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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







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samedi 23 août 2025

21ème dimanche ordinaire C - 24 août 2025

 Une question restée sans réponse ?






 

            N’aurait-il pas pu répondre simplement à la question qui lui était posée ? N’aurait-il pas pu répondre clairement surtout à cette question qui agite, semble-t-il, beaucoup d’esprits ? Pourquoi encore deux paraboles – celle de la porte étroite et celle du maître de maison qui ferme sa porte - qui compliquent tout et ne répondent pas directement à l’énigme posée ? Avait-il besoin d’être jésuite avant l’heure, Jésus, quand il a répondu à la question de cet inconnu ?

            La question était pourtant simple : Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? Un oui ou un non aurait fait l’affaire ; un nombre aurait donné davantage d’éclairage. Certains, au cours des siècles suivants, s’y sont d’ailleurs essayés. Je pense aux témoins de Jéhovah qui croient toujours que seuls 144000 pourront vivre au ciel avec le Christ ! Ce n’est pas la réponse de Jésus. Ce qui me fait dire que ce n’est pas le nombre qui importe. D’ailleurs le livre de l’Apocalypse parle d’une foule innombrable. Or 144000, c’est quand même ultra bien dénombré ! Cela représente 12 fois 12000, soit 12000 sauvés pour chacune des 12 tribus d’Israël. C’est plus facile à compter, par paquets de 12. Et puisque j’en suis à ce que Jésus ne dit pas, il me faut préciser ici que Luc ne fait pas dire à Jésus que les derniers seront premiers et les premiers seront derniers, mais bien : il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. Ce n’est quand même pas tout-à-fait la même chose ! Si, au paradis, sont appliquées nos règles de bienséance, les hommes entreront en premier et les femmes en dernier, comme au restaurant. Est-ce à dire que vous seriez moins importantes ? Bien sûr que non ! Et si donc il n’y a pas de grand renversement magique, c’est que la position, ni le sexe d’ailleurs, ne change grand-chose. Et si ce n’est ni le chiffre, ni la position, ni l’identité sexuelle qui comptent, qu’est-ce qui est alors important pour être sauvé ? C’est cela, la vraie question. Pour y répondre, nous devons nous intéresser aux paraboles que Jésus nous livre.

         Celle de la porte étroite nous invite à l’humilité, à ne pas vouloir jouer les grands seigneurs. Je vous propose une relecture de cette courte histoire pour comprendre mon propos : Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer par la grande porte et n’y parviendront pas. La porte étroite, c’est la porte de service, la porte des domestiques. Et c’est assez cohérent avec l’enseignement continu de Jésus sur la nécessité pour les disciples du Christ de se faire serviteurs de leurs frères et sœurs en humanité. Relisez dans l’évangile de Jean ce que Jésus leur dit au soir du jeudi saint, après qu’il leur a lavé les pieds. Donc oui, il vaut mieux se faufiler par la porte des domestiques en acceptant de servir, plutôt que de vouloir entrer par la porte du maître et de ses familiers.

La deuxième parabole confirme cette interprétation. Ecoutez plutôt : lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte en disant : « Seigneur, ouvre-nous », il vous répondra : « Je ne sais pas d’où vous êtes. » Alors (et c’est là que cela devient intéressant) vous vous mettrez à dire : « Nous avons mangé et bu en ta présence (ce que font les familiers du maître et non les domestiques !), et tu as enseigné sur nos places. » Il vous répondra : « Je ne sais pas d’où vous êtes. » La porte de service est plus facile à franchir que la porte par laquelle entre le maître. Servir est plus important que d’être reçu à la table du maître. Il faut d’ailleurs entendre la fin de la réponse du maître. Elle s’énonce ainsi : Eloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice. Et voilà le grand critère pour être sauvé : ne pas commettre d’injustice. Et le service semble être le remède à ce travers. Celui qui sert n’a pas le temps d’être injuste. Il sert, tout simplement. Celui qui mange à la table du maître peut être injuste, ne serait-ce qu’envers ceux qui le servent et dont il ne remarque même pas la présence tant leur service est efficace. Il pense que, parce qu’il mange à la table du maître, il peut ignorer ou maltraiter les serviteurs du maître. Manger à la table du maître n’est pas une garantie, une assurance. Manger à la table du maître doit plutôt entrainer un art de vivre, une vigilance, une lutte contre l’injustice, ce qui nous montre déjà que le maître est bon, puisqu’il ne supporte pas les arrogants qui se croient tout permis, ni ceux qui pratiquent l’injustice.

