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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







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samedi 20 juillet 2024

16ème dimanche ordinaire B - 21 juillet 2024

 La peur n'est jamais la solution.




(icône dite de l'amitié)



 

            Il y a très longtemps, au début de mon ministère, j’ai entendu une catéchiste dire à un enfant lors d’une journée de récollection : « si tu ne manges pas ta soupe, tu vas faire pleurer Jésus ! » Plus de trente ans après, je pensais que l’utilisation de la peur avait (enfin) disparu, du moins en Eglise. Je me dois de constater qu’il n’en est rien. Pour preuve, cette phrase entendue plus récemment : « il faudrait à nouveau prêcher la peur de l’enfer pour que les gens se convertissent ». Et cette autre phrase, entendue ce vendredi, rapportée dans le cadre de mon travail dans l’enseignement catholique, au sujet d’un prêtre qui fait peur aux gens de son entourage et qui affirme que « faire peur, ça a du bon ! »  Relisant alors la première lecture de ce dimanche, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a encore du travail pour expliquer que la peur n’est jamais la solution, ni même un bien. 

            Dieu, parlant par son prophète Jérémie, est plutôt clair, non ? Je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis de tous les pays où je les ai chassées. Je les ramènerai dans leur enclos, elles seront fécondes et se multiplieront. Je susciterai pour elles des pasteurs qui les conduiront ; elles ne seront plus apeurées ni effrayées, et aucune ne sera perdue – oracle du Seigneur. Le prophète pouvait-il rapporter plus fidèlement l’intention et les sentiments du Seigneur ? Dieu ne veut pas faire peur ; il viendra au contraire chasser la peur de nos vies ; il viendra nous guider, nous rassembler pour que nous puissions vivre libres. La peur emprisonne ; la peur éloigne de Dieu ; la peur détruit la vie. Le psalmiste, en réponse à la lecture entendue, va dans le même sens quand il nous fait chanter : Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ; ton bâton me guide et me rassure. Le bâton n’est pas fait pour frapper celui qui veut suivre Dieu, mais pour le défendre contre les forces obscures qui veulent le retenir loin de Dieu. N’agitons pas la peur comme le remède à nos églises vides ; n’agitons pas le bâton comme remède à nos manques de fraternité. Si tant d’hommes et de femmes se sont éloignés de l’Eglise, n’est-ce pas parce qu’elle a trop manié le bâton et la peur à certains moments de son histoire ? 

            Observez Jésus. Les foules se pressent autour de lui, ses disciples sont revenus de mission, et mentionne l’évangéliste Marc, ceux qui arrivaient et partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. Que fait Jésus pour avoir un temps avec ses Apôtres ? Il ne chasse personne, il ne fait peur à personne ; il emmène ses disciples en barque, plus loin, à l’écart. Et quand ils rejoignent la terre ferme, et que les gens, les ayant vus s’éloigner, les ont rejoints, il ne dit pas : Zut ! encore eux… mais il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement. De la tendresse pour ses disciples qu’il emmène ailleurs, pour qu’ils se reposent ; de la compassion pour la foule qui les attend. Rien qui ne fasse peur, rien qui n’indique même seulement un début d’irritation. Jésus n’est pas venu pour nous faire peur, mais pour nous rassurer, nous enseigner, nous sauver. 

            Paul, dans sa lettre aux Ephésiens, l’a bien compris, quand il explique l’œuvre de Jésus : Vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine (ce qui fait peur) ; il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse (dont il fallait craindre de ne pas toujours les respecter toutes). A partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix (unité et réconciliation, toutes choses impossibles quand règne la peur) ; en sa personne, il a tué la haine. Et avec la haine, il a tué aussi la peur qui précède toujours la haine et la sert si bien. Nous ne pouvons pas justifier l’utilisation de la peur en Eglise ; nous ne pouvons pas estimer qu’un peu de peur, ça fait du bien. Seul l’amour touchera les cœurs ; seul l’amour convertira les esprits belliqueux ; seul l’amour nous fera vivre libre. Le salut obtenu par la croix du Christ en atteste largement. 

            Ne revenons pas à nos vieux démons ; ne jouons pas avec la peur ; ne jouons pas de la peur des autres. C’est la conversion que nous devons prêcher ; non pas en démontrant ce qu’elle nous fait éviter, mais en précisant ce qu’elle nous fait gagner. Puisque, par la Croix, le Christ a tué la haine, c’est bien l’amour que nous devons vivre et partager, si nous voulons être ses disciples. Tout ce qui contraint l’homme, tout ce que qui terrifie l’homme, n’est pas de Dieu et ne permet pas d’approcher Dieu. Tout ce qui s’oppose à l’amour, n’est pas de Dieu et ne permet d’approcher Dieu. Tout ce que ne mène pas à l’amour, n’est pas de Dieu et ne permet pas d’approcher Dieu, car Dieu est amour. Pour obtenir le bien, ne prêchons pas le mal. Que cela soit dit ; que cela soit su ; que cela soit vécu ; et le monde trouvera auprès du Christ des raisons de vivre, d’espérer et d’aimer à nouveau. Amen.

samedi 14 novembre 2020

33ème dimanche ordinaire A - 15 novembre 2020

 J'ai eu peur ?




(La parabole des talents, source internet)



        Plus nous approchons de la fin de l’année liturgique, plus nous lisons des textes de type apocalyptique, non pour nous faire peur, mais pour nous encourager, nous préparer à ce retour glorieux du Christ, au moment fixé et connu de Dieu seul. La deuxième lecture se situe bien, par quelques versets, dans ce genre littéraire. Et les derniers versets lus aujourd’hui nous invitent bien à la vigilance pour que ce jour ne nous surprenne pas comme un voleur. La parabole racontée par Jésus ne relève pas, me semble-t-il du genre apocalyptique ; pourtant, c’est dans cette histoire curieuse que nous trouvons ces moments que je voudrais méditer avec vous : J’ai eu peur. Quatre mots lourds de conséquence ; quatre mots qui peuvent gâcher une vie, qui peuvent gâcher une vie spirituelle. 

