Bienvenue sur ce blog !

Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







Affichage des articles dont le libellé est Ressuscité. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ressuscité. Afficher tous les articles

samedi 30 avril 2022

3ème dimanche de Pâques C - 01er mai 2022

 Faire route avec les disciples pour témoigner du Ressuscité.




(Saint Pierre devant le grand prêtre, détail vitrail de la cathédrale de Troyes)


        Ils sont étonnants, non, les Apôtres que Luc nous dépeint dans son second livre. Ils sont étonnants, parce qu’ils sont transformés, profondément. Quand on se souvient de ceux qui étaient enfermés à double tour au soir de Pâques, et qu’on les voit aujourd’hui, rentrant chez eux tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus, on peut avoir quelque peine à croire que ce sont les mêmes. Et pourtant, ce sont bien eux, avec à leur tête Pierre, celui qui avait renié, et qui maintenant proclame que le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus. Ceux qui veulent une preuve de la résurrection de Jésus n’ont qu’à se plonger dans la lecture des Actes des Apôtres pour reconnaître dans leur agir, dans leur art de vivre la présence de Jésus ressuscité. Quand cette expérience de la rencontre vraie avec le Ressuscité est faite, rien n’est plus comme avant dans une vie. Tout est changé, tout est bouleversé. 

            Regardez Pierre et les disciples. Lorsque nous les croisons, dans leur barque entrain de pêcher, ils ont déjà fait cette expérience, cette rencontre avec Jésus ressuscité. Souvenez-vous de l’évangile de dimanche dernier. Les Onze restant ont eu droit à une apparition de Jésus. Le doute n’est plus permis pour eux. Ils ne mesurent sans doute pas encore toutes les conséquences de cet acte inédit de quelqu’un qui était mort et qui maintenant est pleinement, réellement vivant. Mais nous sentons déjà plus de légèreté dans leur vie, le retour de la joie qu’ils avaient complètement perdue après la mort de Jésus. Ils sont bien, là dans leur barque, même s’ils n’ont rien pris. Une sortie entre amis fait toujours du bien. Au petit matin, lorsque quelqu’un les interpelle depuis la rive, ils ne reconnaissent pas Jésus. Mais ils vont obéir à cet homme qui leur dit de relancer le filet. Le résultat ne se fait pas attendre : le filet est débordant. C’est le signe qu’il leur fallait pour reconnaître Jésus qui les attend sur le rivage. La joie du repas qui suit doit être plus grande encore. 

            Ce qui suit le repas n’est pas moins intéressant : une rencontre au sommet, pourrait-on dire : Jésus et Pierre en face-à-face avec une question trois fois posée : Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? Il fallait bien cela pour faire écho à la question trois fois posée à Pierre au moment de son procès : N’es-tu pas l’un des siens ? Trois affirmations de l’amour de Pierre pour Jésus pour effacer les trois négations de cet amour. Et une invitation pour finir : Suis-moi ! Celui qui avait renié, est refait disciple, avec une conséquence nouvelle. Si avant la passion, suivre Jésus signifiait marcher avec lui, désormais suivre Jésus, c’est le suivre sur le chemin de la passion. Une passion totale pour Dieu, une passion totale pour l’homme, sans oublier cette passion qui fait souffrir et mourir pour celui qu’on aime. Pierre et les autres en font l’expérience plus d’une fois. Mais nous l’avons vu dans les Actes, même le fouet ne peut faire taire ceux qui ont ainsi été transformés par la radicale nouveauté de la résurrection. Quand vous prenez conscience que la vie est plus forte que la mort, rien ne vous fait peur, rien ne vous arrête. 

