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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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samedi 17 janvier 2026

2ème dimanche ordinaire A - 18 janvier 2026

 Des vœux pour cette année nouvelle.





 

            Il y a des jours où la Parole de Dieu est difficile ; il y a des jours où la Parole de Dieu fait du bien. Les textes de ce dimanche qui ouvre la série des dimanches ordinaires, font partie de ces derniers. Dans un monde morose, en tension, où la loi du plus fort et la guerre reviennent au goût du jour, il y a de quoi déprimer quand nous n’appartenons pas à la catégorie des forts et que non, vraiment, nous n’avons pas le goût de la guerre. Entendre alors Isaïe, ou Paul dans sa première lettre aux Corinthiens, ou encore Jean le Baptiste dans l’évangile de Jean, peut nous redonner courage, espoir et audace.

            Avez-vous bien écouté le prophète Isaïe ? Son courage lui vient de cette certitude exprimée dans le passage entendu : Oui, j’ai de la valeur aux yeux du Seigneur. Je crois qu’il n’y a pas de parole plus censée à faire entendre aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui, qui vivent dans la crainte ou la dépréciation d’eux-mêmes. Nous pouvons ne pas aimer l’image que nous renvoie le miroir le matin ; nous pouvons douter de nous quelquefois. Mais ne doutons pas de Dieu et de son amour pour nous. Nous avons tous et chacun de la valeur aux yeux du Seigneur. Et ce, quelle que soit notre vie, quels que soient nos travers, quel que soit notre péché. Dieu nous estime à sa juste mesure. Et pour lui, nous valons toujours plus que ce que nous imaginons, parce que c’est lui qui nous a façonné dès le sein de [notre] mère. Il nous a fait de manière admirable, et quand bien même le péché enlaidirait notre vie, il nous voit et nous regarde toujours tel qu’il nous a fait, nous invitant par sa parole et son amour, à retrouver notre splendeur première. Personnellement, j’appelle cela une Bonne Nouvelle qui me redonne du courage quand je ne m’aime plus, quand je n’aime plus ce que je fais, ni ce que je suis. Ne jamais perdre de vue que nous avons de la valeur aux yeux du Seigneur ; voici un premier vœu que je formule pour nous, en cette période inaugurale de l’année nouvelle.

            Avez-vous bien écouté Paul, dans ce qu’il dit au début de sa première lettre aux Corinthiens ? Je sais bien, ce n’est qu’une salutation, sa manière à lui de dire bonjour et de se présenter. Mais quelle manière ! Paul, appelé par la volonté de Dieu pour être apôtre du Christ Jésus… à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus et sont appelés à être saints. Rien de moins ! Si Isaïe nous rappelait que nous avions de la valeur aux yeux du Seigneur, Paul fait un pas de plus et nous affirme que nous sommes appelés à être saints, c'est-à-dire à être comme Dieu, le seul Saint. C’est notre vocation, et la théologie du baptême nous dit que nous le sommes depuis que l’eau a coulé sur notre front. Ce n’est pas quelque chose qui nous est extérieur, comme une auréole, mais bien notre condition fondamentale. Par notre baptême, Dieu nous appelle saint, nous fait saint, parce que, par le baptême, il fait de nous ses fils et ses filles. C’est sa volonté, son désir le plus profond, le plus vrai pour nous. Voilà qui me permet d’espérer encore en moi (ou de ne pas désespérer de moi) quand j’ai l’impression d’être perdu, loin de Dieu. Il a fait de moi son enfant ; il ne m’abandonnera pas. Cela aussi est une bonne nouvelle, et je forme le vœu que nous gardions tous en mémoire ce jour où Dieu nous a fait ses enfants et s’est engagé envers nous plus que nous ne nous engagerons jamais envers lui. Et quand bien même nous ferions le choix de ne plus être son enfant, il serait encore ce père, prodigue en amour, à attendre notre retour, à nous considérer comme son enfant, et prêt à faire la fête pour nous et avec nous au cas où nous reviendrions vers lui.