            J’ai eu peur. Il me faut bien reconnaître qu’il fut un temps – que j’espère terminé – où des prédicateurs s’évertuaient à prêcher la peur de Dieu et de son jugement. Dieu était terrible, éternellement insatisfait, incapable même d’être satisfait par l’homme et son agir. La morale avait pris le dessus sur la foi. Ce n’était plus : Crois, et tu seras sauvé ; mais plutôt, attention à toi, attention à ce que tu fais, attention au jugement de Dieu ! L’amour, qui est le maître-mot de l’Evangile de Jésus Christ avait disparu des radars. Il ne restait que le péché de l’homme, toujours plus sombre, toujours plus grand, au point que les hommes pouvaient légitimement douter du salut de Dieu. Car, voyez-vous, en matière de vie spirituelle, la peur est mauvaise conseillère. Elle engendre des scrupuleux, des anxieux, des hommes et des femmes incapables d’aimer vraiment et Dieu et la vie qu’il leur offre. Elle engendre surtout des hommes et des femmes qui vont finir par tout abandonner, des hommes et des femmes pour qui le salut ne sera plus une priorité, des hommes et des femmes pour qui Dieu ne sera pas un Dieu d’alliance mais de défiance. Ah, certes, quand l’homme a peur, il va à la messe du dimanche, il ne viendrait à l’idée de personne de l’interdire à qui que ce soit. Mais il ne croit pas vraiment, il n’aime pas vraiment Dieu. La peur empêche l’amour véritable. C’est vrai dans la vie spirituelle ; c’est vrai dans la vie quotidienne. Quiconque instaure la peur ne gagne pas l’amour, mais la méfiance.  L’homme méfiant devient momentanément docile, mais cela ne dure qu’un temps. La tyrannie de la peur est toujours renversée ; cela peut prendre du temps, mais c’est inéluctable. Ceux qui ont eu peur finissent par faire table rase de tout ce qui inspirait leur peur. C’est ainsi que les églises se sont vidées ; c’est ainsi qu’ont fini, et que finiront encore de nombreuses dictatures, qu’elles soient religieuses, idéologiques ou sanitaires. 

            J’ai eu peur. S’il est une certitude qui m’habite, c’est bien que Dieu ne peut ni ne doit inspirer la peur. Comment pourrais-je, comme prédicateur, faire comprendre l’amour de Dieu pour tous les hommes, si j’en brosse un portrait effrayant ? Qui peut aimer ce qui inspire la peur ? Pour parler du salut aux hommes, Jésus emploie de nombreuses images : des noces auxquelles nous sommes invités, d’un repas, d’un berger qui prend soin de ses brebis… Pour parler de Dieu, il nous raconte aujourd’hui cette histoire d’un homme qui part en voyage, distribue ses biens à ses serviteurs, à chacun selon ses capacités. Nous comprenons par-là qu’il les connaît, qu’il sait ce dont ils sont capables ; il leur fait confiance ; il les aime aussi, sinon pourquoi leur confierait-il ses biens ? Les deux premiers de la parabole ont bien compris cela et ils vont rendre cet amour et cette confiance. Ils usent de leurs compétences pour faire fructifier le bien qu’ils ont reçu. Le troisième, saisi par la peur, va enterrer le bien confié.  Au retour du maître, il rend simplement ce qu’il a reçu, pensant être quitte. Il n’a rien fait de mal ; il n’a rien fait de bien ; il n’a tout simplement rien fait. Et c’est là son tort ! Il s’est laissé gagner par la peur qu’il avait de son maître au lieu de faire confiance, de se faire confiance à lui d’abord. Nous voyons bien que la peur ne libère pas ; la peur ne sauve pas ; la peur enferme ; la peur condamne. 

            J’ai eu peur. En matière spirituelle, comme en matière ordinaire d’ailleurs, la peur est mauvaise conseillère. Si elle peut empêcher d’agir mal, elle ne pousse pas à agir bien, contrairement à ce que l’on pense ; elle sclérose. Elle empêche de découvrir l’amour dont nous sommes aimés. Pour se sentir aimé de Dieu, il faut ne pas avoir peur de lui. Il faut se laisser approcher de lui. Il faut mettre en lui la confiance qu’il a placé en nous. En ces temps incertains que nous vivons, en ces temps où certains ont joué à nous faire peur, tournons nos cœurs vers le Dieu qui nous aime ; demandons-lui sa bénédiction ; il nous accordera son salut. Amen.

samedi 3 octobre 2020

27ème dimanche ordinaire A - 04 octobre 2020

 Ne soyez inquiets de rien, même en temps de COVID.




Nous ne voulons plus être gouvernés par la peur. Ainsi s’intitulaient la tribune signée par plus de deux cents médecins et chercheurs en médecine publiée au cœur du mois de septembre, dénonçant la manière particulièrement anxiogène utilisée par ceux qui nous gouvernent pour communiquer au sujet de la crise sanitaire. Ils ne remettaient pas en cause la nécessité d’une vigilance et de gestes dits barrière pour nous protéger les uns les autres, mais bien une attitude profonde devenue insupportable. Le mensonge, la peur, la répression et la manipulation par les chiffres : voilà qui est insupportable, voilà qui porte gravement atteinte à la conception française de la démocratie ; voilà ce qui engendre la peur chez de nombreux concitoyens qui, bien que le déconfinement ait été prononcé en mois de mai, continuent de s’auto-confiner physiquement et psychologiquement. Non contents de détruire une économie, ils détruisent l’humain en nous, faisant de l’autre, du frère, celui qui est un danger, celui qui peut potentiellement vouloir ma mort et me la donner. 

En écho à cet appel, j’entends aujourd’hui l’appel de Paul aux Philippiens : Ne soyez inquiets de rien. Non pas qu’il nous pousse à l’insouciance, mais il remet nous remet dans la bonne direction. Au cœur des difficultés d’une vie, au cœur des dangers, le croyant doit se souvenir qu’il est né d’un projet d’amour, qu’il vient de Dieu, qu’il est dans la main de Dieu. Cela n’empêche pas de respecter les autres, de veiller sur eux, de se protéger et les protéger si nécessaire – comme nous devons le faire en ces temps incertains – bien au contraire. Paul le souligne d’ailleurs dans ce passage entendu : tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte. Il ne s’agit pas de vivre isolé, comme sur une île déserte ; il s’agit de faire le bien en toute chose et de rester tournés vers Dieu, source de notre vie et de notre salut : en toutes circonstances, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes. Paul rejoint ainsi le Christ lui-même qui appelait ses Apôtres à ne pas avoir peur. 

La peur doit être notre ennemi n°1. Elle est incompatible avec la confiance que nous devons avoir en nous, en l’homme, en Dieu. La peur empêche de vivre ; elle empêche d’être libre ; elle empêche des relations saines ; elle empêche de s’ouvrir à l’avenir. La peur nous enferme, alors que notre foi au Christ nous rend libres. Pour combattre la peur, le croyant s’appuiera sur sa foi d’abord ; il approfondira le mystère de l’amour de Dieu qui aime tout homme et qui a pour lui un projet de salut. Ensuite il cultivera son intelligence et éclairera sa conscience : il trouvera ainsi le chemin pour sortir de la peur qui paralyse. Ne renonçons pas à réfléchir librement. On nous manipule avec des chiffres ? Cherchons à les comprendre et à les mettre en perspective. L’OMS s’affole du million de morts du coronavirus ; certes, c’est beaucoup : pourtant cela ne fait que 0,015 % de la population mondiale. A côté de cela, un enfant meurt toutes les cinq seconde dans le monde, selon l’UNICEF : je n’ai entendu personne s’en émouvoir, ni supprimer la faim, ni empêcher certains de se goinfrer ! Certes, ces enfants ne meurent pas dans les pays riches ; ils sont invisibles bien que bien plus nombreux que 0, 015 % de la population mondiale. 

