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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







samedi 6 juin 2026

Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ A - 7 juin 2026

Souviens-toi !  







 

            Souviens-toi ! Cette consigne donnée par Moïse à son peuple pour qu’il n’oublie jamais l’œuvre de Dieu en sa faveur quand, affamé dans le désert, il a reçu de Dieu la manne, et quand assoiffé, Dieu a fait jaillir pour lui l’eau de la roche la plus dure. Souviens-toi ! De la même manière, nous sommes invités aujourd’hui à faire mémoire de l’œuvre du Christ pour nous quand, au soir du jeudi saint, il a partagé à ses disciples le pain et le vin, signes de son corps et de son livré pour nous. L’Eucharistie, instituée ce soir-là, devenait, pour les disciples du Christ et à jamais, la source et le sommet de leur foi, rendant présent à jamais le Christ dans un morceau de pain et un peu de vin consacré. La solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ que nous célébrons vient nous redire ce grand mystère d’un Dieu qui ne cesse de se donner totalement pour notre salut.

           Souviens-toi de la source de ton salut, le Christ livré sur la croix. Dans un monde en perte de repères, il est bon de pouvoir lever les yeux vers le Crucifié pour découvrir en lui celui qui nous offre sa vie. La croix résume et condense toute l’œuvre de Jésus qui n’a cessé, à travers son enseignement et ses gestes de nous dire l’immense amour de Dieu pour chacun. A nous qui avions si souvent rompu son Alliance, était donné dans ce Corps livré, une Nouvelle Alliance, une Alliance Eternelle, scellée dans le sang versé. Puisqu’en Jésus, Dieu lui-même s’offrait tout entier, personne désormais ne pourrait briser cette Alliance. L’humanité peut choisir de l’ignorer, mais Dieu ne peut pas la retirer, parce qu’il ne peut cesser d’aimer cette humanité pour laquelle il a donné son Fils. La vie du Fils unique de Dieu prend avec elle la vie de toute l’humanité pour la faire passer par la croix et la faire entrer dans la gloire de Dieu. De la croix, nous recevons une dignité nouvelle, celle de fils et de fille de Dieu, que rien, pas même la mort, ne peut nous enlever. Nous pouvons choisir d’y renoncer, mais Dieu ne peut pas nous l’enlever, à cause de Jésus qu’il voit en chacun de nous. Par le sacrifice de Jésus sur la croix, auquel nous participons par notre baptême, qui est une plongée dans la mort et la résurrection de Jésus, Dieu nous reçoit comme ses fils et ses filles. Dans l’acte même qui l’a défiguré, Jésus nous a transfiguré, faisant de nous ses frères et sœurs. Dieu ne peut revenir sur cet acte de salut qui inaugure et fonde la foi des disciples de son Fils.

            Souviens-toi aussi du sommet de ta foi. Tu es appelé à plus grand que ta vie ici-bas. Tu as un avenir auprès de Dieu, pour toujours. La Foi est toujours accompagnée par sa sœur Espérance. L’Eucharistie, qui nous fait faire mémoire de Jésus qui est mort et ressuscité, nous tourne aussi vers notre avenir, le retour du Christ dans la gloire qui nous verra entrer dans la gloire de Dieu. Au cœur de la prière eucharistique, il y a ce chant de l’anamnèse qui résume bien cela. A l’invitation du prêtre : Il est grand le mystère de la foi, nous répondons : nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection (voilà pour la source de notre foi), nous attendons ta venue dans la gloire (voilà pour notre espérance et le sommet de notre foi). Il n’y a rien de plus grand et de plus beau, de plus actuel et en même temps de plus engageant pour l’avenir, que l’Eucharistie. Dieu se donne tout entier et nous donne tout, pour aujourd’hui et pour demain. Ce sacrement est le Pain des forts, de ceux qui ont fait le choix de vivre selon l’enseignement de Jésus Christ et qui puisent dans ce pain et ce vin partagé la force de tenir bon chaque jour. Mais l’Eucharistie est aussi le Pain d’efforts qui nous encourage, nous nourrit et nous permet de nous relever pour reprendre la route à la suite du Christ lorsque nous sommes tombés sur le chemin. Elle n’est pas la récompense pour enfants sages que certains nous présentent ; elle est l’indispensable nourriture pour celles et ceux qui se reconnaissent enfants de Dieu, mais se savent aussi pécheurs et qui ont besoin que Dieu les nourrisse pour qu’ils ne relâchent pas leurs efforts à la suite du Christ. Dieu, par l’Eucharistie, veille sur nous pour que nous arrivions à bon port. Il n’y a rien de plus grand dans la vie d’un chrétien que de recevoir ce Pain des anges ; il n’y a rien de plus utile dans la vie d’un chrétien que de communier au Christ pour que sa vie se diffuse en eux ; il n’y a rien de plus urgent pour les chrétiens que de rendre gloire à Dieu pour ce don sans cesse renouvelé et pour sa présence permanente dans notre monde. C’est pour cela, entre autres, qu’elle est le sommet de notre foi.