            Avez-vous bien écouté ce que dit Jean le Baptiste de Jésus ? J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Jean témoigne ainsi qu’il a vu de ses yeux celui que Dieu envoie pour notre salut. Ciel et terre ne sont plus éloignés, mais désormais unis en celui sur qui demeure l’Esprit. C’est Jésus que Jean a baptisé pour accomplir toute justice. En lui, Dieu envoie dans le monde celui qui, par ses actes, témoignera aux hommes qu’ils ont de la valeur aux yeux du Seigneur, en leur accordant le pardon, la guérison, la réintégration dans une humanité que les autres leur refusaient. Par sa vie, par ses signes, par son sacrifice sur la croix, il nous a dit l’immense amour de Dieu pour tous, y compris les pécheurs pour lesquels Jésus est venu. Il est venu rendre à tous la dignité de fils et de fille de Dieu. Quand l’humain rencontre Jésus et lui ouvre sa vie, nous pouvons à nouveau marcher avec notre Dieu, converser avec lui, comme nos premiers parents le faisaient jadis au jardin de la Genèse. Le monde et l’humanité en sont renouvelés, la vie en est renforcée et magnifiée. Et cet Esprit qui reposait sur Jésus au jour de son baptême, nous est transmis pour que nous ayons l’audace de témoigner de ce Christ qui rend notre vie à la mesure de la vie de Dieu. Cela aussi est une bonne nouvelle. Et je formule ce dernier vœu : que nous fassions vivre en nous l’Esprit qui nous a été donné en partage, et qui fait de nous des autres Christ, joyeux de se donner à Dieu et à leurs frères et sœurs en humanité.

            Avec ces trois vœux formulés, permettez-moi d’en ajouter un dernier pour finir : qu’en cette année nouvelle, nous puissions toujours trouver courage, espoir et audace à l’écoute de la Parole de Dieu, qu’elle soit agréable à entendre ou plus rude. Quand Dieu parle, c’est toujours pour nous édifier, toujours pour nous rendre plus saints à son image. Ne craignons pas d’affronter cette Parole ; elle est notre vie et notre salut. Amen.

samedi 23 mai 2020

7ème dimanche de Pâques A - 24 mai 2020

Avec le Ressuscité, passer des difficultés à l'allégresse.








            Que personne d’entre vous n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. Cela ne s’invente pas, cela ne se prévoit pas : c’est juste la finale de la seconde lecture de ce septième dimanche de Pâques, le premier où nous pouvons enfin à nouveau nous réunir pour célébrer l’eucharistie publiquement, même si c’est en nombre restreint. 

            Cette parole de la première lettre de Pierre invite le croyant chrétien au bien d’abord : il dit clairement qu’un disciple de Jésus Christ ne peut être ni meurtrier, ni voleur, ni malfaiteur, ni agitateur. Et c’est une chose dont nous devons être convaincus. Notre attachement au Christ, mort et ressuscité, nous destine au bien, pour nous-mêmes (nous sommes faits pour la vie éternelle) et pour les autres. En effet, au moment de notre baptême, ce sacrement qui fait de nous des frères du Christ et des enfants du Père éternel, nous avons renoncé au Mal sous toutes ses formes. Nous avons renoncé à en être à l’origine, nous avons renoncé à y participer et à le répandre. Quand se Mal se loge dans un organisme microscopique, il nous faut donc accepter les conditions qui sont celles de notre célébration aujourd’hui, et qui seront celles de nos célébrations pour les temps à venir. C’est cela aussi, ne pas participer au Mal et au fait que le Mal se répande. 

