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samedi 9 mai 2026

6ème dimanche de Pâques A - 10 mai 2026

Quand Dieu nous dit son amour, il nous promet un Défenseur.








 

            Se souviennent-ils de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine, venue puiser de l’eau au puits de Jacob lorsque Philippe parcourt la région en proclamant le Christ ? Leurs cœurs sont-ils brûlants de foi pour que Philippe soit capable de poser autant de signes ? Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. En entendant cela, comment ne pas faire le rapprochement avec ce que Jésus nous dit dans l’Evangile : Le Père vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.

Ce Défenseur, ce n’est pas Philippe, c’est l’Esprit Saint qui se manifeste à travers lui. Ce n’est pas diminuer l’œuvre de Philippe que de le dire, bien au contraire. C’est le signe que Philippe, comme l’était Etienne, diacre lui-aussi, était rempli de l’Esprit Saint, et qu’il laissait l’Esprit parler et agir à travers lui. Philippe ne s’attribue aucun mérite. Il fait son travail de disciple du Christ ; il annonce le Christ. Quand le Christ est annoncé, quand le Christ est accueilli, l’Esprit peut travailler, l’Esprit peut libérer la vie de tout ce qui l’entrave. Chaque disciple connaît l’Esprit, car l’Esprit est en chaque disciple. Pour authentifier l’œuvre accomplie en Samarie, Pierre et Jean y sont envoyés ; ils prièrent pour les Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint. Il n’y a pas de disciples sans Esprit Saint. C’est la promesse de Jésus qui s’accomplit. Sa mort, sa résurrection et son Ascension que nous célèbrerons bientôt, ne sont pas un abandon, mais bien toutes choses nécessaires à notre salut et à notre vie de foi. Pour recevoir l’Esprit Saint, il faut la foi au Christ, mort et ressuscité pour notre vie ; pour vivre cette foi, il faut accueillir le don de l’Esprit Saint, présence de Dieu en notre vie, qui rend toutes choses possibles.

La promesse d’un Défenseur, faite par Jésus dans l’Evangile de ce dimanche, n’est donc pas un hochet destiné à nous consoler au pied de la croix ; elle est la preuve que Dieu nous aime, qu’il nous veut vivant et qu’il nous donne les moyens de cette vie éternelle qu’il nous offre dans le sacrifice de son Fils unique. Si Philippe est capable de réaliser tous ces signes, c’est parce que l’Esprit Saint l’accompagne et devance les Apôtres eux-mêmes. L’amour de Dieu pour nous reste premier. Il est la source de notre foi et non le résultat de celle-ci. C’est parce que Dieu nous aime, que nous pouvons croire en lui, et non parce que nous croyons en lui que Dieu nous aime. La présence de l’Esprit Saint, signe de l’amour de Dieu pour nous, est manifesté par les guérisons ; cette présence fait naître la foi qui sera confirmée par les Apôtres.

C’est cette présence de l’Esprit Saint en nous que Pierre demande à ses lecteurs de vivre quand il les invite à présenter à tout moment une défense devant quiconque leur demande de rendre raison de l’espérance qui est en eux. Et nous voyons là que Dieu fait bien les choses. L’Esprit Saint nous précède toujours, car nul ne peut dire Jésus Christ est Seigneur sans l’Esprit Saint. Comme tous les dons de Dieu, l’Esprit nous précède. Mais il nous revient de le mettre en œuvre, ou à tout le moins de ne pas être un obstacle à son action. C’est lui qui met sur nos lèvres les mots de la foi ; c’est lui qui nous permet d’en rendre témoignage avec douceur et respect. Car de même que l’Esprit ne s’impose pas à nous, de même n’avons pas à l’imposer, ni à imposer notre foi à quiconque. Si Dieu nous laisse libre de croire en lui, qui sommes-nous pour obliger d’autres à faire ce que nous avons fait librement ? L’amour ne s’impose pas ; il se propose et se vit. 