             Souviens-toi enfin que, sauvé par le Christ livré sur la croix et ressuscité d’entre les morts, tu es invité à conformer ta vie à son Evangile. La Foi et l’Espérance ont une troisième sœur qui se nomme Charité, par laquelle les chrétiens rendent le Christ présent et agissant pour celles et ceux qui ont moins de chance, pour celles et ceux qui sont blessés par la vie, pour celles et ceux qui ont perdus toute espérance. L’Eucharistie que nous recevons nous renvoie toujours vers eux quand le prêtre ou le diacre conclut la célébration par : Allez dans la paix du Christ. Il faut entendre, dans cet ultime souhait, un envoi vers nos frères et sœurs en humanité pour témoigner de ce que nous avons vécu et pour les aider très concrètement dans leur vie humaine et, quand cela est possible, de les aider aussi dans leur vie de foi. L’Eucharistie construit ainsi l’Eglise pour en faire ce lieu de rassemblement de toute l’humanité voulue par le Christ.

Que notre Eucharistie nous redonne le goût et le sens de ce rassemblement où s’origine notre foi, se construit notre avenir et où notre aujourd’hui trouve son sens plénier : nous unir toujours plus au Christ qui nous aime et nous sauve. Amen.


dimanche 31 mai 2026

Trinité A - 31 mai 2026

 Le mystère chrétien d’un Dieu Un en Trois





(Source : Trinité - Théophane le Grec)



 

 

            Dans le dialogue avec des jeunes musulmans, le mystère de la Trinité reste une incompréhension totale, les musulmans nous reprochant d’être polythéistes, c'est-à-dire de croire en plusieurs dieux. La Trinité défiant la logique mathématique apprise dès le plus jeune âge (1+1+1= 3), comment faire comprendre que nous croyons bien en un seul Dieu qui se révèle en Trois personnes différentes (1+1+1=1) ? Un détour par les premiers chrétiens pourra être éclairant.

            C’est du côté de la Syrie qu’il convient d’aller et de relire saint Ephrem le Syriaque (vers 306-373), qui expliquait ce mystère à partir d’une image, celle du soleil. Il suffit, aujourd’hui encore, de demander à un enfant de dessiner un soleil. Spontanément, il réalisera un cercle plus ou moins parfait d’où partent des rayons. Vous l’interrogez ensuite sur ce que réalise le soleil : il éclaire et il réchauffe. Et vous avez tous les éléments pour expliquer la Trinité, si tant est qu’on puisse expliquer un mystère. Le soleil, c’est un astre, une lumière, une chaleur. L’astre vous ne pouvez le regarder en face : il vous éblouirait. La Bible nous enseigne que nul ne peut voir Dieu face à face sans mourir. Ce n’est que dans le Royaume, à la fin des temps, que nous contemplerons Dieu dans toute sa gloire. Mais, de même que le soleil ne peut se contempler que dans ses effets (lumière et chaleur), de même Dieu ne peut vraiment se comprendre que par Jésus dans l’Esprit Saint. Nos rayons du soleil qui descendent sur terre et nous éclairent, sont une belle image du Christ, descendu en notre monde pour nous éclairer sur la volonté de Dieu et le désir de Dieu d’une Alliance nouvelle et éternelle avec l’humanité. Et la chaleur que répand le soleil et qui nous est agréable est une belle image pour parler de l’Esprit Saint qui a réchauffé le cœur des Apôtres à partir de Pâques (notre cœur n’était-il pas brûlant en nous ?) et qui permet à nos relations humaines et à notre relation à Dieu de n’être pas gelées. L’astre, les rayons de lumière et la chaleur qu’il répand sont trois éléments distincts du même soleil. Personne n’aurait l’idée de parler de trois soleils différents : celui qui est haut dans le ciel et qu’on ne peut regarder en face, celui qui éclaire et celui qui réchauffe. De même, les chrétiens ne parlent-ils pas de trois dieux, le Père en son Royaume que nos ne voyons pas, le Fils qui est descendu nous éclairer, et l’Esprit Saint qui réchauffe notre foi, mais bien d’un seul Dieu qui se révèle à eux en trois personnes, distinctes, mais infiniment unies.

