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mercredi 20 avril 2011

Jeudi Saint - 21 avril 2011

Avec Jésus, prendre la vraie place





Chers enfants, encore quelques semaines et vous vivrez, pour la première fois, cette rencontre unique avec Jésus, qui se donne aux hommes dans le pain de l’Eucharistie. Vous êtes en chemin depuis un moment maintenant, et vous avez eu l’occasion de vous retrouver pour célébrer les secrets que partagent les chrétiens lorsqu’ils célèbrent l’Eucharistie. La messe de ce jeudi saint permet de les célébrer tous ensemble et d’en mieux comprendre encore le sens.

Quand nous sommes entrés dans l’église, il n’y avait que peu de lumière. La croix attirait vers elle notre regard. C’est le premier secret des chrétiens. Ils se rassemblent autour de la croix parce que là, ils en sont sûrs, il y a le signe que Jésus nous a aimés, plus que tout. Il a donné sa vie pour nous. Et nous savons désormais que rien ne pourra nous séparer de lui. Ce signe est aussi sûr pour nous que pouvait l’être, pour le peuple libéré d’Egypte, le signe de l’Agneau pascal, dont le sang répandu a assuré la vie du peuple que Dieu s’était choisi. Pour nous, Jésus est l’Agneau de Dieu, livré pour notre péché, qui nous assure la vie et le pardon de Dieu. C’est pour cela que nous commençons par dire : Seigneur, prends pitié. Même en ce soir, alors que c’est jour de fête. En disant ces mots, nous disons que nous avons besoin de Jésus, de son amour, au cœur de notre vie. Quand demain, vous vous rassemblerez pour le chemin de croix, souvenez-vous de cela, souvenez-vous que Jésus offre sa vie et meurt pour chacun de nous. Que tu t’appelles Pierre, Paul, Jacques, Nathalie, Sylvie, Karine, Michaël ou que sais-je encore, Jésus t’aime et t’offre sa vie, t’offre son amour, t’offre son pardon pour que tu vives de la vie même de Dieu. Tu peux en être sûr !

Ce qui est intéressant avec Jésus, c’est qu’il s’occupe de tous. Il nous veut heureux. Et Dieu, son Père, fait tout pour nous, pour que notre vie avec lui réussisse. Beaucoup pensent aujourd’hui que c’est difficile d’être chrétien et que surtout, ils ne voient pas trop à quoi cela sert. La première raison d’être un ami de Jésus et d’écouter son Père, c’est parce que Dieu nous veut heureux. Ecouter la Parole de Dieu, la vivre fidèlement jour après jour, permet de trouver le vrai bonheur. Pas pour plus tard, quand Dieu nous aura rappelé à lui, mais pour maintenant. Vous avez découvert, dans la prière de l’Eglise, les multiples raisons pour lesquelles nous pouvons remercier Dieu et qui font que nous louons Dieu et nous le bénissons. La première et principale raison que nous avons de louer Dieu, c’est parce qu’il nous a donné Jésus. Enlevez Jésus, et il ne reste rien de notre foi. Enlevez Jésus, et il ne reste rien de notre espérance. Enlevez Jésus, et il ne reste plus de base solide pour notre charité. Jésus est celui auquel nous croyons (nous sommes sûrs de lui) ; il est celui qui nous donne une espérance (Paul nous a dit dans la deuxième lecture : chaque fois que vous mangez ce pain et que vous vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, dans l’espérance de sa venue). Jésus est aussi celui qui fonde notre charité, notre amour pour les autres. C’est parce que nous sommes aimés infiniment par Jésus que nous devenons capables d’aimer infiniment, comme lui. Et lorsque nous aimons, nous en faisons tous l’expérience, notre vie réussit, nous sommes heureux ! Et pour cela, nous louons Dieu. C’est le deuxième secret que partagent les chrétiens.

