Bienvenue sur ce blog !

Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







Affichage des articles dont le libellé est Ministère. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ministère. Afficher tous les articles

dimanche 18 mai 2014

05ème dimanche de Pâques A - 18 mai 2014

Un dimanche pour trouver notre place dans l'Eglise.




Des prêtres qui se suicident parce qu’ils n’en peuvent plus, surchargés qu’ils sont de travail… c’est une réalité dans l’Eglise de France, et une grande souffrance. Certes, il y a bien des laïcs qui s’engagent à leurs côtés. Et c’est bien. Mais il n’en reste pas moins vrai que l’immense majorité des baptisés ne fait rien, si ce n’est consommer sa foi selon son appétit. Et, en la matière, l’appétit n’est pas bien grand : un baptême par-ci, un mariage par-là, des funérailles aussi ; pour beaucoup, c’est déjà pas mal, voire trop ! Sommes-nous fidèles à l’Eglise ? Sommes-nous fidèles à notre baptême ? 
 
Observons les premières communautés. Elles sont structurées et organisées autour des Douze. Mais bien vite, à mesure que la communauté des croyants s’agrandit et s’ouvre à d’autres, des difficultés apparaissent. Elles sont aussi d’ordre organisationnel. Les Douze ont conscience qu’ils ne peuvent tout faire, tout gérer, tout surveiller. Ils ont conscience surtout que, s’ils faisaient tout et se mêlaient de tout, l’essentiel pouvait en pâtir. Ils vont recentrer leur ministère sur la Parole de Dieu, et confier une partie de l’organisation aux diacres. Et voilà que la communauté s’organise : d’autres trouvent une place, leur place, celle à laquelle Dieu les appelle.
 
L’Apôtre Pierre va plus loin encore dans sa première lettre. Il rappelle à chaque croyant qu’il est une pierre vivante qui sert à construire le Temple spirituel. S’appuyant sur le Christ, la pierre vivante, la pierre angulaire, chaque croyant peut, et doit, construire l’Eglise. Un croyant qui manque, c’est un trou dans l’Eglise ; un croyant qui s’abstient, et c’est un projet qu’on ne peut plus réaliser. Si pour chaque baptisé absent un dimanche nous retirions une pierre de l’église bâtiment, combien d’églises pourraient encore tenir debout ? 
 
Nous sommes donc tous, prêtres et laïcs, les pierres vivantes de notre Eglise. Nous avons chacun à trouver notre place, notre place à tenir, faisant seulement mais totalement ce qui nous revient. Plutôt que d’avoir des communautés dans lesquelles peu font tout, nous pourrions avoir des communautés dans lesquelles tous feraient un peu. Les ministres de l’Eglise se recentraient sur l’essentiel : la Parole de Dieu serait ainsi mieux annoncée, la charité mieux servie. L’Eglise en sortirait grandie. Et tous les hommes verraient les merveilles de celui qui nous appelle à passer des ténèbres à son admirable lumière !  Il suffirait que chacun  prenne ce dimanche pour trouver sa place dans l’Eglise. Nous  pourrions essayer. Amen.

(Dessin de Coolus, Blog du lapin bleu)

samedi 7 juillet 2012

14ème dimanche ordinaire B - 08 juillet 2012

Faire confiance au Christ, faire confiance à nos pasteurs




D’où cela lui vient-il ? N’est-il pas celui que nous connaissons ?


Voilà les seules questions que se posent les habitants du village de Jésus lorsque celui-ci vient chez eux pour enseigner. A la joie de l’événement succèdent bien vite l’étonnement et l’hostilité. Pourquoi ? Simplement parce que ce que l’on sait de cet homme ne correspond pas à ce que l’on voit. Jésus est connu comme le charpentier du village et un charpentier, ça ne prêche pas !


D’où cela lui vient-il ? N’est-il pas celui que nous connaissons ?
A force de faire les questions et les réponses, les villageois ne sont pas capables de s’ouvrir au message de Jésus. Ils sont tellement sûrs de ce qu’ils croient savoir, qu’ils sont incapables de comprendre que cet homme, Jésus, a une mission à remplir. Ils sont tellement aveuglés par leur connaissance, supposée vraie, qu’ils ne discernent pas en lui l’envoyé de Dieu. Jésus se retrouve, de fait, dans la position de ces nombreux prophètes qui avaient un message à délivrer de la part de Dieu mais qui n’ont jamais été écoutés.


