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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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dimanche 17 septembre 2017

24ème dimanche ordinaire A - 17 septembre 2017

Et pourtant, il faudra bien lui pardonner si nous voulons être pardonnés !






Franchement, y a-t-il quelqu’un pour l’aimer, cet homme à qui un roi remet une fortune seulement parce qu’il aura supplié un peu ? Enfin pourquoi est-ce à lui que cela arrive et pas à nous ? Vraiment, nous ne l’aimons définitivement pas. D’ailleurs, nous pensons tous qu’il l’aura bien cherché et l’aura bien mérité sa punition lorsque Jésus arrive à la fin de sa parabole. C’est justice qu’il soit livré au bourreau jusqu’à ce qu’il ait tout remboursé. Où irions-nous si des hommes comme lui n’étaient jamais punis ? Cela lui apprendra à ne pas faire bénéficier les autres d’un peu de la chance qu’il aura eu. Non mais ! 
 
Il est juste, ce roi qui condamne : c’est ce que nous pensons tous lorsque Jésus termine sa parabole. Dans un monde dur, il se préoccupe du petit, de celui qui est exploité. Il remet un peu d’équité et un peu d’éthique dans un monde de brut. C’est si rare dans le monde des grands. Et on se met à rêver : nous en voudrions un, fait dans le même moule, pour nous gouverner et remettre un peu de bon sens dans un monde qui s’affole. Mais est-il vraiment juste ce roi ? Au début de la parabole, il veut régler ses comptes avec ses serviteurs (pas très engageant) ; puis il ordonne que cet homme soit vendu avec sa femme et ses enfants et tous ces biens (pas très catholique comme comportement), avant de finalement de se reprendre et de remettre la dette (c’est mieux). Mais au final, c’est la colère qui revient et il règle ses comptes avec cet homme avec sévérité. Sommes-nous sûrs de vouloir d’une girouette qui commence par remettre une dette et qui revient ensuite sur sa parole ? Bon, dans la parabole, cela semblait évident qu’il fallait agir ainsi, mais que serait notre monde si ceux qui le gouvernent se laissent aller à la colère et remettent sans cesse en cause leur décision ? Non, cela ne fait pas très sérieux ; cela semble même dangereux. Il faut quelqu’un qui soit sûr de lui, qui décide et qui se tienne à ce qu’il a décidé. Pas quelqu’un qui se laisse gouverner par ses sentiments ! Non mais ! 
 
Maintenant que la parabole est démontée, que reste-t-il ? Qu’en tirons-nous ? Car enfin, quand Jésus raconte une parabole, c’est toujours pour nous édifier. Et là, j’avoue qu’il m’inquiète davantage qu’il ne m’édifie. Ai-je envie que Dieu soit comme ce roi ? Oui, si je suis le petit exploité, celui que personne n’écoute. Non, si je me rends compte que je pourrais quelquefois être comme cet homme qui a du mal à remettre les dettes aux autres. Je sais qu’il y a des personnes que je n’aime pas et que j’ai donc du mal à pardonner. Je connais mes limites. J’ai beau savoir l’immense amour de Dieu pour moi, j’ai beau savoir sa miséricorde sans limite, je sais que je ne suis pas toujours à la hauteur ni de cet amour, ni de cette miséricorde. Suis-je donc d’avance condamné ? 
 
La parabole a été racontée par Jésus en réponse à une question sur le pardon : Lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? La réponse de Jésus est sans appel : il faut toujours pardonner sous peine d’être traité par Dieu comme cet homme à qui une grande somme a été remise et qui se montre incapable de remettre une peccadille. La justice de Dieu est proportionnelle à notre propre justice. Nous aurons toujours plus à nous faire pardonner par Dieu que ce que les hommes auraient à se faire pardonner par nous. Si nous voulons être pardonnés, nous devons pardonner. Dieu nous pardonne parce qu’il nous aime ; nous devons pardonner, non parce que nous aimons, mais parce que nous sommes aimés infiniment. L’amour que Dieu nous porte doit rejaillir en pardon pour les autres ou il n’y aura pas de place pour nous dans le Royaume. La miséricorde que Dieu nous accorde doit rejaillir sur les autres ou il n’y aura pas de place pour nous dans le Royaume. Rappelons-nous les paroles du Sage de la Première Alliance : Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? S’il n’a pas de pitié pour un homme, son semblable, comment peut-il supplier pour ses péchés à lui ? 
 