Dans l’Evangile de ce soir, nous voyons Jésus poser un geste curieux : il lave les pieds de ses disciples. Dans de nombreuses églises, ce soir, les prêtres, les évêques et même le pape, à Rome, font de même. Peut-être un jour arrivons-nous à le faire ici aussi. C’est un geste qui ne se fait qu’une fois dans l’année, mais il est important. Il nous permet de comprendre le troisième secret que partagent les chrétiens : nous ne venons pas à la messe juste pour nous, mais nous venons aussi pour confier à Dieu notre souci des autres. Quand Jésus lave les pieds de ses disciples, il nous donne un exemple : ce qu’il a fait, nous devons le faire pour les autres. Et c’est Pierre, qui refuse dans un premier temps que Jésus lui lave les pieds, qui permet à Jésus d’expliquer son geste : si je ne te lave pas les pieds, tu n’auras pas de part avec moi ! C’est comme si Jésus demandait à Pierre de le laisser s’occuper de lui. Si je ne te lave pas les pieds, tu ne seras pas vraiment avec moi ; je fais ce geste pour toi. Et plus tard Jésus précise : vous devez, vous aussi, vous lavez les pieds les uns des autres. Ce geste (laver les pieds) est un geste que ne faisaient que les esclaves, les serviteurs pour leur Maître. Quand Jésus nous invite à poser ce geste pour les autres, il nous invite à les servir, à avoir souci d’eux ; et lorsque nous pensons que nous ne pouvons plus rien pour les autres, nous pouvons encore les confier à Dieu dans la prière. C’est aussi un service à rendre aux autres ; c’est aussi une manière d’avoir souci d’eux. Frère Christophe vous l’a appris dans vos rencontres de catéchèse ; il l’a appris lui-même de Jésus, peut-être dans cet humble geste du lavement des pieds. Osez parler à Dieu des personnes qui vont sont chères ; osez les confier à Dieu.

Enfin, le Jeudi Saint est un soir important parce que, pour la première fois, Jésus a posé un geste que nous faisons chaque dimanche en communauté nombreuses, voire chaque jour en plus petit comité : il a rompu le pain pour ses disciples en disant : Ceci est mon corps livré pour vous. De même, il leur a partagé la coupe de vin en disant : Cette coupe est la nouvelle Alliance établie par mon sang. Faites cela en mémoire de moi. C’est ce geste qui nous rassemble encore et toujours ; c’est pour que ce geste ne soit pas perdu que des hommes s’engagent à devenir prêtres, serviteurs de Dieu et serviteurs du peuple de Dieu. Dans ce geste, Jésus se donne totalement à nous et il nous fait une promesse : ce qu’il fait, il le fait pour nous et pour la multitude. Pour les hommes et les femmes de son époque, mais aussi pour nous qui vivons 2000 ans après lui et qui nous souvenons de ce cadeau de Dieu. Puisque nous sommes sûrs de lui, puisque nous savons qu’il veut notre bonheur, puisque nous pouvons passer par lui pour confier à Dieu celles et ceux que nous aimons, nous pouvons le croire, nous pouvons l’accueillir dans ce pain dont il nous dit que c’est sa vie et nous pouvons entrer en communion avec lui, pour toujours. C’est le dernier secret que partagent les chrétiens.

Ce geste du pain rompu, Jésus le fait le soir avant sa mort : il nous rend ainsi plus forts pour affronter l’heure du procès, de la passion et de la mort de Jésus. Quand nous serons devant la croix à contempler Jésus qui a offert sa vie, nous nous souviendrons que c’est par amour, pour notre bonheur, que Jésus est allé jusque là. Nous nous souviendrons aussi de la promesse qu’il nous a faite : il sera avec nous, tous les jours, jusqu’à la fin des temps. La communion que vous préparez encore, la communion que nous autres, plus âgés, recevrons tout à l’heure, nous permettra de l’accompagner, de veiller avec lui et de passer la mort avec lui. La communion que nous recevrons nous permettra de prendre, à la suite de Jésus, la vraie place : celle du serviteur qui reconnaît en Dieu son Sauveur, celle du serviteur qui porte le souci des autres, celle du serviteur qui suit Jésus et vit de lui. Maintenant et toujours. Amen.




(Dessin de Sieger Köder, in Kinderbibel mit Bildern von Sieger Köder, éd. Verlag Katholisches Bibelwerk)

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