            Ce Dieu Trinité est à l’œuvre dans notre monde. Son projet est et reste un projet d’amour pour tous. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. Rien n’est plus urgent à comprendre que cet amour de Dieu pour nous tous. C’st parce qu’il nous aime, qu’il a donné son Fils unique. C’et parce qu’il nous aime, qu’il nous a donné l’Esprit Saint pur que, chaque jour, nous puissions vivre l’Evangile de Jésus Christ. Ce Dieu Père que nus ne verrons qu’à la fin des temps, comment le servir ? Les enfants vous diront : en le priant, en allant à la messe. C’est juste pour une part. mais il faudra leur faire découvrir que c’est d’abord par le frère que l’on voit qu’on sert le mieux le Dieu qu’on ne voit pas. Tout l’enseignement de Jésus, Fils de Dieu, nous oriente vers les autres, vers les plus petits. Toute l’œuvre de l’Esprit Saint consiste à nous mettre en mouvement vers ces hommes et ces femmes que Dieu met sur notre route, pour qu’avec eux, nous construisions un monde plus humain, plus aimant, plus respectueux… qui nous mettra en route vers le Royaume où Dieu nous attend, si nous faisons le choix de vivre avec lui. Dieu nous aime, c’est une certitude. Il nous aime tous et chacun, d’un amour sans limite ; c’est une réalité de notre foi. Mais il nous laissera toujours libres de le choisir… ou pas ! Celui qui a été éclairé par l’enseignement de Jésus et qui, par l’Esprit Saint en a reçu une compréhension juste, sait que le chemin le plus court vers le Père reste le frère et la sœur à aimer, quand bien même cela nous est difficile. L’Esprit Saint nous y aidera, je n’ai aucun doute à ce sujet. Dieu nous aime tellement qu’il s’est donné entièrement à nous en Jésus et dans l’Esprit Saint pour que rien ne nous tienne éloigné de lui et pour que grandisse notre désir de le servir à travers ceux que nous rencontrons. Nous portons tous le Christ en nous, qui nous oriente vers son Père et que l’Esprit Saint nous fait discerner.
 

            Célébrer la Trinité, c’est donc célébrer cet amour qui existe en Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, amour que se répand en nous et que nous avons à répandre largement autour de nous. Puisque Dieu est amour en lui-même, nous ne pouvons qu’être amour pour lui être unis. C’est cela le mystère d’un Dieu Trinité ; c’est cela le mystère de l’amour de Dieu répandu pour que les hommes aiment Dieu en s’aimant les uns les autres. En christianisme, Dieu est Un en Trois pour que nous puissions être en lui par le service de nos frères et sœurs en humanité. Dieu, les autres et moi, l’autre Trinité pour nous faire comprendre Dieu Père, Fils et Esprit Saint. Amen.


dimanche 24 mai 2026

Pentecôte - 24 mai 2026

 Quand Dieu nous dit son amour, il nous donne son Esprit.



 

 




            Nous voici donc au terme du temps pascal avec la solennité de la Pentecôte qui nous fait célébrer non pas l’Esprit Saint, mais le don de l’Esprit à la jeune communauté qui croit en Jésus mort et ressuscité. Tout au long du temps pascal, nous avons vu ce que Dieu fait pour nous pour nous dire son amour. Au terme de ce parcours, Dieu nous dit son amour en nous donnant son Esprit. Et ce n’est pas juste un détail de l’Histoire ; c’est un moment fondateur.

             Quand Dieu donne son Esprit, il nous dit d’abord qu’il est avec nous toujours, l’Esprit Saint étant sa manière d’être présent à notre monde depuis que son Fils est retourné auprès de son Père. Ce don est la suite logique de toute l’histoire de Jésus, venu dans le monde redire aux hommes la proximité de Dieu et son attention à notre monde. C’est une ancienne habitude de Dieu de regarder notre monde et de se rendre présent à la vie de ceux qui croient en lui. L’Alliance avec Moïse n’avait-elle pas commencé par cette parole de Dieu : J’ai vu la misère de mon peuple, j’ai entendu ses cris sous les coups des gardes. Avec Jésus, Dieu lui-même est entré dans le monde, s’est fait proche comme jamais en prenant notre humanité. Le Christ ressuscité étant entré dans sa gloire, l’Esprit Saint nous est donné pour que cette présence soit ininterrompue. Dieu ne peut pas abandonner l’humanité qu’il a sauvé par la mort de son Fils. Il s’est lié à nous pour toujours et le don de l’Esprit est comme le sceau de cette union. Avec la force de l’Esprit, nous sommes rendus capables d’assumer la présence de Dieu, de la laisser nous transformer, de nous attacher à Jésus et de vivre son Evangile. L’Esprit reçu nous rend capable de discerner la volonté de Dieu, de le reconnaître comme notre Père et de reconnaître Jésus comme notre Seigneur. Personne n’est capable de dire : « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint.