Entendant Ben Sirac le Sage, il me vient alors une question : cet homme de la parabole que nous n’aimons pas beaucoup, faudra-t-il lui pardonner aussi ? La sentence prononcée laisse entrevoir une espérance : le maître le livra au bourreau jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. Cela laisse entendre, me semble-t-il, qu’une fois la chose faite et l’argent remboursé, il faudra bien lui pardonner. La justice n’annule pas le besoin de pardon. Et le pardon ne suppose pas qu’il faille aimer la personne d’abord. Mais le pardon donné peut entraîner l’amour à sa suite. N’attendons pas d’aimer pour pardonner, mais pardonnons pour apprendre à aimer. Si nous vivons de l’amour que Dieu nous porte, nous apprendrons de lui le pardon. Le psalmiste nous l’a fait chanter : le Seigneur n’est pas pour toujours en procès, [il]ne maintient pas sans fin ses reproches, car il est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour. Apprenons cela de lui, pour vivre avec lui pour toute éternité. Amen.

samedi 16 avril 2016

04ème dimanche de Pâques C - 17 avril 2016

Pâques : quand le salut est ouvert à tous !





J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. Ainsi s’entend la vocation propre du peuple que Dieu s’est choisi dans la Première Alliance. Israël, devenu le peuple particulier de Dieu, non par exclusion des autres, mais pour que les autres, grâce à lui, parvienne à la connaissance du vrai Dieu, à la lumière de la vérité. Un peuple particulier pour donner envie aux autres de s’approcher à leur tour de Dieu et de désirer vivre selon sa Loi. 
 
J’ai fait de toi la lumière des nations. Cette vocation particulière, Paul et Barnabé la rappellent à leurs frères juifs à Antioche de Pisidie. Certains d’entre eux, sans doute à cause de la foule que les deux Apôtres rassemblent, s’opposent violemment aux deux missionnaires de l’Evangile. Que faire quand ceux à qui cette Bonne Nouvelle est adressée refusent de l’entendre ? Faut-il se taire ? Faut-il arrêter là la mission confiée par le Christ au soir de Pâques, lorsque, leur remettant son Esprit, il les envoie à la rencontre du monde ? Que deviendra cette Bonne Nouvelle si ses destinataires n’en veulent pas ? La réponse jaillit, lumineuse : confions-là à d’autres : Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes. Nous n’imaginons pas réellement, je pense, ce qu’il a fallu de courage et d’audace missionnaire pour poser cette affirmation. Nous n’imaginons pas entièrement ce que cela a pu représenter pour les personnes issues de ces nations païennes, de s’entendre dire que le salut, c’était désormais pour elles aussi. Si le Christ, mort et ressuscité, inaugure bien un monde nouveau, cette nouveauté se déploie dans cette évidence rappelée par Paul et Barnabé : le Christ a donné sa vie pour tous les hommes. 
 
J’ai fait de toi la lumière des nations. N’imaginons pas non plus que cela a été de soi pour les premiers croyants au Christ. Tous ne se sont pas réjouis de cette nouveauté. Il a d’ailleurs fallu une assemblée des Apôtres à Jérusalem pour entériner toutes les conséquences que cette ouverture aurait désormais pour la jeune communauté qui, à raison, est fière de son origine, fière de son appartenance au peuple premier choisi par Dieu. Nous savons les tensions qui ont existé et le risque d’implosion de la communauté que cette position a suscité. La jeune communauté croyante n’avait pas l’intention de créer un groupe nouveau ; elle se comprenait bien comme l’aboutissement de toutes les promesses faites à Israël, puisqu’elle reconnaissait en Jésus, le Messie tant attendu et annoncé par bien des prophètes. Cette ouverture au monde n’allait décidément pas de soi parce qu’elle remettait en question, au moins en apparence, l’élection dont avait bénéficié le peuple juif. 
 
J’ai fait de toi la lumière des nations. Cette affirmation est toujours vrai aujourd’hui pour Israël. Il est le peuple premier que Dieu s’est choisi pour amener à la vérité la multitude des peuples. Mais nous partageons désormais cette mission avec lui. Disciples du Christ, nous avons à témoigner et à vivre de telle sorte que ceux qui ne connaissent pas encore Dieu puissent trouver un chemin vers lui. C’est une chance supplémentaire que Dieu offre aux nations païennes de venir à lui. Et nous devons veiller à notre tour à ne pas fermer l’accès à Dieu, à n’être pas des obstacles à la reconnaissance de la vérité qui est en Dieu. Par notre art de vivre, nous devons être pour les autres les révélateurs de la bonté et de la miséricorde de Dieu. Nous devons, par notre art de vivre, être des relais de l’amour de Dieu pour tous les hommes. Il ne s’agit pas de convertir : Dieu seul peut retourner un cœur vers lui ; il s’agit bien d’être et de vivre selon ce que nous sommes : des fils pécheurs mais pardonnés en Jésus, mort et ressuscité pour notre vie, mort et ressuscité pour la vie de tous les hommes. Nous proposons une voie vers la vérité de Dieu, comme Israël propose une voie vers cette même vérité. Nous pouvons la formuler ainsi : Dieu veut le bonheur de tous les hommes, il veut la paix pour tous les hommes, il veut le salut pour tous les hommes. Pour nous, chrétiens, c’est le mystère de Pâques qui ouvre ainsi la porte de ce salut proposé à tous. Sur la croix, le Christ s’est livré, porteur du péché de tous les hommes ; ce péché, il l’a vaincu pour que tous les hommes soient libres et vivants. 
 
