Bienvenue sur ce blog !

Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







Affichage des articles dont le libellé est Enfant. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Enfant. Afficher tous les articles

mercredi 24 décembre 2025

Fête de la Nativité de Notre Seigneur - 25 décembre 2025

 Des raisons de célébrer Noël, s'il en fallait ! 




(image trouvé sur Pinterest)



 

            Voici donc la nuit tant attendue, préparée depuis le 30 novembre en Eglise, depuis octobre dans certains commerces. Peut-être, comme moi, avez-vous compté les dodos qui vous séparaient de cette nuit et vous êtes-vous réjouis de ce beau temps de Noël en préparant les bredele qui ont vocation à être largement partagés. Mais peut-être faites-vous partie de ces gens qui, regardant notre pays et notre monde, se demandent : à quoi bon ? A quoi bon fêter Noël quand le commerce prend le dessus sur le sens réel de la fête ? A quoi bon fêter Noël quand le monde ne connaît pas la paix ? Les quatre liturgies qui rythment cette fête, selon les heures à laquelle est elle célébrée, nous donne quelques bonnes raisons (s’il en fallait) de fêter, encore et toujours, la naissance de notre Sauveur.

Les premières lectures sont toutes tirées du prophète Isaïe ; elles nous invitent toutes à l’espérance. Et c’est sans doute la première raison de nous entêter à fêter Noël. Parce que nous avons besoin d’espérer en un monde meilleur, besoin d’espérer que l’homme peut changer et devenir meilleur, que nous pouvons changer et devenir plus humain. L’espérance vient agrandir l’espace de notre regard ; elle nous ouvre à un avenir meilleur auquel nous pouvons croire. Ce que le prophète Isaïe proclame dans les lectures proposées, c’est que nous ne sommes pas seuls ; nous ne sommes pas abandonnés à notre triste sort. Dieu veille, et en plus, il a décidé d’agir. Il vient lui-même redonner un avenir à l’humanité. Tu seras une couronne brillante dans la main du Seigneur, un diadème royal entre les doigts de ton Dieu (Messe de la veille au soir). Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi (Messe de la nuit). Eux seront appelés « Peuple-saint », « Rachetés-par-le-Seigneur), et toi, on t’appellera « La-Désirée », « La-Ville-qui-n’est-plus-délaissée » (Messe de l’aurore). Eclatez en cris de joie, vous, ruines de Jérusalem, car le Seigneur console son peuple, il rachète Jérusalem (Messe du jour). Dieu ne vient pas juste pour une visite, il vient restaurer son peuple, il vient redonner la lumière, il vient établir la paix. Dans un monde plongé encore largement dans la guerre, dans un monde qui se divise et se fracture, voilà une espérance plus que jamais nécessaire. 

            Les évangiles, racontés par Matthieu, Luc et Jean, nous parlent tous de la naissance de Jésus, Matthieu et Luc de manière très réalistes, contant avec milles détails les circonstances qui entourent cette naissance, et Jean nous invitant dans la messe du jour à prendre de la hauteur, à quitter le merveilleux pour entrer pleinement dans le mystère de cette Nativité. Tous nous disent que les promesses des prophètes sont réalisées désormais dans l’Enfant nouveau-né, trouvé dans une étable par les pauvres et les laissés-pour-compte de notre société. Un monde nouveau, une vie dans la lumière et la paix, ce n’est pas une utopie, c’est ce que Dieu vient réaliser par cet Enfant, humble et fragile. Nous avons là un enseignement précieux : alors que nous pensons souvent que nous sommes trop petits à l’échelle du monde et des gouvernants pour vraiment peser sur les grandes décisions, la naissance humble et cachée du Fils de Dieu nous rappelle que nous avons notre partition à jouer dans le concert des nations. Nous n’irons jamais plaider à l’ONU ou dans les grandes instances de ce monde, c’est sûr. Mais qu’un petit enfant porte l’espérance d’un monde en paix nous rappelle que la paix, ça commence humblement, dans nos familles, nos quartiers, nos associations, nos lieux de travail. Il y a un refrain d’un Agneau de Dieu qui nous le fait chanter, mais peut-être n’y portons-nous plus attention : la paix, elle aura ton visage, … la paix sera toi, sera moi, sera nous, et la paix sera chacun de nous. Ces mots ne peuvent pas, ne doivent pas rester juste de la poésie. Ils sont la réalité des artisans de paix ; et nous avons tous vocation à l’être, parce que personne n’aime vivre dans la guerre et les conflits. Pour construire la paix, lentement, patiemment, il faut commencer, dans nos lieux de vie, à refuser toutes formes de violence, physique ou verbale. Tant qu’il restera ne serait-ce qu’un humain à aimer les invectives et à donner des coups, la paix globale ne sera pas possible. Tant qu’il restera ne serait-ce qu’un individu à ne pas accepter de reconnaître chaque humain croisé comme un frère ou une sœur en humanité, la paix ne sera pas possible. Tant qu’il restera ne serait-ce qu’un humain à dire que certains ne devraient pas vivre ici, qu’ils n’ont pas leur place ici, la paix ne sera pas possible. Une paix construite avec patience et détermination, avec l’aide de l’Enfant de la crèche, voilà une autre raison de fêter Noël. 

