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samedi 8 mai 2021

6ème dimanche de Pâques B - 09 mai 2021

 Quand l'Esprit Saint mène la danse...






(Tableau d'Aubin VOUET, Le centurion Corneille aux pieds de St Pierre, 1639, 
Réserve Notre Dame de Paris)



            Il n’est pas toujours possible de lire des histoires bibliques en entier dans le cadre de la liturgie dominicale. Et c’est bien dommage ; comme est dommage le fait de réduire à neuf versets une histoire qui en compte quarante-huit. Le risque est grand soit d’orienter la lecture et d’en fermer la compréhension, soit de passer à côté de ce qui est vraiment important dans l’histoire ainsi résumée. C’est ce qui arrive aujourd’hui avec l’histoire de la visite de Pierre chez le centurion Corneille.

             Si je n’entends que les neuf versets lus ce matin, qu’est-ce que je comprends de l’histoire ? Je comprends que Pierre, passant par Césarée, s’est arrêté chez le Centurion Corneille. De cette affirmation, je déduis que Pierre entre chez un païen, un ennemi de la nation juive, un officier de l’armée d’occupation. Je comprends que Corneille prend Pierre pour quelqu’un d’important puisqu’il se prosterne devant lui, et que Pierre refuse cet honneur : Lève-toi. Je ne suis qu’un homme, moi aussi. Je comprends que Pierre fait un bref discours interrompu par une manifestation de l’Esprit Saint. Et que le tout s’achève par le baptême de la maisonnée : Quelqu’un peut-il refuser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit Saint tout comme nous ? Et il donna l’ordre de les baptiser au nom de Jésus Christ. Je dirai que j’ai compris le minimum syndical de toute cette affaire. Ce que je n’apprends pas, si je n’ai pas la curiosité d’ouvrir les Actes des Apôtres et de lire toute l’histoire, c’est que la venue de Pierre n’est pas son choix ; il répond à l’invitation pressante des gens de la maison de Corneille qui les a envoyés chercher Pierre après avoir eu une vision d’un ange du Seigneur. Ce que je n’apprends pas, c’est que Corneille n’est pas un païen, mais un craignant-Dieu, ce qui n’est pas tout-à-fait la même chose qu’un païen. Un craignant-Dieu, pour les Juifs de l’époque de Jésus, c’est un étranger, non juif, qui respecte la foi juive, mais sans se convertir totalement au judaïsme. Ce que je n’apprends pas, c’est le combat spirituel que Pierre a livré au moment-même où Corneille envoyait ses serviteurs le quérir : en témoigne cette vision que Pierre a eu, alors qu’il avait faim, [je cite le texte] d’une grande toile tenue aux quatre coins, et qui se posait sur la terre. Il y avait dedans tous les quadrupèdes, tous les reptiles de la terre et tous les oiseaux du ciel. Et une voix s’adressa à lui : « Debout, Pierre, offre-les en sacrifice, et mange ! » Pierre dit : « Certainement pas, Seigneur ! Je n’ai jamais pris d’aliment interdit et impur ! » À nouveau, pour la deuxième fois, la voix s’adressa à lui : « Ce que Dieu a déclaré pur, toi, ne le déclare pas interdit. » Cela se produisit par trois fois et, aussitôt après, l’objet fut emporté au ciel. Saint Luc précise encore que Pierre était tout perplexe sur ce que pouvait signifier cette vision. Je n’apprends pas davantage que le discours de Pierre chez Corneille était en fait une vraie catéchèse sur l’œuvre accomplie par Dieu en Jésus, mort et ressuscité. Mais surtout, je n’apprends pas que toute cette histoire, c’est une histoire cousue de fil blanc et que l’Esprit Saint était à la manœuvre depuis le début. Enfin, je ne peux pas, dès lors qu’il me manque tout ça, comprendre que quand l’Esprit Saint mène la danse, il est plus sage que je réponde et que je danse avec lui.

            Avec nos mentalités modernes, certains pourraient objecter alors, sachant tout cela, que Pierre n’est pas vraiment libre, puisque c’est l’Esprit Saint qui mène le bal. C’est vrai pour tout ce qui concerne l’œuvre de Dieu, Pierre n’est pas libre, s’il veut être fidèle à sa mission reçue de Jésus ressuscité ; il n’est pas libre de choisir ce qu’il va faire, qui il va visiter, pour que progresse l’Evangile, parce que l’Evangile ne lui appartient pas. L’Evangile que Pierre annonce, c’est toujours l’Evangile de Jésus Christ. Il ne peut pas le trafiquer ; il ne peut pas le tordre pour qu’il corresponde à ses vues. C’est à lui de se laisser tordre, d’entrer dans les vues de Dieu, pour correspondre à l’Evangile. C’est tout le sens de la vision qu’il a eu. Et ce qui est vrai de Pierre, est vrai de nous encore aujourd’hui. Nous pouvons choisir de vivre de l’Esprit Saint ou de ne pas en vivre : ce choix nous appartient, fondamentalement. Mais une fois ce choix fait, il nous faut accepter que l’Esprit Saint soit à la manœuvre. Et nous pouvons le faire en confiance, sachant que l’Esprit Saint ne veut rien de mal pour nous. Il sait ce qui est bon pour nous ; il sait ce qui est bon pour tous ceux vers qui il nous envoie. Il fera concourir ce qui est bien pour la mission à ce qui est bien pour nous. Nous pouvons même dire que nous trouverons notre bonheur et notre vie dans l’accomplissement de la mission que l’Esprit Saint nous confie. S’il y en a bien un qui jamais n’abuse de nous, c’est l’Esprit de Dieu. En rentrant chez vous, prenez le temps de relire tout ce chapitre dix des Actes des Apôtres, et vous verrez que c’est bien l’Esprit Saint qui met toutes les pièces en place et qui permet le bonheur final : Corneille et sa maisonnée sont baptisés, c'est-à-dire sauvés par la mort et la résurrection de Jésus. L’Evangile gagne les cœurs. Et c’est bien cela qui doit compter pour nous. Que l’Evangile progresse, que l’Evangile soit connu, que l’Evangile soit vécu. C’est cela être disciple missionnaire selon l’expression du Pape François. Gagner les cœurs, non pas à coup de lois, de jugement ou de condamnation, mais par l’œuvre de l’Esprit en nous et autour de nous. 

            Puissent ces jours qui nous mènent vers la Pentecôte, préparer nos cœurs à accueillir le don toujours nouveau et toujours renouvelé de l’Esprit Saint, et nous permettre de comprendre mieux encore que notre vie et notre joie sont dans notre participation à l’œuvre de Dieu, œuvre de salut pour celui qui le craint et dont les œuvres sont justes. Amen.

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