Bienvenue sur ce blog !

Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







Affichage des articles dont le libellé est Rendre grâce. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rendre grâce. Afficher tous les articles

samedi 8 octobre 2022

28ème dimanche ordinaire C - 09 octobre 2022

 Rendez grâce en toute circonstance.




(La guérison des dix lépreux, Codex Aureus d'Echternach, 
Nuremberg, Germanisches Nationalmuseum)




        Rendez grâce en toute circonstance : c’est la volonté de Dieu à votre égard dans le Christ Jésus. Cette phrase, nous l’avons entendu juste avant la proclamation de l’Evangile. C’est le verset qu’encadrait notre Alléluia. Il y en a un avant chaque évangile ; il nous donne une indication sur la manière de comprendre le texte proclamé par le diacre ou le prêtre. Aujourd’hui, il est une invitation à l’action de grâce permanente. Nous le comprenons bien lorsque nous voyons revenir vers Jésus un des dix lépreux guéris. Un sur dix seulement qui vient rendre grâce à Dieu ! Est-ce à dire que les autres sont ingrats, incapables de dire merci, de rendre grâce à celui qui a rendu la guérison possible ? 

Je n’irai pas jusque-là, parce qu’il me faudrait alors vous rendre attentifs au fait que celui qui revient vers Jésus est aussi celui qui désobéit à l’ordre donné par Jésus et par la Loi. A leurs cris de détresse : Jésus, maître, prends pitié de nous, Jésus répond par un ordre clair : Allez vous montrer aux prêtres. Ce que les neuf autres auront fait, je n’ai pas le moindre doute à ce sujet. Ils auront respecté en tout ce que la Loi prescrivait en cas de guérison de la lèpre. Puisque la maladie était considérée comme une « punition » venant de Dieu pour un péché personnel ou un péché des ancêtres, et de ce fait excluait de la communauté croyante, alors la guérison se devait d’être « validée » par les autorités religieuses pour que le guéri soit réintroduit dans la communauté croyante. Le chapitre 14 du livre du Lévitique donne toutes les étapes de cette purification à faire. Le dixième lépreux ne l’aura pas fait ; ou plutôt, il aura reconnu par avance en Jésus, le Prêtre parfait qui par son sacrifice purifie l’humanité et la sauve, en la réintroduisant dans une Alliance nouvelle et éternelle avec Dieu. N’est-ce pas très concrètement ce que nous vivons en chaque eucharistie ? Action de grâce par excellence du peuple des baptisés, l’eucharistie est pour chacun de nous l’occasion de rendre grâce à Dieu pour tout ce qu’il accomplit pour nous, en Jésus. Le chant de la préface, qui ouvre la grande prière eucharistique, souligne les nombreuses raisons que nous avons de rendre grâce à Dieu pour ce qu’il fait pour nous, par Jésus, son Fils. La structure même de l’eucharistie peut ainsi nous apprendre à rendre grâce en toute circonstance, de la manière la plus juste possible. Mais il y a, me semble-t-il, une étape à ne pas rater avant. 

