Bienvenue sur ce blog !

Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







Affichage des articles dont le libellé est Bonheur. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bonheur. Afficher tous les articles

vendredi 31 octobre 2025

Toussaint - 01er novembre 2025

 Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse ! 







 


            Le cœur de la foi chrétienne, c’est Jésus, mort et ressuscité pour notre vie. Il n’y a pas à en douter une seule seconde. Chaque chrétien devrait pouvoir poser cette affirmation lorsqu’il est interrogé sur sa foi. Et chaque chrétien devrait pouvoir vivre les conséquences de cette affirmation. La plus immédiate, la plus évidente aussi, c’est la joie que procure cette bonne nouvelle pour nous.

            Les béatitudes entendues aujourd’hui ouvrent le premier grand discours de Jésus dans l’évangile de Matthieu. Et quel est le mot qui revient comme un refrain ? Heureux, renforcé par cette conclusion : réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse. Celui qui vit le bonheur annoncé par Jésus ne peut que se réjouir, même si les béatitudes semblent proposer un bonheur à mille lieues de ce que nous considérons comme utile à notre bonheur. Le bonheur proposé par Jésus est un bonheur qui découle d’un vivre avec les autres, d’une attention à ceux et celles qui en ont le plus besoin ; c’est un bonheur qui découle d’une manière d’être et non d’une manière d’avoir ou de posséder. Là où beaucoup diraient : pour être heureux, il me faut de l’argent, une maison, une voiture, Jésus nous dit : il te faut juste, pour être heureux, ouvrir les yeux sur ceux qui t’entourent et prendre le temps d’être là pour eux, quels que soient les événements qu’ils traversent, ou que tu traverses avec eux ou à cause d’eux. Et Jésus nous dit cela au début de son ministère de prédication. Si le temps de sa passion a pu faire oublier cet appel au bonheur et plonger ses disciples dans la peur et le désarroi, sa résurrection va le raviver. Devant celui qu’ils croyaient mort et qu’ils voient à nouveau vivant, au milieu d’eux, leur joie est complète. Et ainsi devrait être la nôtre.

            Un chrétien ne devrait jamais oublier de se réjouir à cause de Jésus, et vivre chaque instant de sa vie, bon ou moins bon, avec le souvenir de cette joie que provoque la résurrection de Jésus. Si la puissance de la résurrection nous habite et nous met en mouvement, alors notre cœur sera établi fermement dans cette joie du Christ ressuscité, et nous pourrons mieux affronter les moments plus difficiles de notre vie. Cette joie de la résurrection est pour aujourd’hui déjà et elle est notre avenir. Nous sommes faits pour vivre heureux avec Dieu et en Dieu, aujourd’hui et toujours. Les saints que nous fêtons tous ensemble en ce jour, qu’ils soient connus ou inconnus, ont tous vécu de cette joie que rien ne peut nous enlever. Dans les saints les plus récents, voyez un Carlo ACUTIS par exemple. Il a répandu, par de petites attentions quotidiennes, la joie autour de lui, et malgré la maladie foudroyante qui l’a emporté à 15 ans, il a su garder cette joie et consoler ses proches. C’est cela, vivre de la puissance de la résurrection du Christ. Les saints nous montrent tous, chacun à leur manière, comment vivre cette joie du Ressuscité.

             A ceux qui cherchent un chemin de sainteté, la joie se présente comme une route sûre, parce qu’elle est l’attitude la plus chrétienne possible. La joie que me procure ma foi en Jésus mort et ressuscité, est aussi la joie qui ouvre mon cœur aux autres et aident mes mains à soulager leur misère. C’est encore la joie de la foi qui dilate mon espérance et me fait entrevoir le bonheur véritable dans lequel Dieu veut ses enfants. Enfants de Dieu, nous le sommes, nous assure saint Jean dans la deuxième lecture de cette solennité. Nous le sommes parce que Dieu, le premier nous aime, sans aucun mérite de notre part. Voilà qui ajoute encore à notre joie. Ce n’est pas une joie de façade qu’il nous est demandé de vivre ; ce n’est pas un verni qui nous protègerait. Non, la joie que nous avons à vivre vient de l’assurance que rien ne peut nous enlever de la main de Dieu ; rien ne peut nous retenir loin de lui, puisqu’il nous aime et qu’il nous veut avec lui, toujours. Y a-t-il une plus grande joie que celle de se savoir aimé, inconditionnellement ?