            Le don de l’Esprit est aussi le signe que Dieu veut l’Eglise comme le lieu où le salut en Jésus est annoncé. Le fait que les peuples nombreux, rassemblés à Jérusalem pour la fête juive de la Pentecôte, entendent chacun dans son propre dialecte les Apôtres qui parlaient, témoigne bien que le salut n’est pas réservé aux Apôtres et à ceux qui se convertissent à Jérusalem, mais qu’il est bien pour tous. Le don de l’Esprit fait exploser les frontières naturelles de l’Eglise (le peuple juif dont Jésus est issu) pour englober tous les peuples de la terre. En ce sens, nous pourrions dire que la mission d’un Paul de Tarse vers les nations païennes est déjà présente en germe dans cette Bonne Nouvelle entendue et comprise par chacun dans sa langue propre. Tous nous entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. En Dieu, par le ministère de Jésus et par le don de l’Esprit Saint, il n’y a plus d’étrangers, il n’y a que des frères et des sœurs rachetés par le Christ, invités à vivre avec tous la Bonne Nouvelle. Accueillir l’Esprit revient à accueillir l’humanité dans sa totalité et refuser de ne parler et ne vivre qu’avec ceux et celles qui ont les mêmes origines que nous. Le don de l’Esprit Saint, sans rien enlever à ce qui fait de nous êtres uniques, nous rend pourtant semblables en ce sens qu’il nous fait frères et sœurs en Christ, mort et ressuscité pour le salut de tous. Et c’est l’honneur de l’Eglise d’être le lieu qui rassemble les enfants de Dieu dispersés.

             La merveilleuse séquence de la Pentecôte nous a fait chanter l’œuvre de l’Esprit dans notre vie. Il est celui qui nous dispense les dons de Dieu, la lumière de nos cœurs, notre consolateur, notre repos, notre réconfort. Il est celui qui lave en nous ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guérit ce qui est blessé. Nous retrouvons ici l’affirmation de Jésus dans l’Evangile : A qui vous remettrez les péchés, ils seront remis. Il n’est pas de vie chrétienne qui ne soit une vie dans la force de l’Esprit Saint. Ce serait nous illusionner gravement que de croire que nous pouvons, par nos seules forces et notre seule volonté, marcher à la suite du Christ, à la rencontre de Dieu, sans l’aide de l’Esprit Saint. Il est à notre vie croyante ce que l’oxygène est à notre vie humaine : indispensable, parce qu’il est le souffle de Dieu qui nous anime et nous fait vivre. Il est celui qui nous fait respirer Dieu à chaque instant. Il est le don ultime de qui vont jaillir toutes les grâces et toute la connaissance de Dieu. Il nous pousse à faire le bien et à rejeter le mal. Nous devons tout à ce don.

            En ce jour de la Pentecôte, demandons à Dieu de renouveler en nous ce don de l’Esprit, pour que notre baptême en reçoive une nouvelle jeunesse ; qu’il creuse en nous la soif de Dieu et le désir de vivre avec lui aujourd’hui et toujours. Amen.


dimanche 17 mai 2026

7ème dimanche de Pâques A - 17 mai 2026

 Quand Dieu nous dit son amour, il nous dit que nous sommes à lui.





(Icône copte du 6ème/7ème siècle, le Christ et Abba Mena, Musée du Louvre - antiquité égyptienne)




 

 

            Que personne d’entre vous n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. Cette parole de Pierre a le mérite d’être claire. Elle nous rappelle qu’il y a un art de vivre chrétien qui ne considère jamais le mal comme une option possible. Notre titre de gloire, c’est d’être appelé chrétien, c'est-à-dire appartenant au Christ. Pierre se situe bien ainsi dans l’enseignement de son Maître, tel que nous l’avons entendu dans l’Evangile.

            La prière de Jésus au soir de sa mort est pour ses disciples. Jésus sait qu’ils risquent de défaillir, qu’ils ne seront pas très courageux face aux événements de la Passion. Il s’adresse donc à son Père, pour eux. Dans cette prière, il nous rappelle un point de notre foi très important que nous pouvons résumer ainsi : Quand Dieu nous dit son amour, il nous dit que nous sommes à lui. Ce n’est rien de très nouveau, j’en conviens. Le psaume 138 exprime déjà quelque chose de cette idée quand il fait dire au psalmiste : Tu me devances et me poursuis, tu m'enserres, tu as mis la main sur moi. Comment dire mieux que nous sommes à Dieu, lui qui met sa main sur nous ? Jésus s’inscrit pleinement dans ce mouvement quand il confie ses disciples à son Père : Je prie pour eux : ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi. En devenant disciples du Christ par notre baptême, c’est bien comme fils du Père éternel que nous sommes reconnus. S’attacher au Christ, c’est s’attacher à Dieu. C’est reconnaître l’unité fondamentale qui existe entre le Père et le Fils. C’est le Père qui a suscité pour Jésus des disciples (ceux que tu m’as donnés) ; c’est le Fils qui les rend au Père avant sa Passion, car seul le Père pourra leur donner la force de surmonter cette épreuve ; seul le Père pourra les ouvrir à la nouveauté de la résurrection de son Fils unique qui marche vers sa mort.

