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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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samedi 8 juin 2024

10ème dimanche ordinaire B - 9 juin 2024

 Laissons Dieu s'approcher de nous ! 





 

 

            Je suis toujours bouleversé lorsque je lis ou entends le passage du livre de la Genèse que nous avons eu en première lecture. Nous sommes au commencement, Dieu a tout créé. Il existe une harmonie, une perfection dont nous ne pouvons que rêver. Et pourtant, elle va être rompue et le premier blessé, ce n’est pas l’homme, ni sa femme d’ailleurs ; le premier blessé, c’est Dieu. La femme s’est laissé tromper par le serpent, l’homme a partagé sa faute, ils se découvrent nus, prennent peur et se cachent de Dieu, obligeant celui-ci à les chercher. Comment ne pas être saisi par cette question de Dieu adressée à chacun de nous ce matin : Homme, où es-tu donc ? 

            Peut-être avez-vous entendu un jour Raymond DEVOS. Dans un de ses sketchs, il dit ceci : J’ai lu quelque part : « Dieu existe, je l’ai rencontré ! » Ça alors ! Ça m’étonne ! Que Dieu existe, la question ne se pose pas ! Mais que quelqu’un l’ait rencontré avant moi, voilà qui me surprend. Parce que j’ai eu le privilège de rencontrer Dieu juste à un moment où je doutais de lui. Dans un petit village de Lozère, abandonné des hommes. Il n’y avait plus personne. Et en passant devant la vieille église, poussé par je ne sais quel instinct, je suis entré… et là, j’ai été ébloui… par une lumière intense, insoutenable : C’était Dieu ! Dieu en personne, Dieu qui priait ! Je me suis dit : Qui prie-t-il ? Il ne se prie pas lui-même, pas lui, pas Dieu ! Non, il priait l’homme ! Il me priait moi ! Il doutait de moi comme j’avais douté de lui. Il disait : Oh homme, si tu existes, un signe de toi ! J’ai dit : Mon Dieu, Je suis là ! Il a dit : Miracle ! Une humaine apparition ! Je lui ai dit : Mais, mon Dieu, comment pouvez-vous douter de l’existence de l’homme puisque c’est vous qui l’avez créé ? Il m’a dit : Oui… mais il y a si longtemps que je n’en ai pas vu un dans mon église que je me demandais si ce n’était pas une vue de l’Esprit. Je lui ai dit : Vous voilà rassuré, mon Dieu ! Il m’a dit : Oui ! Je vais pouvoir leur dire là-haut : « L’homme existe, je l’ai rencontré ! » 

            Il y a là quelque chose de fondamental pour notre vie spirituelle, une manière autre de la comprendre. Il arrive que des gens disent ne pas croire en Dieu parce qu’ils n’arrivent pas à le voir. Les difficultés de leur vie, l’existence du mal, les injustices commises… tout cela leur fait dire que cela ne sert à rien de chercher Dieu. Si Dieu existait, tout ce mal n’existerait pas ! Peut-être cela vous est-il arrivé, un jour, de penser ainsi. Je ne dis pas que c’est mal ; je crois juste que c’est mal comprendre le mouvement de la vie spirituelle. Pour croire en Dieu, il ne s’agit pas tant de chercher Dieu, d’accumuler des preuves de son existence, mais plutôt de se laisser trouver par lui, de se laisser approcher par lui. Que Dieu existe, la question ne se pose pas, ni pour Raymond DEVOS, ni pour Adam et Eve. Ils savent qu’ils lui doivent l’existence. La question qui se pose est celle-ci : après avoir transgressé l’unique interdit, se laisseront-ils encore approcher de Dieu ? Se laisseront-ils encore trouver par lui ? Le seul fait qu’ils se cachent, par peur de Dieu, montre bien qu’ils n’ont pas compris qui est celui qui les a appelés à la vie. Le seul fait que Dieu les cherche, montre bien que la rencontre quotidienne avec Adam et Eve n’était pas pour Lui un moyen de les surveiller, de vérifier qu’ils ont bien tout fait comme il faut, mais un moment de grâce pour eux et pour Dieu. Dieu avait plaisir à les rencontrer chaque jour, et devant leur absence, il s’inquiète : Où es-tu donc ?  

            Nous retrouvons quelque chose de cela dans la page d’évangile entendue. Alors arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là, dehors : ils te cherchent. » Cette manie bien humaine de chercher Dieu, de chercher Jésus. Ecoutez bien la réponse de Jésus : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » Certains vont pinailler en disant que c’est bien la foule qui s’est rassemblée autour de Jésus. Oui, mais elle le laisse parler, elle l’écoute ! Ce seul fait me fait dire qu’elle a laissé Jésus s’approcher d’elle, la foule. Si je vais vers quelqu’un pour lui dire quelque chose, c’est moi qui le cherche, puisque j’ai quelque chose à lui dire. Si je vais vers quelqu’un pour l’écouter, c’est lui que je laisse approcher de moi ; je le laisse me donner ce qu’il a envie de me donner. Si je ne me laisse pas trouver par Dieu, il ne pourra pas me parler ; s’il ne peut me parler, je ne saurai pas quelle est sa volonté pour moi, et donc je ne pourrai pas l’accomplir. Seul celui qui vient vers Dieu avec l’intention de se laisser trouver par Dieu, peut connaître et accomplir sa volonté. 

