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samedi 7 mars 2020

2ème dimanche de Carême A - 08 mars 2020

Dieu nous apprend la surprise.







Nous poursuivons notre chemin de Carême en compagnie d’Abram, de Pierre, Jacques, Jean et de Paul. Malgré le recul du temps, nous pouvons, à la lecture d’un bout de leur histoire, nous interroger sur ce qui les a motivés à changer quelque chose à leur manière de vivre. Quelle mouche les a piqués ? 

Oui, quelle mouche a bien pu piquer notre père Abram ? Voilà un paisible vieillard qui s’élance sur les routes du monde à la recherche d’un pays qu’un inconnu lui indique. Quelqu’un qu’il ne voit même pas, qu’il entend tout juste ! Ne serait-ce pas un effet de sa vieillesse que d’entendre des voix ? Abram quitte son pays, malgré son grand âge, malgré les dangers de la route. Il emmène les siens à l’aventure. Non qu’il ait le goût du risque : mais quelqu’un lui a parlé. Dieu lui a parlé. Il lui a fait une promesse et Abram y croit. Il a foi en la parole donnée ; il a foi en ce Dieu qui se révèle à lui dans sa vieillesse, à l’âge où d’autres n’aspirent qu’à une bonne retraite, qu’à un bon repos bien mérité. Cette parole ne promettait qu’une chose : la bénédiction de Dieu pour toujours à lui et à sa descendance. Telle est la promesse qui fait bouger Abram : Je te bénirai ! Je voudrai ton bien et je serai avec toi. Abram avait compris qu’en cette promesse se trouvait son avenir et celui d’une multitude. Abram avait compris que Dieu appelle l’homme au bonheur ; et si l’homme voulait être heureux, il lui fallait suivre ; il lui fallait se laisser surprendre par Dieu et son projet. Abram s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit, et Loth s’en alla avec lui. Quand on a fait une découverte comme celle d’Abram, on la partage, et on entraîne les autres sur le même chemin. Comment être heureux sans les autres ? 

Des siècles plus tard, quelle mouche a bien pu piquer Pierre, Jacques et Jean ? Il y a quelques jours, Jésus leur annonçait sa mort prochaine ; Pierre s’était vertement fait remettre à sa place, et pourtant, ils continuent encore de suivre ce chevelu de Galilée ! Pierre, Jacques et Jean ont sans doute fait, avec Jésus, la même expérience qu’Abram avait faite avec Dieu. Ils ont découvert en Jésus le Messie, le Fils de Dieu, celui qui vient rendre aux hommes leur joie et leur espérance. Ils ont compris, qu’avec Jésus, ils tenaient le bon bout. Ils ont compris que cet homme pouvait ouvrir aux hommes de nouveaux chemins, même s’ils ne sont pas encore prêts à le suivre partout. Il faudra la mort en croix et l’annonce de la résurrection pour que leur confiance en Dieu les pousse sur les routes dire aux hommes l’amour qu’il porte à chacun. L’épisode de la Transfiguration a dû leur réchauffer le cœur après l’annonce de la mort de Jésus. Pendant un trop court instant, ils ont vu, par avance, la gloire qui est sienne. Pendant un trop court instant, ils ont approché tout le mystère de ce Fils de Dieu qui s’entretient avec Moïse et Elie. Pendant un trop court instant, ils ont entendu la voix du Père confirmer leur intuition : ils ne se sont pas trompés sur Jésus. Ils n’ont sans doute pas encore compris par quel chemin il offrirait le pardon et le salut à l’humanité ; mais ils ont reçu la force, à travers cette vision, de bien interpréter les événements à venir. Ils ont eu un avant-goût de sa victoire et de sa gloire, mais Jésus leur donna cet ordre : Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Ce qu’ils viennent de vivre, ils ne pourront le comprendre vraiment qu’après les événements douloureux qu’ils doivent vivre ! La surprise de Dieu passe quelquefois par des moments difficiles, par la nuit de la foi. C’est au bout du chemin que se trouve le Christ, victorieux de toutes nos peurs. Il faut le laisser aller son chemin ; il faudra le suivre sur ce chemin. Au bout, il y a la vie en plénitude. 

Quelques temps après, quelle mouche a bien pu piquer Paul ? N’était-il pas plus tranquille quand il pourchassait les chrétiens qui mettaient en danger la foi de ses ancêtres ? N’aurait-il pas mieux fait de se cacher lorsqu’il a décidé de suivre le Christ, pour vivre une foi tranquille ? Comment aurait-il pu ? Paul a découvert que, en Jésus, mort et ressuscité, Dieu offrait son salut à tous les hommes. Il a cette certitude chevillée au cœur : le salut n’est pas le fruit du hasard, ni le fruit de nos mérites : il est don gratuit de Dieu. Quelle surprise pour ce pharisien qui croyait que seule l’application scrupuleuse de la loi pouvait sauver ! Il a découvert, en Jésus, l’immense amour de Dieu pour chacune de ces créatures. Il a découvert que, malgré le péché qui marquait la vie des hommes, Dieu avait accordé son pardon et offrait sa vie à qui voulait bien reconnaître que Jésus a réalisé ce salut après l’avoir annoncé dans sa prédication. Oui, Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte. Voilà ce qui pousse Paul à accepter même la prison. 

Abram, Pierre, Jacques, Jean et Paul : des destins extraordinaires, peut-être ! Mais surtout des hommes qui ont su se laisser surprendre par Dieu ; des hommes qui se sont laissé déranger dans leurs convictions ; des hommes qui ont accepté de suivre Dieu sur ses chemins et qui n’ont pas cherché à faire suivre à Dieu leur chemin. Des hommes qui ont eu le courage de partir, voire de repartir à zéro pour vivre ce bonheur que Dieu propose à chacun de nous. A leur suite, nous pouvons marcher sur les chemins nouveaux que Dieu nous ouvre. A la suite du Christ, nous pouvons vaincre la mort et le péché. Il faut nous mettre en route ; il nous faut être ouvert aux appels de Dieu ! Il nous faut accepter de laisser Dieu nous surprendre encore ! Durant ce Carême, ayons le courage de partir, ayons le courage de tout risquer, sachant que nous avons déjà notre victoire, grâce au Christ, par pur amour, par pure grâce. Amen.

(Tableau d'Arcabas, Le messager)

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