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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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samedi 23 septembre 2023

25ème dimanche ordinaire A - 24 septembre 2023

 Premiers ou derniers : dans le royaume, tous pareils !



 Source : Comprendre les paraboles - Région-ouest (epudf.org)

 

            C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. Ainsi s’énonce la conclusion de la parabole que Jésus nous raconte en ce dimanche. Une parabole aux accents indubitablement politique, puisqu’elle dessine un vivre ensemble peu commun. Et sa conclusion ne manque pas de nous étonner. Pour bien comprendre, il me semble qu’il ne faut pas oublier pourquoi Jésus raconte cette parabole. Il ne nous parle pas d’abord de notre monde, il nous parle du royaume des cieux qui est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Et cela change tout, ou presque ! 

            C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. Souvent, nous pensons que Jésus renverse la table et les valeurs. Nous comprenons alors que les premiers seront les derniers, et que les derniers seront les premiers, ce qui donne, par exemple, quelque chose du genre : tu étais devant la file, tu vas te mettre tout derrière ; tu étais tout derrière dans la file, va te mettre tout devant. Reconnaissons que cela ne nous arrange que lorsque l’on est tout derrière (sauf peut-être à l’église, où l’on aime bien être tout derrière sans que nous sachions trop pourquoi) ! Mais est-ce bien là ce que Jésus nous dit aujourd’hui ? Y aurait-il, dans le royaume des cieux, une prime à la paresse, au dernier de la classe, à celui qui ne fait aucun effort ? Ce n’est pas ce que dit cette parabole. Ce qu’elle nous dit, c’est que le maître traite pareillement les premiers et les derniers embauchés. Il n’enlève rien aux premiers qui ont reçu le salaire promis : il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée, une pièce d’argent. Il ne rajoute rien aux suivants à qui il a promis de donner ce qui est juste, c'est-à-dire un salaire pour leur travail. Et c’est bien ce qui arrive : chacun est payé selon ce qui a été convenu au départ, et que le maître traduit par une pièce d’argent pour tous. Le maître estime juste de donner à tous ce qu’il a promis aux premiers ; c’est son droit !  Dans le royaume des cieux, il n’y a pas de places de première classe ou de quinzième classe… Dans le royaume des cieux, il y a de la place pour tous ceux qui veulent bien travailler à la vigne du maître.  Les derniers seront traités comme les premiers, et les premiers comme les derniers. 

            Certains pensent alors que cela change tout, parce que cela ne correspond pas à notre manière de faire ou de penser. Mais cela n’est pas nouveau. Déjà Isaïe, parlant du rapport entre Dieu et les hommes, rappelait que mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins. Il y a une approche radicalement différente. Là où l’homme fait des différences (parce qu’il faut tenir compte du degré de sympathie, du poids du jour, du temps passé à…), Dieu ne voit que des humains qu’il aime pareillement et qu’il entend accueillir pareillement dans le royaume des cieux. C’est nous qui avons imaginé que Dieu s’en tiendrait à nos représentations, et qu’il était bien mieux que là-bas, on reproduise l’ici-bas. D’autres avaient imaginé au contraire que là-bas serait l’exact contraire d’ici-bas, ce qui pouvait, pensaient-ils, faire accepter les différences jugées inévitables ; cela a donné des prédications du genre : souffrez maintenant, et en silence s’il vous plaît, et vous serez heureux après. On se console comme on peut ! Jésus dit non à ces deux représentations. Le royaume des cieux n’est ni un miroir de notre monde, ni sa copie inversée. Le royaume des cieux est quelque chose de neuf, une nouvelle manière de considérer les relations entre les hommes, une nouvelle manière de considérer les rapports avec Dieu. Dans le royaume des cieux, tu es invité à rejoindre la vigne du Seigneur. Dans le royaume des cieux, Dieu traite chacun avec justice, sans faire de différence entre les hommes. Dans le royaume des cieux, c’est la loi de Dieu qui s’applique, de Dieu qui est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu’il fait. Dans le royaume des cieux, la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres. Bref, dans le royaume des cieux, Dieu est chez lui et il y fait comme bon lui semble. A l’oublier, nous risquons d’être déçus et ingrats. Entendons la réponse du maître de la vigne à celui qui se rebiffe : Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? 

