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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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samedi 1 novembre 2025

Commémoration de tous les fidèles défunts - 2 novembre 2025

 Nous sommes faits pour la vie.



 

 

            Par cinquante-sept fois, depuis la Toussaint 2024, notre communauté de paroisse s’est réunie pour accompagner une famille dans le deuil et célébrer notre foi en la vie plus forte que la mort et en l’amour miséricordieux de Dieu. En ce 2 novembre, l’Eglise commémore tous les fidèles défunts et nous invite à prier pour eux. Les textes liturgiques retenus nous permettent d’entrer dans cette célébration en nous rappelant quelques fondamentaux.

            Le livre de la Sagesse nous a rappelé la foi de nos pères. Dès l’Ancien Testament, il y a cette certitude que la mort, souvent comprise comme un malheur, est en fait le passage vers le Dieu des vivants. Ils sont dans la paix… l’espérance de l’immortalité les comblait. La peine qui est la nôtre lorsque nous perdons un proche est normale ; elle témoigne de notre attachement au défunt. Mais notre tristesse ne doit pas nous faire oublier l’essentiel : les âmes des justes sont dans la main de Dieu ; aucun tourment n’a de prise sur eux… Dieu les a trouvés dignes de lui. Il y a dans ces affirmations toute notre espérance d’une vie plus forte et plus grande que la mort. Des siècles plus tard, saint Paul dira que même la mort ne peut nous séparer de l’amour de Dieu. Il s’inscrit parfaitement dans cette foi exprimée par l’auteur du livre de la Sagesse. Ce n’est donc pas une nouveauté chrétienne, mais bien une certitude qui travaille le cœur de l’homme depuis fort longtemps. Celui qui a donné la vie, ne peut pas donner la mort ; il appelle sans cesse à plus de vie.

            Dans l’Evangile de la résurrection du fils de la veuve de Naïm, Jésus montre qu’il est celui qui combattra la mort et rendra la vie à toute l’humanité. Cette petite résurrection doit nous préparer déjà à la grande résurrection, celle de Jésus, qui manifestera définitivement que notre Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Jésus est venu dans le monde pour rappeler aux hommes la présence de Dieu à leur vie, et que Dieu veut leur salut, c'est-à-dire qu’ils vivent avec Lui pour toute éternité. La foule à Naïm ne s’y trompe pas. Devant ce signe d’un fils mort rendu à sa mère, veuve, les gens s’écrient : Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. Quand Dieu visite son peuple, ce n’est pas pour le punir ou le faire mourir, mais pour lui offrir la vie.

            L’Apôtre Paul expliquera ce mystère d’une vie plus forte par la résurrection de Jésus. Et surtout, il nous fera comprendre que ce mystère, s’il est réalisé par Jésus, nous concerne. Si nous avons été unis à lui (au Christ) par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemble à la sienne. La résurrection n’est pas la récompense de Jésus pour avoir accepté la croix ; elle est la conclusion glorieuse de son incarnation. Si Dieu a envoyé son Fils dans le monde, ce n’est pas pour le faire mourir, mais pour nous faire vivre par lui, avec lui et en lui. Et pour que nous puissions vivre libérés du péché, il fallait que le Christ fasse mourir le péché avec lui sur la croix. Et puisque la mort est venue en conséquence du péché d’Adam, quand le péché meurt, la mort disparait ; elle n’a plus de pouvoir, elle ne peut plus retenir les hommes dans ses filets. Par la résurrection du Christ, nous sommes libérés du péché et de la mort. La mort n’est plus que le passage vers la vie en plénitude, notre accouchement à la vie éternelle. Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui. Ce passage par la mort, nous l’avons déjà tous vécu : c’est notre baptême qui l’a accompli pour nous : Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui est ressuscité d’entre les morts.

