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samedi 29 octobre 2022

31ème dimanche ordinaire C - 30 octobre 2022

 Quand Zachée, celui qui voulait voir, est regardé par Jésus.




(La conversion de Zachée)



            Qu’attend-t-il, Zachée, de Jésus, du haut de son arbre ? Pourquoi veut-il voir Jésus ? Est-ce un effet de simple curiosité ? Qu’a-t-il entendu ou qu’imagine-t-il à propos de Jésus, qui le pousse à faire l’enfant et à grimper sur un sycomore ? Nous ne le saurons jamais, mais cela peut nous faire réfléchir, et constater qu’il n’est pas le seul qui se contente de voir là où il aurait fallu regarder. Car ce qui se joue là est plus qu’un simple jeu de Pas vu, pas pris

            Je n’y ai pas vraiment été attentif auparavant, mais il y a bien une différence entre l’attitude de Zachée et de la foule d’un côté et celle de Jésus de l’autre. Reprenons l’histoire pour bien comprendre. Jésus passe par Jéricho ; il n’y a là rien d’extraordinaire. Des villes et des villages, il en aura parcouru quelques-uns durant son ministère. Et souvent, comme à Jéricho, une foule se presse autour de lui. Nous pouvons comprendre que Zachée ne veuille pas rater l’événement. Jésus est connu maintenant ; ses gestes, ses paroles en ont intrigué plus d’un. Et puis après tout, ce passage de Jésus devait être un événement pour beaucoup, vue la foule qui se pressait là. Ma question tient pourtant toujours, concernant Zachée : pourquoi veut-il voir Jésus ? Jésus, il faut l’entendre pour être bouleversé par son enseignement ; Jésus, il faut l’approcher pour espérer un geste, une attention, une guérison. Mais Zachée, qu’attend-t-il à vouloir juste, mais absolument, voir Jésus ? Que peut-il espérer à se cacher ainsi ? Il me fait penser à ces enfants qui vont se cacher la nuit de Noël, espérant voir le Père Noël déposer des cadeaux, mais cependant pas assez courageux pour aller vers lui. L’homme peut-il se contenter de juste voir Dieu qui passe dans sa vie ?  Zachée serait alors l’archétype de l’humanité qui veut voir sans plus s’engager. Voir, même de loin, c’est bien assez. 

            A ce petit jeu qui ne demande aucun engagement, la foule se débrouille très bien aussi. Certes, elle approche Jésus. Elle le voit bien, mais elle ne l’entend pas, elle ne le comprend pas. Quand Jésus s’invite chez Zachée, que fait-elle ? Luc nous le rapporte sans fioriture : Voyant cela, tous récriminaient : Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. La foule aussi se contente de voir. Elle s’arrête aux faits, sans chercher à comprendre, sans chercher à se laisser toucher, ni impressionner. Pourquoi se presse-t-elle autour de Jésus si c'est pour récriminer dès qu’il fait quelque chose qui peut surprendre ? Elle serait donc comme Zachée, juste intéressée par l’événementiel ? La foule serait alors l’archétype de ces hommes et de ces femmes, intéressés par la figure de Jésus, un homme extraordinaire en son temps, mais qui ne sont absolument pas intéressés par son message, par le fait qu’il soit Fils de Dieu, et qu’il invite tous les hommes à la conversion. Des lecteurs de Voici, Gala ou Closer, plutôt que de La Croix ou Le Monde. Plus intéressés par l’anecdote, le sensationnel, que par la réflexion, la prise de recul et l’analyse. 

            Entre les deux, il y a Jésus, qui lève les yeux et dit : Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. Il lève les yeux : c’est plus que voir ; quand on lève les yeux sur quelqu’un ou quelque chose, c’est pour le regarder, vraiment. Cela signifie que nous allons prendre du temps. Cela est renforcé par l’auto-invitation de Jésus chez Zachée. Il ne dit pas : il faut que je passe chez toi, comme en coup de vent, mais bien demeurer dans ta maison, qui suppose qu’il veut y prendre du temps. Là où les hommes ne veulent que voir, en vitesse, Jésus veut poser son regard et demeurer. Jésus ne passe pas dans nos vies pour nous voir, mais pour nous rencontrer, pour nous bouleverser, pour nous gagner à lui. Zachée ne s'y trompe pas, lui qui descend vite et reçoit Jésus avec joie. Il voulait juste voir ; eh bien il va voir ce qu’il va voir, et les autres aussi. Le fait que Jésus veuille prendre du temps avec lui, chez lui, fait ressortir le meilleur de Zachée, ce que personne n’avait osé imaginer, ce que personne n’a jamais voulu voir. Il est un homme, pécheur sans doute, comme les autres, mais un homme chez qui Jésus se plaît à aller ; il est un homme qui change dès lors que Jésus le regarde et s’intéresse à lui. Le regard de Jésus sur lui change du regard des autres sur lui, et de ce fait change le regard que Zachée lui-même porte sur lui. Il n’est plus obligé de se cacher dans un arbre ; il peut recevoir Jésus dans sa vie et avec lui, recevoir l’enseignement de Jésus qui change une vie, qui change sa vie. Voici Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. Nous pouvons comprendre mieux alors la réponse de Jésus : Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. 