            Puisque nous sommes tous invités à œuvrer pour le royaume des cieux, oublions nos conventions trop humaines, entrons dans la manière d’être et de vivre du maître du domaine. Ne reproduisons pas là-bas ce que nous dénonçons ici-bas. Entrons dans l’unique manière de vivre qui permet à tout homme de se sentir frère, de se sentir aimé, de se sentir respecter : celle que Dieu nous indique dans sa parole. Que la fraternité universelle que l’Evangile de Jésus Christ nous propose ne soit pas un doux rêve mais notre réalité. Qui a dit que nous ne pouvions pas commencer ici-bas à vivre comme là-bas ? Le royaume des cieux peut commencer dès maintenant, puisque le Christ a annoncé qu’il était déjà au milieu de nous. Il tient à chacun de le vivre déjà. Amen.

samedi 22 juillet 2023

16ème dimanche ordinaire A - 23 juillet 2023

 Le juste doit être humain.




(Tableau d'Arcabas trouvé sur le net)




 

 

            Au début de ce mois, j’ai accompagné un groupe d’élèves de l’Enseignement catholique au Mont Sainte Odile pour une semaine de prière et d’approfondissement de la foi. Les catéchèses que j’ai données avaient toutes comme point de départ un héros de l’univers Marvel : Spider-Man, Thor, Iron Man et Daredevil. J’y ai repensé en préparant cette homélie, parce qu’une phrase de la première lecture faisait écho à l’une des catéchèses : Par ton exemple, dit l’auteur du livre de la Sagesse, tu as enseigné à ton peuple que le juste doit être humain. C’est exactement le sujet du film Thor, dans lequel le héros est exilé sur terre pour apprendre à être humain s’il veut un jour être un roi sage.     

            Remarquez la formule employée dans notre première lecture : le juste doit être humain, et non pas l’humain doit être juste, ce à quoi la plupart d’entre nous aurait pensé. N’est-ce pas, quand on regarde notre monde et tout ce qui va de travers, on se dit facilement que l’humanité, pour éviter les tensions et les difficultés, devrait apprendre à être juste. Combien de conflits ont l’injustice comme point de départ ? Combien de fois nous sentons-nous atteints dans notre dignité humaine à cause d’une injustice ? Si l’humain devenait juste, sans doute notre monde irait-il mieux ! Mais voilà, ce n’est pas la formule retenue dans le livre de la Sagesse. Là, c’est le juste qui doit être humain. Autrement dit, il ne suffit pas d’être juste, il faut encore être humain, en plus. Et si je vais au bout de la logique, faudra-t-il affirmer qu’être juste sans être humain, ben, ce n’est pas bien ? La justice serait comme incomplète, inachevée, si elle n’était pas appuyée sur notre humanité ? Comment comprendre la formule ? Si c’est l’humain qui devait être juste – c'est-à-dire pratiquer la justice – alors la justice serait simplement une attitude morale, avec le risque de devenir inatteignable, perpétuellement imparfaite. Par contre, si le juste – c'est-à-dire celui qui pratique la justice – doit être humain, l’humain qualifie alors la pratique même de la justice. L’exercice de la justice doit être humain : une manière de dire que le juste n’est pas au-dessus des autres, meilleur que les autres. Non, le juste doit être humain, il doit rester humain, pour que sa justice puisse éclairer les autres, pour que sa justice donne envie aux autres.  Pour que vivre en juste soit la marque de fabrique de tout humain, il faut que le juste reste humain, qu’il ne se place pas au-dessus de la mêlée. Le juste n’est pas là pour faire remarquer aux autres combien ils sont injustes. 

            C’est la que le personnage de Thor nous aide à comprendre. Celui qui était vaniteux, sûr de sa force, sûr de son droit à succéder à son père et à être roi, perd tout parce qu’il manque d’humilité, d’humanité. Il va perdre tous ses pouvoirs jusqu’à ce qu’il comprenne son rôle, sa vie, de manière différente. Sur terre, il ne sera qu’un humain parmi d’autres, sans autre pouvoir que d’être vraiment lui, sans autre pouvoir qu’une conscience qui s’éclaire et qui le poussera à agir de manière juste, de manière ajustée à sa nouvelle vie. Et c’est là, après avoir offert sa vie pour sauver celle des autres, qu’il retrouve tous ses pouvoirs pour achever de détruire l’adversaire. C’est un héros Marvel, son histoire doit bien finir. Mais il nous aura enseigné au passage ce qu’est un humain, celui qui vient de la terre. 