Nous ne sommes pas faits pour la peur ; nous ne sommes pas faits pour nous inquiéter toujours et de tout. La peur est mauvaise conseillère, dit la sagesse populaire avec raison. Elle fait prendre des décisions contestables, elle fait poser des actes regrettables. Il nous faut, de manière urgente, retrouver la confiance en l’homme pour vivre à nouveau sereinement. Il nous faut retrouver la confiance en Dieu pour croire à nouveau qu’il nous appelle à une vie plus grande et plus belle. Nous sommes la vigne que Dieu a plantée, dont il prend soin et dont il attend de bons fruits. La peur fera pourrir nos fruits ; la peur fait déjà pourrir nos vies. Reprenons la prière du psalmiste pour retrouver confiance et espérance : Seigneur, Dieu de l’univers, fais-nous revenir ; que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés. Amen.

samedi 20 juin 2020

12ème dimanche ordinaire A - 21 juin 2020

Ne craignez pas !





            Avez-vous remarqué comme Jérémie est confiant alors même qu’il doit affronter la rage de ses ennemis ? Bien qu’il soit attaqué de toute part, il garde une grande confiance en Dieu, en qui il a mis toute son espérance et de qui il attend le salut. Si on rapproche alors ce texte de l’Evangile de ce dimanche, il devient évident qu’un mot d’ordre se dégage qui doit nous inspirer aujourd’hui : Ne craignez pas ! Autrement dit : N’ayez pas peur ! 

            En trois mots, voilà plus qu’un slogan ; en trois mots, voilà donné pour nous et les hommes de notre temps, une vraie règle de conduite. Après le temps du confinement, après les temps un, puis deux du déconfinement, voilà un appel qu’il nous faut entendre comme étant vraiment Parole de Dieu pour nous aujourd’hui, Parole qui nous sauve, Parole qui nous libère. Je peux comprendre la prudence ; je peux entendre et accepter la nécessité de gestes barrières, de mesures de distanciation physique, toutes choses utiles. Mais je ne peux accepter que l’on ait plongé des contingents entiers de nos compatriotes dans une peur telle que, même lorsqu’ils ne font pas partis des personnes fragiles ou à risque, les voilà auto-confinés, prisonniers volontaires et apeurés, ne se risquant même plus à faire les courses élémentaires, par peur de… Vous comprenez, même si je sais être très prudent, je peux être contaminé par l’insouciance d’un autre ; donc je reste chez moi, je ne vois personne, je n’accueille personne. Je me replie, je m’enferme, je me protège. J’ai déjà eu l’occasion de le dire : peur et prudence sont aussi éloignées l’une de l’autre que peuvent l’être le ciel et la terre. Il est vrai que les discours des politiques, les positions souvent contradictoires des scientifiques et l’égrenage quotidien du nombre de morts durant cette pandémie, sans donner en contrepartie le nombre de guéris et maintenant les plaintes en justice parce qu’il faut bien un ou des coupables, ont contribué à distiller la peur. Le problème c’est que cet instrument de gouvernement par défaut qu’est la peur, s’est installé durablement dans l’esprit de certains et nous sommes bien en peine d’en mesurer les dégâts aujourd’hui. Mais je crains bien qu’ils ne soient pires que ceux du virus dont nous cherchons tous à nous protéger. 

            Ne craignez pas ! Il nous faut accueillir cette parole du Christ comme une vraie libération. Elle n’est pas une invitation à faire n’importe quoi, ni à ignorer les règles d’hygiène de base. Elle est une invitation à ne pas oublier que nous sommes dans la main de Dieu et nous avons du prix pour lui : Soyez sans crainte, vous valez plus qu’une multitude de moineaux. En ces temps difficiles, il nous faut retrouver la confiance d’un prophète Jérémie qui savait encore se confier à Dieu alors que, tout autour de lui, tous cherchaient à lui nuire, amis comme ennemis. En ces temps difficiles, il nous faut avoir la confiance du psalmiste qui chante la tendresse et la miséricorde de Dieu à son égard : Dans ta grande tendresse, regarde-moi ; il est bon ton amour. En ces temps difficiles, il nous faut avoir la confiance que le Christ nous demande de vivre, confiance qu’il a vécu le premier lorsqu’il était cloué en croix : Père, en tes mains, je remets mon esprit. La foi en Dieu, qui a livré son Fils pour notre salut, nous ouvre à cette confiance essentielle et primordiale ; elle nous redit que Dieu veut notre bien ; elle nous dit que Dieu veut notre vie marquée du sceau de l’éternité. Foi et confiance ont d’ailleurs la même racine, de sorte qu’on ne peut avoir l’une sans vivre l’autre. L’expérience de Jérémie, l’expérience du Christ lui-même, nous disent que Dieu ne veut pas notre malheur et qu’en conséquence notre confiance en lui doit être totale. Comment vaincre le mal si nous ne lui accordons pas cette confiance ? Comment accueillir son Esprit en nous, si nous ne lui accordons pas cette confiance ? La peur et la foi, c’est comme l’huile et l’eau : ça ne va pas ensemble ! La peur est la négation de la confiance ; la confiance est le remède à la peur. 

            Ne craignez pas ! Plus que jamais, il nous faut entrer dans cette confiance primordiale si nous voulons vaincre le Mal. Plus que jamais, il nous faut entrer dans cette confiance essentielle si nous ne voulons pas voir notre vie sociale complètement détruite. Plus que jamais, il nous faut entrer dans cette confiance absolue en Dieu qui veut pour nous la vie si nous ne voulons pas nous enfermer davantage dans des postures mortifères. Le Seigneur écoute les humbles, il n’oublie pas les siens emprisonnés. Que cette parole du psalmiste nous inspire et nous guide. Amen.

 

(Photo de Bertrand Wittmann & Jean-Michel Duband, Chemin de croix, Station 1, réalisé par Francis Schneider, église de Fort-Louis - Bas Rhin)

samedi 23 mai 2020

7ème dimanche de Pâques A - 24 mai 2020

Avec le Ressuscité, passer des difficultés à l'allégresse.








            Que personne d’entre vous n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. Cela ne s’invente pas, cela ne se prévoit pas : c’est juste la finale de la seconde lecture de ce septième dimanche de Pâques, le premier où nous pouvons enfin à nouveau nous réunir pour célébrer l’eucharistie publiquement, même si c’est en nombre restreint. 