J’ai fait de toi la lumière des nations. Ne faisons pas comme les adversaires de Paul et Barnabé : ne refermons pas la porte que le Christ a ouverte ; ne restreignons pas l’accès à ce salut à ceux et celles que nous estimerions suffisamment purs, suffisamment croyants ou suffisamment pratiquants pour être comptés des nôtres. Dieu seul sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme ; c’est à lui seul de les juger quand viendra son jour. A nous de toujours proposer son amour ; à nous de toujours vivre cet amour ; à nous de toujours répandre cet amour. Nul ne peut ni ne doit être exclu sur nos seuls critères humains ; ce n’est plus possible, ni admissible, depuis que Pâques a ouvert le salut à tous. Ne nous contentons pas d’être des fidèles du Christ ; soyons fidèles au Christ qui a livré sa vie pour rassembler une foule immense, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues, une foule dont il sera pour toujours le seul et unique pasteur. Amen.

(Dessin de Jean-Yves DECOTTIGNIES, in Mille dimanches et fêtes, Année C, éd. Les Presses d'Ile de France)

samedi 2 janvier 2016

Epiphanie - 03 janvier 2016

une fête avec un message simple : Dieu est pour tous les hommes !





J’aime l’Epiphanie. Savez-vous pourquoi ? Parce que tout est simple aujourd’hui. Il n’y a pas à se creuser la tête pour comprendre le sens de la fête. C’est un mystère immédiatement accessible. Tout est dit dans la prière que l’Eglise fait monter vers Dieu. 
 
Cela commence avec la prière d’ouverture de cette messe : Aujourd’hui, Seigneur, tu as révélé ton Fils unique aux nations, grâce à l’étoile qui les guidait. On pouvait difficilement faire plus simple. En une phrase, nous apprenons que tous les peuples sont concernés par Jésus et que ces mêmes peuples sont attirés vers lui : une étoile les guidait. La foi ne tombe pas du ciel ; elle est le résultat d’un double désir : le désir de Dieu de se faire connaître aux hommes, et le désir des hommes de se mettre en route, à la suite d’un signe. Ce signe peut être très variable : un échange avec quelqu’un, une lecture, une rencontre, une étoile dans le ciel… Qu’importe, mais quelque chose, un jour, met l’homme en route, à la recherche de Dieu. Cette mise en route est une première étape nécessaire. Elle sera renforcée par l’écoute des Ecritures. Les mages, passant chez Hérode, se font préciser le lieu probable de la naissance à partir des Ecritures : les grands prêtres et les scribes répondirent : A Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël. Nous ne pourrons jamais faire l’économie de l’Ecriture, même et surtout quand elle n’est pas à l’origine de notre mise en route. Elle vérifiera notre désir et le renforcera. 
 
