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samedi 23 mars 2024

Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur - 24 mars 2024

 De Jésus à nous : une Alliance nouvelle à découvrir.




                                                (Source : On célèbre aujourd'hui le Dimanche des Rameaux (rci.fm) )


 

 

            Durant les cinq dimanches de Carême, l’Eglise nous a fait relire les grandes alliances successives que Dieu a nouées avec son peuple : au temps Noé, au temps d’Abraham, au temps de Moïse, au temps de l’Exil, au temps de Jérémie annonçant la nouvelle Alliance. Et nous voici donc au seuil de cette grande semaine que nous appelons sainte pour entrer, jour après jour dans cette nouvelle alliance. Cette Alliance nouvelle n’est pas conclue aujourd’hui ; mais aujourd’hui est le premier jour d’une semaine qui va mener, étape par étape, à la réalisation pleine de cette Alliance d’un nouveau genre. 

            Jérémie nous l’annonçait dimanche dernier : cette Alliance nouvelle sera désormais inscrite dans nos cœurs. Autant dire qu’il nous faudra faire attention à ce que ce cœur va vivre au long de cette semaine. Et comment dire ? En ce premier jour, notre cœur balance, entre la joie de l’entrée solennelle de Jésus à Jérusalem et la tristesse au pied de la croix, dressée hors de Jérusalem, croix sur laquelle Jésus meurt. Chaque année, quand revient ce dimanche, je voudrais en rester à cette joie qui fut nôtre lorsque nous étions sur le parvis de l’église. Nous étions comme les foules, jadis, les rameaux à la main, acclamant celui que nous reconnaissons comme Sauveur, comme l’Envoyé de Dieu. Le dimanche des Rameaux devrait être une occasion de faire la fête, de nous réjouir de ce qu’un grand nombre d’hommes, de femmes et d’enfants reconnaissent en Jésus Celui qui vient au nom du Seigneur. En ces temps où le nombre de chrétiens diminue, en tous les cas sur notre continent, cela nous ferait sans doute le plus grand bien de voir que nous ne sommes pas une exception, voire les derniers des mohicans. Nous partageons, avec les disciples jadis, cette fierté de voir Jésus acclamé par tant d’inconnus qui nous font comprendre que nous n’avons pas suivi Jésus en vain, que nous ne sommes pas de doux rêveurs perdus dans un monde trop rude pour qu’une parole d’amour et de pardon soit entendue. Malheureusement, la joie est de courte durée en ce dimanche. Sitôt la procession terminée, nous avons été confrontés à des textes rudes : Isaïe et ce serviteur outragé ; le rappel de l’abaissement de Jésus dans l’hymne aux Philippiens et le rappel de notre incapacité à nous sauver si Jésus ne meurt pas en croix, exposé comme le dernier des malfaiteurs et enfin la lecture de la Passion. Notre joie fut aussi courte que le temps qu’il a fallu à la foule pour passer des acclamations – Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! – aux vociférations – Crucifie-le ! – . 

            Penser que notre joie aurait pu durer un peu plus, c’est oublier que ce dimanche s’appelle en réalité : dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur. La foule n’a pas tort d’acclamer Jésus comme elle le fait ; il est bien celui que Dieu nous envoie. Mais elle a tort de le faire trop tôt ! elle a tort d’avoir raison trop tôt ! Cette acclamation ne sera véritablement vraie qu’après la Passion, trois jours après sa mort. Il nous faut comprendre ainsi et méditer ce bel hymne aux Philippiens que nous avons entendu en seconde lecture : oui le Christ Jésus, Dieu depuis toute éternité, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Oui, Jésus, celui que nous suivons, s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes, c'est-à-dire l’un de nous. Oui, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort de la croix. Nous pourrions croire que c’était là la fatalité, un mauvais karma, une succession malheureuse d’événements qui auraient pu être évités. Mais non ! Il n’y avait pas d’autre chemin possible pour le Dieu fait homme, que celui qui est commun à tous les hommes, à savoir affronter un jour la mort. Et pour vaincre la mort dans toute son horreur, il fallait qu’il affronte cette mort dans toute son horreur.  Sans ce chemin douloureux, aucune langue ne pourrait proclamer : Jésus Christ est Seigneur ! Sans la mort dans toute son horreur, pas de vie dans toute sa splendeur. Sans la mort qui meurt, pas de vie qui dure pour toute éternité. Sans défaite absolue de la mort, pas de victoire absolue de la vie. Voilà pourquoi nous ne pouvons pas en rester là, ni prolonger les viva de la foule quand elle accueille Jésus à Jérusalem. Nous nous tromperions sur Jésus ; nous nous tromperions sur sa mission qui n’est pas une mission pour ici-bas, à un moment donné de l’histoire des hommes, mais une mission pour l’au-delà, à travers le temps et l’histoire des hommes. Si nous en restons aux acclamations, rameaux à la main, nous réduisons Jésus à un personnage de l’Histoire des hommes ; si nous relions et relisons ces acclamations avec les événements qui vont suivre, jusqu’aux vociférations de la foule contre Jésus, nous laissons Jésus et le monde entrer dans une ère nouvelle, marquée par cette Alliance nouvelle dont parlait Jérémie. Ce n’est pas parce que nous l’acclamons comme Messie que Jésus devient le Sauveur. Mais c’est parce que Jésus s’offre librement et meurt en croix qu’il devient notre Sauveur, et que nous pouvons l’acclamer comme le Messie de Dieu, comme le Roi de l’univers. 

            Le dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur nous rappelle que nous pouvons acclamer Jésus comme le Messie attendu, mais que cela n’est avéré qu’au matin de Pâques, quand la mort elle-même est morte et que la vie devient éternelle par la résurrection de Jésus. Ce dimanche nous rappelle que beaucoup de gens sont prêts à reconnaître Jésus comme un grand homme, mais nous devons sans cesse redire qu’il est plus que cela. Les bons sentiments sur Jésus, c’est un bon début ; mais à en rester à cela, nous risquons forts d’avoir à nous enfuir nus, comme le jeune homme dans le récit de la Passion rapporté par Marc. Seul celui qui accompagne Jésus jusqu’au bout, jusqu’au pied de la croix, peut dire en vérité, avec le centurion : Vraiment, cet homme était Fils de Dieu. De Jésus à nous, l’Alliance nouvelle est toujours à découvrir et à comprendre. Ce dimanche n’est qu’une étape ; accompagnons Jésus, tout au long de la semaine, jusqu’à la croix, jusqu’à l’infini et au-delà ! Amen.

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