Cette étape est celle qui pose le plus de question à l’homme contemporain. Pour beaucoup, elle est une énigme dans le déroulement de nos célébrations, pour ne pas dire un scandale pour certains qui la voit trop souvent répétée durant l’action eucharistique. L’étape précédent l’action de grâce est celle exprimée par le cri des dix lépreux : Jésus, maître, prends pitié de nous. La publication de la nouvelle traduction du Missel Romain n’a pas manqué de faire réagir, une fois de plus, ceux qui trouvaient qu’on demandait quand même beaucoup pardon. Les mots Prends pitié de nous reviennent, selon eux, trop souvent. Ils sont dans le rite pénitentiel, dans le Gloire à Dieu, dans le chant de l’Agneau de Dieu. Pourquoi tant insister, interrogent-ils ! Je vous apporte ma réponse toute personnelle à leur question : nous insistons autant non pas pour demander pardon (il y a un sacrement spécial pour cela), mais parce que nous ne reconnaitrons jamais assez que Jésus peut tout pour nous ; et c’est parce qu’il peut tout pour nous que nous lui disons : Prends pitié de nous ! Ce qui peut s’entendre de différentes manières d’ailleurs. Prends pitié de nous, cela veut dire : Viens à notre aide ; mais aussi veille sur nous, ou encore protège-nous. Et cette demande n’est pas faite à quelqu’un qui voudrait nous humilier, nous maltraiter, comme c’est le cas dans le langage courant quand on implore la pitié de quelqu’un ; non, cette demande est faite au Ressuscité, à celui qui a vaincu la Croix, celui dont nous sommes sûrs qu’il ne nous abandonnera jamais, celui dont nous sommes sûrs qu’il a souci de nous et de ce que nous devenons. Si nous ne comprenons pas bien cette répétition, c’est peut-être parce que nous ne comprenons pas bien le sens des rites d’ouverture de nos célébrations eucharistiques. Nous confondons trop souvent le rite pénitentiel qui est un rite de confiance en Jésus qui a donné sa vie pour nous, avec une confession publique de nos péchés : nous n’avons pas assez fait ceci ou cela, nous avons trop fait, nous n’avons pas su…, nous avons oublié de … et que sais-je encore ! Quand nous aurons appris, comme les lépreux, à nous tourner vers Jésus parce que nous savons qu’il peut tout pour nous, alors nous serons en mesure aussi de rendre grâce véritablement à celui qui non seulement peut tout pour nous, mais qui aussi fait tout pour nous. Jésus n’a jamais rien fait pour lui ; il a toujours tout fait pour nous. De là, nous pouvons lui demander de nous aider, de nous protéger, de veiller sur nous, et surtout nous pouvons en toute circonstance, lui rendre grâce. Nous ne rendrons véritablement grâce à Dieu que lorsque nous reconnaîtrons tout ce que le Christ, le Seigneur, celui qui est vivant pour toujours, a fait et continue de faire pour nous. Si nous ne savons pas dire en vérité : Seigneur, prends pitié de nous, nous ne saurons pas véritablement rendre grâce à Dieu en toute circonstance. 

Comme les dix lépreux, sachons crier vers Jésus : prends pitié de nous, que notre vie soit belle ou qu’elle soit plus compliquée, avec cette certitude qu’il peut tout et fait tout pour nous, pour notre vie, pour notre salut. Comme le lépreux revenu sur ses pas, nous saurons alors trouver les mots et les attitudes pour rendre grâce à Dieu, quand notre vie qui allait de travers aura retrouvé le sens d’une plus grande proximité avec Dieu. Amen.

dimanche 25 juin 2017

12ème dimanche ordinaire A - 25 juin 2017

Rendre grâce à Dieu.
(Homélie donnée à l'occasion de mon jubilé d'argent dans ma paroisse d'origine)






C’est bien que vous soyez devenus prêtre, l’Eglise en a besoin ; mais mon fils fera quelque chose de plus intelligent de sa vie. Ces paroles ont été prononcées il y a vingt-cinq ans, dans cette église, à la fin de ma première messe. Peut-être portent-elles la responsabilité de ma tendresse particulière pour le prophète Jérémie, ce prophète à qui Dieu demande toujours d’être en contradiction avec l’esprit du monde, l’esprit de son temps. En cette messe d’action de grâce à l’occasion de mon jubilé d’argent, ma première action de grâce va à cette personne, car elle m’a donné, avec ces mots, le courage d’être ce que je suis, et de l’être pleinement. Prêtre, je le suis devenu en réponse à un appel ; prêtre, je le suis resté, conscient de réussir pleinement ma vie, puisque c’est là que le Christ me voulait. Ce que la liturgie de ce dimanche ne cesse de proclamer à travers chaque lecture, je l’ai expérimenté dans ma propre vie. Dieu a été à mes côtés tel un guerrier redoutable. J’ai cette conscience d’avoir été protégé, porté, désiré et d’être toujours et encore, malgré mes faiblesses et mes échecs, profondément aimé. Il n’y a pas de plus beau motif de rendre grâce aujourd’hui, pour moi et pour chacun de nous : nous sommes tous profondément aimés de Dieu. 
 
