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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







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samedi 13 mai 2017

05ème dimanche de Pâques - 14 mai 2017

L'Eglise, Temple de l'Esprit Saint.




Il y a de nombreuses manières de parler de l’Eglise. Dire ce qu’elle est, dire son mystère, passe nécessairement par une multitude d’images variées, se  complétant l’une l’autre. Si l’Evangile de dimanche dernier nous invitait à découvrir Jésus, le bon Berger, il exprimait aussi une partie du mystère de l’Eglise, comprise comme bergerie du Christ. Ce matin, la liturgie nous propose la méditation d’un extrait de la lettre de Pierre qui nous rappelle qu’il existe un lien puissant entre Jésus et les croyants : le baptême. Le baptême nous identifie au Christ et nous introduit dans cette Eglise de Jésus Christ. Cette Eglise, affirme Pierre, est Temple de l’Esprit (demeure spirituelle dans la nouvelle traduction liturgique) que nous sommes invités à construire par notre vie. Je voudrais méditer avec vous cette affirmation de l’Eglise au sujet d’elle-même.
 
Voilà une belle expression pour exprimer quelque chose du mystère de l’Eglise : Temple de l’Esprit Saint. Elle signifie que l’Esprit Saint y habite, que nous avons la certitude d’être guidé par lui, accompagné à chaque instant. L’Eglise n’est pas Temple de l’Esprit Saint parce qu’elle serait meilleure que les autres institutions humaines, mais parce qu’elle vient de Dieu. Dieu a établi sa demeure au milieu de son peuple. Puisque l’Eglise est ce peuple de Dieu, elle est aussi le lieu où il demeure ! 
 
Dire que l’Eglise est Temple de l’Esprit Saint, c’est aussi affirmer une des missions essentielles de l’Eglise – et donc de chaque croyant –  : sanctifier le monde. Autrement dit, on y prie, dans cette Eglise. « Prier, c’est établir une relation d’amour, une relation personnelle entre Dieu et moi ». Cela a quelque chose à voir avec ma vie privée.  Mais cela a quelque chose à voir aussi avec la prière communautaire ! Si un chrétien seul est un chrétien en danger, on peut dire, par analogie, qu’il en va de même pour le priant. Un priant solitaire peut être en danger si sa prière ne rejoint jamais celle d’une communauté priante. Si la prière personnelle est vitale parce qu’elle met le croyant en relation personnelle avec Dieu, la prière communautaire l’est tout autant, parce qu’elle fait entrer le croyant dans la prière de l’Eglise, et le met ainsi en relation avec ses frères. Je ne prie plus alors avec mes seuls mots et selon mes humeurs, mais avec les mots et les gestes que me donne l’Eglise. La prière de l’Eglise, c’est bien sûr la célébration des sacrements, et en particulier l’Eucharistie, mais c’est aussi la liturgie des heures, c’est-à-dire la sanctification du temps qui passe. Quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit, il y a ainsi toujours quelqu’un, quelque part dans le monde, en train d’adresser à Dieu la louange qui lui revient ! Et l’homme ne prie plus ainsi seulement pour lui selon les trois mots fondamentaux de la prière (pardon, s’il te plaît, merci), mais il prie avec les autres, pour la sanctification de l’Eglise et du monde, avec les mots que l’Esprit Saint confie à l’Eglise. C’est une des missions fondamentales de l’Eglise avec l’enseignement et la charité, et non pas l’affaire de spécialistes reclus dans nos monastères ! Par notre baptême, nous participons au sacerdoce commun de tous les fidèles, et nous avons donc notre part à prendre dans la louange des merveilles que Dieu réalise pour nous. 
 