En nous apprenant à regarder plutôt qu’à voir, Jésus nous apprend à dépasser nos jugements vite formulés. En nous apprenant à regarder plutôt qu’à voir, Jésus nous apprend à être encore mieux ses disciples. Pour regarder les autres, pour nous regarder en vérité, regardons d’abord Jésus et découvrons en lui celui qui est notre salut. Nous pourrons alors être de ceux qui révèlent ce regard de salut à celles et ceux que Dieu place sur notre route. Notre monde a plus que jamais besoin d’entendre que le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. Donnons-lui à regarder des hommes et des femmes qui vivent déjà de cette espérance, et le monde se convertira. Amen.

dimanche 3 novembre 2019

31ème dimanche ordinaire C - 03 novembre 2019

Zachée, Jésus et les autres ! 






Il a un côté attachant, Zachée, à vouloir faire à tout prix ce que les autres lui refusent, voir Jésus. On ne sait rien de sa motivation profonde ; est-ce juste un peu de curiosité ? L’envie de ne pas être, encore une fois, à l’écart des autres au moment où est annoncée la venue de Jésus ? La réputation de ce prédicateur de Galilée le précède, si bien que, ne pas être sur le bord du chemin qu’il doit emprunter, ce serait être has been ! C’est l’événement mondain qu’on ne saurait manquer, Zachée encore moins que les autres. Après tout, il n’est pas n’importe qui ; il est le chef des collecteurs d’impôts, pas très aimé, pas fréquentable mais important !  S’il lui faut faire l’enfant et grimper dans un arbre, qu’à cela ne tienne. Il verra Jésus, et mieux que les autres ! 

Il a un côté surprenant Jésus, à être toujours là où on ne l’attend pas, à faire ce que les autres jugent scandaleux et à enrober le tout d’une leçon théologique pour débutants. Il est celui que Zachée voulait voir ; il est celui qui voit Zachée. Personne ne lui demandait rien, à Jésus ; il devait juste passer là, et voilà qu’il s’arrête et parle à un arbre ! Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. On dirait qu’il s’adresse à un vieux copain qu’il n’a pas vu depuis longtemps et avec qui il a hâte de prendre un repas. Comme des retrouvailles après une trop longue absence. On dirait que Jésus avait prévu tout cela : aujourd’hui il faut que… Rien d’autre à l’agenda que cette rencontre. C’est dire l’urgence et l’importance de la rencontre ; si Zachée, perché dans son sycomore, n’était pas invité à en descendre, on aurait pu parler de rencontre au sommet. Descends vite marque bien l’urgence qui est celle de Jésus. C’est l’urgence du salut de Zachée qui est ainsi exprimée par Jésus. Un peu comme s’il disait : c’est aujourd’hui ou jamais ! Quand Dieu passe dans ta vie, tu ne peux pas toujours te cacher comme jadis Adam et Eve au Paradis, après avoir transgressé l’ordre de Dieu ! Ce qui se joue ici avec Zachée, c’est le grand drame de Dieu qui passe dans la vie des hommes, et qui quelquefois échoue à les rencontrer, à les approcher, parce qu’ils sont trop bien cachés, parce qu’ils sont trop sourds à ses appels. Notre salut passera par nos oreilles et notre capacité à entendre la voix du Seigneur. Zachée en est la preuve ! 