            Cette parole de la première lettre de Pierre invite le croyant chrétien au bien d’abord : il dit clairement qu’un disciple de Jésus Christ ne peut être ni meurtrier, ni voleur, ni malfaiteur, ni agitateur. Et c’est une chose dont nous devons être convaincus. Notre attachement au Christ, mort et ressuscité, nous destine au bien, pour nous-mêmes (nous sommes faits pour la vie éternelle) et pour les autres. En effet, au moment de notre baptême, ce sacrement qui fait de nous des frères du Christ et des enfants du Père éternel, nous avons renoncé au Mal sous toutes ses formes. Nous avons renoncé à en être à l’origine, nous avons renoncé à y participer et à le répandre. Quand se Mal se loge dans un organisme microscopique, il nous faut donc accepter les conditions qui sont celles de notre célébration aujourd’hui, et qui seront celles de nos célébrations pour les temps à venir. C’est cela aussi, ne pas participer au Mal et au fait que le Mal se répande. 

            Mais cette parole de Pierre est aussi une parole qui nous invite au courage. Notre appartenance au Christ peut déranger ; notre appartenance au Christ peut être cause de persécution (le Mal dans sa manifestation la plus forte) ou à minima cause de vexation. Nous avons pu vivre l’interdiction prolongée du culte public alors que la vie économique, sociale, scolaire, reprenait peu à peu comme une vexation, un manque de confiance à tout le moins, pour ne pas dire qu’on nous prenait pour des irresponsables, voire des idiots incapables de gérer la difficulté. Pierre nous dit que la honte ne doit pas être de notre côté dans ces cas-là. La honte doit toujours être du côté des persécuteurs, des vexateurs, des gens qui se font de nous des idées fausses et qui projettent sur nous leurs propres peurs. Ce courage nous invite à une grande responsabilité ; nous devrons être exigeants avec nous-mêmes que ce soit en venant à l’église pour l’eucharistie, ou pendant l’eucharistie, ou à la fin de celle-ci. Nous devrons être irréprochables pour que le caractère vexatoire des mesures que l’on voulait nous imposer apparaisse publiquement. Vivre sa foi, dans le respect de Dieu et dans le respect des autres, ne transmet pas de maladie. Et si la maladie a pu progresser rapidement dans notre région à l’occasion d’un rassemblement évangélique, c’était d’abord parce que ceux qui nous gouvernent n’avaient pris ni la mesure du phénomène COVID au sérieux, ni les mesures élémentaires de protection que nous devons respecter aujourd’hui. Il faudrait voir à ne pas mettre dans les chaussons de nos frères évangéliques ce qui relevait d’abord de mesures sanitaires longtemps décriés comme inutiles et maintenant imposées par la force. Cela aurait pu arriver chez nous si c’est un catholique qui avait été malade ; mais cela aurait pu arriver aussi lors d’une séance de cinéma ou lors d’une rencontre sportive, si un cinéphile, ou un sportif avait été malade. Cela aurait pu arriver partout parce qu’on nous avait expliqué sur tous les tons que notre vie ne devait pas s’arrêter à cause d’une « grippette » ! 

            Cet épisode de notre vie nous rappelle ce que le temps pascal proclame : avec le Ressuscité, nous avons sans cesse à passer de la mort à la vie ; et ce passage prend plusieurs visages. Aujourd’hui, il nous est rappelé que passer des difficultés à l’allégresse fait partie de ces passages de la mort à la vie. Nous avons souffert de ne pouvoir nous rencontrer au moment même où nous célébrions le cœur de notre foi ; cette difficulté, moyennant quelques précautions élémentaires, est aujourd’hui surmontée. Sachons en rendre grâce à Dieu !  Que soit aussi surmontée la peur que certains ont su instillée. Sachons puiser dans notre foi le courage de vivre. Et sachons retrouver surtout la fierté de notre nom de chrétiens en veillant à construire des communautés plus fortes encore. Nous risquons de connaître d’autres épreuves comme celle-ci dans l’avenir. Souvenons-nous toujours que le Ressuscité nous a ouvert le passage vers la Vie en plénitude. Avec lui, soyons toujours prêts à passer des difficultés à l’allégresse : il veille sur nous, il veut notre vie, il veut notre joie. Ce ne sont pas nos assemblées restreintes qui nous les enlèveront, bien au contraire. Réjouissons-nous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. Amen.



(Arcabas, Le messager de la joie, source internet).


samedi 2 mai 2020

4ème dimanche de Pâques A - 03 mai 2020

Avec le Ressuscité, passer de l'inquiétude à la sérénité.







            Nous l’avons compris dès le matin de Pâques : les disciples de Jésus, bien qu’avertis trois fois par le Maître de ce qui allait lui arriver, étaient plutôt troublés ; ils vivaient dans la peur, confinés chez eux. La mort de Jésus les a plongés dans l’inquiétude. Qu’allaient-ils devenir ? Les chefs des prêtres les rechercheraient-ils ? Au fil des apparitions et des rencontres avec Jésus, nous constatons que, petit à petit, ces mêmes disciples passent de l’inquiétude à la sérénité, pour ne pas dire à un certain courage. C’est un passage que tout disciple doit vivre à la suite de Jésus, mort et ressuscité. et cela plus particulièrement aux jours où nous sommes. 

            Ce n’est un scoop pour personne : la période que nous vivons est anxiogène. C’est un fait. Et la communication hasardeuse de ceux qui nous gouvernent, comme de ceux de l’opposition, alliant savamment mensonge et demi-vérité, n’aide pas à lutter contre cet état de fait. L’inquiétude est réelle, perceptible et compréhensible ; la liste des morts s’allongeant, la perspective d’un vaccin n’étant pas pour demain, un déconfinement qui risque de tourner à la déconfiture : rien ne nous sera épargné ; rien n’est vraiment fait pour nous rassurer. Nous découvrons ce que c’est que d’être gouverné par la peur et la répression qui l’accompagne toujours !  

           Dans ce contexte si particulier, les lectures que la liturgie propose en ce dimanche résonne de manière toute particulière. Elles nous invitent toutes à quitter la peur pour reconnaître celui qui est notre unique pasteur : Jésus, celui-là qui était mort et qui maintenant est vivant, ayant affronté la mort et l’ayant vaincue. Voyez Pierre lui-même qui se tient sans crainte devant les foules assemblées à Jérusalem pour la Pentecôte et qui les invite à la conversion au nom de Jésus. Entendez son assurance toute nouvelle quand il proclame : Que toute la maison d’Israël le sache avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié. Je ne suis pas sûr que nous mesurions bien l’audace qu’il lui a fallu pour oser ce discours. Entendez aussi le psaume 22 par lequel nous répondons à ce passage des Actes : Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer… Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ; ton bâton me guide et me rassure. Entendez Pierre encore dans sa première lettre, nous réconforter en affirmant : Par ses blessures [celles du Christ], nous sommes guéris. Car vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes. Entendez enfin Jésus lui-même, dans l’évangile de Jean, quand il dit : Moi, je suis la Porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé… Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. 