            Laissons-nous donc approcher par Dieu, ne nous cachons pas de lui. Quand bien même notre vie serait noire comme la nuit, allons vers lui sans crainte. Il est celui qui nous a dit par Jésus : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Seul le blasphème contre l’Esprit Saint n’aura jamais de pardon. Celui qui se laisse approcher de Dieu et qui écoute Dieu ne peut pas commettre ce péché impardonnable, puisque Dieu ne peut se retourner contre lui-même. Approchons-nous Dieu avec la ferme intention de le laisser s’approcher de nous ; et nous serons vraiment fils et filles du Très-Haut, frères et sœurs de Jésus Christ. Amen.

samedi 23 septembre 2017

25ème dimanche ordinaire A - 24 septembre 2017

Chercher ou se laisser chercher ?






Après avoir entendu les lectures de ce dimanche, on peut être perplexe quant à la direction à suivre : faut-il chercher Dieu ou se laisser chercher par lui ? En effet, le prophète Isaïe nous commande de chercher le Seigneur tant qu’il se laisse trouver, alors que dans l’évangile Jésus raconte la parabole d’un maître qui va chercher des ouvriers pour sa vigne. Alors, chercher ou se laisser chercher ? Les deux, mon général ! 
 
Chercher le Seigneur : n’est-ce pas le travail de tout croyant ? Sans cesse mieux connaître ce Dieu auquel il accorde sa foi. Oser se tourner vers lui malgré le mal que l’homme est capable de faire. Revenir vers lui quand l’homme s’est éloigné. Chercher le Seigneur, ce n’est pas l’œuvre d’un moment, c’est l’œuvre de toute une vie, que l’on soit bon ou méchant. En effet, si le passage entendu du prophète Isaïe insiste surtout la nécessaire conversion à faire par l’homme qui s’est éloigné de Dieu, combien plus la recherche de Dieu doit-elle être permanente une fois la conversion effectuée, pour saisir toujours mieux les pensées de Dieu et pouvoir suivre ses chemins. Chercher le Seigneur revient alors à s’attacher toujours à lui, à rester fidèle à son enseignement et à éviter le Mal. C’est chaque jour qu’il nous faut chercher le Seigneur et nous souvenir que nous sommes à lui par le baptême. C’est Martin Luther qui, chaque matin, écrivait sur son bureau : Je suis baptisé. Quelle meilleur formule pourrions-nous trouver que celle qui nous rappelle que si nous avons cherché Dieu, il est celui qui nous a appelé à la vie, celui qui sans cesse nous donne la vie. 
 
Dieu cherche l’homme : voilà une attitude attestée dès le livre de la Genèse. Quand Adam et Eve ont goûté le fruit de l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal et qu’ils se rendent compte qu’ils sont nus, ils se cachent devant Dieu, si bien que celui-ci ne les croise pas selon l’habitude lorsqu’il se promène dans le Jardin de la Genèse. Et Dieu de se mettre en recherche de l’homme : Où es-tu ? Vous pouvez relire alors toute la Bible avec cette lunette particulière. Alliance après alliance, c’est bien Dieu qui se met en recherche de l’homme. N’est-ce pas encore Dieu qui cherche l’homme lorsqu’il envoie son fils Jésus à la rencontre des hommes ? Je comprends alors la persistance de ce maître de la vigne qui sort toute la journée et qui sans cesse ramène des ouvriers pour travailler pour lui. Il y a une véritable urgence pour Dieu à chercher l’homme ; il y a une vraie urgence à se laisser chercher et ramener par lui. C’est une question de vie pour l’homme.
 
Chercher Dieu, se laisser chercher par lui : Paul n’est-il pas une belle synthèse de ce double mouvement qui doit être au cœur de toute vie spirituelle ? Formé à l’école de Gamaliel, il a cherché à connaître Dieu. Et quand il se rend à Damas et que le Christ ressuscité vient à sa rencontre, il se laisse trouver dans la nuit dans laquelle il est plongé. La rencontre a lieu, et désormais les chemins de Paul seront les chemins du Christ. Si bien que Paul peut écrire : pour moi, vivre c’est le Christ. Chacune de ses lettres est une invitation à chercher Dieu toujours mieux par l’approfondissement la foi qu’elle provoque ; chaque lettre de Paul, par sa profondeur, est le signe que Dieu cherche l’homme et qu’il veut sa conversion, sa vie. Paul ne ménage pas sa peine pour que Dieu et l’homme se rencontrent. 
 
Chercher Dieu, c’est le signe que l’homme a compris que Dieu est à sa recherche ; c’est le signe que le désir de Dieu et le désir de l’homme convergent. Le salut, c’est connaître Dieu ; le salut, c’est avoir un comportement digne de l’Evangile du Christ. Le salut, c’est vivre du Christ. Cherchons-le chaque jour puisque lui nous cherche toujours. Amen.

(Dessin de M. Leiterer)