Ils ont un côté énervant, ces éternels râleurs, jamais satisfaits de ce que fait Jésus. Voyant ce qui se joue sous leurs yeux ébahis, tous récriminaient. Pas quelques-uns, pas uniquement des scribes et des pharisiens, ses éternels contradicteurs ; non, souligne Luc : tous. Tout une ville contre un seul homme ! Et on mesure soudain la solitude qui doit être celle de Zachée à Jéricho. Pas un pour se réjouir de ce qui se passe pour lui ! Pas un pour se réjouir de voir Zachée appelé à faire partie à nouveau de la communauté humaine, de la communauté croyante. Pas un pour se dire : il en a de la chance, Zachée. Non, tous récriminent ! L’homme sait le faire, et bien le faire. C’est toujours l’autre qui a de la chance ; c’est toujours l’autre qui profite de tout ; c’est toujours l’autre qui … Ils ne se rendent même plus compte qu’ils sont avec Jésus, eux-aussi. Ils ne se rendent pas compte de ce que cela signifie pour eux le fait que Zachée, sans doute le plus grand pécheur reconnu de Jéricho, s’entende ainsi appelé par Jésus. Si Jésus appelle le plus grand des pécheurs et se réjouit d’être avec lui, ne se réjouit-il pas aussi de la présence de tous les autres ? Ils ne veulent voir que le scandale là où il n’y a que grâce ! Ils ne veulent voir que le scandale là où il n’y a qu’amour gratuit. C’est sûr, ce n’est pas la charité qui les étouffe ! 

Elle a un côté rassurant, cette rencontre entre le pécheur Zachée et le Juste Jésus. Elle nous redit que nous pouvons compter toujours sur la miséricorde de Dieu. Elle nous dit que le désir de voir Jésus qui nous anime rencontrera toujours le désir de nous sauver qui anime Jésus. Là, sur un chemin poussiéreux, sous un arbre, se joue la rencontre entre l’humanité en manque d’amour et Jésus, signe de l’immense amour de Dieu pour nous. Cette rencontre a lieu alors que Jésus se rend à Jérusalem pour y être livré, condamné et crucifié. Jéricho ne serait donc pas qu’une étape sur la route, mais un signe donné aux hommes qu’ils peuvent toujours et encore se convertir ; ils peuvent toujours et encore se réjouir avec Jésus. Le temps approche où il sera enlevé ; le temps approche où il sera trop tard. Zachée l’a compris ; les autres récriminent encore ! Pourtant, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. Réjouissons-nous pour Zachée, réjouissons-nous pour nous. Ce qui est advenu pour lui peut devenir notre réalité si nous savons entendre la voix de Jésus qui nous appelle : eh toi, descends vite ; aujourd’hui, il me faut demeurer chez toi ! Amen.






samedi 29 octobre 2016

31ème dimanche ordinaire C - 30 octobre 2016

Zachée, celui qui s'étant élevé a été abaissé, et s'étant abaissé a été élevé.




Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse, sera élevé. Qui ne connaît pas cette affirmation de Jésus. Elle n’est certes pas prononcée aujourd’hui, mais elle est mise en œuvre dans cette rencontre entre Zachée et Jésus, dans les deux sens. Voilà une rencontre que nous ne connaissons que trop. Et parce que nous ne la connaissons que trop bien, nous risquons bien de ne l’écouter plus qu’à moitié.  Je vais donc la relire à l’aune de cette citation de Jésus.

 Qui s’élève sera abaissé. C’est vrai pour Zachée, dans sa vie quotidienne. Il s’est élevé socialement en devenant chef des collecteurs d’impôts. Ah, ce n’est pas n’importe qui ! Aux yeux de l’Etat, il compte, le petit Zachée. Il n’est peut-être pas très grand par la taille, mais son travail, ce n’est pas rien. Il travaille au service de la puissante Rome. Il commande ces collaborateurs ; ceux qui l’ont embauché ont reconnu en lui les qualités d’un chef et d’un homme de confiance. Il manipule l’argent qui revient à l’empereur. Non, décidément, il n’est pas rien, Zachée. Le seul problème, c’est que ces contemporains, ceux issus du même peuple que lui, ne l’entendent pas ainsi. Pour eux, il est un traître, un collabo, un pécheur public. Et certainement, pensent-ils tous, il en profite pour les dépouiller sous couvert d’impôts à prélever. Zachée qui voulait s’élever est rabaissé bien violemment par ses compatriotes. Pour eux, il est sans intérêt. Ce n’est pas le genre de personnes qu’on fréquente quand on est quelqu’un de bien, quelqu’un de pieux, quelqu’un de droit. 
 