 Il y a un dernier détail à prendre en compte ; c’est la temporalité. C’est quand ceux qui auront mangés à la table du maître auront été triés (les premiers qui resteront premiers, et les premiers qui seront chassés) que les portes s’ouvrent pour les autres, venus d’ailleurs, de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, bref du vaste monde. La parabole parle bien d’abord des pleurs et des grincements de dents de ceux qui auront été jetés dehors, avant de préciser : Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Ceux que l’on n’attendait pas (les derniers) entreront à leur tour, et seront comme les premiers qui étaient déjà là. Les places rendues vides seront attribuées à ceux qui, hors du cercle habituel du maître, n’auront pas commis d’injustice et auront servi les autres. Dieu est le Dieu de tous les hommes, ceux qui croient en lui et ceux qui ne croient pas en lui. Il récompense la justice et le service de ceux qui croient en lui comme de ceux qui ne croient pas en lui, de même qu’il rejette l’injustice de ceux qui croient en lui comme de ceux qui ne croient pas en lui. Il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. Ceci nous rappelle que, croyants en Dieu, nous ne sommes pas meilleurs que les autres qui, parce qu’ils ne sont pas croyants comme nous, seraient pires que nous. La justice, le sens du service sont pareillement présents chez les croyants et les non croyants, comme le sont l’injustice et la capacité à faire le mal. Croyants, nous avons une force en nous, celle de l’Esprit Saint reçu à notre baptême, pour nous aider à résister au mal et à vivre en serviteurs de Dieu et de l’humanité. C’est un don qu’il nous faut accueillir et dont il nous faut vivre.

Nous ne saurons jamais si nous serons nombreux ou pas à être sauvés. Et nul ne peut dire avec certitude qu’il sera sauvé. Mais nous pouvons décider, par notre art de vivre, de prendre le chemin qui mène au salut. Ce chemin s’appelle service et justice pour tous ceux qui croisent notre route. Dieu voit le chemin que nous suivons ; son amour pour les humbles, les serviteurs et les justes n’oubliera pas de nous appeler si c’est la voie que nous avons choisie de suivre ici-bas. C’est là notre seule certitude, car les paraboles du jour nous le rappellent : nous n’irons pas tous au paradis par magie. Amen.

samedi 20 août 2022

21ème dimanche ordinaire C - 21 août 2022

Entrer par la porte étroite.






            Je voudrais d’emblée rassurer celles et ceux qui ont des formes généreuses et des rondeurs assumées : l’Evangile de ce dimanche ne nous pousse pas à la grossophobie (discriminer les gros). Il n’est pas davantage une invitation à nous « photoshoper » pour que nous puissions entrer par la porte étroite.  Ce serait faire une interprétation trop moderne que de dire qu’il suffit de retoucher quelques photos et de perdre nos kilos en trop pour faire partie des gens qui seront sauvés. Le Royaume de Dieu n’est pas un refuge de mannequins et autres personnes à taille de guêpes. Ce qui est visé, ce n’est pas notre tour de taille. Soyons donc rassurés si notre IMC ne correspond pas tout à fait aux canons de beauté de certains milieux. Il nous reste alors à bien comprendre cette page pour opérer les changements nécessaires et ne pas nous retrouver devant porte close. 

