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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







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jeudi 13 avril 2017

Vendredi Saint - 14 avril 2017

Mon serviteur réussira !






Depuis dimanche, les petits détails retiennent mon attention : ce furent d’abord l’ânesse et son ânon qui nous ont évangélisé dimanche ; hier au soir, c’est le repas même auquel Jésus nous a invité qui a retenu notre attention. En ce vendredi saint, le petit détail qui change tout, c’est le premier verset entendu du prophète Isaïe. Souvenez-vous… 
 
Mon Serviteur réussira, dit le Seigneur. Il montera, il s’élèvera, il sera exalté ! Cette affirmation de Dieu au prophète Isaïe, l’Eglise l’a toujours appliquée au Christ, au Christ mourant en croix. Elle est une première annonce de la résurrection au moment même où nous rappelons la mort de Jésus. La liturgie de ce jour si particulier semble nous dire, avant même que nous ne lisions la Passion, que l’histoire que nous venons de revivre ne saurait s’arrêter là, au seuil de la tombe. L’annonce prophétique est une promesse que Dieu va réaliser, c’est sûr ! 
 
Mais n’allons pas trop vite à la joie de Pâques. Pour l’heure, Jésus est mort et c’est bien à cause de nous qu’il est mort. Ô bien sûr, ni vous, ni moi n’étions là, le jour où Jésus fut crucifié. Nous n’avons pas crié avec la foule, nous n’avons pas fui avec les disciples, nous n’étions ni Judas qui trahit, ni Pierre qui renie, ni Pilate qui condamne. Pourtant, c’est bien à cause de nous, à cause des hommes, ceux de son époque, ceux des temps passés et ceux des temps à venir, que Jésus est mort. Mort à cause du péché des hommes. Mort à cause de notre capacité à faire le mal. Mort à cause de nos refus de Dieu. Mort à cause de l’amour que Dieu nous porte même lorsque nous vivons loin de lui. Mort parce que Dieu ne saurait se résoudre à voir mourir l’homme. Mort parce que, pour Dieu, l’homme est fait pour vivre. Et si l’homme préfère la mort, alors Dieu va affronter cette mort pour que l’homme puisse vivre ! 
 
C’est surprenant cette capacité qu’a Dieu de s’appuyer même sur nos erreurs et nos péchés, c’est à dire sur nos refus de Dieu, pour quand même réaliser son projet d’amour. C’est comme s’il nous disait : vous ne voulez pas m’écouter ? Qu’à cela ne tienne ! Je vous enverrai des prophètes, choisis au milieu de vous, pour vous dire ma parole. Vous ne voulez pas écouter les prophètes ? Qu’à cela ne tienne ! Je viendrai personnellement, en mon Fils, pour vous parler comme un Père parle à ses enfants, comme un Frère parle aux siens. Vous le rejetez ? Qu’à cela ne tienne ! S’il doit mourir pour que vous ouvriez les yeux, je l’accompagnerai. Je mourrai avec lui sur la croix. J’irai jusqu’au bout. Mais je prendrai avec moi votre péché, je me chargerai de votre mal, celui qui vous ronge de l’intérieur et vous empêche d’être vraiment libre. Je combattrai ce mal, et je vaincrai, parce que je suis Dieu ! Je vaincrai et vous croirez ! 
 
Oui, Jésus meurt parce qu’il est le seul Juste, le seul à être totalement et parfaitement Dieu tout en étant totalement et parfaitement homme. Jésus meurt, parce que Juste, il pouvait prendre sur lui le péché des hommes, péché qu’il n’a pas commis, qu’il n’a jamais commis, sûr que Dieu, son Père, ne laisserait pas commettre une nouvelle injustice. Et si aujourd’hui, les hommes semblent avoir gagné, si aujourd’hui le mal semble avoir triomphé, il ne faut pas que les ténèbres crient victoire trop vite. En Dieu, le Vivant, la mort n’est pas la fin. En Dieu, source infinie de vie, la mort n’est pas un obstacle, ni un frein à la vie. Tant que Dieu sera Vie, tant que Dieu sera amour, la mort ne saurait triompher définitivement. 
 