Qui s’élève sera abaissé. La vie de Zachée va prendre un nouveau tournant, sans qu’il s’y attende, à cause de Jésus. Il est de passage à Jéricho. Tous veulent voir Jésus, Zachée aussi. Et ce n’est ni la rumeur publique à son sujet, ni sa petite taille qui vont l’en empêcher. Comme personne ne lui fait de place, le voici qui grimpe dans un arbre. Pas très sérieux pour un chef des collecteurs d’impôts. Mais peut-être le signe que le Royaume n’est pas loin pour Zachée. Jésus n’a-t-il pas dit que le Royaume de Dieu est aux petits enfants et à ceux qui leur ressemblent ? En grimpant aux arbres malgré son âge, Zachée manifeste là une curieuse disposition pour le Royaume. Dans cet homme bat un cœur d’enfant, curieux de Jésus au point d’oublier qui il est et de grimper aux arbres. A moins que ce ne soit encore sa manie de vouloir s’élever, d’être au-dessus des autres et de tout contrôler. Il voulait voir Jésus, et voilà que c’est lui qui est vu par Jésus. Vu et appelé : Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. Et le voilà « abaissé » par Jésus, obligé de quitter son arbre. 
 
Qui s’élève sera abaissé. Il nous faut remarquer ici que Zachée n’est pas le seul à être abaissé. Il y a la foule de tous ceux qui récriminent. Ils se croyaient meilleurs que Zachée, plus dignes que lui d’inviter Jésus pour un repas. Se comparant à Zachée, ils se sont élevés au-dessus de lui. En ne s’invitant pas chez eux, les bien-pensants, les bien-vivants, les bien-pratiquants, Jésus remet tout le monde à sa place, et lui le premier. Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. Voilà qui ressemble étrangement à cette autre parole de Jésus, prononcée dans des circonstances assez similaires (un repas avec des publicains et des pécheurs) : Je ne suis pas venu pour les bien-portants ni pour les justes, mais pour les malades et les pécheurs. Et toc pour ceux qui voulaient une place d’honneur ! 
 
Qui s’abaisse sera élevé. Ça a dû lui faire tout drôle, à Zachée, d’entendre quelqu’un s’inviter chez lui, devant tout le monde. Sait-il seulement à quand remonte la dernière fois que quelqu’un, que les autres tiennent pour important, s’est invité chez lui, publiquement ? Tout se passe alors très vite, et il reçoit Jésus avec joie. Je suis toujours impressionné par l’absence totale d’hésitation de la part de Zachée. A moins qu’il ne soit déjà « contaminé » par l’absence d’hésitation de Jésus : c’est chez Zachée qu’il doit aller aujourd’hui. A croire qu’il n’est venu à Jéricho que pour cette rencontre. C’est sûr ; avec toute cette histoire, avec cette priorité brûlée aux gens qui se croient bien, la cote de popularité de Zachée ne va pas remonter : les autres récriminent déjà. Déjà, on ne parle plus que de cela ! On peut déjà imaginer la une du Pharisien libéré : Jésus se commet avec un pécheur ! Et c’est là que l’incroyable se produit. Zachée ne se gonfle pas d’orgueil ; il ne joue pas à celui qui a reçu Jésus chez lui. Mais devant l’amour manifesté par Jésus, Zachée s’abaisse : Voici, Seigneur, je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. Ce qui lui vaut cette indulgence plénière de la part de Jésus : Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison. Le Fils de l’homme ne se commet pas avec des pécheurs pour le plaisir d’être avec des pécheurs, mais pour assouvir son désir de sauver tous les hommes. Il manifeste ainsi qu’il est bien de Dieu, né du vrai Dieu, celui-là seul qui aime passionnément l’homme au point de le sauver, toujours. Nous pouvons alors comprendre que ce désir est profond en Dieu, bien ancien puisque déjà chanté par l’auteur du livre de la Sagesse quand il médite, au regard de l’histoire d’Israël, sur qui est Dieu et comment il agit avec son peuple. Tu aimes en effet tout ce qui existe, tu n’as de répulsion envers aucune de tes œuvres… En fait, tu épargnes tous les êtres, parce qu’ils sont à toi, Maître qui aimes les vivants, toi dont le souffle impérissable les anime tous. Ceux qui tombent, tu les reprends peu à peu, tu les avertis, tu leur rappelles en quoi ils pèchent, pour qu’ils se détournent du mal et croient en toi, Seigneur. 
 
Qui s’abaisse sera élevé. C’est l’effet de la miséricorde divine, et il ne se dément jamais. Ce qui était vrai jadis de Zachée est vrai de nous aujourd’hui. Si nous reconnaissons nos limites, nos faiblesses, notre péché, si nous prenons la résolution de changer parce que nous avons accueilli Jésus dans notre vie, nous serons sauvés, nous serons élevés pour vivre à la hauteur de Dieu, pour vivre de son amour et dans son amour pour toujours. Réveillons le Zachée qui dort en nous, laissons-nous visiter par Jésus et avec empressement, accueillons-le dans la joie. Osons nous abaisser devant sa tendresse et nous serons élevés par son amour. Amen.