            Mais cette parole de Pierre est aussi une parole qui nous invite au courage. Notre appartenance au Christ peut déranger ; notre appartenance au Christ peut être cause de persécution (le Mal dans sa manifestation la plus forte) ou à minima cause de vexation. Nous avons pu vivre l’interdiction prolongée du culte public alors que la vie économique, sociale, scolaire, reprenait peu à peu comme une vexation, un manque de confiance à tout le moins, pour ne pas dire qu’on nous prenait pour des irresponsables, voire des idiots incapables de gérer la difficulté. Pierre nous dit que la honte ne doit pas être de notre côté dans ces cas-là. La honte doit toujours être du côté des persécuteurs, des vexateurs, des gens qui se font de nous des idées fausses et qui projettent sur nous leurs propres peurs. Ce courage nous invite à une grande responsabilité ; nous devrons être exigeants avec nous-mêmes que ce soit en venant à l’église pour l’eucharistie, ou pendant l’eucharistie, ou à la fin de celle-ci. Nous devrons être irréprochables pour que le caractère vexatoire des mesures que l’on voulait nous imposer apparaisse publiquement. Vivre sa foi, dans le respect de Dieu et dans le respect des autres, ne transmet pas de maladie. Et si la maladie a pu progresser rapidement dans notre région à l’occasion d’un rassemblement évangélique, c’était d’abord parce que ceux qui nous gouvernent n’avaient pris ni la mesure du phénomène COVID au sérieux, ni les mesures élémentaires de protection que nous devons respecter aujourd’hui. Il faudrait voir à ne pas mettre dans les chaussons de nos frères évangéliques ce qui relevait d’abord de mesures sanitaires longtemps décriés comme inutiles et maintenant imposées par la force. Cela aurait pu arriver chez nous si c’est un catholique qui avait été malade ; mais cela aurait pu arriver aussi lors d’une séance de cinéma ou lors d’une rencontre sportive, si un cinéphile, ou un sportif avait été malade. Cela aurait pu arriver partout parce qu’on nous avait expliqué sur tous les tons que notre vie ne devait pas s’arrêter à cause d’une « grippette » ! 

            Cet épisode de notre vie nous rappelle ce que le temps pascal proclame : avec le Ressuscité, nous avons sans cesse à passer de la mort à la vie ; et ce passage prend plusieurs visages. Aujourd’hui, il nous est rappelé que passer des difficultés à l’allégresse fait partie de ces passages de la mort à la vie. Nous avons souffert de ne pouvoir nous rencontrer au moment même où nous célébrions le cœur de notre foi ; cette difficulté, moyennant quelques précautions élémentaires, est aujourd’hui surmontée. Sachons en rendre grâce à Dieu !  Que soit aussi surmontée la peur que certains ont su instillée. Sachons puiser dans notre foi le courage de vivre. Et sachons retrouver surtout la fierté de notre nom de chrétiens en veillant à construire des communautés plus fortes encore. Nous risquons de connaître d’autres épreuves comme celle-ci dans l’avenir. Souvenons-nous toujours que le Ressuscité nous a ouvert le passage vers la Vie en plénitude. Avec lui, soyons toujours prêts à passer des difficultés à l’allégresse : il veille sur nous, il veut notre vie, il veut notre joie. Ce ne sont pas nos assemblées restreintes qui nous les enlèveront, bien au contraire. Réjouissons-nous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera. Amen.



(Arcabas, Le messager de la joie, source internet).


samedi 2 mai 2020

4ème dimanche de Pâques A - 03 mai 2020

Avec le Ressuscité, passer de l'inquiétude à la sérénité.







            Nous l’avons compris dès le matin de Pâques : les disciples de Jésus, bien qu’avertis trois fois par le Maître de ce qui allait lui arriver, étaient plutôt troublés ; ils vivaient dans la peur, confinés chez eux. La mort de Jésus les a plongés dans l’inquiétude. Qu’allaient-ils devenir ? Les chefs des prêtres les rechercheraient-ils ? Au fil des apparitions et des rencontres avec Jésus, nous constatons que, petit à petit, ces mêmes disciples passent de l’inquiétude à la sérénité, pour ne pas dire à un certain courage. C’est un passage que tout disciple doit vivre à la suite de Jésus, mort et ressuscité. et cela plus particulièrement aux jours où nous sommes. 