La liturgie continuera d’éclairer le sens de la fête avec la préface, en particulier. Nous entendrons aujourd’hui celle tirée du Missel des Messes de la Vierge Marie, plus précisément celle de la messe à Marie à l’Epiphanie du Seigneur. Elle est de toute beauté : Quand ton humble servante, le Vierge Marie, portait dans ses bras Jésus, son enfant, tu as attiré tous les peuples à la foi de l’Evangile : prémices de l’Eglise venue d’Israël, les bergers de Bethléem, enveloppés de ta clarté et avertis en songe par la voix des anges, reconnaissent dans cet enfant le Christ Sauveur. Premiers représentants de l’Eglise issue des nations, les mages venus d’Orient, poussés par ta grâce et guidés par l’étoile, entrent dans une pauvre maison et, dans l’enfant qu’ils trouvent avec Marie sa Mère, ils adorent leur Dieu, acclament leur Roi et reconnaissent leur Rédempteur. Nous comprenons l’unité du temps de Noël : Noël et l’Epiphanie, c’est une même fête au point que nous pouvons dire, avec nos frères orthodoxes : c’est aujourd’hui Noël. Les bergers et les mages sont chacun les représentants d’une partie des peuples de la terre qui s’unissent dans l’Eglise : Israël pour les bergers, les autres peuples pour les mages. Et les gens venus d’Israël comme les gens venus des nations lointaines, viennent reconnaître en l’Enfant celui qui les sauve. Nous comprenons pourquoi l’oraison de cette fête commençait, comme celle de Noël, par aujourd’hui : c’est une même réalité qui est célébrée et qui, si elle a eu lieu jadis, reste valable pour nous. Nous ne sommes pas dans le souvenir, mais dans l’actualisation, dans la commémoration de ce mystère unique d’un Dieu qui se révèle à tous les hommes, donc à nous aujourd’hui. Dieu ne s’est pas seulement révélé autrefois, à ceux qui avaient la chance de vivre alors ; il se révèle toujours et encore aux hommes, à tous les hommes, sans distinction d’origine, de culture, de religion. Dieu se révèle à tous, à travers le temps et l’histoire, parce qu’il veut faire de tous les peuples un seul corps, en son Fils Jésus. C’est bien ce qu’annonçait Paul aux Ephésiens : ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Evangile. Et c’est bien par la grâce de Dieu que cela est possible. Ce ne sont pas les hommes qui ont décidés cela ; c’est Dieu qui a choisi de faire aux hommes le cadeau de cette unité, le cadeau de cette fraternité en Jésus. Pour reprendre un discours contemporain, il n’y a pas à chercher dans une loi les valeurs qui unissent les hommes ; elles sont données par Dieu, n’en déplaise aux laïcistes de tous bords. Personne ne peut donc s’appuyer sur Dieu pour justifier ce qui sépare les hommes, ni pour mettre en place des lois qui créent des sous-catégories parmi les hommes. Encore une fois, le message de Dieu est simple : Dieu veut tous les hommes unis en Jésus Christ ! Dieu est pour tous les hommes ! 
 
C’est la bénédiction solennelle qui achèvera de préciser en quoi cette fête nous concerne et ce qu’elle nous apporte. Elle le fera en trois points. Premièrement, puisque par la révélation de Jésus à tous les hommes, nous sommes entrés dans la lumière de Dieu, cette fête nous obtient un surcroît de foi, d’espérance et de charité. Et la bénédiction demandera à Dieu de les faire grandir encore et surtout de leur permettre de donner leurs fruits. Si tous les peuples de la terre sont concernés par la révélation de Dieu, je ne peux plus me contenter de mon cercle étroit de relations. Ma charité surtout doit prendre en compte tous les hommes de la terre que Dieu appelle. Je ne peux donc rester indifférent à la misère des hommes. Deuxièmement, puisque le Christ est la lumière qui dissipe les ténèbres, nous sommes invités à marcher à sa suite et surtout à être lumière pour guider les frères sur leurs chemins. Je ne peux me taire, ni cacher cette révélation de Dieu à tous les hommes. Croyants au Christ, nous avons à témoigner de lui devant tous les hommes pour qu’eux aussi parviennent à la lumière, à la connaissance du Christ. Troisièmement, puisque notre marche est orientée vers le Royaume, nous avons la certitude de voir un jour celui que les mages ont cherché et trouvé. Nous verrons nous aussi le Christ face à face et nous vivrons dans sa lumière pour toute éternité. Si cette fête nous rappelle le projet de Dieu d’être connu de tout homme, elle nous rappelle aussi notre destinée : nous sommes faits pour vivre avec Dieu et le contempler face à face dans son Royaume. Sans doute est-ce là cet autre chemin qu’il nous faudra prendre pour rentrer chez nous : non plus le chemin des hommes, mais le chemin qui mène à Dieu pour toujours. 
 
Dans cette attente, vivons notre foi, ouverts à tous les hommes et proclamons sans fin que Dieu est Dieu pour tous, qu’il est venu en Jésus pour tous et qu’il nous attend tous, unis dans son Royaume d’amour et de paix. Ne compliquons pas une fête au message si simple, mais si riche de sens. Amen.
 
(Dessin extrait de la revue L'image de notre paroisse n° 205, janvier 2004, éd. Marguerite)

samedi 16 août 2014

20ème dimanche ordinaire A - 17 août 2014

Ma maison s'appellera "Maison de prière pour tous les peuples".




Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. On aura beau dire que la réponse initiale de Jésus à la Cananéenne était formulée ainsi pour  mieux éprouver sa foi, il n’en reste pas moins qu’elle est sévère. Le Dieu auquel nous croyons est-il notre Dieu à nous tout seul ? Ou pouvons-nous le partager à d’autres ? Faut-il être blanc, européen, bien-pensant, issue de telle catégorie socio-professionnelle, pour prétendre à la qualité de chrétien ? Telles sont bien les questions auxquelles nous sommes renvoyés par l’ensemble des lectures de ce dimanche. 
 