            Aujourd’hui encore, nous pouvons (et nous devons) choisir de vivre de cette puissance de vie qui est en Jésus, mort et ressuscité. Nous le faisons potentiellement depuis notre baptême qui nous rend apte à vivre comme Jésus, entièrement donnés à Dieu et aux hommes. Mais nous savons aussi qu’il y a des jours où il est plus difficile de déployer cet art de vivre si particulier, cet art de vivre propre à ceux qui croient en Jésus. Nous savons aussi qu’il est difficile de témoigner de lui dans un monde qui ne tient plus Jésus pour véridique. Dans ces moments-là, n’hésitons pas à revenir aux Actes des Apôtres ; n’hésitons pas à suivre à nouveau Pierre et les autres, non seulement pour marcher à la suite du Ressuscité, non seulement pour vivre du ressuscité ; non, suivons-les aussi pour témoigner à nouveau que Jésus, celui qui était mort, est désormais vivant dans la gloire de Dieu. Le Christ n’est pas ressuscité pour nous seuls ; le Christ est ressuscité pour toute l’humanité. Le Christ n’est pas ressuscité pour que nous le gardions bien enfermé dans un tabernacle ; il est ressuscité pour que nous le fassions connaître à tous les hommes répandus à la surface de la terre. Le Christ n’est pas ressuscité pour faire la joie de ceux qui croient en lui ; il est ressuscité pour être la joie de toute l’humanité. Si nous le taisons, comment le monde croira-t-il l’incroyable ? Si nous le taisons, comment le monde se convertira-t-il à l’amour plus fort que tout ? Si nous le taisons, comment le monde vivra-t-il de cette vie qui ne finit pas en Jésus ? Lorsque nous proclamerons notre foi dans un instant, prenons la ferme résolution de marcher à la suite des disciples pour témoigner du Ressuscité. Prenons notre foi au sérieux pour que le monde nous prenne au sérieux. Prenons notre foi au sérieux pour que le monde prenne le Christ vivant au sérieux. Amen.

dimanche 17 avril 2022

Saint Jour de Pâques - 17 avril 2022

 Faire route avec les disciples pour croire à l'impossible.




            Les mauvaises langues affirment que la nouvelle de la résurrection de Jésus a d’abord été confiée aux femmes, parce qu’ainsi Dieu aurait la certitude que la nouvelle se répandrait très vite. Les mauvaises langues ont tort de le croire ; il suffit de constater l’entêtement des disciples mâles à systématiquement vérifier les dires des femmes pour s’en convaincre.

            Que ce soit dans l’évangile entendu cette nuit, dans lequel Luc nous disait que les Apôtres jugeaient délirants ces propos, ou dans l’évangile de ce matin où deux disciples, et pas des moindres, vont vérifier ce qui leur a été annoncé (On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé), force est de constater que les hommes ont du mal à croire ce que disent les femmes. Je préviens d’emblée : je n’ai aucune explication à ce phénomène ; je constate, c’est tout. Je reconnais que, la résurrection de Jésus étant une première mondiale, la probabilité pour quiconque en parlerait d’être cru immédiatement et sans délai, est plutôt mince. D’ailleurs Marie Madeleine ne parle pas vraiment de la résurrection ; elle dit juste ce qu’elle a vu ou cru voir : un tombeau vide, et elle rajoute à cela son désarroi de ne pas pouvoir se recueillir devant le corps de Jésus. Personne n’a jamais fait ce qu’a fait Jésus ; personne n’a jamais vaincu la mort avant lui. Marie Madeleine ne peut pas vraiment comprendre, et les disciples peuvent ne pas être simplement crédules. Puisque les choses sont ce qu’elles sont, faisons donc route avec ces deux disciples et essayons de croire à l’impossible.

         Je ne m’attarderai pas sur le fait que le plus jeune court plus vite que le plus vieux. Ce qui m’intéresse, c’est la réaction de chacun devant le même tableau. Le plus jeune, arrivé le premier, n’entre pas, mais en se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat. C’est une constatation ; pour l’instant, il n’en tire aucune conclusion. Arrive le second, Pierre, qui lui entre dans le tombeau. Il ne reste pas sur le seuil du mystère ; il y entre et aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. Ce qui est surprenant, c’est que cet ordre, dans le désordre que constitue l’absence de cadavre, ne le gêne pas. Il ne sait pas quoi en faire, mais cela ne le perturbe pas plus que cela. Vous croyez vraiment que des voleurs de cadavres auraient pris le temps de tout bien ranger ? Il n’y a aucun indice d’un quelconque acte violent ou malveillant. C’est comme si la chambre n’avait jamais servi ! C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Qu’est-ce qui a changé ? Pourquoi lui voit et croit ce que Pierre voit aussi, mais qu’il ne croit pas ?