Les deuxièmes lectures, extraites des Actes de Apôtres ou des lettres du Nouveau Testament, sont déjà une relecture de l’œuvre qu’accomplira cet Enfant quand il sera devenu grand. Jésus n’est pas seulement le Messie annoncé, il est le Christ qui accomplit dans sa chair le salut offert au monde : De la descendance de David, Dieu, selon la promesse, a fait sortir un sauveur pour Israël : c’est Jésus (Ac, Messe de la veille au soir). Ce n’est plus une vague espérance, c’est la nouvelle réalité de notre monde. Cet enfant de la crèche, devenu grand, sera l’homme cloué en croix, accomplissant dans le don de sa vie, le salut de l’humanité : Il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier (Tt, Messe de la nuit). Là où l’humanité ne vivait que désobéissance, il a offert à Dieu son obéissance. Là où l’humanité plongeait dans le péché, il a offert la miséricorde de Dieu, qu’il appelait son Père : il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde (Tt, Messe de l’Aurore). Là où nous mettions le doute, il a offert la foi. Il est la Parole ultime du Père : A bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses (He, Messe du jour). Quand nous relisons toute l’œuvre accomplie par Jésus, nous avons une troisième raison de célébrer toujours et encore le jour de sa naissance, non comme un banal anniversaire, mais comme le jour où nous faisons mémoire de ce qu’il a réalisé pour nous et de ce qu’il réalise encore à travers nous, aujourd’hui. 

Trois bonnes raisons de célébrer Noël, même dans un monde imparfait comme le nôtre. Cette naissance de Jésus, le Sauveur, si elle a eu lieu une fois pour toutes au temps du roi Hérode, a lieu aujourd’hui, pour nous qui croyons en lui. Et il nous est demandé, aujourd’hui comme hier, si nous voulons lui ouvrir la porte ou si nous préférons dire qu’il n’y a de place pour lui dans la salle commune de notre vie. Aujourd’hui comme hier, il ne force personne ; il vient, humble et caché. Aujourd’hui comme hier, il vient nous sauver et faire de nous des fils et donc des frères. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu (Evangile du jour). Quand vous serez rentrés chez vous et que vous aurez un moment devant votre crèche, relisez ces textes des diverses messes de Noël et prenez le temps de réfléchir à cette question simple : pourquoi j’ai voulu fêter Noël cette année ? Vous serez ramenés à l’essentiel : un Dieu qui frappe à votre porte et qui demande à entrer dans votre vie pour votre plus grande joie et pour votre salut. Amen.

vendredi 24 décembre 2021

Noël - Messe de Minuit 25 décembre 2021

 Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! 





(Arcabas, Vierge à l'Enfant, trouvé sur internet)



            L’annonce a retenti dès la lecture du prophète Isaïe : Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Dans une Eglise que certains disent remplie de pédo-criminel, il fallait oser une telle annonce ! Sans compter sur le fait que c’est cet enfant, ce fils donné qui va rétablir le droit et la justice. Nous pouvons alors vraiment nous réjouir de cette naissance, car c’est en se plaçant sous le règne de cet Enfant nouveau-né, que l’Eglise trouvera ( ou retrouvera) son salut. 

