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samedi 30 mai 2020

Pentecôte - 31 mai 2020

Avec le Ressuscité, passer de la peur au témoignage.








            Nous terminons notre parcours pascal avec la fête de la Pentecôte ; une dernière occasion pour approfondir ce que signifie vivre dans la dynamique de Jésus, mort et ressuscité pour nous ; une dernière occasion pour découvrir un sens à ce passage fondamental de la mort à la vie. Il s’agit du passage de la peur au témoignage. Nous vivons ce passage à la suite du Ressuscité, dans la puissance de son souffle. 

            L’Evangile de Jean que nous venons d’entendre nous montre en effet que Pâques et Pentecôte sont liées. C’est le soir de Pâques que le Christ apparaît à ses disciples alors que les portes du lieu où [ils] se trouvaient étaient verrouillées par crainte des Juifs. Et un peu plus loin, l’évangéliste Jean témoigne : Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint… ». Le souffle de Dieu est transmis aux disciples par le Verbe de Dieu, ressuscité d’entre les morts. C’est dans bien dans la dynamique de Pâques qu’est donné l’Esprit Saint. Le Christ va s’effacer, rejoindre son Père et envoyer son souffle, ce souffle créateur dont parle la Genèse au commencement, ce souffle de vie dont parle le prophète Ezéchiel dans la vision des ossements desséchés. Le don de l’Esprit Saint est fait à ceux qui passent de la mort à la vie à la suite du Ressuscité : c’est ce qui se joue au moment de notre baptême. Ce lien est indissoluble. Et nous avons vu, dans notre lecture continue des Actes des Apôtres, que lorsque l’Esprit Saint est donné d’abord, le baptême au nom de Jésus Christ, qui signifie le passage de la mort à la vie, est donné immédiatement. C’est ce qui est arrivé lors de la venue de Pierre chez le Centurion Corneille. Le passage de la mort à la vie se fait dans la puissance du souffle de Dieu. 

            La première lecture, extraite du livre des Actes justement, nous montre l’événement même de la Pentecôte, tel que l’ont vécu les Apôtres. Au-delà du coup de vent et des langues de feu, je voudrais retenir aujourd’hui ce que ce don déclenche chez ceux qui ont reçu l’Esprit Saint. Et le constat est simple : ceux qui ont reçu l’Esprit se mettent à témoigner. La peur, qui avait saisi la jeune communauté au moment de la mort du Christ, les a abandonnés. La foule, rassemblée à Jérusalem pour la fête de la Pentecôte Juive, les entend témoigner des merveilles de Dieu, la plus grande étant justement d’avoir rendu à la vie celui que les hommes avaient crucifié. Il n’y a plus de trace de peur dans la vie de ces hommes ; tout le livre des Actes en témoigne. Ce souffle de Dieu donne un nouveau souffle à cette jeune communauté. L’Evangile est annoncé à tous, en commençant par Jérusalem, puis à toute la Judée, la Galilée et la Samarie, en attendant de s’étendre au monde entier par les missions de Paul. Vivre dans la dynamique de Pâques, vivre de ce souffle de Dieu, c’est fondamentalement témoigner de ce Dieu qui sans cesse nous appelle à passer de la mort à la vie, c’est fondamentalement vivre de la vie même du Ressuscité qui s’est livré pour nous. Il n’y a pas à opposer Jésus Christ et l’Esprit Saint ; il faut les tenir ensemble, le premier nous donnant le second, et le second nous faisant comprendre ce que nous disait le premier, par ses paroles, par ses actes, par sa mort et sa résurrection. 

            La puissance de vie du Christ est en nous depuis notre baptême ; le souffle de Dieu nous a été donné à ce moment-là déjà et il a été confirmé par l’Eglise au moment de notre confirmation. C’est par toute notre vie que nous devons maintenant confirmer que nous voulons vivre du Ressuscité, dans la puissance de son souffle. Cela commence par notre témoignage de vie d’abord ; et pour ceux à qui est donné le don d’une parole sage, le témoignage passe aussi par l’enseignement de Jésus Christ, par la catéchèse et la prédication. Mais chaque croyant peut dire à sa manière ce que cela change pour lui de vivre dans ce souffle de vie reçu du Ressuscité. Les petits cénacles qui se sont mis en place durant la neuvaine de la Pentecôte en sont bien l’illustration. Aujourd’hui, avec cette fête, le temps pascal s’achève ; mais il n’achève pas le temps du témoignage. Bien au contraire, il l’inaugure. Ayant célébré aujourd’hui ce don perpétuel de Dieu aux hommes, nous ne saurions ni nous taire, ni nous effacer, ni confiner encore notre foi. Nous n’avons d’autre option que le témoignage, dans la confiance de la présence du Ressuscité, Verbe de Dieu fait chair. Dans ce corps du Christ que nous formons parce que baptisés, incorporés au Christ, nous avons à tenir notre place particulière. L’Esprit Saint nous aidera à la trouver et à accomplir ce à quoi Dieu nous appelle. Il nous appelle et nous rend capable de vivre ce qu’il attend de nous. 

            Si vous aviez dit à Pierre, la veille de la Pentecôte, que le lendemain, il se trouverait sur la place publique à parler de Dieu et de Jésus, sans doute vous aurait-il pris pour un fou. Quand il a accueilli l’Esprit Saint, il s’est senti pousser à témoigner. Vous pouvez bien me prendre pour un fou, mais quand vous aurez accueilli l’Esprit Saint, quand vous lui aurez laissé le gouvernail de votre vie, vous le verrez vous mener là où vous ne pensiez pas aller. En ce jour de la Pentecôte, demandons le don renouvelé de la présence de ce souffle divin en nous et acceptons qu’il nous conduise là où Dieu nous attend, pour le bien de tous. Car à chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. Amen.




(Arcabas, La Pentecôte, trouvé sur internet)

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