Affirmer que l’Eglise est Temple de l’Esprit Saint, c’est aussi reconnaître la chance que nous  avons d’être soutenus par la prière des autres. Nous le savons bien : la vie spirituelle est une longue route. Tous n’ont pas la même avancée. Tous ne courent pas avec la même foulée. Il y a aussi des jours où l’on a envie de s’asseoir, de se reposer. C’est dans ses moments-là, quand rien ne va plus, que nous pouvons le mieux faire l’expérience de l’Eglise comme Temple de l’Esprit Saint, car si nous y prêtons attention, nous pouvons nous sentir portés par la prière des autres. Les mots de la prière qui m’échappent parce que je n’en peux plus sont comme entraînés par la prière de l’Eglise. Et si je ne trouve plus les mots de la prière, je sais que quelqu’un, un frère, une sœur en Christ, prie avec les mots de l’Eglise, pour celles et ceux qui ne savent plus prier ou qui ne savent pas prier. Je peux donc reprendre pied dans ma vie spirituelle en sachant qu’un jour, j’aurai à rendre à mon tour ce service de la prière pour quelqu’un qui sera resté au bord du chemin. La prière de l’Eglise, la prière pour l’Eglise est certainement un des signes les plus forts de la fraternité spirituelle que nous sommes appelés à vivre ! Si nous avons bien compris que la prière, personnelle ou/et communautaire, n’est pas une échappatoire, mais un puissant levier pour transformer les cœurs et le monde, alors nous éviterons la principale limite de cette image de l’Eglise, limite qui consisterait à fuir dans un spiritualisme forcené, déconnecté de la réalité.  L’Eglise est Temple de l’Esprit Saint et nous sommes les pierres vivantes qui forment cette Eglise. Nous sommes le sacerdoce royal chargé de célébrer les louanges de Dieu. Avant d’être un titre de gloire, c’est une grande responsabilité, puisque nous avons à témoigner devant les autres de ce que Dieu réalise pour nous, en nous, par nous. 
 
Par le baptême, chacun fait son entrée dans ce Temple vivant. Il est de notre responsabilité à tous d’éveiller chaque baptisé à ce grand mystère pour que chacun trouve un jour sa place au milieu de nous et chante à son tour les merveilles de Dieu pour les hommes. Aucun croyant ne saurait se soustraire à ce devoir. Aucun croyant ne saurait garder pour lui ce que Dieu réalise dans sa vie. Si nous sommes vraiment au Christ, cela doit se voir ; si nous sommes vraiment au Christ, cela doit se traduire dans une vie conforme à l’Esprit du Christ. Que la célébration de cette eucharistie soit l’occasion de renouveler notre attachement au Christ Sauveur ! AMEN.

vendredi 31 janvier 2014

Présentation du Seigneur au Temple - 02 février 2014

Un triple sens pour cette fête.




Que fêtons-nous au juste en cette fête de la Présentation de Jésus au Temple ? Le souvenir d’un rite prévu par la Loi juive qu’il fallait accomplir absolument pour marquer la fidélité de Marie et Joseph à leur foi ? Pourquoi, dans notre liturgie, revenir en arrière, à l’époque où Jésus était petit enfant, alors que depuis deux semaines, nous sommes invités à découvrir Jésus adulte et son enseignement ? 
 
Une première réponse est effectivement de dire que Marie et Joseph, en fidèles de la Loi de Moïse, accomplissent les rites prévus par la Loi. Ce faisant, ils inscrivent bien Jésus dans ce peuple que Dieu s’est choisi. Par la circoncision, le huitième jour après la naissance, Jésus est accueilli formellement dans la communauté des promesses héritées d’Abraham ; à présent, il appartient aussi juridiquement au peuple d’Israël (Benoît XVI, L’enfance de Jésus). Par la présentation au Temple de leur premier-né, Marie et Joseph le consacrent au Seigneur Dieu, selon ce qui est écrit dans la Loi (cf. Ex 13, 2 ; 13,12-15). Personne ne pourra douter que Jésus est bien un membre du peuple élu. Tout ce qui devait être fait l’a été. Dès avant sa naissance, ses parents se sont conformés au projet de Dieu pour eux et pour cet enfant. Il n’était pas question de faire autrement après sa naissance. 
 
Une deuxième réponse pour savoir mieux ce que nous célébrons, serait de  dire que nous célébrons le jour où Jésus rentre chez lui, rentre chez son Père. Sa présentation au Temple correspond à sa remise à Dieu dans le Temple, totalement donné en propriété à Lui (Benoît XVI, L’enfance de Jésus). Jésus est offert publiquement à Dieu dans le Temple, annonçant déjà son offrande à Dieu au terme de sa vie pour racheter l’humanité pécheresse. En s’offrant ainsi à son Père, il s’offre aussi à son peuple, ce peuple que Dieu s’est choisi, et par-delà à tous les hommes. N’est-ce pas ce que la rencontre avec le vieux Siméon et la prophétesse Anne semble suggérer ? En proclamant l’enfant gloire de son peuple et lumière des nations, Siméon dresse le portrait de ce que sera cet enfant quand viendra pour lui le temps d’accomplir la mission pour laquelle Dieu l’a envoyé. 
 