            Le gros mot est lâché : trouver notre salut. En fait, il serait plus juste de dire qu’avec cet Enfant, nous accueillons notre salut, c'est-à-dire que nous reconnaissons que nous avons besoin d’être sauvés. Il nous faut bien comprendre que toute cette histoire est d’abord un don, un don de Dieu. Hors lui, pas de salut possible ! Paul le dit bien à son ami Tite : La grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Quelle que soit l’histoire de celui qui est touché par la grâce, il sera sauvé. Cela n’excuse rien, mais cela engage à vivre désormais selon ce que la même grâce propose : renoncer à l’impiété et aux convoitises du monde, vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété dans l’attente de la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Cet enfant nouveau-né est bien celui que Dieu envoie pour le salut de tous les hommes. Cet enfant nouveau-né est celui qu’il nous faut accueillir maintenant et suivre chaque jour de notre vie. Sans doute certains l’avaient-ils oublié ! Le fait que Dieu lui-même entre dans le monde comme un humain, en se faisant enfant, le fait qu’il ne soit visité en premier que par des bergers, des marginaux, ces faits donc nous rappellent que ce sont les petits, les faibles, les exclus qui nous évangélisent et nous renvoient sans cesse à notre devoir de croyants : protéger celui qui est faible, venir en aide à celui qui est dépossédé de lui-même. Dieu qui se fait enfant, le Tout-Puissant qui se fait le tout-faible : voilà un trésor que nous devons chérir et qui doit sans cesse nous redire où est notre mission. Dieu qui se fait enfant, le Tout-Puissant qui se fait le tout-faible : voilà qui doit nous faire comprendre que l’Eglise, le peuple que Dieu rassemble autour de son Christ, ne peut être qu’un lieu de sureté pour les tout-petits, les tout-faibles. Le scandale des abus de toutes sortes qui ont eu lieu dans l’Eglise modifie notre approche de cette fête de Noël et remet de l’ordre dans nos priorités. Si Dieu se fait enfant, si le Tout-Puissant se fait le tout-faible, alors ceux qui croient en lui, quelle que soit leur place dans l’Eglise, doivent avoir à cœur le respect et la protection de tous les petits, de tous les faibles dont Dieu lui-même s’est fait proche en ce soir de Noël. 

            Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Ne boudons pas notre joie ce soir. Retrouvons le goût de la fête devant ce Dieu qui se fait tout-petit pour que nous puissions devenir tout-grand en amour, tout grand en respect, tout grand en attention donné à celui qui en a le plus besoin. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien. Que ce soit là notre désir le plus grand ; que ce soit là notre unique manière de montrer que nous croyons en Christ, Dieu devenu enfant pour nous sauver. Amen.   

samedi 2 octobre 2021

27ème dimanche ordinaire B - 03 octobre 2021

 Quand rien ne va plus, en revenir au projet des origines, toujours.


(Tableau de Soeur Mary-Luke, S.S.A., Jésus bénissant les enfants, 1950, 
Centre historique des Soeurs de Sainte Anne, Montréal, Québec)


        J’ai bien conscience que nous vivons un dimanche particulier cette année, suivi d’une semaine difficile dont j’espère qu’elle ne se reproduira plus à l’avenir. Ce dimanche particulier, c’est le dimanche où nous allons prier pour toutes les victimes d’abus sexuels dans l’Eglise ; la semaine difficile, c’est la semaine où sera révélée par la CIASE, l’ampleur du désastre. Nul doute que nous serons secoué tant la mise en lumière sera crue. Mais c’est la responsabilité de l’Eglise dans sa totalité d’affronter cette vérité pour qu’elle puisse retrouver une crédibilité que d’aucun dise perdue. Il me semble alors heureux que la liturgie de ce vingt-septième dimanche nous fasse comprendre ce qu’il convient de faire quand ce que nous vivons ne correspond plus au projet initial de Dieu. 

