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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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mercredi 9 mai 2018

Ascension de notre Seigneur - 10 mai 2018

Jésus s'en va ; et nous, que devenons-nous ?






Nous laissons temporairement la lecture continue de la première lettre de Jean au bénéfice de cet extrait de la lettre de Paul aux Ephésiens que la liturgie affecte à cette fête de l’Ascension. En treize versets, Paul parle de nous, du contenu de la foi, du Christ, des dons qu’il nous a faits et de notre mission. Ce passage vaut la peine que nous nous y arrêtions un peu. 

Lorsque Paul écrit cette lettre, il est en prison à cause du Seigneur. Et son souci, ce n’est pas lui, sa vie ou son avenir. Son souci, c’est ce que vivent les chrétiens d’Ephèse. Il les exhorte à vivre selon l’enseignement du Seigneur : dans l’humilité, la douceur, la patience, l’amour, l’unité et la paix. Rien d’autre finalement que ce que Jean n’a cessé de nous répéter durant les cinq dimanches que nous avons vécu depuis Pâques. Il décline à sa manière l’art de vivre du croyant au Christ. Ce que Jean résumait dans : Aimez-vous les uns les autres, Paul le précise : l’amour des autres nous rend humbles, doux, patient ; il nous pousse à rechercher en toutes choses l’unité et à vivre en paix. Là où il y a l’amour, il ne saurait y avoir rien de Mal. Jean l’avait bien compris et l’Eglise à sa suite n’a cessé de nous le redire depuis Pâques : notre vie prend sa valeur dans l’amour. Rappelez-vous ce que nous disait Jean dimanche : celui qui aime connaît Dieu ; et qu’est-ce que connaître Dieu sinon être pleinement vivant ? 

Cet art de vivre, Paul l’appuie sur la foi. Les fidèles du Christ ne peuvent vivre que dans l’amour parce qu’ils sont appelés à ne former qu’un seul Corps vivant dans un seul Esprit. On ne partage pas le Christ, on ne sépare pas le Christ. Fidèles du Christ, nous sommes son Corps visible, nous vivons de son Esprit, cet Esprit qu’il a remis sur la croix afin que tout soit accompli. Nous ne formons qu’un corps parce qu’il n’y a qu’un seul Seigneur (le Christ), qu’une seule foi, qu’un seul baptême (qui nous unit au Christ et nous fait membre de son Corps), qu’un seul Dieu et Père de tous. Tout se tient, tout doit se tenir ou tout s’écroule. Et l’Histoire nous a montré ce que donnait la vie des hommes lorsque les chrétiens ne sont pas unis par la même charité, ni soucieux de l’unité et de la paix. Cela n’a jamais rien donné de bon. Ils se sont tous éloignés de Dieu, le revendiquant pour leur groupe contre les autres. Ne pas vivre cette unité dans la paix, c’est comme refuser l’œuvre du Christ, lui qui a donné sa vie pour tous les hommes.
 
Paul rappelle alors la grandeur de cette œuvre vécue en deux temps : il est d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre, puis il est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers. C’est ce mystère que nous célébrons en ce jour. Dieu, en Jésus, s’est abaissé pour nous élever avec le Christ auprès de lui. Dieu n’a pas sauvé l’homme de l’extérieur ; il s’est fait homme pour faire monter l’homme vers Dieu. Il a rendu l’homme capable de Dieu. L’Ascension est une déclinaison du mystère de Pâques. Dans la résurrection est contenu déjà ce retour vers le Père ; c’est un même mouvement. Et nous serons appelés à vivre nous aussi ce même mouvement lorsque nous serons appelés à vivre définitivement auprès de Dieu. C’est toujours la joie de Pâques qui se prolonge dans la fête de ce jour.  
 