Paul développe la grandeur de l’amour de Dieu pour nous dans l’extrait de la lettre aux Romains que nous avons entendu. Il est dommage que trop souvent, nous n’entendions ou ne réagissions qu’à la première partie de l’extrait. Il a donné naissance à toute la réflexion de l’Eglise sur le péché des origines. Mais ce texte contient plus que cela, plus grand que cela. Il contient la trace de la grâce originelle, cette grâce venue du Christ, de son sacrifice consenti pour notre vie. Nous avons cette certitude que le péché, originel ou actuel, n’aura jamais le dernier mot. Le dernier mot de l’Histoire sera la grâce que Dieu offre à tous et à chacun. Le dernier mot de l’Histoire, ce sera un geste d’amour offert, n’attendant en retour que notre oui, notre accueil libre et consentant à cet amour. Rien n’a plus d’importance que cela. Rien ne doit davantage être proclamé que cela. L’amour dont Dieu nous aime, sans que nous ayons fait quoi que ce soit pour le mériter. Il nous aime simplement parce qu’il est Dieu, parce que c’est lui, parce que c’est nous. Le jour où cela cessera d’être vrai, il nous faudra changer de Dieu, ou chercher Dieu à frais nouveaux. Parce que si Dieu n’est pas Amour, il n’est pas Dieu, il n’est rien, et nous ne serions être obligés en rien vis-à-vis de lui. 
 
Jésus ne nous assure-t-il pas lui-même de cet amour de Dieu pour nous lorsqu’il nous affirme que les cheveux de notre tête sont tous comptés et que nous valons bien plus qu’une multitude de moineaux ? Oui, nous avons du prix aux yeux de Dieu ; nous comptons pour lui ! En cette célébration qui marque aussi la fin de votre année pastorale, voilà une parole forte, une parole qui donne du prix à ce que vous êtes, à ce que vous vivez que ce soit en paroisse, en famille, au travail, à l’école. Ce que vous faites, ce que vous vivez, cela compte pour Dieu. Et cela compte d’autant plus si c’est marqué du sceau de son amour. Tout ce que nous vivons, tout ce que nous faisons, si nous le faisons dans la puissance de l’Esprit et la certitude de l’amour de Dieu pour nous, prend encore plus d’importance parce que cela permet à d’autres, à ceux qui nous entourent, de sentir quelque chose de cet amour de Dieu tous. Lorsque nous rendons grâce à Dieu pour une fin d’année pastorale, ou pour vingt-cinq années de sacerdoce, ayons à cœur  de rendre grâce d’abord pour tout ce que ce temps nous aura permis de vivre en amour ; rendons grâce pour tout l’amour que Dieu aura déversé sur nous ; rendons grâce pour tout l’amour de Dieu que nous aurons transmis à d’autres ; rendons grâce pour tout l’amour de Dieu que d’autres nous aurons permis de vivre. 
 
N’est-ce pas d’ailleurs le sens de chacune de nos célébrations ? Le mot  « eucharistie » signifie bien rendre grâce, qui est bien plus fort que dire merci. Lorsque le prêtre dit la prière eucharistique, il la commence par une préface, qui dit le motif pour lequel nous rendons grâce à Dieu. Et ce motif est toujours lié à ce que Dieu fait pour nous en Jésus, mort et ressuscité. C’est ainsi pour chaque préface, quel que soit le temps de l’année, quelle que soit la fête, quel que soit le motif qui nous rassemble. Nous ne rendons pas grâce pour nous, mais bien pour l’œuvre d’amour, œuvre de salut, que Dieu fait pour nous en Jésus. Voilà qui doit nous inciter à la modestie et à l’humilité. Dieu fait infiniment plus pour nous que ce que toutes nos actions pastorales pourraient bien faire pour lui. D’ailleurs, en vingt-cinq ans de sacerdoce, j’ai acquis la certitude que je ne peux rien faire pour Dieu. Je ne peux que me tenir près de lui et accueillir les grâces qu’il veut me confier jour après jour, comme jadis il a donné la manne, jour après jour, à chaque jour sa mesure. 
 
Une messe d’action de grâce, que ce soit pour un jubilé ou pour une fin d’année pastorale, n’est jamais la fin de quelque chose. C’est une étape, un moment pour nous asseoir et mesurer le chemin parcouru, pour ensuite mieux repartir, mieux recommencer à Le suivre, lui qui veille sur nous sans se lasser, lui qui nous aime sans se décourager. Rendons grâce à Dieu avec ce désir chevillé au cœur de marcher encore mieux avec lui, de vivre toujours plus par lui, avec lui, et en lui. Alors il recevra tout honneur et toute gloire pour les siècles des siècles. Amen.

(Photo prise pendant la messe de Jubilé)

lundi 13 août 2012

Assomption - 15 août 2012

Célébrons les merveilles de Dieu pour nous !



