la théorie, oui, puisque la foi est demandée aux parents qui présentent leur enfant et aux parrains / marraines qui l’accompagneront dans sa vie. Mais il faudrait être aveugle ou naïf pour croire que c’est toujours le cas. D’ailleurs, lors de préparation baptême, nous le constatons bien lorsque nous interrogeons les parents sur le sens de leur démarche. Combien de fois avons-nous entendu dire : nous demandons le baptême pour notre enfant pour qu’il ait la foi ! Et ce de parents qui ne sont pas particulièrement croyants eux-mêmes. Ils vous diront qu’ils ont la foi, mais quand vous les interrogez sur le sens de cette foi, son contenu, c’est plutôt vague. Quant aux parrains et marraines, nous n’en parlerons même pas : souvent ils sont justes baptisés, quelquefois pas du tout, quelquefois vivant une autre foi que la foi chrétienne. Sans que cela ne pose de problème à personne, si ce n’est au prêtre célébrant ! La foi viendra avec le temps pour cet enfant, par un miracle dont seul Dieu est capable. Lui seul peut toucher les cœurs même lorsque le terrain semble bien ingrat au départ. 
Alors qui est premier ? Le baptême ou la foi ? Peut-être faut-il envisager une troisième voie, introduire un autre élément à notre réflexion. Je le formulerai ainsi : quel préalable à la foi et au baptême ? Autrement dit, ne faut-il pas remonter plus haut et comprendre ce qui peut précéder et la foi et la demande du baptême ? L’Evangile, et Jésus lui-même, semble nous y inviter. Il n’interroge pas ses disciples sur la foi des foules, ni sur leur capacité à recevoir un baptême, fut-il celui de Jean qui avait quand même un peu de succès sur les rives du Jourdain. Il les interroge sur la perception que les gens ont de sa personne : pour la foule, qui suis-je ? Le préalable, ce serait donc Jésus, sa vie et son œuvre, et la perception que j’en ai ! Car ne faut-il pas d’abord avoir rencontré Jésus en vérité pour désirer le suivre par une vie conforme à sa Parole ? Ne faut-il pas d’abord avoir rencontré Jésus pour célébrer mon désir d’être comme lui, fils d’un Père unique qui nous aime jusqu’à livrer son Unique fils par amour pour nous ? Ne faut-il pas passer du Jésus, grand homme historique, au Jésus de la foi, le Christ et le Sauveur, pour accueillir pleinement la grâce du baptême afin qu’elle puisse se déployer dans ma vie ? 
Certains diront : il veut une Eglise de purs ; il devient élitiste ! Est-ce être élitiste que de vouloir que les gens prennent au sérieux l’Eglise, le Christ et son message ? Est-ce être élitiste que de vouloir qu’une demande sacramentaire soit vécue avec un minimum de conscience de ce qui se joue ? La foi ne se mesure pas : heureusement ! Et je suis le premier à dire qu’il ne faut pas refuser le baptême à un enfant que ses parents présentent, au motif qu’ils ne correspondent pas totalement à nos critères. Mais il ne faut pas renoncer à dire clairement ce que signifie la grâce baptismale, ce qu’elle suppose, ce qu’elle exige. Avec le secret espoir que notre parole peut toucher les cœurs et les consciences, qu’elle peut permettre cette rencontre avec Jésus qui accueille chacun pour l’emmener plus loin, à sa suite, sur un chemin de vie dont nous ignorons tout au moment où nous l’empruntons. Accueillir tout le monde ne signifie pas accepter n’importe quoi. La miséricorde ne supprime pas la vérité.  Il faut conjuguer les deux en harmonie pour permettre de faire advenir le meilleur pour ceux qui frappent à la porte. 
Mesurant pleinement la grandeur et la beauté de la grâce baptismale (faire de nous des fils de Dieu), nous ne renoncerons jamais à la proposer largement. Conscients de ce qu’elle signifie pour celui qui la reçoit, nous ne la donnerons pas davantage en vain pour ne pas imposer à quelqu’un un fardeau qu’il ne pourrait pas ou ne voudrait pas porter. La plus grande grâce du sacrement du baptême, n’est-elle pas de nous offrir la liberté de reconnaître en Jésus celui qui nous appelle à une vie meilleure et qui nous sauve ? Que cette liberté soit totale, que j’ai le désir d’être sauvé ou pas, que j’ai le désir d’être fils ou pas. Amen.

(Dessin de Jean-François KIEFFER, Mille images d'Eglise, éd. Les presses d'Ile de France)

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