Cette femme qui crie vers Jésus a le don d’agacer. Elle agace les disciples à tel point qu’ils demandent à Jésus de lui donner satisfaction, car elle les poursuit de ses cris ! En gros, ce qu’ils demandent à Jésus, c’est de la faire taire ! Jésus est-il venu pour cela ? Pour nous faire taire ? La suite montre bien que non, puisqu’il va pousser cette femme à s’exprimer davantage ; il va la pousser à dire sa foi. C’est pour cela qu’il est venu : pour que nous prenions position, pour que nous nous interrogions sur Jésus et que nous nous exprimions clairement. Puisque Jésus est sans gêne vis-à-vis d’elle, elle sera sans gêne dans sa réponse : c’est vrai, Seigneur, mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. Elle reconnaît que Jésus est venu pour Israël ; d’ailleurs, elle l’appelle Fils de David ! Mais elle affirme aussi qu’il peut avoir quelque attention pour les autres, qui ne sont pas d’Israël, mais qui l’écoutent, le suivent et le reconnaissent comme Seigneur. Si les uns ont trop ou ne veulent pas tout ce qu’on leur propose, pourquoi d’autres ne profiteraient-ils pas de leurs restes ? En donnant suite à la demande de cette femme, en répondant à sa supplication, Jésus vient bien d’affirmer qu’il est venu pour tous les peuples, que tous les hommes peuvent avoir accès au salut qu’il va proposer dans sa mort/résurrection. 
 
Ce faisant, il ne crée pas de jurisprudence nouvelle, il ne fait qu’exprimer une donnée contenue dans la première alliance : quand Dieu s’est choisi Israël pour être son peuple particulier, il l’a établi comme lumière pour tous les peuples. Grâce à sa relation particulière à Dieu, ce peuple devait éclairer les autres peuples, au point qu’ils désirent eux-aussi suivre la loi du Seigneur. N’est-ce pas ce que reconnaît le prophète Isaïe déjà ? Lorsqu’il rappelle au peuple de Dieu la nécessité d’observer le droit, de pratiquer la justice, il rappelle que le Seigneur accueillera favorablement les sacrifices et les prières de ces étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur pour l’amour de son nom et sont devenus ses serviteurs. Il n’y a déjà plus lieu de se revendiquer membre de ce peuple par sa naissance ; ce qui caractérise le fidèle du Seigneur, c’est sa pratique, son attachement concret non pas à un peuple, mais à l’alliance que conclut avec tous. Et ainsi la maison du Seigneur s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples ». 
 
Si vous relisez les Actes des Apôtres, vous constaterez qu’il ne suffit pas qu’un prophète éminent annonce un fait pour qu’il soit accepté par tous. Il n’a même pas suffit que Jésus, durant sa vie terrestre, accueille favorablement la demande de la Cananéenne, ni qu’il donne en exemple un samaritain dans une de ces paraboles, pour que ses disciples soient ouverts à tous. Relisez les Actes des Apôtres et vous verrez Pierre lui-même lutter contre ces préjugés quand il a le songe qui le mènera finalement chez le Centurion Corneille. Vous y verrez aussi combien Paul a dû lutter pour que soit reconnue sa mission auprès des païens. Nous en sentons les difficultés dans sa lettre aux Romains dans laquelle il essaie d’expliquer qu’Israël garde une place de choix dans le projet de Dieu puisque les dons de Dieu et son appel sont irrévocables. Mais en même temps, il souligne la miséricorde de Dieu envers tous les peuples, qui fait que des païens peuvent se convertir au Christ et être sauvés. Sa réflexion aboutira à cette affirmation capitale pour lui : il n’y a plus ni Juif, ni païen, ni esclave, ni homme libre, il n’y a plus ni homme, ni femme, mais tous, vous ne faites plus qu’un, en Christ. Comment exprimer mieux que cela l’universalité du salut que Jésus offre ? 
 
Ce salut pour tous ne signifie pas que Jésus vient inaugurer le temps des soldes de la foi ; il ne vient pas supprimer l’exigence de la foi. Inviter tout homme au salut ne signifie pas que nous irons tous au paradis ! Mais que tout homme peut y prétendre s’il accueille le Christ et vit de ses enseignements. Il n’est plus besoin d’être d’un peuple particulier, d’un modèle précis, d’une certaine couleur de peau pour entrer dans le Royaume. Il faut accueillir Dieu et sa Parole, il faut faire sa volonté. Là sont toutes les exigences du salut : croire au Christ, vivre de sa Parole. Tous sont soumis à la même règle ! Que vous soyez croyant de longue date ou jeune converti, la même chose est demandée. Il n’y a pas d’ancienneté qui tienne ; il n’y a de passe-droit pour personne. Une parfaite égalité devant Dieu. 
 