            Il y a un horizon à notre vie, même et surtout en ce temps de crise, et cet horizon est heureux, toujours. Il y a une vie après cette crise, et elle sera nécessairement différente, comme doit être différente la vie des disciples du Christ. Nous savons depuis longtemps la force de l’espérance ; nous savons depuis longtemps le renouveau qu’apporte la solidarité ; nous savons depuis longtemps la persistance de l’amour de Dieu pour nous, amour que nous devons transpirer et transmettre de manière virale. Pouvez-vous imaginer le monde dans lequel nous vivrions si nous avions su transmettre l’amour du Christ aussi vite que ce virus se transmet aujourd’hui ? Quelle heureuse contagion que la contagion de l’amour ! Quelle heureuse contagion que la contagion de l’espérance qui est la nôtre ! Quelle heureuse contagion que celle de la foi qui nous fait vivre ! Il est dommage que ceux qui nous gouvernent ne l’aient pas encore compris. Ils auraient moins joué sur nos peurs ; ils nous auraient ouvert un avenir. 

            Quand l’avenir se résume pour les uns au grand capital et pour les autres à la révolution, peut-être faut-il faire réentendre cette voix du Christ qui nous dit qu’il est la porte de notre vie, la porte de notre avenir. Avec lui, pas de crainte ; avec lui, pas de mensonge, ni de demi-vérité ; avec lui pas d’autre révolution que celle de l’amour et de la vie. Avec le Ressuscité, nous pouvons passer de l’inquiétude à la sérénité, car il a réellement vaincu toutes nos peurs ; même la mort, avec lui, nous conduit à plus de vie, à la vie véritable, à la vie en abondance. C’est à cette vie que nous nous préparons ; c’est cette vie que nous devons vivre et faire vivre, dès maintenant. Amen.



(Tableau d'Arcabas, La résurrection, source internet)


samedi 2 mai 2015

05ème dimanche de Pâques - 03 mai 2015

Avec les Apôtres, passons de la peur à la confiance.





Mettons-nous en situation : un fanatique religieux poursuit ceux de votre communauté. Il les met en prison ; certains y trouvent la mort. Et voilà que ce sinistre personnage veut faire partie de votre groupe, de vos proches en disant qu’il s’est converti. L’accueillez-vous aussitôt à bras ouverts ? N’êtes-vous pas un peu méfiants ? Après tout, qui vous garantit que ce n’est pas une ruse pour avoir des noms de personnes à arrêter encore ? 
 
C’est la situation dans laquelle se trouvent les Apôtres à Jérusalem, lorsque Saul, le persécuteur converti se présente devant eux. Tous avaient peur de lui et ils ne croyaient pas que lui aussi était un disciple. Pas très difficile à comprendre ou à admettre. Il n’a pas vraiment été un tendre, ce Saul de Tarse. C’est lui qui est allé solliciter de la part du grand conseil les lettres nécessaires à sa campagne d’arrestation. Il n’est pas un simple rouage pris dans une entreprise de destruction qui le dépasse. Non, il est bien celui qui en est à l’origine et qui va chercher les disciples du Seigneur, même à Damas ! Alors oui, nous pouvons comprendre que les autres en aient peur. Même converti, il faut que Saul prenne le temps de se faire connaître, et de faire confirmer sa conversion par la communauté. C’est Barnabé qui va être l’intermédiaire, celui qui témoignera de l’œuvre de Dieu en Saul. C’est lui qui raconte aux Apôtres la conversion de Paul, ainsi que les premières prédications à Damas. Alors seulement la communauté des disciples l’accueille ; alors seulement il peut aller et venir dans Jérusalem avec eux, s’exprimant avec assurance au nom du Seigneur. C’est alors seulement qu’il peut bénéficier de la protection de la communauté quand les Juifs de langue grecque cherchaient à le supprimer. La jeune communauté chrétienne a grandi très vite. De la peur des débuts à la proclamation décomplexée de la mort et de la résurrection de Jésus, les Apôtres ont augmenté le nombre des disciples et ont appris à réagir aux rumeurs les concernant. Saul est en danger : les frères l’accompagnèrent jusqu’à Césarée et le firent partir pour Tarse. De la peur, ils sont passés à la confiance. Confiance en Dieu, confiance en soi, mais aussi confiance les uns dans les autres. 
 
Ce passage de la peur à la confiance est une nécessité pour la jeune communauté. D’abord parce qu’elle ne peut s’enfermer sur elle-même ; ce serait contraire à l’ordre donné par le Christ d’annoncer la Bonne Nouvelle à toutes les nations. Ensuite parce que cette confiance traduit sa foi en la présence agissante et protectrice de celui qu’elle confesse comme Christ et Seigneur. Il ne s’agit pas de naïveté ; il s’agit de savoir lire les signes que le Seigneur réalise encore en sa faveur. La conversion de Saul sur le chemin de Damas en est un. Ce passage de la peur à la confiance est possible à cause de l’amour qui les unit. Ce n’est pas un amour qui se paie de mots ; c’est un amour qui se traduit par des actes et en vérité, comme nous y invite saint Jean dans l’épître que nous avons entendue. Seul cet amour véritable, à l’image de l’amour que le Christ nous porte, peut nous entraîner à reconnaître les signes de Dieu. Que voulez-vous : seul l’amour reconnaît l’amour à l’œuvre. Seul l’amour nous donne de l’assurance devant Dieu. 
 
Nous pouvons comprendre alors l’importance du discours de Jésus à ses disciples sur la vigne et les sarments. Si quelqu’un n’est pas vraiment attaché au Christ, comme un sarment est attaché à son pied de vigne, il ne peut vraiment faire confiance et reconnaître les signes de Dieu, ni davantage aimer comme le Christ nous demande d’aimer. En lisant bien la page d’évangile, nous comprenons même qu’il ne suffit pas d’être attaché au Christ : il y a des sarments qui sont attachés à la vigne mais qui ne portent pas de fruits. Il faut encore se laisser irriguer par la sève de son amour. Cette sève, c’est la Parole de Dieu. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voulez, et cela se réalisera. Il faut que la Parole de Dieu demeure en nous. Pour cela, nous devons l’accueillir comme Saul a accueilli la parole de Jésus sur la route de Damas. Il faut la laisser agir en nous pour qu’elle puisse convertir en nous ce qui lui est contraire, comme Saul a su le faire à Damas, lorsque pendant trois jours, il restait en prière. 
 
Attachés au Christ, attentifs à sa Parole, ouverts aux signes de sa présence, nous pouvons nous enraciner dans cette confiance absolue que rien ne peut nous atteindre. Le Christ ressuscité a promis qu’il serait avec nous, jusqu’à la fin des temps. Sa présence à notre monde permet de retourner le cœur des adversaires et faire grandir la foi en son nom. Avec les Apôtres, ne craignons plus et vivons avec confiance dans un monde qui peut sembler plus hostile et opposé à la foi en ces temps qui sont les nôtres. Sans peur, sans honte et sans agressivité, vivons ce que nous croyons.  Amen.
 