            La première chose que je remarque en lisant attentivement, c’est qu’il faut déjà entrer à temps dans la salle du banquet, et peut-être ne pas juste attendre le dernier moment. Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte en disant : ‘Seigneur, ouvre-nous’, il vous répondra : ‘Je ne sais pas d’où vous êtes’. Cela me semble clair : il y a ceux qui sont déjà dedans et ceux qui sont restés au-dehors. N’attendons pas le dernier moment pour entrer dans la salle du banquet. Cela signifie que, dès maintenant, nous avons à vivre comme si nous étions déjà dans le Royaume. Je l’ai déjà souvent dit : il y a un art de vivre chrétien à développer, sans attendre. Et il comprend plus que la participation à la messe et la lecture de la Bible. Ecoutez bien ce que dit le maître de maison : Alors vous vous mettrez à dire : ‘Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.’ Il vous répondra : ‘Je ne sais pas d’où vous êtes. Eloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.’ Lire la Bible (écouter l’enseignement du Maître), aller à la messe (manger et boire avec lui) sont des choses bonnes, à faire. Mais elles ne doivent pas nous détourner de l’essentiel : combattre l’injustice et nous faire pratiquer le bien. Tel devrait être notre art de vivre ! Si régime nous devons faire, ce n'est pas pour perdre quelques kilos en trop, mais pour perdre le goût de ce qui est injuste. Je pourrais citer quantité de textes qui nous redisent que l’amour de Dieu et l’amour du frère sont à tenir ensemble parce que c’est un seul et même amour. Seul un cœur dilaté par l’amour de Dieu et l’amour du prochain passera la porte étroite. Seul un grand cœur sait passer la porte étroite. Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes, à les lire, nous renverront toujours aux exigences de la justice et de la charité. Et le Christ Sauveur n’a jamais fait ou dit autre chose non plus, si certains pensaient encore que l’A.T. est dépassé. Jésus a même poussé la charité jusqu’à s’offrir sur la croix et à nous redire, la veille de sa mort, que nous avons à nous laver les pieds les uns les autres, autrement dit à nous servir les uns les autres. 

            Une seconde chose à remarquer, et qui renforce ce que je viens de dire, c’est que la salle du banquet, une fois rejetés ceux qui auraient dû y avoir accès parce qu’ils étaient du bon peuple, de la bonne foi, sera remplie par une foule venant de l’orient et de l’occident, du nord et du midi. Nous voyons bien là que ce n’est pas l’appartenance au peuple que Dieu s’est choisi qui conditionne l’entrée dans le royaume de Dieu, mais bien la pratique de la justice. Il y a des non croyants, des croyants autrement, qui pratiquent la justice et qui seront donc sauvés. J’espère chaque jour faire partie de ceux qui pratiquent le bien et la charité, à cause de ma foi en Christ. Mais je sais aussi que j’ai rencontré nombre de personnes non croyantes voire athées, qui m’ont édifié par leur qualité de vie et leur art de la justice et de l’accueil de tous. Notre baptême n’est pas une médaille, mais une chance de pouvoir connaître mieux et de vivre mieux la volonté de Dieu. Ne faisons pas de notre appartenance au Christ un motif d’orgueil, ni un instrument de pouvoir. Au contraire, notre baptême nous oblige à la charité ; notre baptême nous oblige à la justice, toujours et en toute chose. Ecoutons à nouveau la prière qui a ouvert notre eucharistie : Seigneur Dieu, toi qui unis les cœurs des fidèles dans une seule volonté – comprenons bien que c’est Dieu qui unit ses fidèles (les baptisés) dans une seule volonté – donne à ton peuple d’aimer ce que tu commandes et de désirer ce que tu promets – ce que Dieu commande, c’est l’amour et la justice, ce qu’il promet, c’est la vie éternelle – pour qu’au milieu des changements de ce monde, nos cœurs s’établissent fermement là où se trouvent les vraies joie – les vraies joies sont justement la charité et la justice qui rendent la vie humaine plus belle, et ce quelle que soit l’époque ; le monde a beau changer, charité et justice demeurent, toujours. Il n’y a pas de joie là où il n’y a pas d’amour ; il n’y a pas de joie là où il n’y a pas de justice. 