            En nous réjouissant aujourd’hui pour tous ceux et celles que l’Eglise reconnait comme saints, en nous réjouissant pour tous ceux qui le sont dans l’anonymat des autels, réjouissons-nous aussi pour nous, appelés par Dieu à être saints, que nous soyons un jour reconnus comme tel ou non. Que la sainteté de celles et ceux qui ont été élevés sur les autels stimulent notre sainteté et nous connaîtrons aujourd’hui et toujours la joie parfaite que Dieu nous donne en Jésus, son Fils, mort et ressuscité pour notre salut. Amen.

samedi 7 mars 2020

2ème dimanche de Carême A - 08 mars 2020

Dieu nous apprend la surprise.







Nous poursuivons notre chemin de Carême en compagnie d’Abram, de Pierre, Jacques, Jean et de Paul. Malgré le recul du temps, nous pouvons, à la lecture d’un bout de leur histoire, nous interroger sur ce qui les a motivés à changer quelque chose à leur manière de vivre. Quelle mouche les a piqués ? 

Oui, quelle mouche a bien pu piquer notre père Abram ? Voilà un paisible vieillard qui s’élance sur les routes du monde à la recherche d’un pays qu’un inconnu lui indique. Quelqu’un qu’il ne voit même pas, qu’il entend tout juste ! Ne serait-ce pas un effet de sa vieillesse que d’entendre des voix ? Abram quitte son pays, malgré son grand âge, malgré les dangers de la route. Il emmène les siens à l’aventure. Non qu’il ait le goût du risque : mais quelqu’un lui a parlé. Dieu lui a parlé. Il lui a fait une promesse et Abram y croit. Il a foi en la parole donnée ; il a foi en ce Dieu qui se révèle à lui dans sa vieillesse, à l’âge où d’autres n’aspirent qu’à une bonne retraite, qu’à un bon repos bien mérité. Cette parole ne promettait qu’une chose : la bénédiction de Dieu pour toujours à lui et à sa descendance. Telle est la promesse qui fait bouger Abram : Je te bénirai ! Je voudrai ton bien et je serai avec toi. Abram avait compris qu’en cette promesse se trouvait son avenir et celui d’une multitude. Abram avait compris que Dieu appelle l’homme au bonheur ; et si l’homme voulait être heureux, il lui fallait suivre ; il lui fallait se laisser surprendre par Dieu et son projet. Abram s’en alla, comme le Seigneur le lui avait dit, et Loth s’en alla avec lui. Quand on a fait une découverte comme celle d’Abram, on la partage, et on entraîne les autres sur le même chemin. Comment être heureux sans les autres ? 

Des siècles plus tard, quelle mouche a bien pu piquer Pierre, Jacques et Jean ? Il y a quelques jours, Jésus leur annonçait sa mort prochaine ; Pierre s’était vertement fait remettre à sa place, et pourtant, ils continuent encore de suivre ce chevelu de Galilée ! Pierre, Jacques et Jean ont sans doute fait, avec Jésus, la même expérience qu’Abram avait faite avec Dieu. Ils ont découvert en Jésus le Messie, le Fils de Dieu, celui qui vient rendre aux hommes leur joie et leur espérance. Ils ont compris, qu’avec Jésus, ils tenaient le bon bout. Ils ont compris que cet homme pouvait ouvrir aux hommes de nouveaux chemins, même s’ils ne sont pas encore prêts à le suivre partout. Il faudra la mort en croix et l’annonce de la résurrection pour que leur confiance en Dieu les pousse sur les routes dire aux hommes l’amour qu’il porte à chacun. L’épisode de la Transfiguration a dû leur réchauffer le cœur après l’annonce de la mort de Jésus. Pendant un trop court instant, ils ont vu, par avance, la gloire qui est sienne. Pendant un trop court instant, ils ont approché tout le mystère de ce Fils de Dieu qui s’entretient avec Moïse et Elie. Pendant un trop court instant, ils ont entendu la voix du Père confirmer leur intuition : ils ne se sont pas trompés sur Jésus. Ils n’ont sans doute pas encore compris par quel chemin il offrirait le pardon et le salut à l’humanité ; mais ils ont reçu la force, à travers cette vision, de bien interpréter les événements à venir. Ils ont eu un avant-goût de sa victoire et de sa gloire, mais Jésus leur donna cet ordre : Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. Ce qu’ils viennent de vivre, ils ne pourront le comprendre vraiment qu’après les événements douloureux qu’ils doivent vivre ! La surprise de Dieu passe quelquefois par des moments difficiles, par la nuit de la foi. C’est au bout du chemin que se trouve le Christ, victorieux de toutes nos peurs. Il faut le laisser aller son chemin ; il faudra le suivre sur ce chemin. Au bout, il y a la vie en plénitude. 