Nous en arrivons ainsi à un troisième motif de célébrer cette présentation au Temple. En se soumettant à la Loi, en rentrant ainsi chez son Père, Jésus rencontre aussi le peuple pour le salut duquel il est entré dans le monde. Si le Temple est le lieu où Dieu réside, il est aussi le lieu où Dieu rencontre son peuple. En étant présenté au Temple, donné en propriété à Dieu, Jésus est établi dans le lieu de la rencontre entre les hommes et Dieu. Où pourrait-il demeurer autrement que là, lui qui est, dans sa propre chair, vrai Dieu et vrai homme ? Ce que Siméon dit de l’enfant et de son avenir (il est la gloire d’Israël son peuple et la lumière des nations) le désigne comme le serviteur de YHWH, celui dont Isaïe disait qu’il ouvrirait un nouvel avenir. Aux hommes qui marchaient dans les ténèbres est donné le signe d’un enfant, né pour attirer à lui la terre entière. Devant cette gloire, devant cette lumière, Siméon peut désormais s’effacer : il attendait la Consolation d’Israël ; il tient en ses mains celui qui l’accomplira sur la croix. Il reconnaît que Jésus est bien celui qui est investi de la puissance divine et qui accomplira toutes les promesses de Dieu formulées par les prophètes. Quand Jésus rentre chez son Père, c’est un nouveau monde qui commence ; l’homme a désormais un avenir puisqu’il a en Jésus un Sauveur. L’homme n’a plus à chercher Dieu puisque Dieu marche sur sa route.  Plus de crainte à avoir. Seule doit rester la confiance en cet enfant, porteur d’avenir, porteur de lumière, porteur de vie pour son peuple et pour tous les peuples qui marcheront à sa rencontre. La prophétesse Anne se charge de propager cette confiance en parlant de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. L’espérance des hommes n’était pas vaine, leur foi en Dieu qui sauve en est renouvelée. 
 
La liturgie a bien fait de nous faire revenir au Jésus enfant, quarante jours après avoir célébré sa naissance. Elle nous permet de comprendre mieux encore et le sens de cette naissance et le sens de la mission de Jésus dont nous sommes les témoins depuis quinze jours. Laissons-nous éclairer par cette lumière nouvelle, suivons-là, et nous pourrons, nous aussi, avec une âme purifiée, nous présenter devant Dieu (oraison de la messe). Amen.

vendredi 9 mars 2012

03ème dimanche de Carême B - 11 mars 2012

Jésus, Temple nouveau










Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai ! Ah ça, ils ont dû causer dans les chaumières de Jérusalem après avoir entendu cela ! C’est tout bon pour ceux qui s’opposent à lui : maintenant, ils ont un motif pour le faire mourir. Pensez donc ! Il veut qu’on détruise le Temple, il veut supprimer le lieu de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Je vous le dis : cette fois il est allé trop loin ! Sans compter qu’il a tout renversé sur son passage, chassé les vendeurs et dispersé leurs animaux destinés aux sacrifices. Il nous change la religion. Il est temps qu’on nous en débarrasse ! Mais que font nos chefs ?

Frères et sœurs, n’imaginons pas que nous réagirions autrement que ces braves habitants de Jérusalem. Imaginez qu’on vienne vous dire qu’on va détruire cette église que vos Anciens ont construite, puis reconstruite après guerre ! Même si on vous dit qu’on la reconstruirait en trois jours, vous ririez au nez de celui qui oserait pareille affirmation. Cela ferait causer dans les chaumières de Drusenheim, non ?

Et pourtant, nous savons que Jésus n’a pas tort lorsqu’il pose pareille affirmation. Et nous savons aussi qu’il est le vrai Temple, c’est-à-dire le vrai lieu de la rencontre entre l’humanité et Dieu. Il unit les deux en son propre corps, lui que nous reconnaissons comme vrai Dieu et vrai homme ! Mais il dérangeait, comme il dérangerait encore, en demandant de ne pas nous attacher à des signes matériels ; il dérangeait, comme il dérangerait encore, en nous demandant d’entrer dans l’esprit de la foi, d’entrer dans une relation vraie avec Dieu.