D’où cela lui vient-il ? N’est-il pas celui que nous connaissons ?
Puisque l’opposition est manifeste, puisque leur manque d’ouverture ne leur permet pas de reconnaître en lui un envoyé de Dieu, Jésus se trouve affaibli. Il lui est impossible de faire un seul miracle, le manque de foi de ses compatriotes étant plus fort que sa volonté de salut. Encore une fois, la toute puissance de Dieu est battue en brèche par la non foi de ceux qui auraient pu en bénéficier. Pas la peine de s’éterniser dans ce village ; ce serait une perte de temps. Il y a tant à faire ailleurs, là où les gens en ont vraiment besoin, là où les gens sont capables de s’ouvrir à la présence de Dieu, à sa volonté de salut.


D’où cela lui vient-il ? N’est-il pas celui que nous connaissons ?
Les temps n’ont pas beaucoup changé depuis ce jour où Jésus n’a pas été reconnu dans son propre village. Là se trouve sans doute la raison de la pratique ecclésiale qui consiste à ne jamais envoyer un pasteur dans son village d’origine, ainsi que le refus de l’Eglise de laisser les gens choisir leur pasteur. Pour l’Eglise catholique, le ministère se reçoit, de Dieu. Pour que celui qui l’exerce ne soit soumis à aucune pression, il est préférable que personne ne le connaisse. Comment pourrait-on percevoir la nouveauté de ce qu’il a à nous dire si, avant même qu’il n’ouvre la bouche, on s’imagine connaître ce qu’il va nous dire. Comme Jésus l’a été en son temps, le prêtre est le témoin de la nouveauté de Dieu, celui qui nous dit que Dieu n’est pas forcément là où nous l’avons toujours cherché, celui qui nous fait sortir de notre routine et de nos discours tout fait sur Dieu.


D’où cela lui vient-il ? N’est-il pas celui que nous connaissons ?
Le refus de la nouveauté a entraîné les contemporains de Jésus à vouloir le supprimer. Le refus de la nouveauté entraîne encore aujourd’hui des hommes et des femmes à vouloir supprimer celui qui dérange, celui qui nous empêche de faire comme nous voudrions, celui qui a une parole différente et originale. Autrefois, les gens lançaient des pierres ; aujourd’hui courent la calomnie, les propos méchants voire racistes, dans certains cas (pensez-donc, c’est un étranger ; que peut-il bien comprendre à notre société, à notre Eglise ?). Nous oublions souvent trop vite que celui que l’Eglise envoie comme pasteur ordinaire d’un peuple est envoyé de Dieu, chargé de poursuivre l’annonce de la Bonne Nouvelle, la même Bonne Nouvelle que Jésus annonçait déjà. Jésus lui-même a dit à ses disciples : qui vous accueille, m’accueille, sous entendu celui qui ne vous accueille pas, ne m’accueille pas non plus ! Chaque prêtre sait qu’il aura quelquefois des difficultés à se faire entendre. Mais chaque prêtre espère surtout que les gens sauront lui faire confiance sur le chemin où il veut les emmener. C’est toujours un chemin de service et d’amour. C’est souvent un chemin différent que le pasteur précédent, parce qu’il est lui-même différent du pasteur précédent ; mais ce chemin conduit aussi à Dieu. C’est le chemin qu’il connaît le mieux que le prêtre nous invite à suivre. Alors oui, ça dérange ; alors oui, ça change. Mais reconnaissons qu’un peu de nouveauté n’a jamais fait de tort à personne. Ce qui compte, c’est le but à atteindre. Ce qui compte, c’est que nous y arrivions ensemble. Ce qui compte, c’est l’amour que nous aurons su employer pour suivre le chemin et atteindre le but fixé. Le reste n’est que détail.


D’où cela lui vient-il ? N’est-il pas celui que nous connaissons ?
Pour suivre le Christ, il aura fallu que ces disciples acceptent de se décentrer, qu’ils se laissent entraîner sur ses chemins. Leur vie, leurs habitudes ont été bouleversées, mais toujours ils ont fait confiance. Au bout du chemin, ils ont trouvé la vie. La même confiance nous est demandée vis-à-vis de nos pasteurs. Au bout du chemin qu’ils nous invitent à suivre, il y a la vie, il y a le Christ. AMEN.

vendredi 20 mai 2011

05ème dimanche de Pâques A - 22 mai 2011

L'Eglise organise ses services.