Que le Christ retourne vers son Père, voilà qui semble plutôt bien donc. Mais nous, dans tout cela, que devenons-nous en attendant ? La réponse est donnée par Paul : Il a fait des dons aux hommes. Il ne nous laisse ni seuls, ni désorganisés. Il a tout donné pour que se construise le Corps du Christ : Apôtres, prophètes, évangélisateurs, pasteurs, enseignants. La parole du Christ n’est pas tue depuis qu’il est retourné vers son Père. Il a envoyé ses disciples en mission pour qu’ils soient ses témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Nous sommes faits témoins de celui qui est ressuscité des morts et retourné vers son Père. Par notre art de vivre souligné au début de l’extrait de la lettre aux Ephésiens, nous devons édifier ce Corps du Christ vivant. Il ne s’agit pas seulement de l’entretenir en essayant d’en perdre le moins possible, mais de le faire grandir. Il s’agit bien que tous les hommes, de toute la terre, reconnaissent en Jésus le Messie Sauveur, le Fils unique de Dieu venu sur terre pour sauver tous les hommes. Comme le dit si bien Paul, nous devons parvenir tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude. Nous devons grandir dans notre foi. Nous avons notre part à prendre dans l’œuvre du Christ pour qu’il soit tout en tous. Le retour du Christ dans la gloire de son Père marque le début de notre envoi en mission. La feuille de route nous est donnée, l’horizon est indiqué.

Le Christ retourne vers son Père et nous confie la terre qu’il a recréée dans sa mort et sa résurrection. Nous nous retrouvons dans la position d’Adam jadis au jardin de la Genèse : co-créateurs avec Dieu, responsables de son œuvre, responsables les uns des autres pour qu’ensemble nous parvenions là où Dieu nous attend, là où le Christ aujourd’hui nous précède. Apprenons des erreurs d’Adam, vivons de l’exemple du Christ ! Et préparons-nous à recevoir le don déjà promis, la force de l’Esprit Saint. Amen.

(Dessin de M. Leiterer)

samedi 27 avril 2013

05ème dimanche de Pâques C - 28 avril 2013

Avec les Apôtres, témoigner de l'oeuvre de Dieu.



Depuis Pâques, en nous mettant à l’école des Apôtres, nous avons suivi un chemin de foi qui nous a conduit à nous ouvrir à la nouveauté, à nous ouvrir aussi à la foi, à obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes et à nous ouvrir au monde. Aujourd’hui, nous sommes invités à faire un pas de plus en apprenant des apôtres à témoigner de l’œuvre de Dieu. Pour témoigner authentiquement de l’œuvre de Dieu dans le monde et en nous, que faut-il ? 
 
Je dirais d’abord qu’il faut éviter deux excès. Le premier, c’est l’excès d’orgueil qui nous fait croire que Dieu n’y est pour rien, et que si, aujourd’hui, l’Evangile se répand et touche les cœurs, c’est d’abord grâce à tous nos projets pastoraux, à nos idées lumineuses pour renouveler l’annonce de la foi. Il faut sans cesse faire de nouvelles choses, inventer de nouvelles manières de célébrer, des nouveaux gestes, des nouveaux textes etc, etc… Comme si notre activisme pouvait quelque chose face aux églises qui se vident, face à la foi qui se perd. Le second excès, c’est paradoxalement l’excès d’humilité : vous savez, je n’y suis pour rien, c’est Dieu qui a tout fait ! Comme si Dieu voulait ne pas avoir besoin de nous ! L’attitude de Paul et Barnabé est tout autre : ni excès d’orgueil, ni excès d’humilité, mais chacun à sa bonne place, Dieu et eux : à leur arrivée, ayant réuni les membres de l’Eglise, ils leur racontaient ce que Dieu avait fait avec eux et comment il avait ouvert aux nations païennes la porte de la foi. Dieu avec eux : voilà le bon tandem. Voilà comment l’Eglise doit agir aujourd’hui ; voilà comment chaque chrétien doit agir aujourd’hui. Avec cette conscience que Dieu est avec lui et que lui marche avec Dieu. Pour témoigner de ce que Dieu fait dans ma vie, j’ai besoin de vivre avec lui, de vivre de lui. Pour que l’œuvre de Dieu soit connu des hommes qui ne le connaissent pas encore, Dieu a choisi d’avoir besoin de nous, les croyants. Par notre vie, nous pouvons être témoignage de Dieu, ou non. 
 
