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vendredi 7 décembre 2012

02ème dimanche de l'Avent C - 09 décembre 2012

Préparer. Se préparer.


Deuxième dimanche, deuxième étape : le temps de l’Avent ne nous permet pas de nous reposer, et cela se comprend. L’enjeu est trop important puisqu’il s’agit ni plus ni moins de notre salut, du salut du monde entier. Après avoir été invités à la veille, dans la foi, la charité et la prière, voici précisé un autre aspect du temps de l’Avent : celui de la préparation. Il faut préparer la venue du Sauveur, il faut nous préparer à l’accueillir.


Pour nous aider dans cette tâche, nous avons entendu le prophète Baruch annoncer le retour des exilés. Pour bien comprendre ce qu’il nous dit, il faut se souvenir de cet événement qui a duré 70 ans environs et qui a été un vrai cataclysme dans la vie d’Israël. L’exil, lorsqu’il a lieu, c’est la fin d’Israël ; Il est vaincu militairement ; il n’a plus ni terre, ni roi, ni Loi, ni Dieu. Tout ce qui faisait sa gloire lui est enlevé, et le peuple est déporté en terre étrangère, en terre païenne. Lui qui ne voulait plus se plier à la Loi de Dieu qui le rendait libre, doit se plier à la loi d’un étranger, qui le réduit en esclavage. Vous pouvez dès lors imaginer la joie que peut provoquer, après des années d’exil, l’annonce du prophète Baruch. Vous pouvez aussi imaginer le scepticisme de certains à cette même annonce. Cela fait si longtemps que tout semble fini ; pourquoi est-ce que cela changerait maintenant ? La réponse vient du prophète, porte-parole de Dieu : cela va changer parce que Dieu l’a décidé : il va ramener son peuple, et il va lui-même conduire son peuple. Le prophète invite le peuple de Dieu à se préparer à cet événement en retrouvant la foi et l’espérance : Quitte ta robe de tristesse et de misère et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours. Vous l’aviez compris : il ne s’agit pas seulement de changer ses vêtements extérieurs, il s’agit de se convertir à nouveau, de se tourner à nouveau vers Dieu. L’exil sanctionnait le péché du peuple ; voici le temps du retour en grâce. Préparez-vous à retrouver la terre que Dieu avait promis à vos pères, préparez-vous à vivre à nouveau selon la Loi donnée par Dieu : elle est justice, elle est paix, elle est joie, elle invite à la piété. L’appel de Baruch a-t-il été entendu ? Certainement, mais il a aussi certainement été oublié dans les méandres de l’histoire.

Des siècles plus tard, un autre vient porter le même message : il faut vous préparer ! C’est Jean le Baptiste qui crie dans le désert. Préparer le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Bougez-vous, quoi, en langage plus contemporains. Le Seigneur vient, mettez-vous en ordre de marche et aidez à sa venue. Il y a des impératifs à remplir : ce n’est pas négociable. Le Seigneur va venir ; c’est une certitude. Tu dois t’y préparer ; c’est une exigence. Autrement, si tu rates cette rencontre avec le Seigneur quand il viendra, tu n’auras qu’à t’en prendre à toi-même. Lis les signes des temps : les ravins seront comblés, toutes les montagnes et les collines seront abaissées, les passages sinueux seront redressés, les routes déformées seront aplanies. Ce n’est pas à toi de faire tout ça : ça c’est l’œuvre de Dieu. Toi, tu dois préparer le chemin du Seigneur, rendre droits ses sentiers. Origène, au 2ème siècle, disait dans une homélie : Nous lisons dans le prophète Isaïe : « Voix de celui qui crie dans le désert : préparez un chemin au Seigneur ! Redressez ses sentiers. » Le Seigneur veut trouver un chemin par où il puisse entrer dans vos cœurs et y cheminer… Cette voix parvient d’abord aux oreilles puis, après elles, ou plutôt avec elles, la parole pénètre l’entendement… Quel autre chemin préparer au Seigneur ? Un chemin matériel ? Mais la parole de Dieu peut-elle emprunter un tel chemin ? Il faut plutôt préparer au Seigneur un chemin intérieur et tracer dans notre cœur des routes droites et unies. Voilà le chemin par où entre la parole de Dieu pour s’installer dans le cœur humain capable de l’accueillir. A chacun son travail, en quelque sorte : le combat fondamental contre le Mal, c’est Dieu qui le mène : il comblera les ravins, il abaissera les montagnes… Mais à l’homme de se joindre à ce combat en lui d’abord : à lui de préparer son cœur par une écoute attentive de la Parole de Dieu. Ainsi il préparera le chemin du Seigneur.

Il s’agit donc tout autant de préparer un chemin et de se préparer à accueillir, à écouter celui qui vient. Le cœur de l’homme et ses actes doivent être à l’unisson pour que l’œuvre de Dieu soit reconnue et efficace dans sa vie. Paul ne dit pas autre chose aux Philippiens lorsqu’il demande que Dieu mène à son achèvement l’œuvre qu’il a commencé en eux. Ils ont accueilli la grâce de Dieu à travers la prédication de Paul ; Dieu peut désormais vivre avec eux, en eux et être le guide de leur vie. Leur cœur n’est pas seulement à l’unisson de leurs actes, il est à l’unisson de Dieu. Prions Dieu pour qu’il en soit de même pour nous.

Tiens-toi prêt ! Prépare-toi, dépêche-toi ! Le Seigneur vient ! Au milieu de toutes nos activités, Seigneur, nous ne savons plus où donner de la tête. Nous avons tant à faire, tant de choses à réfléchir. Ton prophète, Jean le Baptiste, vient nous redire qu’une seule chose compte : préparer notre cœur à ta venue. Que ton Esprit nous aide à rendre droit le chemin de notre cœur et tu pourras y faire ta demeure, aujourd’hui et toujours. Amen.

(Dessin : Détail d'un retable de Noël, publié sur le site Prions en église)

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