Au cœur de notre été, une espérance jaillit, née de cette certitude : Dieu veut notre bonheur. Au cœur de notre été, notre foi est revigorée par la célébration de l’Assomption, signe de notre propre destinée : nous sommes faits pour vivre avec Dieu. Au cœur de notre été, tournons-nous vers Dieu, source de tout bien : c’est lui qui fait grande merveille pour nous aujourd’hui.

 
Oui, en ce jour de fête mariale, c’est vers Dieu que nous sommes invités à regarder. Et c’est Marie elle-même qui tourne ainsi notre cœur vers celui qu’elle chante dans le Magnificat. Elle égrène toutes les merveilles que Dieu fait pour son peuple ; elle invite à contempler déjà ce monde nouveau qu’il construit pour l’humanité. Un monde où les petits seront respectés, protégés, rassasiés ; un monde qui verra la réalisation de toutes les promesses divines faites à travers le temps à Abraham et à ses successeurs, un monde définitivement délivré du Mal.
 
La Bible étant muette sur la fin terrestre de Marie, la liturgie nous fait revivre les commencements de l’histoire, lorsque Marie, ayant acceptée d’être la Mère du Sauveur, s’en va se mettre au service de sa cousine, bien plus âgée, et enceinte elle-aussi, par la grâce de Dieu. L’Evangile de notre fête nous présente ainsi l’arrivée de Marie chez son ainée et ce dialogue entre ces deux femmes qui se savent choisies par Dieu pour une histoire qui les dépasse : la plus âgée pour être la mère du Précurseur, la plus jeune, la Mère du Sauveur. En ces deux femmes, la première et la nouvelle alliance se rencontrent, et le lien est établi entre le peuple que Dieu s’est donné depuis les origines et ce peuple qu’il veut reconstruire en Jésus, son Fils, offert pour le salut de tous. Cette nouvelle création est marquée par la joie d’accueillir Dieu lui-même au cœur de la vie des hommes : comment ai-je ce bonheur que la Mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? En Marie qu’elle accueille, Elisabeth a conscience d’accueillir bien plus grand encore et déjà l’enfant qu’elle porte en son sein tressaille d’allégresse ! Ce monde nouveau est tout juste annoncé, que déjà les hommes peuvent se réjouir : rien ne s’opposera plus à la réalisation du projet de salut que Dieu porte pour nous, puisque Marie a choisi de le suivre en s’offrant à Dieu pour qu’il puisse prendre corps. Nous pouvons en être convaincus : voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, et le pouvoir de son Christ.
 
Ce jour, Dieu l’a préparé de longue date puisque, selon notre foi, il a préservé Marie du péché des origines. Ainsi, depuis son premier jour, elle était tout entière tournée vers celui qui l’a appelée pour être la Mère de son Fils. Comment dès lors ne pas croire que, ayant préservé Marie au commencement de sa vie, il ne la protège encore au terme de sa vie ? Celle qui n’a pas été dégradée par le péché, ne sera pas davantage dégradée par la mort. Puisqu’elle n’a été que oui à Dieu, puisqu’elle a suivi son Fils en toute chose, jusqu'au pied de la croix, elle le suivra désormais dans sa gloire. Elle annonce ainsi à tous les hommes quel est leur destin. A tous ceux qui suivront son Fils, à tous ceux qui embrasseront l’Evangile pour en vivre, sont assurées la victoire sur le Mal et la gloire d’une vie en Dieu pour toute éternité. Le Christ est ressuscité des morts pour être parmi les morts le premier ressuscité. C’est là notre foi. A la suite de Marie, entrée dans la gloire de son Fils à cause de son obéissance à Dieu, nous est montré le chemin à suivre pour parvenir à notre tour à la gloire du ciel. C’est là notre espérance. Ce chemin, c’est le chemin de la charité, le chemin de l’abandon entre les mains du Père.
 
En cette fête de l’Assomption, rendons grâce à Dieu pour les merveilles qu’il a faites en Marie. Mais célébrons aussi les merveilles qu’il ne cesse de faire pour nous. Il ne nous laisse pas seul face au péché, au Mal et la Mort. Par le don renouvelé de son Fils en chaque eucharistie, il nous en libère et nous appelle toujours à le suivre, pour être là où il sera. Il nous propose de vivre le oui de Marie pour construire avec lui un monde plus humain. Abandonnons-nous joyeusement entre les mains du Père ; il nous recueillera en son Royaume pour toute éternité. Amen.

(Photo de l'auteur - Eglise de Desesti - Roumanie)