Quelques temps après, quelle mouche a bien pu piquer Paul ? N’était-il pas plus tranquille quand il pourchassait les chrétiens qui mettaient en danger la foi de ses ancêtres ? N’aurait-il pas mieux fait de se cacher lorsqu’il a décidé de suivre le Christ, pour vivre une foi tranquille ? Comment aurait-il pu ? Paul a découvert que, en Jésus, mort et ressuscité, Dieu offrait son salut à tous les hommes. Il a cette certitude chevillée au cœur : le salut n’est pas le fruit du hasard, ni le fruit de nos mérites : il est don gratuit de Dieu. Quelle surprise pour ce pharisien qui croyait que seule l’application scrupuleuse de la loi pouvait sauver ! Il a découvert, en Jésus, l’immense amour de Dieu pour chacune de ces créatures. Il a découvert que, malgré le péché qui marquait la vie des hommes, Dieu avait accordé son pardon et offrait sa vie à qui voulait bien reconnaître que Jésus a réalisé ce salut après l’avoir annoncé dans sa prédication. Oui, Dieu nous a sauvés, il nous a appelés à une vocation sainte. Voilà ce qui pousse Paul à accepter même la prison. 

Abram, Pierre, Jacques, Jean et Paul : des destins extraordinaires, peut-être ! Mais surtout des hommes qui ont su se laisser surprendre par Dieu ; des hommes qui se sont laissé déranger dans leurs convictions ; des hommes qui ont accepté de suivre Dieu sur ses chemins et qui n’ont pas cherché à faire suivre à Dieu leur chemin. Des hommes qui ont eu le courage de partir, voire de repartir à zéro pour vivre ce bonheur que Dieu propose à chacun de nous. A leur suite, nous pouvons marcher sur les chemins nouveaux que Dieu nous ouvre. A la suite du Christ, nous pouvons vaincre la mort et le péché. Il faut nous mettre en route ; il nous faut être ouvert aux appels de Dieu ! Il nous faut accepter de laisser Dieu nous surprendre encore ! Durant ce Carême, ayons le courage de partir, ayons le courage de tout risquer, sachant que nous avons déjà notre victoire, grâce au Christ, par pur amour, par pure grâce. Amen.

(Tableau d'Arcabas, Le messager)

samedi 16 février 2019

06ème dimanche ordinaire C - 17 février 2019

La vraie vie, le vrai bonheur.







En entendant aujourd’hui la version de Luc du texte des béatitudes, je me mets soudain à préférer celle de Matthieu que nous entendons chaque année à la Toussaint. Car Matthieu écrit son texte dans une perspective plus eschatologique que Luc ; il vise davantage les fins dernières alors que Luc, avec ses « maintenant » quatre fois répétés, nous plonge dans notre quotidien, dans l’aujourd’hui de notre existence. Reconnaissons-le : le texte de Luc devient ainsi plus difficile à écouter : nous n’avons pas vraiment faim maintenant, nous ne sommes pas vraiment pauvres maintenant ! Pour bien comprendre ce que Jésus veut nous dire, et à quoi il nous invite, il faut nous débarrasser alors de deux idées reçues et nous souvenir du projet de Dieu pour chacun de nous. 

Première idée reçue dont il faut nous débarrasser : Dieu ne promet qu’un bonheur pour l’au-delà. Autrement dit : souffrez aujourd’hui, vous serez heureux demain. C’est la pire des choses qu’un prédicateur puisse vous dire. C’est la plus grande hérésie qu’il faut combattre. Le bonheur que Dieu nous promet est un bonheur pour aujourd’hui, ici et maintenant. S’il est vrai que notre vie sur terre engage notre vie par-delà la mort, elle n’en est pas le négatif ou le contraire. Dieu promet un bonheur intégral, qui consiste à aimer et être aimé, véritablement. Être aimé non pour ce que l’on a, mais pour ce que l’on est : fils et fille de Dieu, frères et sœurs en Jésus Christ. Et ce bonheur nous est offert dès que nous marchons à sa suite, sur le chemin de l’amour de Dieu et de nos frères. 