            Ce n’est un scoop pour personne : la période que nous vivons est anxiogène. C’est un fait. Et la communication hasardeuse de ceux qui nous gouvernent, comme de ceux de l’opposition, alliant savamment mensonge et demi-vérité, n’aide pas à lutter contre cet état de fait. L’inquiétude est réelle, perceptible et compréhensible ; la liste des morts s’allongeant, la perspective d’un vaccin n’étant pas pour demain, un déconfinement qui risque de tourner à la déconfiture : rien ne nous sera épargné ; rien n’est vraiment fait pour nous rassurer. Nous découvrons ce que c’est que d’être gouverné par la peur et la répression qui l’accompagne toujours !  

           Dans ce contexte si particulier, les lectures que la liturgie propose en ce dimanche résonne de manière toute particulière. Elles nous invitent toutes à quitter la peur pour reconnaître celui qui est notre unique pasteur : Jésus, celui-là qui était mort et qui maintenant est vivant, ayant affronté la mort et l’ayant vaincue. Voyez Pierre lui-même qui se tient sans crainte devant les foules assemblées à Jérusalem pour la Pentecôte et qui les invite à la conversion au nom de Jésus. Entendez son assurance toute nouvelle quand il proclame : Que toute la maison d’Israël le sache avec certitude : Dieu l’a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous aviez crucifié. Je ne suis pas sûr que nous mesurions bien l’audace qu’il lui a fallu pour oser ce discours. Entendez aussi le psaume 22 par lequel nous répondons à ce passage des Actes : Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer… Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ; ton bâton me guide et me rassure. Entendez Pierre encore dans sa première lettre, nous réconforter en affirmant : Par ses blessures [celles du Christ], nous sommes guéris. Car vous étiez errants comme des brebis ; mais à présent vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes. Entendez enfin Jésus lui-même, dans l’évangile de Jean, quand il dit : Moi, je suis la Porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé… Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. 

            Il y a un horizon à notre vie, même et surtout en ce temps de crise, et cet horizon est heureux, toujours. Il y a une vie après cette crise, et elle sera nécessairement différente, comme doit être différente la vie des disciples du Christ. Nous savons depuis longtemps la force de l’espérance ; nous savons depuis longtemps le renouveau qu’apporte la solidarité ; nous savons depuis longtemps la persistance de l’amour de Dieu pour nous, amour que nous devons transpirer et transmettre de manière virale. Pouvez-vous imaginer le monde dans lequel nous vivrions si nous avions su transmettre l’amour du Christ aussi vite que ce virus se transmet aujourd’hui ? Quelle heureuse contagion que la contagion de l’amour ! Quelle heureuse contagion que la contagion de l’espérance qui est la nôtre ! Quelle heureuse contagion que celle de la foi qui nous fait vivre ! Il est dommage que ceux qui nous gouvernent ne l’aient pas encore compris. Ils auraient moins joué sur nos peurs ; ils nous auraient ouvert un avenir. 

            Quand l’avenir se résume pour les uns au grand capital et pour les autres à la révolution, peut-être faut-il faire réentendre cette voix du Christ qui nous dit qu’il est la porte de notre vie, la porte de notre avenir. Avec lui, pas de crainte ; avec lui, pas de mensonge, ni de demi-vérité ; avec lui pas d’autre révolution que celle de l’amour et de la vie. Avec le Ressuscité, nous pouvons passer de l’inquiétude à la sérénité, car il a réellement vaincu toutes nos peurs ; même la mort, avec lui, nous conduit à plus de vie, à la vie véritable, à la vie en abondance. C’est à cette vie que nous nous préparons ; c’est cette vie que nous devons vivre et faire vivre, dès maintenant. Amen.



(Tableau d'Arcabas, La résurrection, source internet)