            Reconnaître que nous sommes au Père, cela a des conséquences très concrètes dans notre manière de croire. Cela concerne d’abord notre manière de nous adresser à lui. Jésus nous a appris à le faire très précisément : Quand vous priez, dites : Notre Père… Dès ce moment-là, Jésus nous invitait à nous situer dans un rapport de filiation à Dieu. En nous reconnaissant mutuellement fils et filles de Dieu, nous reconnaissons que nous sommes tous à Dieu, nous sommes tous frères et sœurs en Christ. Dieu est notre Père parce que Jésus, son Fils, que nous avons suivi librement, nous a confiés à Lui et nous a appris à nous adresser à Lui avec ces mots simples : Notre Père.

Reconnaître que nous sommes à Dieu, c’est aussi reconnaître qu’il nous aime infiniment, puisqu’il nous accepte comme ses enfants. Malgré nos faiblesses, malgré notre péché, Dieu nous rend dignes de lui, ne refusant pas le don que le Jésus lui fait. Et il faut relever ici le moment où ce don est fait par Jésus à son Père ; c’est bien au moment où Jésus marche vers sa mort, qu’il lui confie ses disciples, et à travers eux, celles et ceux qui, grâce à eux, croiront en lui quand il aura vaincu la mort.

Reconnaître que nous sommes à Dieu, c’est reconnaître, selon la parole de Paul aux Romains (8, 35.37-39), que rien ne peut nous séparer de lui. Alors, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. Dans nos moments de grandes joies, comme dans nos plus grandes détresses, n’oublions pas que nous sommes à Dieu, et que rien ne peut changer cela. Et quand bien même l’homme décidait de se détourner volontairement de Dieu, cela n’empêcherait pas celui-ci de l’en aimer davantage, et de guetter son retour. 

Être à Dieu, être dans la main de Dieu, est ce qui nous arrive de mieux. Cela ne signifie pas que nous ne connaîtrons jamais d’épreuves, mais que nous avons en lui celui qui veille sur nous et qui nous accompagne toujours. Le projet de Dieu pour chacun de nous est toujours un projet de vie et de bonheur. En affirmant que nous sommes à lui, nous reconnaissons sa présence à notre vie, quels que soient les moments vécus. En affirmant que nous sommes à lui, nous reconnaissons que notre désir le plus profond, c’est de vivre pour lui et avec lui, pour toute éternité. En affirmant que nous sommes à lui, nous reconnaissons notre désir d’être sauvés vraiment, car en lui seul est notre salut. Soyons plus que jamais fiers d’être chrétiens ; soyons plus que jamais fiers d’être à Dieu.  Amen.

jeudi 14 mai 2026

Ascension du Seigneur A - 14 mai 2026

 Quand Dieu nous dit son amour, il s'engage à être avec nous, toujours.





 

 

            Il n’y a pas besoin d’être grand théologien pour comprendre la solennité de l’Ascension. C’est un mot simple de la langue française, utilisé pour désigner le fait de gravir une montagne (l’ascension du Mont Blanc par exemple), et plus simplement encore compris par les nombreuses personnes habitant un immeuble et qui prennent l’ascenseur pour monter dans les étages supérieurs. Nous célébrons donc aujourd’hui une montée, celle de Jésus retournant auprès de son Père. Nous l’avons entendu dans les Actes des Apôtres : tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Qu’est-ce que cette solennité nous apporte de plus ?

            A priori, rien de plus que la solennité de Pâques. La résurrection de Jésus traduisait déjà cette montée : descendu aux enfers, il est ressuscité, entrainant avec lui ceux que la mort retenait captifs. C’est ce que nous disent toutes les icônes de Pâques dans le monde chrétien oriental. C’est dans la logique de Pâques que le Ressuscité retourne auprès de son Père qui l’avait envoyé pour le salut du monde. Ce dernier étant rendu possible par la Passion et la Résurrection de Jésus, il n’y a pas lieu que le Christ s’attarde ici-bas. Désormais, il nous attend auprès de son Père. Mieux, il reviendra un jour dans toute sa gloire. Cette espérance, née de la foi pascale, ne doit pas nous abandonner. Jésus ne retourne pas chez son Père parce que les hommes, en le jugeant et le condamnant l’auraient déçu ; il retourne chez son Père parce que sa mission est accomplie. C’est à ses disciples de prendre le relais, lorsque la puissance de l’Esprit Saint aura été répandue en eux. Vous allez recevoir une force quand l’Esprit Saint viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Jésus peut reprendre à son compte la phrase attribuée à César : Veni, vidi, vici – Je suis venu, j’ai vu et j’ai vaincu. Un moment de l’Histoire des hommes est achevé et il ouvre sur un nouveau temps : celui de la mission des disciples de faire connaître cette histoire Jésus pour que le monde croie et se convertisse à son enseignement. L’évangile de ce jour ne dit pas autre chose quand Jésus affirme : Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé.

