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samedi 3 décembre 2016

02ème dimanche de l'Avent A - 04 décembre 2016

Vivre ensemble : l'urgence de la conversion



Nous connaissons tous la figure du Baptiste que nous croisons une première fois en ce deuxième dimanche de l’Avent. Nous connaissons sa figure et son message : Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. Il consacre ainsi l’urgence de la conversion à effectuer. Il semble que soit venu le moment où il n’est plus possible de la repousser. Il semble que le ciel se décide à agir enfin. On comprend dès lors pourquoi Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. L’urgence de la conversion, Jean le Baptiste l’avait rendue contagieuse ; les gens le prenaient au sérieux et ils le manifestaient en venant à lui en nombre. Quand le ciel intervient, il vaut mieux se tenir prêt !

Remarquez : ce n’est pas nouveau, cette attente d’une intervention du ciel pour qu’enfin renaissent la paix, la justice, l’équité ! Isaïe, en son temps, dénonçait déjà les comportements contraires à la Loi qui menaient à la ruine du peuple. Il annonçait aussi qu’un jour viendrait où Dieu enverrait son messager, un roi issu de David, pour remettre de l’ordre dans le Royaume en perdition. Il faisait ainsi comprendre à sa manière qu’il était nécessaire et urgent que l’humanité se convertisse, qu’elle change de vie, qu’elle retrouve Dieu. Car Dieu seul produit la justice ; lui seul donne la paix véritable ; lui seul peut réconcilier les contraires ; lui seul jugera avec justice. Les images de la prophétie d’Isaïe sont éloquentes à ce sujet : Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage. Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra, sur le trou de la vipère l’enfant étendra la main. Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte.  C’est bien un monde de paix et de fraternité qu’annonce Isaïe ; un monde où l’humanité sera réconciliée avec toute la création ; un monde où Dieu lui-même règnera. N’est-ce pas là une bonne nouvelle ? Soyons en assurés, cela se réalisera : Dieu l’a promis.

Mais alors se pose la question du « Quand » ? L’humanité n’attend-t-elle pas depuis assez longtemps pour que cela se produise enfin ? Quand Dieu interviendra-t-il pour que cette fraternité et cette ère de paix s’ouvre ? Je n’ai pas de date à fournir, mais les Ecritures entendues aujourd’hui font preuve d’une grande clarté. La réponse tient en deux temps.

Premier temps : il faut que l’humanité se convertisse ! Qu’elle change sa manière de concevoir le monde, les rapports entre les hommes. Il faut que la loi du plus fort cède le pas à la loi de l’amour. Il faut que les hommes découvrent comment Dieu agit dans le monde, dès aujourd’hui. Nous pouvons découvrir ce Règne qui se réalise, si nous savons jeter sur le monde le regard même de Dieu. Et si nous portons ce regard sur le monde, nous nous ouvrirons à la patience et à la persévérance. Patience, parce qu’il faudra encore du temps pour que tous les hommes soient capables de reconnaître Dieu à l’œuvre. Persévérance, car devant l’attitude quelquefois hostile du monde dans lequel nous vivons, il nous faut croire que Dieu fait son œuvre. Et c’est là que nous nous rendons compte que Dieu a besoin de nous pour faire progresser son Royaume. Il a besoin que nous témoignions de ce que nous avons vu et entendu ; il a besoin de témoins véridiques pour que les indifférents, les hostiles puissent laisser leur cœur s’ouvrir à sa Parole. Nous sommes les Jean le Baptiste de notre génération ; nous avons à dire la Parole pour qu’elle puisse être entendue.

C’est le second temps : la Parole de Dieu entendue, reconnue et tenue pour véridique. Ce second temps commence par la patience nécessaire pour examiner nous-mêmes cette Parole et son efficacité ; il nous faut le temps d’accueillir cette Parole, de la lire, de la comprendre. C’est la Parole entendue, comprise et vécue par quelques-uns qui touchera le cœur des hommes et leur ouvrira un chemin de conversion. Le « vivre ensemble » annoncé par les prophètes, re-fondé par la Loi d’amour du Christ Sauveur, dépend de notre capacité à accueillir cette Parole dans nos propres vies et à nous laisser convertir par elle. Il revient donc bien aux croyants que nous sommes de commencer à vivre cette Parole ; il n’y a pas d’autre voie pour être un témoin authentique. Dieu est patient avec nous : il annonce la venue du jour du jugement, mais il laisse à chacun le temps de se convertir. Nous pouvons donc commencer dès maintenant à bâtir entre nous une vraie fraternité permettant un « vivre ensemble » de qualité. Si chacun s’y met, le monde peut changer. Les courriers des nombreuses associations caritatives qui s’adressent à nous en chaque fin d’année montrent que des hommes et des femmes savent se mobiliser pour procurer à d’autres un surcroît de vie. Tous ne sont pas chrétiens : mais tous ont compris que la solidarité n’avait pas de frontière et que si l’on attendait que l’autre commence, jamais rien ne se ferait. Certains agissent au nom d’une humanité à développer ; nous pouvons et devons, quant à nous, agir au nom du Christ, lui qui a donné à l’humanité sa vraie dimension : elle est à l’image et à la ressemblance de Dieu, un Dieu qui n’abandonne jamais son peuple, un Dieu qui voit la misère des hommes, un Dieu qui entend les cris des malheureux.  Témoins d’un tel Dieu, comment pourrions-nous ne pas avoir la même attention à ces petits dont le Christ dit qu’ils sont ses frères !

Le « vivre ensemble » est devenu, en nos temps troublés, un slogan politique mille fois entendu. Mais il ne peut, ni ne doit le rester. A en croire les prophètes, c’est d’abord un signe du Royaume qui vient. En nous appuyant sur la Parole entendue, nous serons les mains de Dieu à l’œuvre dans le monde pour que cette Parole puisse aussi être vécue. Que l’Esprit Saint nous aide donc à transformer notre monde en transformant d’abord nos cœurs et nos vies pour un meilleur service de nos frères et sœurs en humanité. Amen. 

(Dessin de Mr Leiterer)

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