Deuxième idée reçue dont il faut nous débarrasser : pour entrer dans le Royaume, il vaut mieux être pauvre et mal-foutu que riche et bien portant ! Cette affirmation aussi, vous pouvez la ranger au rayon des stupidités. Car nulle part, il n’a été prouvé qu’un pauvre avait plus de chance d’entrer au Royaume parce qu’il est pauvre ! La pauvreté, quand elle remplit l’homme de souci et de cupidité, le rend aussi inapte au Royaume que le riche plein de lui, amassant des trésors à en perdre la raison. Que tu sois riche ou pauvre, tu peux suivre la route que Dieu te propose, si tu sais être ouvert, vide de toi-même, vide de tout obstacle à la présence de Dieu. Il faut savoir accueillir et écouter celui qui parle au cœur. Il faut faire confiance à celui qui appelle à vivre pour lui et pour les autres. C’est bien le sens de la prophétie de Jérémie et du psaume premier que la liturgie nous a donné de méditer. Celui qui se range du côté de Dieu, qui écoute sa parole et la met en pratique, entre dans le bonheur véritable : Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance. Il sera comme un arbre, planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. 

Et là, nous touchons du doigt le projet de Dieu : que l’homme vive libre et heureux. Le vrai bonheur, celui qui est annoncé dans toute l’Ecriture et que Jésus proclame à son tour, c’est d’être aimé et être capable d’aimer. C’est possible à celui qui sait s’abandonner à Dieu ; c’est possible à celui qui ne se laisse envahir par rien d’autre que la Parole et l’Amour de Dieu ; c’est possible dès aujourd’hui. Les béatitudes, qu’elles soient de Matthieu ou de Luc, ne sont pas des prescriptions à réaliser, mais le portrait de celui qui se met à l’école du Christ ressuscité. Seul le vrai disciple se sent solidaire de tous ; seul le vrai disciple peut connaître la joie profonde qu’il y a donner, y compris sa propre vie, pour que les autres puissent vivre mieux ; seul le vrai disciple est compatissant. Le Christ nous a montré le chemin en donnant sa vie par amour pour les hommes. Cet acte de salut nous a ouvert une voie vers la vraie vie. Nous pouvons placer notre confiance en Christ, non seulement pour la vie présente, mais aussi pour la vie qui est promise à tous ceux qui œuvrent avec lui pour un monde meilleur. 

A travers l’évangile des béatitudes, le Christ nous invite à ne pas nous tromper de vie, à ne pas nous tromper de bonheur. La vraie vie, c’est celle qui se donne ; le vrai bonheur, c’est celui qui se partage. Dès maintenant, chaque jour et pour toujours. AMEN.

 
 

 

mercredi 1 novembre 2017

Toussaint - 01er novembre 2017

La sainteté ou l'art de voir Dieu.






Heureux ceux qui ! Ainsi s’entend le refrain des béatitudes que la Toussaint nous donne à méditer tous les ans. Heureux ! C’est donc bien à une fête que nous convoqués. Heureux ! C’est donc bien le bonheur que Dieu veut pour l’homme, pour nous, pour chacun de nous ! Essayons de mieux comprendre ce bonheur. 
 
A y regarder de près, le bonheur proposé demande un minimum d’engagement de notre part. Il n’a jamais été écrit ou dit que le bonheur serait chose facile. Ce qui caractérise le chemin de bonheur proposé par le Christ, c’est qu’il passe sans cesse par les autres. Heureux les doux (ceux qui se montrent doux avec les autres), heureux ceux qui pleurent (ceux qui savent pleurer avec les autres, compatir à leur malheur), heureux ceux qui ont faim et soif de justice (pour eux et pour les autres), heureux les miséricordieux (ceux qui savent pardonner aux autres), heureux les cœurs purs (ceux qui regardent le monde et les autres avec un cœur d’enfant), heureux les artisans de paix (forcément avec les autres, pour les autres) : sans cesse, nous sommes donc renvoyés à notre attitude envers ceux et celles qui croisent notre route. Sans cesse, nous sommes invités à remettre l’Autre, les autres, au cœur de notre chemin vers le bonheur. Je ne saurais être heureux tout seul. Je ne saurais gagner mon paradis tout seul, sans les autres. 
 