            Nous voyons là que la mission n’est pas une option, un petit truc en plus à faire quand nous n’aurons plus rien d’autre à faire ! La mission devient première pour les disciples. Ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont compris de Jésus, de sa mort et de sa résurrection, ils ont à le faire connaître. Ce qui est en jeu, ce n’est pas que Jésus soit connu du plus grand nombre ; ce qui est en jeu, c’est que le salut apporté par Jésus parvienne au plus grand nombre, parvienne aux extrémités de la terre, à toutes les nations. Jésus n’a pas donné sa vie uniquement pour ceux qui l’ont connu, mais pour tous les hommes, répandus par tout l’univers, à travers toute l’Histoire. C’est la mission de ses Apôtres ; c’est notre mission à tous, baptisés dans l’eau et l’Esprit Saint. Ce Christ que nous avons accueilli dans notre vie, nous ne pouvons pas le garder pour nous, au prétexte que les autres n’en veulent pas, ou que notre société est devenue trop laïque et matérialiste pour accueillir sa Bonne Nouvelle. Le chrétien est missionnaire ou il n’est pas ! Il porte le Christ en lui pour le porter au monde. Il ne s’agit pas de l’imposer, mais de le proposer sans cesse, et d’abord peut-être par notre art de vivre qui devrait nous identifier comme chrétiens et qui devrait susciter l’envie de vivre de ce même art qui consiste à mettre l’autre au cœur de nos préoccupations, à être attentifs aux plus petits qui sont les préférés de Jésus, à dire Jésus par toute notre vie, en acte d’abord et en parole, à celles et ceux qui nous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en nous, comme nous le demandait Pierre dimanche dernier.

             Nous pourrions alors objecter que nous ne sommes ni Pierre, ni aucun des Apôtres qui ont connu personnellement Jésus. Nous pourrions dire que nous ne sommes pas qualifiés ou assez courageux. A ceci, Jésus lui-même répond dans l’évangile. Il nous assure d’une chose que nous ne devons jamais oublier : Et moi, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Oui, quand Dieu nous dit son amour, il s’engage à être avec nous, toujours. L’Ascension n’est pas un abandon puisqu’elle s’accompagne de cette promesse de Jésus. Et je suis certain que nous avons tous déjà ressenti cette présence de Jésus à nos côtés ; par exemple dans tel événement difficile, une foi plus forte pour le traverser ; dans telle rencontre, une joie profonde qui nous a envahis ; dans tel conflit, une paix intérieure qui nous a permis de le dépasser et de vivre une vraie réconciliation… ou simplement dans le calme d’une église ou d’une chapelle, de ressentir qu’il est là, qu’il nous parle au secret de notre cœur et qu’il veille sur nous. Jésus ressuscité est présent à notre monde, même si les événements dramatiques peuvent nous en faire douter ; il est présent à notre vie, nous rappelant son enseignement, son amour, et le salut qu’il nous offre. Ne doutons jamais de cette présence discrète mais sûre. L’eucharistie qui nous rassemble aujourd’hui nous fait partager les signes de sa présence : la Parole proclamée et expliquée ; le Pain et le Vin consacrés et partagés. Des choses toutes simples, mais qui nous rappellent que Jésus ne cesse de nous enseigner et de se donner en nourriture pour que notre foi reste forte et vivante.

            En cette fête de l’Ascension, nul besoin de lever les yeux au ciel pour contempler Jésus. Il suffit de nous tourner les uns vers les autres pour trouver, en ceux que Dieu met sur notre route, la trace de celui qui a pris le chemin de notre humanité pour nous rappeler le chemin vers Dieu et vers la sainteté qu’il nous offre en partage. Parce que Jésus est devenu l’un de nous, chacun de nous porte un peu de sa présence au monde ; chacun de nous est comme une icône permettant de contempler l’amour de Dieu pour tous. Ne cherchons pas ailleurs qu’au milieu de nous Celui qui a donné sa vie pour nous sauver, et donnons-le à voir afin que le monde croie et parvienne au salut. Amen.

samedi 9 mai 2026

6ème dimanche de Pâques A - 10 mai 2026

Quand Dieu nous dit son amour, il nous promet un Défenseur.








 

            Se souviennent-ils de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine, venue puiser de l’eau au puits de Jacob lorsque Philippe parcourt la région en proclamant le Christ ? Leurs cœurs sont-ils brûlants de foi pour que Philippe soit capable de poser autant de signes ? Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. En entendant cela, comment ne pas faire le rapprochement avec ce que Jésus nous dit dans l’Evangile : Le Père vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.