            Il ne faut alors pas se tromper sur le sens de cette commémoration de tous les fidèles défunts, ni sur le sens des messes que nous pouvons faire dire pour eux. C’est une belle tradition qu’il nous faut comprendre justement. Il ne s’agit pour nous de leur acheter une place au Paradis, ni de marchander avec Dieu leur place auprès de lui. Cette place, ils l’ont ! Elle leur est assurée, comme elle nous est assurée, par la mort et la résurrection de Jésus. Sur la croix, il nous a déjà sauvé. Le sens de la messe pour les morts, c’est bien de prier pour eux, pour que leur cœur, dont nous ne connaissons pas le fond – Dieu seul le connaît ! – pour que leur cœur donc soit pleinement ouvert à l’amour miséricordieux de Dieu. En célébrant ce jour pour tous nos défunts, comme en faisant dire une messe pour un défunt que nous avons connu et aimé, nous voulons comme « réveiller la foi de nos morts » et leur demander d’accepter de se laisser aimer jusqu’au bout, si d’aventure ils ne l’avaient pas déjà fait. Le Dieu des vivants nous veut tous vivants avec lui. Il ne saurait tolérer que la mort retienne ne serait-ce qu’un des nôtres. Il nous a faits pour la vie, et la vie en plénitude. Acceptons cette donnée de notre foi, et acceptons son amour qui nous fait vivre en lui, aujourd’hui, demain et toujours. Amen.

samedi 1 novembre 2014

Tous les fidèles défunts - 02 novembre 2014

Dieu a détruit la mort pour toujours.




Le jour viendra où le Seigneur, Dieu de l’univers, (…) détruira la mort pour toujours. Les disciples qui ont fui au moment du procès de Jésus, saint Jean et les femmes au pied de la croix, se sont-ils souvenus de cette promesse de Dieu formulée par le prophète Isaïe ? Nous souvenons-nous de cette promesse lorsque la mort nous frappe par le départ de nos proches ? 
 
J’essaie d’imaginer ce qui pouvait passer par la tête de Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et Salomé, lorsqu’elles se rendent au tombeau une fois le sabbat terminé. Ont-elles seulement pu vivre les fêtes de la Pâque juive comme les autres années, ou la douleur de la mort violente de Jésus a-t-elle pris le pas sur ce qui aurait dû être la joie de la fête, la joie de la libération ? Lorsque nous les croisons sur la route qui mène au tombeau, elles semblent n’avoir qu’une question : Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? Pourquoi n’y ont-elles pas pensé avant, et demandé à l’un ou l’autre Apôtre de les accompagner ? Visiblement, elles sont encore toutes bouleversées par les événements vécus. Elles en perdent leur bon sens ; elles sont comme dans un autre monde. Alors imaginez ce que cela a dû être pour elles lorsque, arrivant au tombeau, elles voient celui-ci ouvert ! Imaginez encore leur surprise devant le tombeau vide du corps de Jésus et occupé par un jeune homme vêtu de blanc. Même si elles connaissaient la prophétie d’Isaïe, même si elles avaient entendu Jésus dire qu’il ressusciterait, je doute qu’à ce moment précis toutes les pièces se soient mises en place d’elles-mêmes. D’ailleurs, nous dit saint Marc, elles furent saisies de peur. 
 
N’est-ce pas la peur qui nous saisit aussi quand nos proches s’endorment du sommeil de la mort ? Peur de l’avenir, peur de la solitude à affronter, peur des questions qui pourraient surgir. Nous ne savons que rarement comment réagir face à la mort. Nous avons beau savoir que toute vie doit finir, nous avons beau savoir que la mort fait partie de notre vie, quand elle survient, elle ouvre des abîmes de doute, de questions, de peur. C’est à ce moment-là que l’Eglise nous fait réentendre les promesses de Dieu. Le jour viendra où le Seigneur, Dieu de l’univers préparera pour tous les peuples un festin sur sa montagne. Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples… Il essuiera les larmes sur tous les visages. Oui, Dieu vient consoler son peuple, Dieu vient nous consoler dans ces moments difficiles. Ce jour de commémoraison de tous les fidèles défunts fait partie de ces jours de consolation, de ces jours où il est bon de réentendre que notre vie, même si elle marquée par la mort, a un sens profond et un but autre que le néant du tombeau. Ce jour de prière pour tous nos défunts nous permet de garder la mémoire de nos disparus et de vivre un moment de communion avec eux. A vue humaine, ils sont morts, ils ne sont plus là ; mais dans la foi, nous pouvons les découvrir vivants pour toujours. 
 