Ceci dit, parmi tous ces chemins de bonheur qui mènent à Dieu, Jésus en présente un qui y mène de manière directe. Il nous dit : Heureux les cœurs purs, ils verront Dieu ! Saint Augustin déjà faisait remarquer que c’est la seule béatitude qui conduit ainsi directement à voir Dieu face à face, la seule qui nous mette de manière immédiate en présence de Dieu. Elle est celle qui assure le bonheur absolu du croyant, puisqu’elle lui permet de vivre en présence de son Seigneur ! Les saints que nous célébrons aujourd’hui ont tous eu, à leur manière, un cœur pur, c’est à dire un cœur capable de porter sur le monde le regard même de Dieu, un cœur totalement ouvert à sa volonté, à son projet d’amour pour nous. Le cœur pur peut voir Dieu face à face parce que son cœur ne fait qu’un avec le cœur de Dieu ; son cœur bat au rythme du cœur de Dieu ; son cœur est totalement ouvert, totalement transparent à la grâce de Dieu. La vraie sainteté, celle que nous célébrons aujourd’hui, se résume bien dans cette attitude d’ouverture totale et constante à la volonté de Dieu. Le saint n’est pas celui qui fait des choses de plus en plus difficiles, mais celui qui fait les choses – et quelquefois les mêmes choses – avec de plus en plus d’amour, parce que son cœur est réglé sur le cœur de Dieu, parce que son cœur bat de l’amour même de Dieu. le vrai saint est celui qui voit Dieu en toute chose et en chacun. 
 
En célébrant nos amis les saints, nous sommes remis face à notre condition, face à notre destin : nous sommes appelés à être saints à notre tour. Pas plus tard, quand nous serons morts, mais dès maintenant. Notre baptême nous a placés sur cette route exigeante mais belle que le Christ nous a ouverte par sa mort et sa résurrection. Notre baptême exige que nous vivions chaque jour plus unis au Christ, plus aimant de l’amour même de Dieu. Notre baptême fait de nous des saints en devenir. Nous sommes saints (enfants de Dieu), dit Saint Paul, et nous le devenons toujours plus en calquant notre vie sur celle du Christ. Nous sommes saints par le baptême, et nous confirmons notre volonté d’être saints, à l’image et à la ressemblance de Dieu, lorsque nous vivons au quotidien le chemin des béatitudes. La sainteté ne se gagne pas ; elle se reçoit dans l’acceptation de la volonté de Dieu pour nous. La sainteté ne se gagne pas ; elle s’exerce sur le chemin des béatitudes. La sainteté ne se gagne pas, mais elle peut se perdre lorsque je m’éloigne de Dieu. La sainteté ne se gagne pas, mais elle grandit à travers ma participation au sacrement du pardon et de l’eucharistie, où déjà je rencontre Dieu dans un face à face salutaire. La sainteté ne se gagne pas ; elle est un don fait par Dieu à celles et à ceux qui marchent loyalement sur le chemin du Ressuscité. Que la célébration de notre eucharistie nous redonne courage et espérance sur notre chemin ! Qu’elle purifie nos cœurs pour que nous puissions, nous aussi, voir Dieu, aujourd’hui en chacun, demain en face à face, dans un bonheur sans fin ! Amen.


(Dessin de Coolus, Blog du lapin bleu)


samedi 31 octobre 2015

Toussaint - 01er novembre 2015

Heureux !




Heureux ! C’est le premier mot de Jésus à la foule venue se rassembler autour de lui, le premier mot de son ministère. Il précise ainsi, dès son premier discours, pourquoi il est venu, quelle est sa mission : rappeler aux hommes qu’ils sont faits pour vivre, heureux et libres, avec Dieu et tous les hommes, leurs frères. Et l’on comprend alors aisément pourquoi il est écouté. Qui n’a pas envie d’être heureux ? Qui ne cherche pas le bonheur ici bas ? 
 