Ce Défenseur, ce n’est pas Philippe, c’est l’Esprit Saint qui se manifeste à travers lui. Ce n’est pas diminuer l’œuvre de Philippe que de le dire, bien au contraire. C’est le signe que Philippe, comme l’était Etienne, diacre lui-aussi, était rempli de l’Esprit Saint, et qu’il laissait l’Esprit parler et agir à travers lui. Philippe ne s’attribue aucun mérite. Il fait son travail de disciple du Christ ; il annonce le Christ. Quand le Christ est annoncé, quand le Christ est accueilli, l’Esprit peut travailler, l’Esprit peut libérer la vie de tout ce qui l’entrave. Chaque disciple connaît l’Esprit, car l’Esprit est en chaque disciple. Pour authentifier l’œuvre accomplie en Samarie, Pierre et Jean y sont envoyés ; ils prièrent pour les Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint. Il n’y a pas de disciples sans Esprit Saint. C’est la promesse de Jésus qui s’accomplit. Sa mort, sa résurrection et son Ascension que nous célèbrerons bientôt, ne sont pas un abandon, mais bien toutes choses nécessaires à notre salut et à notre vie de foi. Pour recevoir l’Esprit Saint, il faut la foi au Christ, mort et ressuscité pour notre vie ; pour vivre cette foi, il faut accueillir le don de l’Esprit Saint, présence de Dieu en notre vie, qui rend toutes choses possibles.

La promesse d’un Défenseur, faite par Jésus dans l’Evangile de ce dimanche, n’est donc pas un hochet destiné à nous consoler au pied de la croix ; elle est la preuve que Dieu nous aime, qu’il nous veut vivant et qu’il nous donne les moyens de cette vie éternelle qu’il nous offre dans le sacrifice de son Fils unique. Si Philippe est capable de réaliser tous ces signes, c’est parce que l’Esprit Saint l’accompagne et devance les Apôtres eux-mêmes. L’amour de Dieu pour nous reste premier. Il est la source de notre foi et non le résultat de celle-ci. C’est parce que Dieu nous aime, que nous pouvons croire en lui, et non parce que nous croyons en lui que Dieu nous aime. La présence de l’Esprit Saint, signe de l’amour de Dieu pour nous, est manifesté par les guérisons ; cette présence fait naître la foi qui sera confirmée par les Apôtres.

C’est cette présence de l’Esprit Saint en nous que Pierre demande à ses lecteurs de vivre quand il les invite à présenter à tout moment une défense devant quiconque leur demande de rendre raison de l’espérance qui est en eux. Et nous voyons là que Dieu fait bien les choses. L’Esprit Saint nous précède toujours, car nul ne peut dire Jésus Christ est Seigneur sans l’Esprit Saint. Comme tous les dons de Dieu, l’Esprit nous précède. Mais il nous revient de le mettre en œuvre, ou à tout le moins de ne pas être un obstacle à son action. C’est lui qui met sur nos lèvres les mots de la foi ; c’est lui qui nous permet d’en rendre témoignage avec douceur et respect. Car de même que l’Esprit ne s’impose pas à nous, de même n’avons pas à l’imposer, ni à imposer notre foi à quiconque. Si Dieu nous laisse libre de croire en lui, qui sommes-nous pour obliger d’autres à faire ce que nous avons fait librement ? L’amour ne s’impose pas ; il se propose et se vit. 

Avec l’Esprit Saint, tout est question d’amour. Pour nos frères orientaux, il est l’amour qui unit le Père et le Fils. Jésus confirme cette interprétation de l’Esprit Saint quand il nous dit dans l’évangile aujourd’hui : Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime, sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. Seule la présence de l’Esprit Saint nous faire comprendre et aimer les commandements de Dieu ; seule la présence de l’Esprit Saint nous fait sentir et répandre la bonne odeur du Christ autour de nous. A mesure que nous approchons de la fin du temps pascal, demandons à Dieu de rendre vivante et agissante en nous la présence de son Esprit Saint ; demandons-lui d’aimer comme il nous aime, et notre monde en sera renouvelé. Amen.

samedi 25 avril 2026

4ème dimanche de Pâques A - 26 avril 2026

 Quand Dieu nous dit son amour, il nous offre la vie en abondance





 

            Qu’est-ce qui est important ? Qu’est-ce qui nous reste en mémoire quand nous rentrons chez nous après la messe ? Nous entendons chaque dimanche quatre lectures, si l’on compte le psaume, et qu’emportons-nous ? La réponse va probablement varier en fonction des personnes, de notre humeur, de notre attention, du temps liturgique que nous célébrons, et que sais-je encore ? Pourtant, au cœur de toutes nos liturgies, il y a une certitude qui ne doit jamais nous abandonner, et que l’évangile de ce dimanche remet au centre : c’est la raison pour laquelle Jésus est venu en ce monde ; la raison pour laquelle il a donné sa vie. Chacune de nos eucharisties nous remet face à ce mystère. Je ne dis pas que vous pouvez oublier tout le reste ; mais ce cœur de la foi, quand bien même la célébration ou l’homélie devaient être ennuyeuses, vous devriez le retrouver et en rendre grâce.           