(Dessin de Coolus, Le  Blog du Lapin Bleu)

samedi 1 novembre 2014

Tous les fidèles défunts - 02 novembre 2014

Dieu a détruit la mort pour toujours.




Le jour viendra où le Seigneur, Dieu de l’univers, (…) détruira la mort pour toujours. Les disciples qui ont fui au moment du procès de Jésus, saint Jean et les femmes au pied de la croix, se sont-ils souvenus de cette promesse de Dieu formulée par le prophète Isaïe ? Nous souvenons-nous de cette promesse lorsque la mort nous frappe par le départ de nos proches ? 
 
J’essaie d’imaginer ce qui pouvait passer par la tête de Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques et Salomé, lorsqu’elles se rendent au tombeau une fois le sabbat terminé. Ont-elles seulement pu vivre les fêtes de la Pâque juive comme les autres années, ou la douleur de la mort violente de Jésus a-t-elle pris le pas sur ce qui aurait dû être la joie de la fête, la joie de la libération ? Lorsque nous les croisons sur la route qui mène au tombeau, elles semblent n’avoir qu’une question : Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? Pourquoi n’y ont-elles pas pensé avant, et demandé à l’un ou l’autre Apôtre de les accompagner ? Visiblement, elles sont encore toutes bouleversées par les événements vécus. Elles en perdent leur bon sens ; elles sont comme dans un autre monde. Alors imaginez ce que cela a dû être pour elles lorsque, arrivant au tombeau, elles voient celui-ci ouvert ! Imaginez encore leur surprise devant le tombeau vide du corps de Jésus et occupé par un jeune homme vêtu de blanc. Même si elles connaissaient la prophétie d’Isaïe, même si elles avaient entendu Jésus dire qu’il ressusciterait, je doute qu’à ce moment précis toutes les pièces se soient mises en place d’elles-mêmes. D’ailleurs, nous dit saint Marc, elles furent saisies de peur. 
 
N’est-ce pas la peur qui nous saisit aussi quand nos proches s’endorment du sommeil de la mort ? Peur de l’avenir, peur de la solitude à affronter, peur des questions qui pourraient surgir. Nous ne savons que rarement comment réagir face à la mort. Nous avons beau savoir que toute vie doit finir, nous avons beau savoir que la mort fait partie de notre vie, quand elle survient, elle ouvre des abîmes de doute, de questions, de peur. C’est à ce moment-là que l’Eglise nous fait réentendre les promesses de Dieu. Le jour viendra où le Seigneur, Dieu de l’univers préparera pour tous les peuples un festin sur sa montagne. Il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples… Il essuiera les larmes sur tous les visages. Oui, Dieu vient consoler son peuple, Dieu vient nous consoler dans ces moments difficiles. Ce jour de commémoraison de tous les fidèles défunts fait partie de ces jours de consolation, de ces jours où il est bon de réentendre que notre vie, même si elle marquée par la mort, a un sens profond et un but autre que le néant du tombeau. Ce jour de prière pour tous nos défunts nous permet de garder la mémoire de nos disparus et de vivre un moment de communion avec eux. A vue humaine, ils sont morts, ils ne sont plus là ; mais dans la foi, nous pouvons les découvrir vivants pour toujours. 
 
Comme l’affirme Paul dans sa lettre aux Romains, ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur. Nous demeurerons en Dieu pour toujours puisque Jésus, celui que les hommes ont fait mourir en croix, est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous. Avec un tel avocat, qui pourrait être condamné ? Avec un tel avocat, qui ne pourrait pas être sauvé ? N’a-t-il pas donné sa vie pour tous ?  
 
Au cœur de ce jour si particulier, c’est bien le message de la résurrection qu’il nous faut entendre. Alors que le monde va entrer dans l’hiver, cette période où même la nature semble mourir, il est bon de se souvenir que la vie, en Jésus, a toujours le dernier mot. Les promesses de Dieu ne s’annulent pas dans la mort puisque Jésus a vaincu la mort ; il a repoussé les frontières de la vie. Désormais, la vie, c’est en grand ; désormais la vie, c’est pour toujours, même par-delà la mort. Lorsque vous faites vos visites au cimetière, ce n’est pas à la terre que vous parlez ; ce n’est pas une pierre tombale qui reçoit vos confidences ou accueille vos prières : ce sont ceux et celles qui reposent là et qui veillent sur vous d’auprès de Dieu. Alors que le monde s’enfonce dans la nuit et le froid, le message d’une vie plus forte que la mort vient réchauffer nos cœurs et donner un nouvel espace à notre foi. Il y a une vie au-delà de la mort ; il y a LA vie, pour toujours, pour celles et ceux qui reconnaissent en Jésus leur Sauveur, leur Seigneur et leur Dieu. Puisque rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus, Jésus devient le lien entre nous, vivants de la terre et ceux qui désormais vivent en Dieu. 
 
Même si en ce jour nous faisons mémoire de tous nos défunts, réjouissons-nous : Dieu vient nous consoler et nous assurer que ceux que nous avons aimés ont une place auprès de lui. Son amour est plus fort que la mort. Son amour a détruit la mort pour toujours. Dès lors, que notre amour ne soit pas sans espérance, que notre amour ne trébuche pas sur les pierres de nos tombeaux. Christ est vivant, ressuscité ; à notre tour, nous serons vivants pour toujours ; à notre tour, nous ressusciterons. C’est bien plus qu’une promesse, c’est réalité en Jésus Christ. Amen.
 
(Photo prise à Dublin, Garden of remembrance)

samedi 9 août 2014

19ème dimanche ordinaire A - 10 août 2014

La foi : le résultat d'un long processus.



Vraiment, tu es Fils de Dieu ! C’est par cette profession de foi que s’achève l’évangile de ce dimanche. Parce que ce sont les Apôtres qui s’expriment ainsi, nous aurions tort de croire que cette parole est facile pour eux. Elle est le résultat d’un long processus, le résultat d’une maturation, comme il en est pour nous. Les Apôtres, comme nous, ont dû apprendre la foi et traverser les étapes qui y mènent. 
 
Lorsque nous retrouvons le groupe des Douze, la multiplication des pains vient d’avoir lieu. Ils n’ont pas bien le temps d’en discuter avec Jésus, car aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Ce n’était ni le moment, ni le lieu pour de grandes considérations théologiques sur Jésus, son pouvoir… Nous ne saurons donc jamais si le long processus de la foi des Apôtres a commencé là, mais rien n’empêche de le croire. Le signe des pains multiplié rappelle quand même assez clairement que Dieu a jadis nourri son peuple au désert par le don de la manne. 
 