Nous pouvons ainsi comprendre pourquoi la liturgie de ce dimanche nous a fait écouter la page d’évangile qui nous rapporte le commandement de l’amour laissé par Jésus. Quel est ce commandement ? Est-ce Aimez-vous les uns les autres ? C’est souvent ce que nous en retenons. Mais nous aurions tort d’en oublier le commencement : Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. Si Jésus lui-même apporte cette précision, c’est que peut-être, elle est d’importance. Parce que cette précision (comme je vous ai aimés) nous donne le sens de l’amour véritable : l’amour véritable est celui qui va jusqu’à l’extrême, jusqu’au don ultime de la vie pour ceux qu’on aime. Nous n’aimons pas vraiment si nous n’aimons pas jusque-là ! Nous ne témoignons pas vraiment de ce que Dieu réalise pour nous si nous ne mettons pas nos pas dans les pas du Christ, jusque dans sa manière d’aimer. Comment le monde d’aujourd’hui peut-il se convertir,  si les disciples du Christ ne sont pas, d’une certaine manière, exemplaires de ce que Dieu apporte dans une vie d’homme ? A quoi bon croire en Dieu si ce n’est pour aimer mieux et vivre de son amour ? Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. 
 
Témoigner de l’œuvre de Dieu pour les hommes, c’est ce que la liturgie fait de mieux. Elle témoigne de l’œuvre de Dieu dès le rite pénitentiel qui ouvre nos célébrations. En effet, ce rite ne nous oriente pas vers notre péché, mais vers le Christ, et ce qu’il réalise pour nous par amour. Le rite de l’aspersion que nous sommes fortement invités à privilégier durant le temps pascal nous fait justement rendre grâce pour le don de l’eau par lequel Dieu nous unit à son peuple. Et tout à l’heure, au moment d’ouvrir la prière eucharistique, la préface nous redira un des nombreux motifs de rendre grâce à Dieu pour l’œuvre accomplie par son Fils Jésus, mort et ressuscité. Il doit y avoir pas loin de 100 préfaces différentes : autant de raison de témoigner de l’œuvre de Dieu dans le monde, pour tous les hommes. A côté de ces motifs officiels dont nous avons à témoigner, il y a tout ce que Dieu réalise en nous et par nous afin de manifester sa présence et sa tendresse aux hommes de notre temps. Notre manière de vivre, notre art de vivre chrétien sera et restera notre témoignage le plus beau et le plus fort. 
 
Soyons fiers de ce que nous croyons, vivons ce que nous croyons, et Dieu parviendra aux extrémités du monde. Par une vie unie au Christ, donnons aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui, le goût de Dieu et l’envie de vivre selon sa Parole. Ce sera notre plus beau témoignage, à la manière des Apôtres ! Amen.


(Dessin de Sieger KÖDER)

samedi 8 septembre 2012

23ème dimanche ordinaire B - 09 septembre 2012

Effata ! Ouvre-toi !


Effata ! Ouvre-toi ! Cette parole de Jésus au sourd-muet est plus qu’une parole de guérison pour nous qui l’entendons aujourd’hui. Elle est une vraie parole de vie, un véritable art de vivre chrétien que nous nous devons de mettre en pratique. Les lectures que nous avons entendues ce matin nous précisent chacune en quoi consiste cet art de vivre.

Effata ! Ouvre-toi ! Certes, cette parole ne figure guère dans les paroles du prophète Isaïe. Et pourtant, c’est bien à une ouverture au Dieu qui vient rétablir la justice qu’il nous invite. Dieu n’en plus des injustices, Dieu n’en peut plus d’une humanité qui souffre ; il va venir se venger, il va exercer son droit de revanche. Un langage guerrier pour des actes de justice : les yeux des aveugles s’ouvriront, ainsi que les oreilles des sourds. Le boiteux bondira, et le muet criera de joie. L’eau jaillira dans les déserts. Telle est la vengeance du Seigneur ! Telle est son œuvre au milieu de nous.