Comme l’affirme Paul dans sa lettre aux Romains, ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur. Nous demeurerons en Dieu pour toujours puisque Jésus, celui que les hommes ont fait mourir en croix, est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous. Avec un tel avocat, qui pourrait être condamné ? Avec un tel avocat, qui ne pourrait pas être sauvé ? N’a-t-il pas donné sa vie pour tous ?  
 
Au cœur de ce jour si particulier, c’est bien le message de la résurrection qu’il nous faut entendre. Alors que le monde va entrer dans l’hiver, cette période où même la nature semble mourir, il est bon de se souvenir que la vie, en Jésus, a toujours le dernier mot. Les promesses de Dieu ne s’annulent pas dans la mort puisque Jésus a vaincu la mort ; il a repoussé les frontières de la vie. Désormais, la vie, c’est en grand ; désormais la vie, c’est pour toujours, même par-delà la mort. Lorsque vous faites vos visites au cimetière, ce n’est pas à la terre que vous parlez ; ce n’est pas une pierre tombale qui reçoit vos confidences ou accueille vos prières : ce sont ceux et celles qui reposent là et qui veillent sur vous d’auprès de Dieu. Alors que le monde s’enfonce dans la nuit et le froid, le message d’une vie plus forte que la mort vient réchauffer nos cœurs et donner un nouvel espace à notre foi. Il y a une vie au-delà de la mort ; il y a LA vie, pour toujours, pour celles et ceux qui reconnaissent en Jésus leur Sauveur, leur Seigneur et leur Dieu. Puisque rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus, Jésus devient le lien entre nous, vivants de la terre et ceux qui désormais vivent en Dieu. 
 
Même si en ce jour nous faisons mémoire de tous nos défunts, réjouissons-nous : Dieu vient nous consoler et nous assurer que ceux que nous avons aimés ont une place auprès de lui. Son amour est plus fort que la mort. Son amour a détruit la mort pour toujours. Dès lors, que notre amour ne soit pas sans espérance, que notre amour ne trébuche pas sur les pierres de nos tombeaux. Christ est vivant, ressuscité ; à notre tour, nous serons vivants pour toujours ; à notre tour, nous ressusciterons. C’est bien plus qu’une promesse, c’est réalité en Jésus Christ. Amen.
 
(Photo prise à Dublin, Garden of remembrance)

mercredi 6 novembre 2013

Commémoration de tous les fidèles défunts - 02 novembre 2013

Au sujet de ceux qui sont morts...





Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort. Peut-être est-ce cette affirmation qui justifie la célébration de ce jour, la commémoration de tous les fidèles défunts. Car enfin, nos chers disparus valent bien que nous leur consacrions une journée par an, ne serait-ce que pour prier pour celles et ceux qui sont tombés dans l’oubli, même au sein de leur propre famille. Laissons-nous donc guider par la liturgie pour entrer dans le sens de cette célébration.
Paul invite les croyants à ne pas être abattus comme les autres, qui n’ont pas d’espérance. Il y a donc, dans la manière d’aborder la mort de nos proches, une manière chrétienne et une manière non croyante. Là où le non croyant pense que la vie s’arrête avec la mort, le croyant est invité à se référer au Christ, comme en toute chose d’ailleurs. Puisque Jésus est mort et ressuscité, notre avenir est tracé : Jésus, nous le croyons, est mort et ressuscité ; de même, nous le croyons, ceux qui se sont endormis, Dieu, à cause de Jésus, les emmènera avec son Fils. Tout est dit dans ces mots : à cause de Jésus. Il est la source de notre foi, il est la source de notre espérance. Le parcours effectué par le Christ devient le parcours proposé à chaque croyant. D’où la demande de l’oraison de cette messe : fais grandir notre foi en ton Fils qui est ressuscité des morts, pour que soit plus vive aussi notre espérance en la résurrection de tous nos frères défunts. Nous n’avons pas de doute à avoir : nous sommes faits pour vivre, pour vivre avec Dieu, en Dieu et pour Dieu ; nous sommes faits pour vivre pour toute éternité. Nous serons pour toujours avec le Seigneur, assure Paul aux chrétiens de Thessalonique. Cette certitude doit nous habiter toujours.
Saint Jean, dans l’Evangile, nous donne alors la raison profonde de ce merveilleux avenir qui est le nôtre : l’amour que Dieu nous porte de toute éternité. Si c’est bien Jésus et son sacrifice qui nous valent le salut, c’est l’amour de Dieu pour nous qui est à l’origine de tout ; c’est l’amour de Dieu pour nous qui donne sens au sacrifice du Christ. Sans cet amour de Dieu pour l’homme, pas de mission divine ; sans mission divine, la mort de Jésus n’est qu’une mort injuste de plus. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Tout est une question d’amour. Dieu nous aime ; il veut notre salut. Comme l’homme semble s’en montrer incapable, il envoie son Fils ; ce Fils aime infiniment son Père et par amour, va aller au bout de sa mission, même si cette mission est folle à vue humaine. Par amour, Jésus marche vers sa mort ; par amour, Dieu lui rend la vie ; par amour, le salut est offert à celles et à ceux qui croient en Jésus. L’amour, toujours l’amour : avec Dieu, nous n’en sortirons jamais.
C’est par amour pour nos fidèles défunts que nous sommes invités à offrir cette eucharistie. C’est par amour que nous sommes invités à offrir pour eux, de temps en temps, un sacrifice d’action de grâce. Eux qui ont été aimés infiniment par Dieu, n’ont peut-être pas toujours répondu à cet amour. L’amour qui les unit à nous, vivants de la terre, peut les aider, par la célébration du sacrifice du Christ, à purifier en eux ce qui les retient encore éloignés de Dieu, afin que le Seigneur ouvre à nos frères défunts, sa maison de lumière et de paix, comme nous le demanderons après la communion dans une dernière prière. Ce n’est pas ringard de prier pour nos défunts ; ce n’est pas « tradi » d’offrir une messe pour ceux qui nous quittés. C’est faire preuve d’amour envers eux, car nous espérons bien les revoir quand Dieu nous appellera à notre tour dans son Royaume. Nous nous faisons ainsi l’écho de l’amour de Dieu pour eux, et nous intercédons en leur faveur. Peut-on faire plus grand acte d’amour que de demander que celui qu’on aime soit sauvé pour toute éternité ? Peut-on poser plus grand acte d’amour que celui qui consiste à veiller dans la prière sur ceux qui se sont endormis dans la mort ? Ils n’ont plus que nos mots et notre amour pour eux pour demander à Dieu de les prendre avec lui. En Alsace, nous en avons un bel exemple dans la vie de Sainte Odile, notre patronne, elle qui a supplié Dieu, dans les larmes, pour son père.
Aujourd’hui, ne soyons donc pas abattus : nous avons une espérance. Et si cette messe permet à nos défunts de se rapprocher encore de Dieu, qu’elle nous soit une aide pour grandir dans l’espérance de notre salut, et dans la foi en Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, qui sans cesse nous sauve et nous offre sa vie, par amour. Amen.
 
(Photo prise à Québec, dans un jardin public)