Les Apôtres se sont donc embarqués, direction l’autre rive. Jésus reste seul à renvoyer les foules, puis se retire pour prier Dieu. Sur l’eau, le vent se lève, la barque est secouée, à une bonne distance de la terre. Il y a beau avoir des professionnels de la pêche dans la barque, sans doute l’angoisse a-t-elle gagné certains disciples, si ce n’est tous. Et voilà que Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. L’angoisse des disciples grandit quand ils voient cette forme qui s’approche : les disciples furent bouleversés, ils disaient : C’est un fantôme. C’est le temps de la peur. Les disciples traversent une épreuve et Jésus n’est pas vraiment là. La barque est battue par les vagues et il y a cette chose qui s’approche : vous pouvez imaginer ce qui peut se passer dans la tête des disciples. La peur fait partie de ce processus qui mène à la foi. Pour qui cherche Dieu en vérité, s’ouvre toujours une période d’incertitude, de peur même : est-ce que je ne me trompe pas ? Est-ce qu’on ne me trompe pas ?
 
Une deuxième période s’ouvre alors. Elle commence par une parole de Jésus : Confiance ! C’est moi, n’ayez pas peur ! Il indique ainsi le but de la foi : être libéré de nos angoisses, de nos peurs. Et lui seul, Jésus, peut le faire. Il vient vers nous, dans nos vies chaotiques, bousculées, pour cela : pour nous ouvrir à la confiance, pour nous permettre de reprendre notre vie en main, libérés de toute peur. Avec Jésus, nous pouvons traverser les épreuves. Avec Jésus, nous pouvons espérer une vie meilleure. Avec Jésus, nous n’avons plus à craindre : il vient apporter amour, vérité, justice, paix, ainsi que nous le chantions avec le psalmiste après la première lecture. Mais cette parole de Jésus semble ne pas suffire à Pierre : Si c’est bien toi… Il doute encore, il veut des preuves et quelle meilleure preuve que de pouvoir faire ce que fait Jésus : si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. Nous sentons le doute de Pierre : il sait qu’avec Jésus, tout est possible : ne vient-il pas de nourrir une foule de plus de cinq mille hommes, sans compter les femmes et les enfants, avec seulement cinq pains et deux poissons ? Et en même temps, il n’est pas tout-à-fait convaincu. Le doute fait partie de la démarche de foi, il permet à la foi de grandir, de se purifier. Il faut que Pierre passe de la notion de fantôme qui s’avance à la réalité de Jésus qui vient vers lui. Il doit être convaincu que, même lorsque Jésus n’est pas là, immédiatement à côté de lui, il est capable de faire de grandes choses avec Jésus, au nom de Jésus. Pour l’heure, il a encore besoin de preuve : si c’est bien toi… 
 
Jésus va le prendre au mot : Viens ! Il appelle Pierre. Il l’appelle à venir vers lui, en marchant sur l’eau, il l’appelle à venir à la foi. C’est le moment décisif. A l’appel de Jésus, nous devons répondre, tous, ou nous enfermer dans nos peurs. Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Et ça marche ! Et Pierre marche sur l’eau ! Incroyable, me direz-vous ! Mais Jésus n’a-t-il pas dit que si nous avions la foi, gros comme un grain de moutarde, nous serions capables de grandes choses ? Pierre l’expérimente en s’avançant sur l’eau, les yeux fixés sur Jésus. Oui, lorsque Jésus nous appelle, nous pouvons sans crainte sortir de la barque de nos peurs pour avancer libres et confiants vers celui qui nous attend. Jésus ne nous demandera jamais rien d’impossible !
 
Mais alors, me direz-vous, pourquoi Pierre coule-t-il ? Parce que, un bref instant, il n’a plus regardé Jésus, mais il a regardé le vent. Il a repris peur, parce que sa ligne de mire n’était plus le Christ, mais les événements qui se déroulaient autour de lui : le vent, la mer agitée et sa peur qui a repris le dessus. Quand nous quittons Jésus des yeux, quand nous sortons Jésus de notre cœur, le monde nous envahit, le monde peut nous faire peur ; et nous coulons. Même si cet instant est bref, le temps de regarder le vent suffit. Il n’y a alors que deux choix possible : soit nous nous coulons dans ce monde, soit nous crions vers Jésus, comme le fait Pierre, sûr qu’il peut encore quelque chose pour nous. Notre désir de croire prend alors le dessus, nous retrouvons spontanément les mots de la foi : Seigneur, sauve-moi ! 
 
S’ouvre alors le temps du salut, car Jésus ne peut rester sourd à nos appels. A qui crie vers lui, Dieu fait miséricorde. A qui implore son aide, Dieu se donne. Aussitôt, Jésus étendit la main et le saisit. C’est la première chose que fait Jésus : il sauve. Sa nature profonde s’exprime dans ce geste ; il ne peut pas faire autrement que de sauver ceux qui crient vers lui. Quand ils sont tous deux en barque, le vent tombe. Le calme est revenu, la peur a disparu, la foi peut jaillir : ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et lui dirent : Vraiment, tu es Fils de Dieu. Quand Jésus est là, au milieu d’eux, les Apôtres n’ont plus peur. Quand Jésus est là, au milieu d’eux, le vent se tait, la mer se calme, le mal n’a plus de pouvoir. Quand Jésus est là, ceux qui ont expérimenté son salut, peuvent exprimer leur foi. Il faudra encore que les Apôtres apprennent à dire cette foi en l’absence de Jésus, quand il ne sera plus physiquement au milieu d’eux. 
 
N’est-ce pas là notre expérience ? Nous pouvons dire notre foi, et nous la proclamerons ensemble dans un instant,  parce que d’autres nous l’ont inculqué, parce que nous avons appris des textes qui disent la foi des chrétiens. Mais nous ne la disons jamais avec plus de vérité que lorsque nous avons expérimenté dans notre vie la présence mystérieuse et agissante de Jésus, lorsque nous avons goûté à sa présence aimante, rassurante au cœur de notre vie. A la suite des Apôtres, nous connaissons le même cheminement : peur, doute, appel, confiance, salut, proclamation de la foi. Et nous ne le faisons pas une fois seulement ; nous savons bien que, tout au long de notre vie, nous passons de l’une à l’autre de ses phases. Plus notre foi grandira, plus nous douterons, plus nous voudrons des preuves, jusqu’au moment où le Christ nous accordera la grâce de croire, tout simplement, parce qu’il nous aura fait voir le salut et comprendre qu’il est toujours avec nous, même lorsque la barque de notre vie est secouée par des vents contraires et qu’il nous semble qu’il est resté sur le rivage. Dans sa prière au Père, sur le rivage où il nous attend, il œuvre déjà avec nous, il nous porte devant son Père pour que nous ne sombrions pas. Quand nous aurons cette certitude ancrée en nous, quand notre foi nous permettra de « sentir » le Christ à l’œuvre alors même que tout nous semble difficile, alors nous pourrons dire nous aussi, parce que nous le croyons sincèrement : Vraiment, tu es Fils de Dieu. Amen.

