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jeudi 13 mars 2014

02ème dimanche de Carême A - 16 mars 2014

Vivre son baptême, c'est entrer dans le projet de Dieu.



Pourquoi baptisons-nous ? Quel sens cela a-t-il de poser, souvent encore au début d’une vie, un acte tel que le baptême ? Les réponses sont surprenantes lorsque la question est posée aux parents qui s’adressent à nous pour leur enfant. Nous n’évitons bien sûr pas l’incontournable tradition familiale, ni le souci d’une protection au cas où… Mais l’Eglise, qu’en dit-elle du baptême ? Que fait-elle lorsqu’elle propose ce sacrement ? Une des réponses se trouve dans la liturgie de ce jour ; chaque texte entendu nous en parle à sa manière. Être baptisé, vivre son baptême, c’est entrer dans le projet de Dieu. 
 
La première lecture nous dit trois chemins pour y entrer. Je les conjuguerai ainsi : quitter – risquer – accepter. Quitter, comme Abraham a su quitter son pays, sa terre pour entrer dans une nouvelle terre, promise par Dieu. Quitter sa terre, c’est sortir de soi, de ses habitudes, de son confort pour se lancer sur la route de la foi. Il n’a pas de carte, le Père Abraham lorsqu’il prend la route. Il a juste une parole : « Pars de ton pays, va où je te montrerai ». Avez-vous pensé au courage qu’il a fallu pour, à son grand âge, partir ainsi. Pour lui, c’est une nouvelle vie qui commence. Être baptisé, c’est entrer ainsi dans une nouvelle manière de concevoir la vie ; c’est sortir de soi pour suivre quelqu’un que l’on ne connaîtra jamais totalement, mais qui nous invite à la confiance. 
 
Il y a donc nécessairement une part de risque. L’homme ne quitte pas ce qu’il a pour une promesse, sans risquer un peu. Et si la promesse ne se réalisait pas ? Celui qui invite à partir est-il digne de confiance ? Pour Abraham, c’est une voix entendue qui le pousse sur la route ! Le risque que prend Abraham, c’est le risque de la foi, le risque de l’obéissance dans la foi. Voilà bien quelque chose qui fait bondir aujourd’hui. Et pourtant, c’est bien à cela qu’est appelé le baptisé. A risquer l’obéissance dans la foi. Nous devons apprendre à nous laisser conduire par Dieu, ne sachant pas toujours ce qu’il attend de nous, ni où il veut nous mener. C’est croire la parole qu’il nous dit, c’est faire confiance sur la seule certitude que le projet de Dieu pour nous, c’est notre vie ! Dieu nous veut vivant et heureux, avec lui : d’où cette possibilité de prendre le risque de l’obéissance dans la foi. Si le projet de Dieu était autre chose qu’une vie de bonheur, nous pourrions et nous devrions nous y dérober. Pour le baptisé, le vrai bonheur ne se trouve qu’en Dieu, avec Dieu. En écoutant sa Parole, en lui faisant confiance, nous pouvons avancer dans la vie, construire un avenir solide : Dieu nous y encourage. Dieu nous y accompagne. 
 
En quittant notre confort pour marcher à la suite de Dieu, en risquant le pari de la foi, nous acceptons alors la bénédiction qu’il nous offre. En fait, nous pouvons prendre le risque de tout quitter parce que Dieu s’engage à nos côtés. Par le baptême, nous nous engageons peut-être vis-à-vis de Dieu ; mais Dieu s’engage sûrement dans notre vie. Il nous promet sa présence, il nous offre son Esprit Saint et nous pouvons vivre alors en baptisés, libres de toute contrainte, sûrs d’être aimés de manière unique, forts de la protection de Dieu. Accepter cela, accepter d’être béni de Dieu, c’est prendre notre part dans cette alliance et nous engager à vivre selon la Parole qui nous est dite au jour de notre baptême : tu es mon Fils, mon bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour !  
 
Si nous cherchons alors une réponse à « pourquoi vivre selon ce que Dieu attend de nous », la deuxième lecture vient à notre secours et nous indique l’unique raison valable. Ce ne sont pas nos mérites, mais l’œuvre de salut entreprise par Dieu en Jésus, mort et ressuscité. Nous sommes appelés par Dieu à vivre ; nous sommes sauvés par Dieu en Jésus Christ. En clair, nous n’avons rien fait et nous n’avons rien à faire pour mériter le salut, pour mériter la vie. Dieu nous offre tout cela en Jésus, mort et ressuscité. Et nous entrons dans ce salut en vivant selon l’Esprit du Christ, selon la parole qu’il nous a laissée. Nous sommes appelés par Dieu parce que c’est son projet de nous sauver. Nous devenons fils et filles de Dieu parce qu’il le veut ainsi. Dieu n’oublie pas qu’il a créé l’homme à son image et à sa ressemblance. En Jésus, il se donne les moyens de restaurer en nous cette image que le péché avait altérée et il nous offre à nouveau de vivre en lui, par lui et pour lui. Gratuitement ; par grâce ! Pouvons-nous refuser un tel cadeau ? 
 
Pour les plus sceptiques, l’Evangile devrait achever de dissiper toute crainte. Nous pouvons faire confiance à Jésus, nous pouvons nous fier à lui parce qu’il est le Fils unique et véritable de ce Dieu qui nous appelle. Si la voix de Dieu nous semble lointaine et inaccessible, la voix du Christ se fait proche. Il est devenu l’un de nous pour que nous puissions approcher Dieu et le reconnaître présent au cœur de notre vie. La transfiguration de Jésus vient nous redire, au moment où il annonçait sa passion, qu’il est bien celui qu’il prétend être. Et les événements à venir (son arrestation, son procès et sa mort) ne doivent pas nous effrayer, ni nous convaincre que les promesses de Dieu sont annulées. Au contraire, il nous faut entendre, dès maintenant, l’annonce de sa résurrection et contempler sa gloire à venir, pour rester fermes et poursuivre sur la route que Dieu nous propose. La mort du Fils en croix ne signifie pas que nous avons eu tort de croire en la vie que Dieu nous propose ; la mort de Jésus ne signifie pas que nous avons eu tort de faire confiance et de nous risquer sur le chemin de l’obéissance. Rien n’est fini. Au contraire, tout commence. La Loi et les prophètes sont accomplis en Jésus. Leur présence autour de Jésus à la transfiguration en atteste. Baptisés, nous faisons le bon choix lorsque nous orientons notre existence à la boussole de la Parole de Dieu. Elle indique toujours la route de la vie en plénitude. 
 
N’ayons pas peur de vivre en baptisés ! Risquons-nous sur les chemins de la foi : Dieu nous y précède. Il nous veut heureux et libres. Puissions-nous, au long de ce carême, redécouvrir son projet d’amour pour chacun de nous et y entrer joyeusement. Notre bonheur nous est offert ; notre vie en est grandie. C’est ce que fait l’immense amour de Dieu pour nous. Amen.

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