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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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lundi 13 août 2012

Assomption - 15 août 2012

Célébrons les merveilles de Dieu pour nous !



Au cœur de notre été, une espérance jaillit, née de cette certitude : Dieu veut notre bonheur. Au cœur de notre été, notre foi est revigorée par la célébration de l’Assomption, signe de notre propre destinée : nous sommes faits pour vivre avec Dieu. Au cœur de notre été, tournons-nous vers Dieu, source de tout bien : c’est lui qui fait grande merveille pour nous aujourd’hui.

 
Oui, en ce jour de fête mariale, c’est vers Dieu que nous sommes invités à regarder. Et c’est Marie elle-même qui tourne ainsi notre cœur vers celui qu’elle chante dans le Magnificat. Elle égrène toutes les merveilles que Dieu fait pour son peuple ; elle invite à contempler déjà ce monde nouveau qu’il construit pour l’humanité. Un monde où les petits seront respectés, protégés, rassasiés ; un monde qui verra la réalisation de toutes les promesses divines faites à travers le temps à Abraham et à ses successeurs, un monde définitivement délivré du Mal.
 
La Bible étant muette sur la fin terrestre de Marie, la liturgie nous fait revivre les commencements de l’histoire, lorsque Marie, ayant acceptée d’être la Mère du Sauveur, s’en va se mettre au service de sa cousine, bien plus âgée, et enceinte elle-aussi, par la grâce de Dieu. L’Evangile de notre fête nous présente ainsi l’arrivée de Marie chez son ainée et ce dialogue entre ces deux femmes qui se savent choisies par Dieu pour une histoire qui les dépasse : la plus âgée pour être la mère du Précurseur, la plus jeune, la Mère du Sauveur. En ces deux femmes, la première et la nouvelle alliance se rencontrent, et le lien est établi entre le peuple que Dieu s’est donné depuis les origines et ce peuple qu’il veut reconstruire en Jésus, son Fils, offert pour le salut de tous. Cette nouvelle création est marquée par la joie d’accueillir Dieu lui-même au cœur de la vie des hommes : comment ai-je ce bonheur que la Mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? En Marie qu’elle accueille, Elisabeth a conscience d’accueillir bien plus grand encore et déjà l’enfant qu’elle porte en son sein tressaille d’allégresse ! Ce monde nouveau est tout juste annoncé, que déjà les hommes peuvent se réjouir : rien ne s’opposera plus à la réalisation du projet de salut que Dieu porte pour nous, puisque Marie a choisi de le suivre en s’offrant à Dieu pour qu’il puisse prendre corps. Nous pouvons en être convaincus : voici maintenant le salut, la puissance et la royauté de notre Dieu, et le pouvoir de son Christ.
 
Ce jour, Dieu l’a préparé de longue date puisque, selon notre foi, il a préservé Marie du péché des origines. Ainsi, depuis son premier jour, elle était tout entière tournée vers celui qui l’a appelée pour être la Mère de son Fils. Comment dès lors ne pas croire que, ayant préservé Marie au commencement de sa vie, il ne la protège encore au terme de sa vie ? Celle qui n’a pas été dégradée par le péché, ne sera pas davantage dégradée par la mort. Puisqu’elle n’a été que oui à Dieu, puisqu’elle a suivi son Fils en toute chose, jusqu'au pied de la croix, elle le suivra désormais dans sa gloire. Elle annonce ainsi à tous les hommes quel est leur destin. A tous ceux qui suivront son Fils, à tous ceux qui embrasseront l’Evangile pour en vivre, sont assurées la victoire sur le Mal et la gloire d’une vie en Dieu pour toute éternité. Le Christ est ressuscité des morts pour être parmi les morts le premier ressuscité. C’est là notre foi. A la suite de Marie, entrée dans la gloire de son Fils à cause de son obéissance à Dieu, nous est montré le chemin à suivre pour parvenir à notre tour à la gloire du ciel. C’est là notre espérance. Ce chemin, c’est le chemin de la charité, le chemin de l’abandon entre les mains du Père.
 
En cette fête de l’Assomption, rendons grâce à Dieu pour les merveilles qu’il a faites en Marie. Mais célébrons aussi les merveilles qu’il ne cesse de faire pour nous. Il ne nous laisse pas seul face au péché, au Mal et la Mort. Par le don renouvelé de son Fils en chaque eucharistie, il nous en libère et nous appelle toujours à le suivre, pour être là où il sera. Il nous propose de vivre le oui de Marie pour construire avec lui un monde plus humain. Abandonnons-nous joyeusement entre les mains du Père ; il nous recueillera en son Royaume pour toute éternité. Amen.

(Photo de l'auteur - Eglise de Desesti - Roumanie)

vendredi 24 février 2012

01er dimanche de Carême B - 26 février 2012

Jésus, vainqueur du Mal.