Ma maison s’appellera « Maison de prière pour tous les peuples » : l’universalité de l’Eglise, née de l’ordre du Christ donné aux Apôtres au jour de Pâques (Allez, de toutes les nations faites des disciples), réalise cette prophétie d’Isaïe. Présente aux quatre coins du monde, annonçant inlassablement l’unique Evangile, la maison Eglise est maison de prière pour tous les peuples. Gardons-nous de jamais en rétrécir les contours ; soyons accueillant comme le Christ l’est pour tous, sous peine de nous mettre nous-mêmes hors les murs, hors la maison du Seigneur. Amen.

samedi 12 octobre 2013

28ème dimanche ordinaire C - 13 octobre 2013

L'Evangile pour tous, j'y crois !


Avec ce dimanche, s’ouvre la semaine missionnaire mondiale qui voudrait nous sensibiliser à une dimension essentielle de notre foi : la nécessaire annonce de l’Evangile à tous. Si vous suivez un peu l’actualité du pape François, vous savez que c’est là un de ses thèmes favoris, lui qui, depuis son élection, nous encourage sans cesse à aller aux frontières, porter l’annonce de l’Evangile à tous. C’est ainsi que se décline le thème retenu par les promoteurs de cette semaine : l’Evangile pour tous, j’y crois ! Permettez que je démonte ce slogan pour vous, et peut-être y trouverez-vous de quoi nourrir votre foi ! 
 
Commençons par le premier mot : l’Evangile ! Voilà un mot qui est bien connu dans la sphère chrétienne. L’Evangile, c’est bien sûr la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui s’intéresse tellement à l’homme qu’il devient l’un d’eux afin de leur partager sa vie. Est-ce vraiment une Bonne Nouvelle ? L’homme a-t-il besoin que Dieu s’intéresse à lui pour vivre ? Le croyant, au moins, devrait répondre ici par l’affirmative. Dieu n’est pas un lointain vieillard vivant dans les nuages et contemplant les hommes de haut ; il est d’abord quelqu’un qui veut vivre une alliance avec chacun, avec moi, avec toi. Non pas parce qu’il s’ennuie, non pas parce qu’il voudrait nous ennuyer, mais parce que c’est sa personnalité propre. Dieu n’existe pas pour lui-même ; il est un être de relation et il veut établir une relation privilégiée avec chacun de nous, pour que notre vie s’en trouve plus belle, plus grande, plus riche. Nous pourrions nous interroger sur ce que cette Bonne Nouvelle, cet Evangile, comporte de plus important. Quel serait le verset entre tous les versets à transmettre absolument ? La réponse, c’est Paul lui-même qui nous la donne dans la seconde lecture : Jésus est ressuscité d’entre les morts, voilà mon Evangile. Il n’y a rien de plus urgent à annoncer. Le pape François lui-même le répète régulièrement : annoncer Jésus, mais tout Jésus, c’est-à-dire aussi Jésus mort et ressuscité. Nous ne pouvons pas faire l’impasse sur le Vendredi Saint dans notre annonce sans prendre le risque de tronquer la Bonne Nouvelle : sans Vendredi Saint, il n’y a pas de Pâques. Ecoutons encore saint Paul : Si nous sommes morts avec lui, avec lui nous vivrons. Si nous supportons l’épreuve, avec lui nous règnerons. Oui, à moins de vouloir ressembler à des gâteaux dans une pâtisserie pour reprendre encore le pape François, nous devons annoncer au monde Jésus, mais Jésus mort et ressuscité. Tout l’enseignement de Jésus devient Bonne Nouvelle à cause de l’événement de Pâques. Tout l’enseignement de Jésus reçoit sa force de la croix et de la victoire de Jésus sur la croix. Sans cette expérience de la mort et de la résurrection, les paroles de Jésus ne sont que de belles paroles, mais pas une Bonne Nouvelle. 
 