            Nous pouvons alors entendre l’enseignement de Jésus qui va dans le même sens. Les paraboles qu’il nous laisse peuvent être lues comme une leçon d’humanité de la part du seul Juste. Est vraiment humain, non pas celui qui est meilleur que les autres, mais celui qui laisse grandir en lui le bon grain et l’ivraie, sachant que c’est un autre, le Tout-Autre, qui portera le jugement final et définira l’ivraie à brûler et le bon grain à recueillir dans les greniers. Cela évite que chacun ne se fasse une justice et une morale à sa mesure. Nous serons jugés par le Juste par excellence qui s’est aussi montré l’humain par excellence ! Est humain aussi celui qui reconnaît qu’un plus petit peut de grandes choses, et qui donc ne se met pas toujours en avant au risque d’écraser les autres. La plus petite des graines, la plus insignifiante devient l’arbre le plus grand. Belle leçon d’humanité, non ? Est humain, celui qui sait entraîner les autres pour faire avec eux de grandes choses, comme le levain dans la pâte. Mais est vraiment humain celui qui marche à la suite de Jésus et qui essaie de vivre de son enseignement. Parce que Jésus, vrai Dieu, s’est fait vrai homme, Il peut nous apprendre l’humanité véritable qu’il a vécue jusqu’au bout, jusqu’à la croix. C’est ce qu’apprend Thor également : fils d’Odin, roi des dieux, il devient pleinement lui quand il a appris à être humain. Plus il devient humain, plus il retrouve ce qu’il est en vérité : fils de Dieu. Il en va de même pour nous : plus nous devenons humains, plus nous serons saints. Pour le dire autrement, notre degré de sainteté dépend de notre degré d’humanité. 

            Fils et filles de Dieu, saints, ce n’est pas ce que nous avons à devenir, c’est ce que nous sommes, par notre baptême. Nous le serons véritablement quand nous serons véritablement humains. Le fils de Dieu ou le saint, comme le juste, doit être humain, puisque c’est le chemin pris par le Fils unique Jésus Christ, pour nous ouvrir le salut. Ne rêvons pas du jour où nous serons parfaitement saints ; rêvons du jour où nous serons parfaitement humains ; nous aurons accompli alors le chemin du fils unique Jésus Christ, lui qui n’a pas jalousement retenu le rang qui l’égalait à Dieu, mais qui s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom. Soyons humains, comme le Christ, et nous serons les fils et les filles aimés de Dieu le Père, sauvés par le Fils unique, vivants dans l’Esprit Saint. Rien d’autre ne compte ; rien d’autre que notre humanité ne mène au salut que le Christ nous offre. Amen.

samedi 22 octobre 2022

30ème dimanche ordinaire C - 23 octobre 2022

 De grâce, laissons le jugement à Dieu !





            Qu’est-ce qui ne va pas dans l’évangile de ce dimanche ? Qu’est-ce qui est choquant ? Est-ce la prière du pharisien qui étale ses mérites devant Dieu ? Est-ce le fait que le publicain, collecteur d’impôts, donc collaborateur de l’occupant romain, soit déclaré juste plutôt que le pharisien qui respecte pourtant scrupuleusement la Loi de Dieu ? Pour moi, rien de tout cela n’est choquant. Ce qui est choquant, c’est la raison pour laquelle Jésus raconte cette parabole. Et la raison, la voici : certains étaient convaincus d’être des justes et méprisaient les autres. Voilà ce qui est choquant selon moi. 

Comment pouvons-nous mépriser quelqu’un ? Comment pouvons-nous croire que nous vaudrions plus que les autres, ou que quelqu’un vaut moins que nous ? Ne sommes-nous pas tous égaux ? Ne sommes-nous pas tous faits de la même pâte ? Le mépris des autres, ajouté à la croyance que le groupe auquel nous appartenons vaut plus que les autres, a conduit à l’esclavage, au racisme, à la déportation de nos frères et sœurs juifs et autres (tziganes, homosexuels…) lors de la deuxième guerre mondiale ; et cela conduit aujourd’hui à une nouvelle guerre aux portes de l’Europe, pour ne prendre que notre continent. Les discussions qui vont s’ouvrir sur la fin de vie ne risquent-elles pas aussi de reproduire ce même travers, en identifiant des vies qui ne vaudraient plus d’être vécues et auxquelles nous pourrions alors mettre fin, sans nous sentir coupables, sous couvert d’un droit à mourir dans la dignité ? Le mépris de l’autre exclut ; le mépris de l’autre tue, même si ce n’est que socialement. C’est toujours dramatique. 

La réponse à cette attitude choquante est pourtant simple quand on est croyant : elle consiste à laisser Dieu, et lui seul, être l’unique juge en la matière, au moment qu’il aura fixé. N’écrivons pas l’histoire des hommes plus vite que Dieu. Le temps du jugement viendra ; mais ce temps ne nous appartient pas ; le jugement ne nous appartient pas. Voyez les deux hommes de la parabole ; à la fin de l’histoire, le juste n’est pas celui qu’on aurait cru au début. Dans la bonne société, le match pharisien contre publicain était clairement en faveur du pharisien. Ce qu'il dit des autres, il ne le fait pas, nous pouvons le croire sur parole. Il n’est ni voleur, ni injuste, ni adultère. Il jeûne bien deux fois par semaine et verse bien le dixième de tout ce qu’il gagne. Un homme parfait aux yeux de sa société. Il a tout pour lui, au contraire du publicain, dont le seul métier – collecteur d’impôts – le disqualifie aux yeux de son peuple, puisque sa fonction l’oblige à collaborer avec l’occupant romain. En d’autres temps, on en a tondu ou fusillé pour moins que ça. Et pourtant dit Jésus : Quand ce dernier (le publicain donc) redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre (le pharisien donc). Pourquoi cette différence de regard ? Parce que Dieu ne regarde pas comme nous. Il ne dit pas que ce que vit le pharisien est mauvais ; il dit que l’attitude du publicain, aux yeux de Dieu, est plus juste, plus ajusté à ce que Dieu attend des hommes. 