Au commencement était une querelle ! Une querelle entre chrétiens d’origine juive et chrétiens d’origine grecque : les veuves des uns recevaient plus que les veuves des autres. Quand il s’agit d’argent et de nourriture, il vaut mieux être équitable, n’est-ce pas ! De cette querelle, que d’aucun pourrait trouver secondaire, est née une institution : celles des diacres. Les Apôtres avaient bien compris qu’ils ne pouvaient s’occuper de tout sans risquer de se désintéresser de l’essentiel. On se mit donc à chercher des hommes estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse et ainsi la jeune communauté croyante s’organisait. Aux uns, les Apôtres, le cœur de la mission : le service de la Parole de Dieu ; aux autres, les diacres, le service des tables.

Au commencement était une querelle, et de cette querelle naquit un modèle d’Eglise où tous avaient leur place, mais pas la même ; une Eglise où tous avaient quelque chose à faire, mais chacun à sa place, selon ses capacités. C’est ce même principe qui guide encore l’Eglise aujourd’hui quand elle doit s’adapter au monde de son temps. Nous réfléchissons à ce qui est essentiel dans l’Eglise : c’est la tâche des ministres ordonnés, envoyés pour gouverner, sanctifier, enseigner. Et nous prenons en compte toutes les tâches annexes, mais nécessaires : elles sont prises en charge par des collaborateurs, le plus souvent laïcs, quelquefois diacres, qui accomplissent leur tâche en communion étroite avec les pasteurs ordinaires : évêques et prêtres. A chacun son rôle, à chacun sa mission, à chacun sa place.

Au commencement, dans nos paroisses, il y a aussi souvent des querelles, parce que tel ou tel ne sait pas tenir sa place, veut se sentir plus grand que les autres, estime sa tâche plus importante que celles des autres. Il faut alors se souvenir de ce passage des Actes dans lequel il est bien rappelé que personne ne s’attribue un ministère ou une charge, mais que c’est l’Eglise qui appelle, l’Eglise qui confie, selon les besoins des lieux et du moment. Il faut revenir à ce passage des Actes pour comprendre à nouveau que l’essentiel est, et sera toujours, la tâche des Apôtres : l’annonce de la Parole à tous. Le cœur de notre mission, c’est d’annoncer Jésus, mort et ressuscité pour tous les hommes. Les autres services ne sont qu’une déclinaison de ce premier service. Comme le dit Pierre dans sa première épître : vous êtes chargés d’annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Cela se fait par l’annonce en parole, mais aussi en acte, par une vie qui plaise à Dieu.

Il existe un principe qui devrait nous permettre d’éviter ce genre de conflits inutiles et dangereux pour l’unité d’une communauté. C’est un principe liturgique simple qui dit que chacun fasse seulement, mais totalement, ce qui lui revient. Seulement, sans se préoccuper de manière jalouse de ce que les autres ont à faire ; mais totalement, pas à moitié, pas de manière approximative. Ce principe, conjugué à la règle qui veut que le prêtre en charge d’une communauté est le premier responsable de la catéchèse, de la liturgie, du bon gouvernement de la portion d’Eglise qui lui est confiée, devrait permettre à chacun de trouver sa place, et à tous de travailler harmonieusement, sous la conduite de leur pasteur véritable. Les difficultés naissent souvent lorsque quelqu’un cherche à sortir de ce cadre, à faire plus que ce qui lui revient. Alors naissent jalousie, envie, opposition, désordre, toutes choses contraires à l’esprit de l’Evangile.

Il est bon que l’Eglise s’organise ; elle le fait sous la conduite de l’Esprit Saint, en accord avec les principes évangéliques. Tout ce qui vient d’ailleurs devrait être évité pour que soit éloignées les querelles. En suivant le Christ, seul chemin vers le Père, seule Vérité sur Dieu et les hommes, seule Vie pour tous les hommes, nous trouverons les moyens de nous organiser au mieux pour que toujours retentisse la Parole, pour que toujours les pauvres soient servis, pour que toujours Dieu soit glorifié. Y a-t-il mieux à faire que cela ? En ce mois de mai, prenons exemple de Marie, l’humble servante de la volonté de Dieu : elle saura nous apprendre comment servir au mieux, dans la fidélité à la Parole du Christ. Amen.


(Image extraite de Kinderbibel mit Bildern von Sieger KÖDER, éd.Verlag Katholisches Bibelwerk)