Cet Evangile, dont nous venons de préciser les contours, est pour tous, selon le thème de cette semaine missionnaire. Cela signifie bien qu’il ne concerne pas que les chrétiens. Nous n’avons pas à enfermer l’Evangile dans un beau livre que nous n’ouvrons jamais. Il n’y a pas de tabernacle dans lequel enfermer cet Evangile à double tour pour que surtout il ne s’échappe pas et ne nous échappe pas. Saint Paul dit encore à Timothée : on n’enchaîne pas la Parole de Dieu ! On ne la retient pas ; on ne l’empêche pas de se faire entendre ! Au pire, on l’ignore, mais elle ne cessera pas pour autant d’être proclamée, elle ne cessera pas pour autant d’agir dans le cœur des croyants, dans le cœur de celles et ceux, de toutes origines qui l’accueillent dans leur cœur et se laissent ainsi approcher de Dieu. Oui, cette Parole est pour tous, croyants ou non croyants. Si nous voulons qu’elle puisse remplir sa mission qui est de féconder le cœur de tout homme qui cherche Dieu, il nous faut l’annoncer, à temps et à contre temps, avec notre bouche et par toute notre vie. L’Evangile pour tous est une réalité de la catholicité de notre Eglise : ou elle s’adresse à tous les hommes, ou elle n’est pour personne. En tous coins de la terre, cette Parole peut porter du fruit et être Bonne Nouvelle. En tous coins de la terre, elle peut intéresser les hommes et leur permettre de mieux connaître Dieu, de mieux grandir dans son amour, de mieux découvrir le bonheur auquel ils sont appelés. L’Evangile est pour tous parce que le Christ lui-même est venu et a livré sa vie sur la croix pour tous les hommes de la terre, à travers le temps et l’histoire. S’il l’a fait à un moment donné de l’histoire, il ne l’a pas fait que pour les hommes de ce moment. L’Evangile, ce n’est pas une belle histoire du passé, c’est une vie donnée pour nous aussi.
 
L’Evangile pour tous, j’y crois ! Il ne faut pas oublier la finale de ce slogan. J’y crois, c’est une traduction souvent donnée aux enfants pour le mot AMEN. Ce « J’y crois » nous rappelle que si l’Evangile est pour tous les hommes, il est aussi pour moi. Car souvent, lorsque nous disons pour tous, nous pensons « pour les autres, mais pas pour moi ». Nous voulons bien charger la mule des autres, mais pas la nôtre. C’était déjà au temps de Jésus le réflexe de certains membres du parti des pharisiens. En affirmant « l’Evangile pour tous, j’y crois », nous affirmons bien que nous sommes croyants, appelés à nous laisser convertir par cette Bonne Nouvelle. Vivre le thème de cette semaine missionnaire mondiale, c’est affirmer non seulement que l’Evangile est pour tous les hommes, y compris ceux qui ne croient pas, mais aussi qu’il est Evangile pour moi, qui suis croyant, et qui ai toujours besoin de me convertir, de me laisser saisir par cette Parole, d’en saisir toute la richesse, toute la beauté, toute la profondeur. Le plus grand obstacle à la Bonne Nouvelle pour tous, n’est-ce pas le croyant qui n’y attache plus d’importance, le croyant qui n’en vit pas ou plus ? Oui, la Bonne Nouvelle de Jésus mort et ressuscité pour tous est aussi pour moi, même si j’ai déjà été sauvé par Dieu au moment de mon baptême. Je me dois d’accueillir cette Bonne Nouvelle dans ma vie, je me dois d’en vivre pour mieux pouvoir la transmettre.
 
L’Evangile pour tous, j’y crois. De génération en génération, de continent en continent, la Bonne Nouvelle de Jésus se répand dans le cœur des hommes. Elle résonne par toute la terre. Nous ne saurions interrompre la longue chaine de celles et de ceux qui ont transmis cet Evangile depuis que Jésus a envoyé ses Apôtres faire de toutes les nations ses disciples. L’œuvre immense déjà accomplie ne doit pas cacher l’œuvre immense qui reste à accomplir pour que toujours, les hommes et les femmes de notre terre, où qu’ils vivent, quoi qu’ils croient, puissent continuer à entendre cet Evangile et accueillir la puissance du ressuscité dans leur vie, s’ils sont convaincu que cet Evangile pour tous est aussi pour eux. Sans forcément parcourir le vaste monde, nous pouvons commencer par annoncer cet Evangile par nos mots et par notre vie à celles et à ceux qui nous entourent et que nous croisons quotidiennement. L’annonce missionnaire, c’est dans la famille qu’elle commence, c’est dans nos quartiers qu’elle se poursuit, sans oublier la paroisse  que nous fréquentons. De cœur en cœur, de maison en maison, ici ou ailleurs, la Bonne Nouvelle se répandra et deviendra vraiment Evangile pour tous. Amen.

(Photo prise en l'église St Georges de Haguenau en ce dimanche)

vendredi 6 janvier 2012

Epiphanie - 08 janvier 2012

Permettre à tous les hommes d'accueillir le Sauveur !





Un signe dans le ciel, des hommes, étrangers, païens (c’est-à-dire, pour l’évangéliste, non juifs) qui se mettent en route à la recherche de celui que ce signe révèle, des hommes qui trouvent celui qu’ils ont cherché et qui, en lui, adorent leur Dieu, acclament leur roi et reconnaissent leur Rédempteur : et voilà tout le sens de cette fête de l’Epiphanie que nous célébrons, sens révélé par les Ecritures et la prière de l’Eglise. Comme l’écrit Paul dans l’épître entendue : désormais, en Jésus, les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, par l’annonce de l’Evangile. C’est déjà la fin du mythe de Babel qui divisa les hommes et l’annonce de la Pentecôte qui achèvera de faire entendre à tous l’Evangile dans leur propre langue.