N’est-ce pas : tant qu’on s’attache au Temple, ou à l’église, on ne s’attache qu’à un lieu. C’est l’église où j’ai été baptisé, c’est l’église où nous nous sommes mariés, c’est là que grand-mère a été enterrée : nous ne pouvons aller que là ! Et on oublie que Dieu est présent aussi dans l’église du village d’à côté ; et si pour une fois la messe n’est pas célébrée chez nous, on peut aussi faire l’effort d’aller à la rencontre de Dieu à côté. Mais combien font l’effort ? Et nous trouverons toutes les bonnes excuses pour ne pas nous déplacer tel dimanche pour honorer le jour du Seigneur !

Le même réflexe joue une fois que je suis dans l’église : En vingt ans de métier, je ne compte plus les églises où j’ai célébré et où les gens restaient fermement attachés à leur banc ou à leur siège. Il pouvait y avoir cinquante bancs libres devant eux, ils ne bougeaient pas : c’est là et pas ailleurs ! Même chose lorsqu’on réfléchit à la place de la chorale : tribune ou chœur, chacun, pour les mêmes bonnes raisons, reste attaché à son lieu sans se demander ce que cela produit en terme de célébration, en terme de relation. Demander de bouger, c’est demander de détruire leur Temple, leur église : on leur change leur religion. Et si par hasard on osait insister, ils ne viendraient plus : il pourrait au moins être heureux qu’on soit là. Depuis des siècles, l’histoire est la même.

Et pourtant, lorsqu’on lit l’Ancien Testament, au livre de l’Exode comme ce matin, le lieu de la présence de Dieu n’est pas défini par un Temple, ni par une place dans ce Temple. Le lieu de la présence de Dieu, c’est la vie des hommes. Le don de la Loi ne comporte pas de chapitre sur le Temple ou l’église ; la Loi concerne un art de vivre avec Dieu et avec les autres : Tu n’auras pas d’autres dieux que moi… Tu n’invoqueras pas le nom de Dieu pour le mal…Le septième jour est jour de repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu…Honore ton père et ta mère. Tu ne commettras pas de meurtre, ni d’adultère, ni de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage. Tu ne convoiteras rien de ce qui appartient à ton prochain. C’est en respectant cette Loi que le croyant montrera son attachement à Dieu ; c’est en vivant cette Loi qu’il rencontrera Dieu en vérité parce qu’il s’inscrira dans cette Alliance que Dieu a conclue avec Moïse.

Et nous, chrétiens, nous reconnaissons qu’en Jésus, une nouvelle Alliance a été établie entre Dieu et les hommes. Cette nouvelle Alliance ne renvoie pas davantage à un lieu, mais à un homme, Jésus, et Jésus crucifié, comme le rappelle Paul dans la seconde lecture entendue. Et ce crucifié, au soir de sa mort, a bien invité ses disciples à aimer Dieu et aimer le prochain. C’est bien encore dans une relation que s’inscrit cette nouvelle Alliance, établie dans le sang du Christ.

Ce qui compte, avec Jésus, c’est la relation que j’ai avec lui, et à travers lui avec Dieu et les frères. A ce titre, il est le Temple nouveau, le lieu de la rencontre avec Dieu en vérité. Et par le baptême, ayant été incorporés au Christ, nous sommes tous les pierres vivantes de ce Temple nouveau et unique. A ceux qui cherchent où est Dieu, il faut montrer la figure du Christ, vivant dans son Eglise, entendue non comme le lieu fait de pierres où nous nous réunissons, mais comme son peuple en marche, en pèlerinage vers le Royaume où Dieu nous attend.

Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai ! Que ce Carême soit l’occasion de détruire tous ces Temples où nous ne cessons de nous réfugier. Que nous apprenions à nous remettre en route, à la suite du Christ, crucifié et ressuscité. Et nous construirons le seul Temple où Dieu aime à demeurer : le peuple des hommes et des femmes qui aiment comme Dieu aime, le peuple des hommes et des femmes réunis en Jésus Christ. Amen.




(Photo Saint Pierre de Rome)