Heureux ! Ce premier mot de Jésus est une invitation faite à tout homme. Il n’est pas une loi morale, il n’est pas un commandement ; il est une invitation ! Tu peux être heureux, vraiment, si tu écoutes ce que je te dis et si tu essaies d’en vivre. Nous ne le savons que trop bien : le bonheur ne se commande pas, le bonheur ne se programme pas. Mais, semble nous dire Jésus, il est des chemins qui y mènent, assurément !  Celui qui accepte de suivre l’un de ces chemins parvient au bonheur véritable. Quels sont ces chemins ? Les béatitudes les égrainent l’un après l’autre, par 9 fois. Heureux les pauvres de cœurs ! Heureux les doux ! Heureux ceux qui pleurent ! Heureux ceux qui ont faim et soif de justice ! Heureux les miséricordieux ! Heureux les cœurs purs ! Heureux les artisans de paix ! Heureux les persécutés pour la justice ! Heureux ceux qui sont persécutés à cause de Jésus ! Voilà les chemins de bonheur que Jésus propose ! Reconnaissons qu’ils ont l’air bien raide ! Ils sont, en tous les cas, à l’opposé des bonheurs proposés par la publicité aujourd’hui : pour elle, vous ne pouvez être heureux que si vous êtes jeune, beau, riche, et en bonne santé. Et si vous n’appartenez pas à l’une de ces catégories, rassurez-vous, il existe un produit qui peut supprimer ce manque : celui que nous ne possédez pas encore et que la publicité vous propose justement d’acquérir ! Les chemins de bonheur de Jésus ne sont pas des argumentaires publicitaires. Ils ne proposent pas d’acquérir quelque chose d’extérieur pour devenir  heureux. Ils proposent, au contraire, de changer notre intérieur, pour nous faire comprendre où est le vrai bonheur. Il n’est pas dans ce que l’homme possède, mais dans ce qu’il est. Les chemins vers le bonheur que Jésus propose ne s’achètent pas ; ils supposent désir de conversion, ouverture aux autres, attention à ce qui fait la vie des hommes. 
 
Heureux ! Il y a une béatitude qui permet de comprendre que ces chemins vers le bonheur que Jésus propose ne sont pas aussi difficiles ou inatteignables qu’ils le paraissent. C’est curieusement la dernière. Et celle-ci ne s’adresse plus à tous les hommes (heureux ceux qui …), mais elle ne s’adresse qu’aux disciples de Jésus : Heureux serez vous lorsque … à cause de moi ! C’est dans la relation personnelle à Jésus que se révèle le vrai bonheur. C’est dans la relation à Jésus que l’ouverture aux autres et à Dieu prend tout son sens. C’est dans la relation à Jésus que l’homme trouve la force de suivre ces chemins, parce que le Christ, le premier, les a empruntés et vécus pleinement. Il est venu proposer le vrai bonheur aux hommes ; et pour que les hommes puissent s’y convertir, il s’est offert sur la croix, afin de nous recentrer sur Dieu et sur son œuvre de salut pour tous. En mourant sur la croix, il nous ouvre définitivement la possibilité d’être heureux, puisque le dernier obstacle au bonheur, à savoir la mort, est vaincu alors même que nous croyions que tout était fini et que Jésus s’était trompé. Sur la croix, Jésus ne nous trompe pas : il nous sauve ! Sur la croix, il révèle sa toute puissance et nous ouvre au vrai bonheur. Parce qu’il y a de la joie à être sauvé du mal et de la mort par le Christ ! Parce qu’il y a de la joie à connaître enfin un règne de justice et de paix ! Parce qu’il y a de la joie à se savoir aimé ainsi, jusqu’au bout, jusqu’au plus profond de la mort. 
 
Heureux ! Ce bonheur que Jésus nous propose n’est pas pour plus tard. C’est un vrai bonheur pour aujourd’hui. Et tous ceux qui marchent déjà, fidèlement, à la suite de Jésus, connaissent un bout de ce vrai bonheur dont ils attendent la réalisation totale lorsqu’ils seront appelés à voir Dieu. La fête de la Toussaint vient heureusement nous redire que ce bonheur promis se réalise, dès ici-bas et pour l’éternité : à preuve, la foule immense de celles et de ceux qui, au long de notre histoire, ont accordé foi et confiance au Sauveur, ont reconnu en lui celui qui est venu sauver les hommes de la désespérance et de la mort ; avec lui, ils ont trouvé le chemin du bonheur, dès ici-bas. Avec lui, ils sont parvenus au vrai bonheur, celui que même la mort ne saurait nous enlever. Près de lui, ils nous attendent, pour qu’avec eux, nous formions cette foule immense qui chante la gloire de Dieu ! Que la célébration de leur fête nous stimule et oriente notre vie vers le Christ. Que cette Toussaint nous permette de redécouvrir à quel bonheur nous sommes appelés. Aujourd’hui et toujours. Amen.
 
(Dessin extrait de L'image de notre paroisse, n° 203, éd. Marguerite, nov. 2003)