Bienvenue sur ce blog !

Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







Affichage des articles dont le libellé est Béatitude. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Béatitude. Afficher tous les articles

samedi 28 janvier 2023

4ème dimanche ordinaire A - 29 janvier 2023

 Quel monde voulons-nous que Dieu sauve ?






                Les paroles entendues aujourd’hui, quelle que soit la lecture d’origine d’ailleurs, nous invitent à réfléchir au monde que nous voulons et surtout au monde que Dieu doit sauver ! Parce que c’est bien cela qui doit nous préoccuper plus que jamais. 

            Les lectures de ce dimanche ont donc un point en commun : elles font toutes l’éloge de la simplicité, de l’humilité, de la modestie. Le monde voulu par Dieu dans l’Ancien Testament, c’est un monde humble qui accomplit la loi du Seigneur. La communauté chrétienne décrite par Paul dans sa première lettre aux Corinthiens, est une communauté de gens simples qui ne placent leur fierté qu’en Dieu. Quant aux béatitudes telles que nous les rapporte Matthieu, elles soulignent bien que le monde dessiné par Jésus est à mille lieues d’un monde orgueilleux où ne triomphent que les puissants. Le monde que Dieu veut sauver, le monde qui a la faveur de Dieu, est un monde où les sentiments humains ont droit de cité. C’est un monde dans lequel les hommes qui pleurent sont consolés par Dieu, un monde dans lequel les doux, les affamés de justice, les miséricordieux, les artisans de paix sont rois. Et cela, c’est une Bonne Nouvelle pour nous. Pas seulement parce que nous ne sommes pas puissants, pas seulement parce que nous ne sommes pas trop riches. C’est une Bonne Nouvelle pour nous parce qu’elle nous dit de qui nous devons avoir le souci : les faibles et les pauvres, nous rendant ainsi frères et sœurs de ces pauvres. C’est une Bonne Nouvelle parce que désormais nous savons quel monde nous avons à construire pour être fidèles à l’enseignement de Jésus. Non pas un monde de puissants ou d’orgueilleux, mais un monde de frères où chacun prend soin de l’autre, sûrs que Dieu prend soin de tous. 

            Ceci dit, je ne suis pas aveugle et je ne vis pas au pays des bisounours. Je sais bien que ces valeurs ne sont pas celles de notre monde aujourd’hui. Entre ceux qui cherchent à imposer leur pouvoir, que ce soit en Ukraine, en Terre Sainte ou en tant d’autres pays encore, et même quelquefois même dans le nôtre ; entre ceux qui affirment qu’une vie est réussie à cinquante ans à condition d’avoir une rolex au poignet, ou telle voiture dans son garage ou tel équipement de pointe dans sa maison ; entre ceux qui estiment qu’il n’y a que l’argent pour faire leur bonheur et qu’il est stupide de le partager au risque de voir son bonheur diminuer avec sa fortune ; entre tous ceux-là et bien d’autres qui ne veulent pas d’un monde fraternel, je reconnais qu’il n’est pas aisé de répandre et de faire comprendre cette Bonne Nouvelle entendue aujourd’hui. Alors que faire ? Rester là à regarder le monde s’en aller à sa perte, en disant que nous n’y pouvons rien parce que justement nous ne sommes ni assez riches, ni assez puissants pour peser sur les décisions que prennent les grands de notre monde ? 

            Je ne peux m’y résigner. Même si j’estime que je ne suis pas assez puissant, ni assez riche, je peux commencer, dans ma famille, dans mon quartier, avec mes voisins et mes amis à construire quelque chose de ce monde simple que Dieu veut sauver. Je suis convaincu que là où nous vivons, nous pouvons répandre l’Esprit du Christ, sa manière de voir les choses, sa manière d’approcher les gens. Nous pouvons chacun commencer dans notre coin, un petit ruisseau d’attention, un petit ruisseau de générosité, un petit ruisseau d’humanité, un petit ruisseau de fraternité véritable. Car n’oublions pas que ce sont ces petits ruisseaux qui font les grandes rivières quand ils se rassemblent. Ce sont ces petits ruisseaux, commencés partout où des croyants prennent la Parole de Dieu au sérieux, qui permettront à cette même Parole de tout emporter et de transformer le monde. Nous ne changerons pas le monde, mais nous pouvons changer notre petit monde, celui dans lequel nous sommes plongés quotidiennement, même si quelquefois ce monde nous pèse. 

            Je le crois et je l’affirme avec force : si nous commençons, modestement, le Christ nous rejoindra et achèvera ce que nous aurons commencé en son nom. Il est avec nous, chaque jour, jusqu’à la fin des temps. Il nous l’a promis, et je sais qu’il ne nous peut ni ne veut nous tromper sur ce point. Commençons, pour que le Christ, à travers nous, soit présent au monde entier. Il n’y a qu’ainsi que le monde reviendra au Christ. Il n’y a qu’ainsi que le monde acceptera d’être sauvé par le Christ, parce qu’il aura goûté à sa Parole, il aura été transformé par son Esprit. Heureux ceux qui rendent le Christ présent au monde par leur art de vivre ; ils participent au salut du monde, ils participent à l’œuvre du Christ. Amen.

lundi 1 novembre 2021

TOUSSAINT - 01er novembre 2021

 Parler de sainteté après le rapport Sauvé ?