            Je suis toujours surpris que, pour mettre à l’épreuve Jésus, le chantre de l’amour, les pharisiens osent l’interroger sur ce qu’il convient de faire quand l’amour ne fonctionne plus. Car pour quelle autre raison un mari pourrait-il bien vouloir renvoyer sa femme ? Il ne l’aime plus ou il en aime une autre davantage, et comme il ne peut avoir les deux, il se débarrasse de celle qu’il aime moins.  Par souci de parité, je rappelle à toutes fins utiles que, de nos jours, cela peut aussi fonctionner dans l’autre sens, à savoir la femme qui se débarrasse de son mari. Cela montre bien les progrès de la société. Enfin bref, ne nous égarons pas. Jésus renvoie ses adversaires du jour à la Loi de Moïse qui a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. Mais il ne se contente pas de cela. Il rappelle qu’il y avait un projet de Dieu qui est tout autre que ce que Moïse a permis en raison de la dureté du cœur des hommes. Et ce projet était un projet d’amour éternel, d’amour qu’on ne peut pas rompre, à cause de l’engagement de Dieu dans toute cette histoire. 

            Nous l’avons entendu, dans l’extrait de la Genèse : Dieu donne à l’homme une femme, os de ses os, chair de sa chair, c’est-à-dire son égale, différente mais complémentaire. A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. A cette citation directe du Livre de la Genèse, Jésus ajoute aussitôt : Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! Quelqu’un peut-il en effet se défaire de la moitié de lui ? Aussi dure que semble être la parole de Jésus, il nous faut l’entendre. Si le mariage n’était qu’un contrat entre des humains, nous pourrions satisfaire à la règle des humains qui reviennent sur leur parole quand ils n’en sont plus satisfaits. Mais puisque la moitié de ce Un que forment les époux est un don de Dieu, comment dire à Dieu : reprends ton don ? Comment dire à Dieu que sa parole d’alliance, il doit la reprendre ? Aucun homme n’a ce pouvoir. 

            Il nous faut alors entendre de la même manière la suite du texte qui concerne les enfants. Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux. Quiconque a un peu de culture biblique aura reconnu dans ce geste de « poser la main sur », le geste de bénédiction. Jésus ne s’y trompe pas, lui qui finit par bénir ces enfants. Ceci appelle une première remarque : sans doute, dans l’histoire, aura-t-on confondu « poser la main sur… » en vue de bénir, et « mettre la main sur… ». Ce n’est pas la même chose exprimée autrement. Mettre la main sur quelqu’un, c’est vouloir le posséder. Et cela, ce n’est pas possible. Personne ne peut posséder quelqu’un, pas même un enfant. L’enfant n’est pas à posséder, l’enfant est à protéger, en lui accordant la bénédiction de Dieu, c'est-à-dire une parole bonne au nom de Dieu, pour lui dire la tendresse de Dieu et sa bienveillance à son égard : d’où le fait que Jésus les embrasse. Certains voudraient sans doute, pour prévenir d’autres abus, qu’il n’y ait plus d’enfants à proximité de l’Eglise ou des membres de l’Eglise. Ce n’est pas le projet de Jésus, au commencement. Quand les disciples cherchent à repousser les enfants, Jésus se fâcha et leur dit : Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Si le royaume de Dieu est promis à tous ceux qui leur ressemblent, sans doute est-ce là une indication que les enfants n’y risquent rien, que c’est un lieu sûr pour eux. Et de fait, si tel est le royaume de Dieu, telle doit être l’Eglise dès ici-bas : un lieu sûr pour les enfants, un lieu où les enfants reçoivent une bénédiction et donc l’assurance d’être protégés et accueillis par Dieu. Que des prêtres, des sacristains, des organistes… aient pu abuser des enfants et détruire ainsi leur avenir doit nous être insupportables à tous. Et l’engagement à veiller à ce que cela n’arrive plus doit être notre combat commun. En cela, le rapport, qui sera remis mardi aux évêques qui l’ont commandé, est une étape essentielle dans la reconnaissance de la souffrance des victimes, de la juste réparation qui leur est due, et d’un engagement ferme de nous tous, de veiller davantage encore à la sureté de tous dans tous les lieux d’Eglise. Plus jamais ça ! 

            Le retour au projet initial de Dieu pour les hommes, les femmes et les enfants doit toujours être notre horizon et notre engagement permanent. Rien ne doit nous détourner de ce projet. Dans la réalisation de ce projet se trouve notre salut. Et seulement là, car Dieu ne bénit que le bien fait. Tout le reste est à condamner, fermement. Amen.