L’humanité doit s’ouvrir ainsi à ce Dieu qui vient pour ne pas se méprendre sur la vengeance de Dieu. Il ne s’agit pas pour le croyant de se radicaliser ou d’exclure, mais de voir Dieu à l’œuvre, de laisser Dieu agir dans le cœur et dans la vie des hommes. La vengeance de Dieu, ce n’est pas une armée de croyants qui s’élèverait contre les non-croyants à force de combats sanglants. La vengeance de Dieu, c’est de faire triompher la justice et l’amour dans un monde qui s’en est privé. L’art de vivre de Dieu que le croyant doit imiter, c’est cela.

Effata ! Ouvre-toi ! C’est aussi ce que semble dire saint Jacques aux chrétiens qui n’agissent plus dans cet amour que Dieu nous propose de vivre. Ouvre-toi au Dieu qui ne sélectionne pas sur des critères de richesse ; ouvre-toi au Dieu qui t’invite à considérer le pauvre comme celui que Dieu préfère parce qu’il est celui qui a besoin de l’autre, besoin de toi, besoin de Dieu. Ne t’attache pas aux choses qui passent (gloire et richesse), mais attache-toi à ceux que Dieu a choisi pour manifester sa bonté envers tous. Si, d’un pauvre aux yeux du monde, il peut faire un riche dans son Royaume, alors mesure ce qu’il peut faire pour toi.


L’humanité doit s’ouvrir à ce Dieu qui ne juge pas sur l’apparence ou la possession de richesse. Le Dieu de Jésus Christ est bien le Dieu des béatitudes, le Dieu du Magnificat. Nous pourrons partager son bonheur si nous vivons cet esprit singulier qui renverse les valeurs communément admises pour entrer pleinement dans la manière de voir de Dieu. Respecter la dignité de chacun, qu’il soit pauvre ou riche, accueillir chacun pour ce qu’il est (un porteur du Christ) et non sur des critères extérieurs, voilà l’art de vivre qu’il nous faut entretenir.

Effata ! Ouvre-toi ! En prononçant ces mots pour le sourd-muet, Jésus l’introduit pleinement dans ce monde nouveau qu’il est venu inaugurer. Un monde d’où personne n’est exclu, un monde dans lequel le Mal n’a plus cours. En lui rendant l’ouïe, il le rend capable d’entendre les appels de Dieu à construire ce monde nouveau. En lui rendant la parole, il le rend capable de témoigner de ce Dieu qui tient les promesses faites jadis par les prophètes. Il est désormais comme les autres, entendant et parlant. Mais curieusement, Jésus lui impose le silence : n’étant pas encore passé par la croix, il ne peut être reconnu vraiment comme le Fils de Dieu.


Aujourd’hui, nous ne sommes plus soumis à cet interdit. Nous marchons à la suite de Jésus comme ce sourd-muet, mais nous marchons surtout à la suite du Christ, celui-là qui a affronté la mort et l’a vaincue. Ce monde nouveau qu’il annonçait par cette guérison, ce monde qui alors ne pouvait être révélé tant que subsistait un risque d’erreur quant à son interprétation, ce monde est désormais advenu. La mort et la résurrection du Christ nous ont fait entrer dans ce monde nouveau, libéré de tout Mal. Alors ouvrons-nous pleinement à ce monde, vivons comme Dieu nous le demande, et proclamons les merveilles qu’il a faites pour nous. Jésus Christ te le redit : Effata ! Ouvre-toi !

(Image de Jean-Yves DECOTTIGNIES, in Mille dimanches et fêtes, Année B, éd. Les Presses d'Ile de France)

dimanche 21 août 2011

21ème dimanche ordinaire A - 21 août 2011

Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu !





Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! Il n’est pas besoin d’être grand savant pour comprendre que ces mots renferment l’admiration profonde et sincère de Paul à l’égard de ce Dieu qui l’a choisi et appelé à être Apôtre. Il n’est pas besoin d’être grand savant pour comprendre que ces mots expriment l’absolue grandeur de Dieu et de son projet pour l’humanité. Cette hymne que nous avons entendue en seconde lecture vient au terme de l’exposé de Paul qui s’achevait sur l’affirmation de la miséricorde de Dieu pour tous les hommes, qu’ils soient juifs ou païens. Elle est comme une mini eucharistie, c'est-à-dire une action de grâce pour l’œuvre de salut réalisée en Jésus Christ.

Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! Ne croyons pas que l’on parvient aisément à une telle affirmation. Il a fallu à Paul méditer longuement l’histoire de Dieu avec les hommes, l’histoire du salut, l’histoire de Jésus Christ pour parvenir ainsi à cette affirmation de foi. La miséricorde que Dieu accorde à tous les hommes, Paul l’a découvert d’abord dans sa propre existence. Il a pu la vérifier dans l’histoire du peuple élu auquel il appartient. Et sur le chemin de Damas et dans les jours qui ont suivi, plongé dans la nuit en attendant de retrouver la lumière par l’imposition des mains d’Ananie, Paul a compris que cette miséricorde et cette œuvre de salut s’ouvraient désormais en Christ, à tous. Il n’a pas tardé à annoncer le Christ car il voulait que tous puissent vivre cette expérience ; il voulait que tous puissent découvrir en Jésus celui qui récapitule toute l’histoire du salut : tout est de lui, et par lui et pour lui. Tout est grâce, tout est don.

Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! Face à l’œuvre de Dieu, l’homme ne peut que méditer et approfondir sa connaissance de Dieu, s’il veut accueillir le salut dans sa propre vie. Le salut de Dieu est grâce, il est don, certes ; mais l’homme doit accueillir ce don. La grâce ne s’impose pas. Dieu propose le salut, l’homme en dispose. Avons-nous besoin d’être sauvés ? Avons-nous conscience que notre vie tout entière repose entre les mains de Dieu ? Sommes-nous capables, comme Paul d’exprimer ainsi notre reconnaissance pour l’œuvre de Dieu en nous ? Sommes-nous capables, comme Pierre, de reconnaître en Jésus plus qu’un homme, de reconnaître en Jésus celui qui nous offre ce salut, parce qu’il vient de Dieu ? Sommes-nous capables, comme ces deux colonnes de l’Eglise, de nous ouvrir à l’inattendu de Dieu, à revoir nos jugements, nos convictions les plus intimes pour que la grâce de Dieu puisse agir en nous ?

Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! Lorsque nous sommes rassemblés comme aujourd’hui pour célébrer l’Eucharistie, nous sommes invités à reconnaître cette grandeur de Dieu. Par le rite pénitentiel, nous reconnaissons que, sans le sacrifice du Fils unique sur la croix, nous ne pourrions être relevés de notre mal. Par le chant du « Gloria », nous reprenons les mots de l’Eglise pour faire nôtre l’exclamation de Paul : à Dieu seul la gloire ! Dans la préface, nous chantons chaque dimanche un motif d’action de grâce, nous proclamons chaque dimanche une merveille que Dieu fait pour nous en Jésus Christ. Chaque préface est la proclamation d’un aspect de cette immense œuvre de salut récapitulée dans le mystère de la croix. Saurions-nous en énumérer cinq, nous qui participons à l’eucharistie chaque dimanche ? Serons-nous capable, au terme de notre eucharistie de ce dimanche, de reprendre dans la prière l’œuvre chantée tout à l’heure dans la préface ?

Quelle profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! Pour ne pas nous perdre dans cette œuvre de salut, pour n’en négliger aucun aspect, il est bon de reprendre ces cantiques d’action de grâce et d’approfondir ainsi, avec les mots que nous donne l’Eglise, tout ce que Dieu a fait et continue de faire pour nous. Sans doute, une vie ne suffit-elle pas pour nous rendre compte de la profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu ! Mais une vie suffit pour choisir d’y faire écho ; une vie suffit pour accueillir le salut que Dieu nous offre et reconnaître humblement que tout est de lui, et par lui, et pour lui. Avec Paul, avec Pierre, avec l’Eglise tout entière, nous pouvons dire : A lui la gloire pour l’éternité ! Amen.


(Photo : détail d'une icône, Monastère de Toplou, Crête)