            Je vais immédiatement enlever une réponse inappropriée : Jésus n’est pas venu en ce monde pour mourir en croix et ressusciter. Mourir et ressusciter, c’est de l’ordre des moyens employés, ce n’est pas la raison pour laquelle il est venu en ce monde. Ceux qui ont encore en mémoire le catéchisme par questions-réponses, pourraient retrouver la raison principale de la venue de Jésus en ce monde à partir de cette question simple : que procure la foi ? La vie éternelle ! Oui, Jésus est venu en ce monde pour que ses brebis aient la vie, la vie en abondance. Et il faut entendre cette précision apportée par Jésus lui-même : la vie en abondance. Ce n’est pas une petite vie qu’il nous offre ; non, c’est la vraie vie, celle qui ne finit pas, celle que la mort elle-même ne saurait arrêter. Dieu n’est pas avare de cette vie largement donnée par Jésus mort et ressuscité. Nous le voyons dans les Actes des Apôtres : environ trois milles personnes se joignirent aux Apôtres au seul jour de la Pentecôte ! Le premier discours de Pierre, c’est tout ce qu’il fallait pour que trois milles personnes comprennent et désirent recevoir ce don de la vie éternelle offert par Dieu, en Jésus mort et ressuscité. Et il est impossible de compter, depuis ce premier discours, combien, à travers le temps et l’Histoire, ont compris que Dieu nous dit son amour en nous offrant cette vie en abondance ! Rien qu’aujourd’hui, nous sommes 2,3 milliards de chrétiens dans le monde. Je vous laisse imaginer ce que cela peut représenter en 21 siècles ! Je ne peux pas croire, avec autant d’ainés dans la foi, que j’ai pu, que nous puissions nous tromper lorsque nous accordons notre foi au Dieu Père, Fils et Esprit Saint que nous confessons avec tous les chrétiens.

            Que certains veuillent falsifier la foi, s’en servir à mauvais escient, Jésus lui-même nous avertit que cela peut arriver. Mais il nous rassure aussi en nous disant que nous connaissons sa voix à lui et que nous savons qui écouter. Les voleurs, les bandits, les falsificateurs de la foi, il y en a eu et il y en aura encore. Mais il n’y a jamais eu, et il n’y aura jamais qu’un seul Christ, qu’un seul vrai pasteur. Et il est encore écouté aujourd’hui quand il parle à travers ceux qu’il envoie porter sa parole. Voyez le Pape Léon. Si vous avez suivi son récent voyage en Afrique, vous aurez peut-être été frappés par l’authenticité de son message, la clarté de sa prédication, sans peur et sans haine, alors même qu’il nous appelait tous à plus d’humanité, à mettre fin aux guerres, aux querelles d’égo, aux dictatures de toutes sortes, qu’elles soient d’ordre politique, économique ou technologiques. A la suite du Christ, il appelait à une vie plus grande, plus digne, plus respectée et plus respectueuse pour tous. Même à la prison qu’il a visité dans l’un des pays, il a rappelé la dignité de tout homme, y compris de ceux qui se retrouvent derrière des barreaux, et que rien de ce qu’ils ont pu faire ne justifiait envers eux l’usage de comportements dégradants. Le but de la prison n’est pas de casser des hommes et des femmes, mais de leur permettre de retrouver une place dans la société une fois leur peine accomplie. Sa parole claire nous remet tous devant l’exigence d’être à la hauteur de cette vie que Dieu propose à tous.

            L’eucharistie qui nous rassemble vient comme raviver cette vie éternelle à laquelle nous participons déjà par notre baptême. Et le Pain eucharistique nous est donné pour nourrir cette vie, pour la faire grandir en nous, et nous rendre forts dans cette vie nouvelle. En effet, Pierre le rappelle dans sa première lettre, le Christ nous a laissé un modèle pour que nous suivions ses traces. Ce don de la vie éternelle, de la vie en abondance, suppose que, comme Jésus, nous refusions le péché, le mensonge, l’insulte, la menace et que nous choisissions au contraire l’abandon à Celui qui juge avec justice. En lui seul est la vie véritable parce qu’il est le seul à donner la vie éternelle. Les propositions faites par d’autres ne sont que des ersatz de mauvaises qualités qui ne mènent nulle part. Que l’eucharistie célébrée et reçue nous donne d’y voir clair et la force de nous engager à la suite du seul vrai berger : le Christ Jésus, qui a donné sa vie pour que nous ayons la vie éternelle. Amen.