(Source internet : sagesse-orthodoxe.fr)




            N’aurions-nous pas dû annuler la fête de la Toussaint en France cette année ? Comment croire en une quelconque sainteté chez les hommes, chez les catholiques, après la publication du rapport Sauvé ? Ces questions me semblent légitimes et pourtant, quand nous sommes confrontés au mystère du Mal dans toute son horreur, sans doute est-ce là l’unique porte de sortie pour l’Eglise : réaffirmer avec force à tous ses membres à quoi nous sommes appelés. Pour combattre le Mal absolu, il faut une sainteté absolue. 

            Cette sainteté absolue ne se trouve pas naturellement chez les hommes. Nous pouvons le regretter, nous pouvons estimer que le meilleur devrait toujours ressortir chez l’homme, et particulièrement chez celui qui se dit croyant en Dieu. Mais nous savons tous, par expérience personnelle, que cela n’est pas vrai. Même saint Paul a écrit dans sa lettre aux Romains (7, 19) : Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. Le Mal est tapi dans notre cœur, et nous cédons, avec plus ou moins de gravité, à sa présence. Mais le Mal reste le Mal, qu’il soit grand ou petit ; le péché reste le péché, qu’il soit mignon ou mortel. Nous avons redécouvert, avec horreur, cette réalité ! Le Mal existe, même en ceux qui sont censés le combattre avec le plus de fougue, avec le plus de zèle : les personnes engagées en Eglise. 

            Si la sainteté absolue n’existe pas en l’homme, serait-elle alors un mythe ? Non, la sainteté absolue existe bien, en Dieu. Dieu est saint, Dieu est bon, Dieu est toujours du côté de la vie, Dieu est toujours du côté du faible à protéger. Les Béatitudes que nous lisons chaque année en cette solennité de la Toussaint sont peut-être d’abord le rappel de la manière d’être de Dieu avec nous ; et puisque Dieu est ainsi avec nous, nous pouvons, avec sa grâce, avec son aide, vivre cela avec les autres. Il est le premier qui pleure avec ceux qui pleurent ; il est le premier parmi les doux ; il est le premier assoiffé et affamé de justice ; il est le Miséricordieux ; il est le premier cœur pur parce qu’il n’y a pas même l’ombre du Mal en lui ; il est l’artisan de paix par excellence invitant sans cesse l’homme à vivre en alliance avec lui et avec les autres ; il est le premier persécuté à cause de la justice, à cause de sa justice au sens où l’homme le supprime facilement dès lors que l’art de vivre voulu par Dieu dérange les hommes ; il est le premier insulté chaque fois qu’un humain est insulté, persécuté à cause de sa foi. 

            Si la sainteté absolue n’existe qu’en Dieu, pouvons-nous seulement espérer l’approcher puisqu’elle ne nous est pas naturelle ? La réponse nous a été donnée par Jean, dans sa première lettre : Voyez quel grand amour nous a donné le Père pour que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes. Notre sainteté est un don que Dieu nous fait. Par le baptême, nous accueillons cette sainteté de Dieu en nous. Le premier nom que se donnaient les chrétiens, au commencement de l’Eglise, c’était ‘les Saints’. Et c’est peut-être justement parce que la sainteté est un cadeau de Dieu pour nous que nous pouvons comprendre pourquoi nous ne l’utilisons pas en permanence, pourquoi nous n’en vivons pas tout le temps. Réfléchissez un instant : combien de cadeaux avez-vous reçu durant votre vie ? Les avez-vous tous conservés ? Les utilisez-vous tous encore quotidiennement ? Je crains qu’il en soit de même pour les dons que Dieu nous fait. Il nous arrive de les oublier ; il nous arrive de les rejeter plus ou moins intentionnellement. Quand je cède au Mal, j’étouffe cette sainteté, je l’ignore, me rendant moi-même impuissant à lutter contre le Mal. Pour sortir de la crise que traverse l’Eglise de France, il nous faut à tous, retrouver cette sainteté que Dieu nous donne ; il nous faut retrouver cette amitié fondamentale avec Dieu pour faire triompher le bien en nous d’abord pour qu’il puisse triompher enfin dans le monde. Ce n’est pas parce que nous avons approché le Mal absolu que tout est fini de l’homme. La miséricorde de Dieu est plus grande que le Mal le plus grand. Dieu ne cesse pas de nous aimer parce que nous avons cédé au Mal ; il déploie davantage d’amour pour nous, pour que nous ressentions les bienfaits de cet amour et que nous renoncions au Mal, définitivement. 

            Il nous faut donc, plus que jamais, célébrer cette Toussaint. Il nous faut, plus que jamais, retrouver le projet d’amour de Dieu pour chacun. Ce projet, c’est que nous soyons vraiment des hommes et des femmes libérés du Mal. C’est le Christ qui nous obtient cette libération par le don de sa vie sur la croix et par sa Résurrection. Parce qu’il nous aime, parce qu’il nous veut libre, il a affronté le Mal absolu ; en lui, nous avons la certitude de notre victoire sur le Mal, si nous nous attachons à lui d’un cœur résolu. Ils sont nombreux, depuis ce jour, les hommes, les femmes et les enfants qui ont démontré la beauté d’une vie entièrement donnée au Christ et aux hommes : ils sont les saints que nous célébrons aujourd’hui. Ils sont nombreux, les chemins qu’ils nous indiquent pour vivre libres de tout Mal. Relire leur vie nous donnera le courage d’ajuster la nôtre à la Parole du Dieu saint ; ainsi nous vivrons toujours plus cette sainteté qu’il nous offre. Ainsi nous combattrons le Mal avec efficacité. C’est une certitude. Amen.