            Si d’aventure nous étions inquiets à l’écoute de l’évangile, pensant que la porte du royaume de Dieu serait trop étroite pour nous, nous voilà rassurés, je l’espère. En nous montrant comment aimer, en étant maître de justice, le Christ nous a montré le chemin à suivre et nous a donné les clés pour passer cette porte étroite. Ne boudons pas notre plaisir d’aimer ; ne boudons pas le plaisir qu’il y a à être juste aux yeux de Dieu. Quand bien même les hommes ne nous rendraient ni amour, ni justice en retour, ne renonçons pas à les pratiquer. Dieu saura nous récompenser : il est l’Amour véritable, il est le Juste par excellence. Déjà il nous prépare une place auprès de lui. Trouvons ici notre consolation et le courage d’aimer et d’être juste toujours et encore. Amen. 

samedi 21 août 2010

21éme dimanche ordinaire C - 22 août 2010

Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite !


Cet anonyme qui interroge Jésus connaît-il bien les Ecritures ? La question peut se poser, tant son interrogation : N’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ?, semble en contradiction avec la première lecture entendue. Je vais rassembler les hommes de toute nation et de toute langue, dit le Seigneur par son prophète Isaïe. Alors nombreux ou pas, ceux qui seront sauvés ? Nous ne le saurons pas, Jésus répondant autrement à celui qui l’interroge. Il ne donne pas de nombre, il dit les conditions à remplir pour entrer dans le Royaume et être sauvé. Et elles sont deux : Entrer par la porte étroite et ne pas faire de mal. Si la seconde ne pose pas problème, la première mérite quelques explications.

Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Je veux bien, mais qu’est-elle ? Serait-ce une porte réservée aux bons croyants, bien priant et bien pensant ? Alors il nous suffirait d’approfondir notre foi, d’en extirper tout ce qui n’est pas très catholique et de se perdre en prière chaque jour pour parvenir au salut. On va s’y mettre et le salut sera garanti. Ce sont ceux qui disent dans l’évangile : Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places. Aujourd’hui, nous dirions que nous avons été à la messe tous les dimanches, nous avons fait le catéchisme… laisse-nous entrer ! Quand viendra pour nous le moment, il se pourrait que nous entendions le Christ nous dire : Je ne sais pas d’où vous êtes ! Une foi estimée pure, une messe chaque dimanche, ce ne sont pas les clés de cette porte étroite. La porte étroite n’est pas une porte pour bien croyant.

Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite. Je veux bien, mais où est-elle ? Serait-elle si étroite que le commun des mortels ne la trouve pas ? Pourrions-nous passer à côté sans la voir, cette porte étroite ? Possible, car cette porte n’est autre que le Christ lui-même, le Christ passé par la mort et la résurrection. Entrer par la porte étroite, c’est suivre le Christ dans cette marche exigeante vers Jérusalem. Entrer par la porte étroite, c’est croire de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces en ce Jésus, envoyé par Dieu pour offrir le salut aux hommes. Lorsque l’on a compris cela, l’approfondissement de la foi ne devient plus un exercice obligé pour être sauvé, mais une meilleure connaissance de celui qui nous appelle ; la messe du dimanche n’est plus une obligation au cas où il nous faudrait présenter un passeport dûment contrôlé et tamponné, mais le rendez-vous nécessaire pour un repas d’amour ; la prière n’est plus un exercice de style, mais un cœur-à-cœur avec celui qui m’aime et qui veut mon bonheur. Entrer par la porte étroite revient donc à tisser avec le Christ une relation vraie : le connaître comme il nous connaît ; le connaître pour vivre de sa vie et de son enseignement, et ainsi faire disparaître le mal de notre vie. Le connaître, sans en tirer orgueil, sans en attendre de passe-droit ; le connaître et l’aimer vraiment, en chaque chose, en chaque instant.

Pour entrer par cette porte étroite, il faut se désencombrer. Nous ne passerons pas avec nos bras chargés de valises indispensables. La porte est étroite pour ne laisser passer que celles et ceux qui ne s’encombrent de rien, si ce n’est de leur attachement au Christ. Si ta vie est pleine de soucis, de problèmes, de choses à faire, à voir, à croire… si ta vie est remplie au point qu’il n’y a plus de place pour le Christ dans ta journée, comment parviendras-tu à cette porte étroite ? Une seule chose est nécessaire : faire confiance au Christ ! Le salut, c’est lui qui l’offre dans sa mort et sa résurrection. Attache-toi à lui, il t’entraînera par cette porte et tu seras sauvé. Amen.


(Photo prise par l'auteur en Toscane)