Aujourd’hui, c’est le jour de victoire de la mort. Aujourd’hui, le Mal semble avoir le dessus. Qu’il savoure ce moment ! Que ceux qui croient que Dieu est définitivement hors jeu parce que son Fils est au tombeau se hâtent de faire la fête. Car demain est un autre jour. Demain sera le jour de Dieu, et nous verrons bien comment se poursuivra cette histoire.  Et nous verrons bien si la vie est perdue. Acceptons aujourd’hui de garder le silence. Acceptons aujourd’hui de descendre à la tombe.  Acceptons aujourd’hui que Dieu soit mort. Mais gardons la foi, tenons ferme dans l’espérance. Celui qui est mort est celui qui a promis d’être avec nous, tous les jours, jusqu’à la fin, jusqu’à son retour. Attendons dans le silence le Maître de la Vie. Il va venir et nous vivrons. Et nous exulterons à notre tour. Oui le serviteur de Dieu réussira, il sera exalté, parce qu’en lui est la vie du monde ; en lui est notre avenir ! AMEN.


(Dessin de Mr Leiterer)

dimanche 14 novembre 2010

33ème dimanche ordinaire C - 14 novembre 2010

Le Christ est toujours avec nous !


Je reconnais que les textes de ce dimanche ne sont pas simples d’approche. Ils nous parlent de la fin des temps, du retour du Christ et des signes catastrophiques qui les accompagnent. Bref, rien de réjouissant ! Ne voulant toutefois ni les contourner, ni les supprimer, permettez-moi de passer pas une médiation, celle d’une histoire que nous connaissons sans doute tous : l’histoire de la Belle et de la Bête. Je vous la rappelle en quelques mots.

C’est d’abord l’histoire d’un prince qui était très égoïste et qui avait une pierre à la place du cœur. Pour avoir refusé l’asile à une petite vieille en échange d’une rose, le voilà transformé en monstre. S’il atteint ses 21 ans sans avoir pu aimer une jeune fille et être aimé par elle en retour, il gardera son aspect bestial. Mais s’il sait aimer une jeune fille et être aimé par elle, alors le mauvais sort sera rompu et il retrouvera, avec tout son château, son aspect humain. L’attente désespérée et le poids des ans ont vite découragé notre jeune prince. Son 21ème anniversaire approche et toujours pas de jeune fille en vue. La Bête s’est résignée à vivre ainsi et son caractère n’a fait que se détériorer : il est devenu renfermé et exécrable ! C’est là qu’intervient Belle. Comme dans tous les contes, l’histoire se termine bien, le charme est rompu. Mais ce qu’il est intéressant d’observer, c’est le cheminement ‘spirituel’ de la Bête. Car au-delà de l’histoire, c’est bien lui qui nous intéresse. Ce cheminement comporte trois étapes, trois dépassements que la Bête doit opérer.

1) Elle doit d’abord dépasser ses craintes. Certes, elle n’est pas belle à voir, mais elle porte en elle la capacité d’aimer et d’être aimée ! Il lui faut avant tout dépasser ses propres peurs. Elle n’est pas si repoussante qu’elle le croit et, en faisant quelque effort, elle devient tout à fait acceptable. L’essentiel, ce n’est pas l’extérieur, l’apparence, mais ce qu’elle est réellement à l’intérieur d’elle.

2) La Bête doit apprendre à faire confiance : d’abord à elle-même, et croire qu’elle est capable de plaire. Ensuite aux autres, à Belle en particulier, qui va peu à peu aimer le regard de la Bête et se trouver bien en sa compagnie.

3) Enfin, la Bête doit réapprendre à aimer ! Elle doit réapprendre à être un homme, à éprouver des sentiments, à avoir une attitude humaine.