Je serai tenté de dire que Pierre est allé trop vite, comme à son habitude. A regarder Pierre de près dans les évangiles, il est toujours celui qui agit trop vite (souvenez-vous de l’oreille de ce pauvre Malcus) ou qui parle trop vite, sans réfléchir (souvenez-vous de l’indignation de Pierre quand Jésus annonce sa mort pour la première fois, ou sa réaction quand Jésus a lavé les pieds de ses disciples). Pierre est entré tout de suite dans le mystère du tombeau vide et il n’a vu que ce que tout un chacun aurait vu en pareille circonstance. L’autre disciple, s’était d’abord penché, sans entrer. Et il a vu ce que Pierre a vu. Mais quand il est enfin entré dans le mystère du tombeau vide, il n’était plus pris par ce qui était donné à voir ; il a pu entrer dans la profondeur de ce mystère ; il a pu comprendre, relier entre eux les signes vus (les linges bien rangés) et les paroles jadis entendues (les annonces de sa mort par Jésus lui-même, trois fois de son vivant) et le contenu des Ecritures (il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts). Pierre est rapide à entrer dans le mystère, mais ce faisant, sa vitesse le handicape ; il ne peut pas dépasser les constatations faites. L’autre disciple, bien que courant plus vite, nous donne une leçon sur les bienfaits de la lenteur : d’abord il se penche, puis il voit les linges, et enfin il entre dans le mystère et il croit.

La foi en la résurrection est un travail de maturation. Il ne faut pas aller trop vite. Pierre entre dans le mystère tout de go, il voit des signes (les linges pliés) qui deviennent sa préoccupation principale, ce qui le rend incapable de les comprendre. L’autre voit les signes (les mêmes linges) en se penchant, puis dans un second temps, il entre dans le mystère. Il peut croire, parce qu’il n’est plus préoccupé par ce qu’il voit de ses yeux de chair. Il peut voir maintenant avec les yeux de l’intelligence, avec les yeux de la foi. L’impossible devient possible. Le corps n’est plus là, non parce qu’il aurait été déplacé voire volé ; le corps n’est plus là parce que celui qui était mort est vivant, aussi incroyable que cela paraisse. Ce qui était annoncé dans les Ecritures est vérité. Ce que Jésus avait annoncé de son vivant est réalité. La mort a été vaincue. Jésus est bien vivant. Et ce qui compte, ce n’est pas comment cela s’est fait ; ce qui compte, c’est que cela est. Point. Avec Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, entrons dans le mystère et croyons désormais que le Christ est ressuscité, alléluia ! Qu’il est vraiment ressuscité, alléluia ! Le reste n’est que littérature. Amen.

samedi 16 avril 2022

Vigiles de Pâques - 16 avril 2022

 Faire route avec les femmes pour annoncer la Bonne Nouvelle.




(Arcabas, Les femmes au tombeau)



        Chaque année, au cours de cette grande nuit, nous est donnée à entendre cette page d’Evangile des femmes se rendant au tombeau à la pointe de l’aurore. Nous venons d’entendre la version de Luc. Ce sont ces femmes qu’il nous faut suivre ce soir pour comprendre et annoncer à notre tour cette grande nouvelle du tombeau vide. Oublions un instant que nous connaissons toute l’histoire, et marchons avec elles pour mieux comprendre ce qui leur arrive. 