(Dessin de Jean-Yves DECOTTIGNIES, in Mille dimanches et fêtes, Année A, éd. Presses d'Ile de France)

samedi 12 novembre 2011

33ème dimanche ordinaire A - 13 novembre 2011

Faire fructifier ce que le Christ nous a confié.




Après avoir entendu Jésus parler de sa venue dimanche dernier à l’aide de la parabole des vierges sages et des vierges folles, le voici, poursuivant sa réflexion avec une nouvelle parabole : celle du maître qui part en voyage. Une parabole qui peut nous sembler difficile puisqu’elle s’achève par la condamnation et le renvoi d’un serviteur qui semble n’avoir rien fait de mal. Essayons de mieux comprendre.

Le maître de la parabole, c’est Jésus ; son voyage, c’est sa mort, son départ de ce monde ; les serviteurs, c’est nous, membres de l’Eglise ; le retour du maître, longtemps après, c’est le retour du Christ dans la gloire, à la fin des temps ; le temps intermédiaire, pendant lequel les serviteurs s’occupent diversement des biens reçus, c’est le temps de l’Eglise, le temps où nous sommes. C’est donc l’histoire d’un maître qui part en voyage et qui confie ses biens à ses serviteurs. Remarquez bien ceci : ses biens et non des biens. Il leur donne ce qu’il a de plus précieux, ce qui est à lui et dont il veut que les serviteurs s’occupent. Ce qu’il donne, ce ne sont pas des qualités humaines, ni des conseils ; non, il leur donne de l’argent, beaucoup d’argent, à chacun selon ses capacités. Il n’est pas injuste en distribuant inéquitablement ses biens : au contraire, il donne à chacun selon ses capacités. Il n’y a là rien de discriminant ; il tient compte des capacités de chacun : c’est dire le respect qu’il a pour eux. Il sait qu’ils seront capables de faire quelque chose de ce qu’ils ont reçu. Et il part.

Aussitôt, dit Jésus dans la parabole, les serviteurs s’occupent de leur capital. Ils ne trainent pas, ne se reposent pas en disant : j’aurai bien le temps ! Chacun à sa manière s’occupe de ce qu’il a reçu. Des deux premiers, on ne sait pas ce qu’ils ont fait au juste ; nous savons juste que leur capital a fructifié et doublé. Le troisième serviteur, par contre, a pris peur, il a enfoui le bien reçu ; il le restituera tel quel à son Maître le moment venu. Tout semble aller bien jusqu’au retour du maître.

C’est l’heure des comptes à rendre : les deux premiers rendent ce qu’ils ont reçu avec le surplus qu’ils ont gagné et ils sont invités à entrer dans la joie du maître. Le troisième rend ce qu’il avait reçu, avec un discours curieux sur ce qu’il croyait savoir du maître : je savais que tu es un homme dur ; tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient. Ce serviteur n’avait rien demandé quand il a reçu son talent ; il n’en a donc rien fait et maintenant il se contente de le rendre. Tout devrait aller bien. Ce maître qu’il a jugé dur va se montrer dur sur la base de ses propres paroles. Et le serviteur se fait jeter dehors, parce qu’il n’a rien fait !

Ceci nous oblige donc à comprendre que sont ces talents que le maître distribue au moment de son départ. Ce qu’il distribue, c’est ce qui était à lui. Et qu’est-ce qui était au Christ, qu’est-ce qui lui tenait à cœur au moment de son départ, si ce n’est son désir de sauver tous les hommes ? Qu’est-ce qui était au Christ, qu’est-ce qui lui tenait à cœur, si ce n’est que tous les hommes vivent dans l’amour et dans la fraternité ? Qu’est-ce qui était au Christ, qu’est-ce qui lui tenait à cœur, si ce n’est que tous les hommes connaissent son nom et se tournent vers Dieu ? Oui, ce que ce maitre a confié à ses serviteurs, ce que le Christ a confié à son Eglise, c’est ce désir de salut, ce désir que tous les hommes vivent dans la connaissance de son nom. C’est le bien confié à l’Eglise tout entière. C’est le bien dont nous sommes redevables. Avons-nous, par notre vie, par nos actions, contribué à augmenter le nombre des fils et filles de Dieu ? Avons-nous, par notre vie, nos actions et nos paroles, contribué à faire connaître le vrai visage de Dieu et de son Christ ? Ou avons-nous pris peur ? Avons-nous annoncé ce Dieu qui nous invite à la joie ou avons préféré annoncer un Dieu rabat-joie ? Avons-nous participé à la vie de l’Eglise par peur de Dieu (comme cela, s’il existe, au moins nous aura-t-il vu dans son église !) ou par amour de Dieu, avec au cœur l’urgence de le faire connaître par le plus grand nombre ?

Le troisième serviteur n’a rien fait, par peur. Il a cru que son maître était un comptable qui ne lui passerait rien ; il n’a eu confiance ni en son maître, ni en lui-même. Il a eu peur de risquer le don qui lui a été fait ; il a sous-estimé le don et sa puissance. L’aurait-il au moins mis en banque, que ce don aurait généré par lui-même des intérêts ? Combien plus aurait-il pu produire s’il s’en était servi !

Nous sommes toujours dans ce temps de l’attente du retour du Christ dans sa gloire. Nous sommes toujours les héritiers des dons que Dieu nous fait par son Christ. Que faisons-nous du désir de Dieu de sauver tous les hommes ? Avec quelle urgence annonçons-nous ce désir ? Quel visage de Dieu donnons-nous à voir ? Sommes-nous déjà habités de la joie qui sera celle du Christ à son retour ? Ou avons-nous tout enterré, tout oublié, même que le Christ reviendra et que avons à l’attendre, activement, proclamant son nom et ses merveilles afin que le monde croit ? Qu’avons-nous fait de la Parole qu’il nous a confiée ? Qu’avons-nous fait des sacrements de son Eglise ? Qu’avons-nous fait des frères qu’il nous a confiés ?

La parabole d’aujourd’hui veut réveiller notre foi et nous faire prendre conscience de l’urgence à annoncer le vrai Dieu, à faire entrer les hommes et les femmes de notre temps dans sa joie. Si nous y travaillons déjà, poursuivons avec courage et confiance. Si nous avons baissé les bras et tout enfouit quelque part dans la terre, dépêchons-nous de creuser, dépêchons-nous de récupérer ce bien confié et de le faire fructifier. Le Christ ne se contentera pas d’un « j’avais peur ». Nos peurs, il a fait mourir avec lui sur la croix. Faisons-lui confiance à nouveau et construisons ce monde d’amour qu’il a inauguré dans sa mort et sa résurrection, et nous serons appelés à partager sa joie, pour toute éternité. Amen.

(Dessin de Coolus, Blog du lapin bleu)