Cette triple conversion réussie, le miracle est possible : la Bête redevient le jeune et beau prince, libre maintenant d’aimer et de se faire aimer par Belle.

Avez-vous compris en quoi ce conte pour enfant peut nous aider à comprendre l’évangile de ce jour ? Toute la liturgie de la Parole nous invite à espérer le jour de Dieu, le jour où le sauveur viendra. L’évangile annonce maintes catastrophes qui précèderont cette venue. Les différentes catastrophes naturelles de ces dernières années, ainsi que les conflits à travers le monde nous ont peut-être donné l’impression que nous ne pouvions pas grand chose, que nous n’étions pas grand chose ! Qui ne s’est jamais découragé ? Qui n’a jamais été tenté de baisser les bras devant les atrocités du monde ? Depuis que le monde attend le Sauveur, quantité d’événements tragiques ont eu lieu, et nous attendons toujours. Combien de temps, Seigneur ?, s’interroge maintes fois le psalmiste ! L’homme de foi peut être légitimement découragé devant les délais sans cesse augmentés avant la venue du Sauveur. Mais n’avons-nous pas, dans ces moments-là, comme la Bête, à nous ouvrir à l’Amour pour faire advenir enfin ce règne de paix tant attendu ? Les catastrophes que Jésus annonce (guerres, soulèvements, persécutions, famines et épidémies) sont la conséquence d’une humanité égoïste, d’une humanité au cœur de pierre, d’une humanité devenue un loup pour l’homme !

De même que la Bête a connu une vie nouvelle et plus belle après l’ouverture de son cœur à l’amour, de même nous aussi, nous pourrons connaître une vie autre si nous persévérons à la suite du Christ, malgré tous les faux prophètes qui veulent nous entraîner ailleurs. Pour nous aussi, une vie autre est possible si nous savons faire confiance à celui qui vient nous dire : malgré les événements, pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est votre persévérance qui vous obtiendra la vie. Une vie meilleure est possible si nous croyons que le Christ est toujours avec nous. Cela signifie que Dieu veille sur l’homme, que l’homme a du prix aux yeux de Dieu. Rien ne saurait arriver de fatal à celui qui sait faire confiance.

Face aux événements du monde, nous pourrions alors entrer dans un endormissement certain, ne réagissant plus puisque de toute manière il a peu à faire face aux lames de fond de l’histoire. Et pourtant, notre indifférence face aux événements serait le pire ennemi de notre foi. Une journée finie, c’est un monde qui finit. Il nous faut vivre chaque jour comme le premier jour d’un amour toujours renouvelé, et comme le dernier jour d’une existence qui peut nous être enlevée. Alors se poseront à nous les vraies questions : qu’est-ce qui compte le plus pour toi ? En qui, en quoi mets-tu ta confiance ?

Quoi qu’il arrive dans notre vie, nous n’avons pas subir l’histoire, mais à la vivre, à la transformer pour qu’elle soit belle et supportable pour tous. Nous ne pourrons, ni ne devrons jamais nous résigner. Marchant vers le terme de notre histoire, nous pouvons y aller avec le regard de la Bête qui sommeille en nous ou avec le regard de la Belle qui nous invite à voir toujours plus loin, à voir ce qu’il y a de plus beau en l’homme, ce qu’il y a de plus beau dans le monde, sans angélisme et sans crainte. Nous pouvons marcher vers le terme de notre histoire avec cette certitude que le Christ nous accompagne et qu’il a déjà vaincu, une fois pour toute, le Mal et la Mort. Puisqu’il est pour nous, et avec nous, qui sera contre nous ? Que le pain de l’eucharistie que nous allons partager nous fasse persévérer à la suite du Christ, pour notre plus grande joie et le salut de tous. Amen.

(Photo de Quentin Urlacher, prise à Salta, Argentine)