Quand mon serviteur m’appelle, dit le Seigneur, je lui réponds, je reste près de lui dans son épreuve. Je vais le libérer, le glorifier, de longs jours, je vais le rassasier. Ainsi s’exprime l’Eglise en ce premier dimanche de Carême lorsqu’elle s’adresse à Dieu pour ouvrir la célébration de l’Eucharistie. Cette antienne d’ouverture que nous n’entendons que trop peu, nous fait comprendre que nous ne risquons rien entre les mains de Dieu, parce qu’il veille sur nous.

Ce qui est vrai de nous, l’est aussi du Christ. Dieu, le Père, veille sur son Fils et à travers lui, sur nous. Il veille sur lui lorsqu’il est poussé au désert pour affronter la tentation. Ce qui me surprend, c’est la discrétion de Marc au sujet des tentations auxquelles le Christ se trouve soumis lors de son séjour au désert, après son baptême. Si l’on compare son récit à ceux de Matthieu et Luc, la différence est flagrante. Chez Marc, cela tient en cette simple phrase : dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Comme si l’essentiel n’était pas dans le détail des tentations, mais bien dans cette réalité commune à toute l’humanité : nous sommes tentés, quelquefois, de faire le mal. Le fait de ne pas préciser les tentations semble indiquer que Jésus est comme nous, comme cette humanité qu’il a endossée, assumée. Comme nous, il est tenté. Comme nous, Jésus est vrai homme.

Ce qui compte aussi, chez Marc, c’est que Jésus en sort, de ces tentations. Il en sort pour proclamer une Bonne Nouvelle : Le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. L’annonce du règne de Dieu découle, me semble-t-il, directement de sa victoire sur le Mal. Jésus s’est montré plus fort que le tentateur, parce qu’il est totalement du côté de Dieu. Il n’est pas seulement dans la main de Dieu ; il ne fait qu’un avec lui. Ce faisant, rien de mauvais ne saurait avoir de prise sur lui. Vainqueur du Mal au désert, il peut, légitimement, annoncer la venue du règne de Dieu, qu’il inaugure déjà en cette première victoire au désert et qu’il réalisera lors de la victoire finale, lorsque, mis en croix, il vaincra la mort même, ultime refuge du Mal. Jésus se révèlera alors, plus que jamais, vrai Dieu.

Tout cela est bel et bien, me direz-vous ; mais en quoi cela nous concerne-t-il ? La victoire du Christ sur le Mal marque un tournant dans l’histoire de l’humanité. Désormais, il est possible à l’humanité, pleinement assumée par le Christ, de vaincre ses démons, de vaincre le Mal en assumant la divinité que le Christ nous partage. Il n’y a plus de fatalité du Mal. Il y a, pour chacun de nous, la possibilité offerte, en Jésus, de résister et de vaincre. Si nous nous rangeons aux côtés du Christ Sauveur, nous avons part à sa victoire, parce que sa victoire n’est pas une victoire pour lui tout seul, mais une victoire offerte à notre humanité perdue. Le Christ livre le combat contre le Mal dans le but de nous délivrer du Malin, une fois pour toutes. Si nous croyons en lui, il nous ouvre à sa victoire et nous pourrons vaincre nous aussi.

La célébration du baptême marque bien cette participation à la mort et à la résurrection du Christ ; et le rite de l’exorcisme, après la proclamation de la Parole de Dieu, dit bien que nous avons part à sa victoire sur les forces de la Mort. Dieu éternel et tout-puissant, dit le prêtre, tu as envoyé ton Fils dans le monde pour nous libérer du pouvoir de Satan, l’esprit du mal, et pour que l’homme, arraché aux ténèbres, soit introduit dans ton Royaume de lumière ; nous te supplions pour celui qui va être baptisé : qu’il soit racheté du péché originel, qu’il resplendisse de ta présence, et que l’Esprit Saint habite en lui. Et voilà que s’opère, par le baptême, une identification du baptisé au Christ Sauveur. Désormais, nous ne faisons plus qu’un avec lui.

Paul le dit à sa manière dans la deuxième lecture entendue : être baptisé, ce n’est pas être purifié de souillures extérieures, mais s’engager envers Dieu avec une conscience droite, et participer ainsi à la résurrection de Jésus Christ qui est monté au ciel. Participer à la résurrection du Christ, c’est bien vaincre définitivement le Mal et la Mort, comme Lui, avec Lui et par Lui. La victoire du Christ sur le Tentateur nous concerne donc bien, puisqu’elle nous montre que celui qui est tourné vers Dieu est libéré par lui, rétabli dans une harmonie avec toute la création, des bêtes sauvages jusqu’aux anges. Le règne de Dieu commence bien lorsque cette harmonie entre tous les êtres créés par Dieu est retrouvée.

Au début de ce Carême, nous est redite la certitude que le Christ est bien vainqueur de tout ce qui pouvait nous séparer de Dieu. Il nous est redit aussi que nous avons notre part, déjà, à cette victoire. A nous de travailler désormais à l’avènement de son Règne, à l’annonce de cette Bonne Nouvelle, pour que tous les hommes se découvrent sauvés et libérés par le Christ, dès aujourd’hui et pour toujours. Amen.






(Dessin de Coolus, Blog du Lapin bleu)