            Nous avions laissé ces femmes au pied de la croix. Il ne fait pas de doute pour moi que ce sont les seules femmes du groupe proche des Apôtres à avoir eu ainsi l’idée de se lever de bonne heure pour entourer des soins funéraires prévus le corps mort de Jésus. Elles étaient quelques-unes avec Marie et Jean si l’on en croit Jean dont nous avons entendu hier le récit de la Passion. Elles étaient là jusqu’au bout ; elles ont vu l’emplacement du tombeau. Bien que Jean nous rapporte que Joseph d’Arimathie et Nicodème avaient déjà accompli tous les rites selon la coutume juive d’ensevelir les morts, ces femmes viennent renouveler l’opération. Je pense que cela est d’abord un geste pour elles, pour leur permettre de faire le deuil de leur ami. Elles n’en ont guère eu le temps au soir de sa mort à cause de la préparation de la Pâque juive. Imaginez-vous au milieu de ces femmes, entrez avec elles dans le tombeau de Jésus et voyez avec elles que le corps de Jésus n’est plus là. Il ne fait nul doute que vous serez aussi désemparés qu’elles. De même que vous serez craintifs avec elles lorsqu’apparaissent deux hommes en habit éblouissant. Avec elles, vous ferez un effort de mémoire pour vous souvenir de ce que Jésus avait dit, quand il avait annoncé sa passion. Ces paroles que personne n’avait bien comprises au moment où elles avaient été prononcées pour la première fois, je doute qu’elles soient plus compréhensibles maintenant, dans ce tombeau vide. Mais l’absence du corps et le témoignage de ces deux hommes donnent du poids et un contenu à ces mots. Remarquez la subtilité de Dieu qui envoie deux messagers et non pas un seul. A deux, le témoignage gagne en force et en véracité. Un témoin unique est un témoin nul, selon l’ancien adage latin. 

Mais on en fait quoi de ces deux témoins, de ce tombeau vide et de ces paroles curieuses : Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité. Remarquez que « vivant » n’est pas un adjectif ici ; Vivant est désormais le nouveau nom de Jésus. Il n’est pas simplement vivant comme vous et moi, il est LE VIVANT. Nous voici renvoyés à une autre parole de Jésus. N’a-t-il pas dit un jour : Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ? Encore une phrase que nous avions du mal à comprendre et qui prend sens maintenant, dans ce tombeau vide. La mort n’a pas pu garder en ces liens le Seigneur de la Vie. Ce qui semblait être la victoire de la mort au soir du vendredi lorsque Jésus, mort, fut mis au tombeau, est pour toujours sa défaite totale. Il était mort, c’est vrai, mais pour combattre la mort sur son propre terrain et vaincre d’elle. Il était mort, c’est vrai, mais pour nous offrir une vie sans fin, une vie marquée du sceau de l’éternité, à l’image de la vie même de Dieu. Il était mort, c’est vrai, mais pour mieux nous préparer le chemin vers la Vie en plénitude, par-delà la mort. Désormais, pour tous ceux qui croient en Jésus, mort et ressuscité, la mort n’est plus le dernier mot de leur histoire. Désormais pour tous ceux qui croient en Jésus, mort et ressuscité, la tombe devient le berceau de cette nouvelle vie. 

Cela peut nous sembler délirant, comme les propos de ces femmes, rapportés aux Apôtres, leur semblaient délirants. Ils n’en sont pas moins l’expression de notre foi la plus profonde ; ils n’en sont pas moins l’expression la plus originale de notre foi, ceux qui nous distingueront toujours des autres. Ils resteront ce que nous avons de plus irréductible et de plus sûr. Il fallait que le Fils de l’homme soit livré aux mains des pécheurs, qu’il soit crucifié et que, le troisième jour, il ressuscite ; il fallait cela pour que nous ayons accès à la vie de Dieu. La mort de Jésus est notre chemin de vie. Cette lumineuse nouvelle, il nous faut l’annoncer, comme les femmes, avec le risque majeur de n’être pas crus. Mais qu’importe : c’est là le cœur de notre foi, c’est là la seule Bonne Nouvelle qu’il nous faut transmettre. Christ est ressuscité, alléluia. Il est vraiment ressuscité, alléluia !