Une fête donc qui nous ouvre à l’espérance : en s’incarnant en Jésus, Dieu n’a pas seulement voulu sauver ceux qui déjà croyaient en lui, mais il a voulu sauver l’humanité répandue par toute la terre. Tous peuvent, à l’exemple de ces voyageurs, reconnaître les signes universels de la présence de Dieu au cœur du monde : il suffit de scruter attentivement le monde pour reconnaître Dieu à l’œuvre. Ils sont nombreux, les témoins de l’Evangile, à travers l’histoire, à avoir souligné ces signes : là où règne la justice, là où règne la paix, là où les hommes s’aiment et s’entraident, là Dieu est présent, là Dieu est révélé. Parce que Dieu continue de prendre soin de son peuple à travers les hommes, les femmes et les enfants qui le servent avec fidélité et courage, quelquefois.

Une fête qui nous ouvre aussi à la nécessaire mission qui incombe à chaque baptisé : annoncer le Christ, toujours et encore, afin que tous puissent connaître le bonheur de ces mages devant l’enfant trouvé dans sa crèche : celui qu’ils ont cherché était là, petit, pauvre, faible, sans doute loin de ce qu’ils avaient imaginé, et pourtant, ils sont comblés de joie. Aujourd’hui encore, des hommes, des femmes et des enfants peuvent connaître cette joie de rencontrer le Christ ; aujourd’hui encore, les païens des temps modernes peuvent adorer en lui leur Dieu, acclamer leur roi et reconnaître leur Rédempteur, c’est-à-dire celui qui les sauve, celui qui donne un vrai sens à leur existence, celui qui les comble parfaitement.

Une fête qui nous renvoie aussi à notre propre manière de croire : Jésus n’est-il qu’un homme sympathique ou est-il vraiment, pour chacun de nous, celui qui donne sens à notre vie, force à nos convictions, et légitimité à toutes nos actions ? Jésus est-il le cœur de notre vie, le cœur de notre foi, quelles que soient les circonstances vécues ? En cette nouvelle année, cette fête nous renvoie immanquablement alors à notre dynamique diocésaine qui est aussi la question dont se saisira un synode des évêques prochainement : la nouvelle évangélisation. Comment faire connaître celui que nous avons accueilli, à tous les peuples de la terre ? Comment le faire connaître et reconnaître à nos proches ? Comment mieux l’accueillir dans notre propre vie ?

Aujourd’hui encore, nous pouvons faire découvrir qu’au cœur de notre foi, il y a le Christ que nous accueillons et reconnaissons comme Parole vivante de Dieu. Et cette Parole, nul ne peut la faire taire. Il suffit de relire l’histoire, quelquefois mouvementée, de notre Eglise pour s’en rendre compte. Ils ont été nombreux, ceux qui ont voulu étouffer cette Parole, dès le départ et tout au long de l’histoire, et pourtant, elle résonne encore ; et pourtant, elle touche encore les cœurs, invite à se mettre en route et à suivre les signes de la présence de Dieu. Chaque chrétien doit suivre ainsi son étoile pour progresser dans sa foi. Et chaque chrétien peut ainsi devenir une étoile pour quelqu’un qui ne connaît pas encore Dieu. Baptisé, membre de l’Eglise, je suis responsable de ma foi et de la foi des autres ; nous soutenant ainsi mutuellement, à travers les joies et les difficultés de cette vie, nous parviendrons, comme les mages, à la révélation du Dieu vivant et vrai : nous verrons Dieu face à face, comme eux.

En cette fête de l’Epiphanie, je nous souhaite à tous de poursuivre notre route : nous sommes venus à la crèche, nous avons trouvé notre Dieu, notre roi et notre rédempteur. Désormais, il nous faut déjà le chercher ailleurs, sur d’autres chemins que ceux que nous avons empruntés jusqu’ici. Car Dieu nous met toujours en route. La route est longue, quelques fois difficiles, mais toujours belle. Elle est la route de la vie où Dieu nous attend, nous guide et nous sauve. Un signe nous est donné depuis notre baptême pour progresser sur cette route en vérité : c’est le signe de la croix qui est pour chaque croyant comme une étoile dans la nuit, une étoile à suivre, une étoile à faire découvrir, une étoile à accueillir. Puissions-nous, par le mystère de la croix, devenir évangélisateurs après avoir été évangélisés à frais nouveau : ainsi des peuples plus nombreux encore pourront vivre l’Epiphanie du Seigneur, en accueillant celui qui s’est fait le Sauveur de tous. Amen.


(Dessin de Coolus, Blog du lapin bleu)