Avec l’Esprit Saint, tout est question d’amour. Pour nos frères orientaux, il est l’amour qui unit le Père et le Fils. Jésus confirme cette interprétation de l’Esprit Saint quand il nous dit dans l’évangile aujourd’hui : Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime, sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. Seule la présence de l’Esprit Saint nous faire comprendre et aimer les commandements de Dieu ; seule la présence de l’Esprit Saint nous fait sentir et répandre la bonne odeur du Christ autour de nous. A mesure que nous approchons de la fin du temps pascal, demandons à Dieu de rendre vivante et agissante en nous la présence de son Esprit Saint ; demandons-lui d’aimer comme il nous aime, et notre monde en sera renouvelé. Amen.

lundi 16 avril 2018

03ème dimanche de Pâques B - 15 avril 2018

Si l'un de nous vient à pécher...





Je vous écris cela pour que vous évitiez le péché. Ainsi commence la deuxième lecture de ce dimanche. Ce qui précède cette affirmation, ce n’est pas l’extrait de la première lettre de Jean que nous avions entendu dimanche dernier (et qui était tiré du chapitre 5). Non, ce qui précède cette affirmation de Jean, c’est le début de sa lettre et plus immédiatement cette autre citation : Si nous disons que nous sommes sans péché, nous faisons de lui [de Dieu] un menteur, et sa parole n’est pas en nous. Il conclut ainsi un long développement sur la fidélité de Dieu et sur notre communion avec Dieu. Cette fidélité de Dieu s’exprime dans le sacrifice du Christ ; notre communion avec Dieu s’exprime quant à elle par l’accueil de sa Parole dans notre vie.  

Il peut sembler étrange, voire contradictoire, que les disciples du Christ commentent encore des péchés. Le Christ n’a-t-il pas offert sa vie en sacrifice pour les péchés des hommes ? Si la résurrection de Jésus ouvre bien la voie à notre propre résurrection, sa vie sans péché n’a jamais empêché l’homme d’être soumis encore à ce même péché. Nous ne sommes pas encore comme Jésus, même si nous avons accueilli sa vie en nous au moment de notre baptême ! Il faudrait certes tendre vers une vie sans péché ; la résurrection du Christ nous en donne les moyens. Mais la chair est faible, et le péché que nous voudrions éviter, nous le faisons quand même. Même saint Paul reconnaît que le bien qu’il voudrait faire, il n’y arrive pas et le Mal qu’il voudrait éviter, il le fait quand même. Il nous faut donc accepter comme une donnée inhérente à notre humanité le fait que nous soyons pécheur et que nous avons besoin de quelqu’un pour nous sauver, pour nous libérer du Mal. Le début de notre salut est dans la reconnaissance de notre état premier. Comment Jésus pourrait-il nous guérir si nous ne reconnaissons pas notre Mal ? Comment Jésus pourrait-il sauver ceux qui ne croient pas avoir besoin d’être sauvés ? 

Que se passe-t-il alors si l’un de nous commet un péché ? Jean est clair : si cela devait arriver, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ, le Juste. Autrement dit, Jésus, l’homme sans péché, n’est pas notre accusateur, mais notre avocat, celui qui interviendra en notre faveur. Il l’a fait sur la croix en offrant sa vie : c’est lui qui, par son sacrifice, obtient le pardon de nos péchés. Jésus sera pour toujours entre Dieu et nous. Sa croix sera pour toujours le signe du pardon que Dieu nous accorde, à cause de son Fils Jésus. Il n’y a pas à craindre Jésus ; il y a à garder ses commandements. Nous avons déjà découvert dimanche dernier que garder les commandements signifiait pour le croyant aimer Dieu et son prochain. Jean nous fait faire un pas de plus en affirmant que garder les commandements revient aussi à connaître Jésus. Celui qui dit : ‘Je le connais’, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n’est pas en lui. Jean lie la connaissance de soi, la garde des commandements et le salut. Est sauvé celui qui, se reconnaissant pécheur, garde malgré-tout, les commandements. Ayant Jésus comme avocat, il ne peut qu’être sauvé.  

Si l’un de nous vient à pécher, il n’y a pas à s’affoler, ni à désespérer. Nous avons toujours la possibilité d’être sauvé par Jésus, mort et ressuscité pour notre vie. Attachons-nous à lui, attachons-nous à sa Parole, attachons-nous à son amour. Et nous vivrons, dès aujourd’hui et pour toujours. Amen.

(Dessin de M. Leiterer)