Là il me faut alors préciser, sans tarder, que Dieu n’attend pas de nous du misérabilisme (oh Seigneur, vois comme je ne suis pas bien du tout ; ce n’est d’ailleurs pas ce que fait le publicain), ni que nous n’étalions devant lui que nos défauts. Ce qu’il attend de nous, c’est que nous soyons vrais devant lui, sans nous comparer aux autres. Ecoutez ce que disait Ben Sirac le Sage : Le Seigneur est un juge qui se montre impartial envers les personnes. Il ne défavorise pas le pauvre. Il ne méprise pas la supplication de l’orphelin. Le publicain, dans son attitude toute faite de contrition, sera écouté, parce qu’il a besoin du regard favorable de Dieu sur sa vie pour sortir de sa condition de pécheur : Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! Ecoutons encore Ben Sirac : Celui dont le service est agréable à Dieu est bien accueilli, sa supplication parviendra jusqu’au ciel. C’est le pharisien qui aurait dû se souvenir de ce passage de l’Ecriture. Car nul doute que son service (son jeûne et son partage) est agréable à Dieu ; mais il a du mépris pour les autres hommes qui ne sont pas aussi bien que lui, qui sont comme ce publicain. Et surtout, il n’attend rien de Dieu ; il ne fait aucune demande ! Comme les hommes de son temps, Dieu voit et apprécie ce que ce pharisien fait de positif (jeûne et partage) ; mais il entend aussi le mépris affiché envers ceux qui ne sont pas et ne font pas comme le pharisien. Celui qui se place au-dessus des autres devant Dieu ne peut pas être reconnu comme un homme juste. 

Ecoutez Paul, pharisien, fils de pharisien, dans sa lettre à Timothée. On pourrait croire qu’il se vante en disant tout ce qu’il a bien fait : J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Je n’ai plus qu’à recevoir la couronne de justice. Il ne fait que dire ce qui est vrai, comme le pharisien de la parabole. Mais, à sa différence, il ne méprise personne, il ne dit pas qu’il est le seul à avoir fait ainsi. Ecoutez-le bien : Le Seigneur, le juste juge, me la remettra (la couronne de justice) en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse. Et concernant ses adversaires, il ne demande ni leur défaite, ni leur anéantissement : La première fois que j’ai présenté ma défense, personne ne m’a soutenu : tous m’ont abandonné. Que cela ne soit pas retenu contre eux. Une demande adressée à Dieu qui sera entendue et exaucée. Bien que pharisien, vivant sa foi avec ardeur et sérieux, Paul sera reconnu comme un homme juste. Sa prière est ajustée à sa vie ; sa prière est ajustée à sa foi en Dieu qui a envoyé son Fils pour sauver les pécheurs : d’où sa demande envers ceux qui l’ont abandonné. 

Le pharisien de la parabole n’a pas vu son attitude ne pas être reconnu juste parce qu’il est pharisien, mais parce que ni son regard, ni sa prière ne sont ajustées au Dieu qu’il sert ; il n’a pas besoin de Dieu ; son refuge, ce sont ses actes de piété. Le publicain n’est pas reconnu juste parce qu’il est publicain, il est reconnu juste parce que sa prière est ajustée au Dieu auquel il s’adresse ; c’est le Dieu qui prend pitié, le Dieu qui invite à la conversion, le Dieu juste qui juge avec justice. Comme le psalmiste, il a su reconnaitre en Dieu le Seigneur qui rachètera ses serviteurs ; il se souvient qu’il n’y a pas de châtiment pour qui trouve en Dieu son refuge. Faisons de même, ajustons-nous à la justice et à la bonté de Dieu ; plaçons notre confiance en lui sans renoncer à vivre conformément à notre foi, sans orgueil et sans mépris pour ceux qui ont plus de difficulté. Et surtout, de grâce, laissons Dieu, et lui seul, être notre juge et celui de toute l’humanité. Nous nous en sortirons tous bien mieux. Amen.