Quand Dieu nous dit son amour, il nous promet un Défenseur.
Se souviennent-ils de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine, venue puiser de l’eau au puits de Jacob lorsque Philippe parcourt la région en proclamant le Christ ? Leurs cœurs sont-ils brûlants de foi pour que Philippe soit capable de poser autant de signes ? Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs qui sortaient en poussant de grands cris. Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris. En entendant cela, comment ne pas faire le rapprochement avec ce que Jésus nous dit dans l’Evangile : Le Père vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
Ce Défenseur, ce n’est pas Philippe, c’est l’Esprit Saint qui se manifeste à travers lui. Ce n’est pas diminuer l’œuvre de Philippe que de le dire, bien au contraire. C’est le signe que Philippe, comme l’était Etienne, diacre lui-aussi, était rempli de l’Esprit Saint, et qu’il laissait l’Esprit parler et agir à travers lui. Philippe ne s’attribue aucun mérite. Il fait son travail de disciple du Christ ; il annonce le Christ. Quand le Christ est annoncé, quand le Christ est accueilli, l’Esprit peut travailler, l’Esprit peut libérer la vie de tout ce qui l’entrave. Chaque disciple connaît l’Esprit, car l’Esprit est en chaque disciple. Pour authentifier l’œuvre accomplie en Samarie, Pierre et Jean y sont envoyés ; ils prièrent pour les Samaritains afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint. Il n’y a pas de disciples sans Esprit Saint. C’est la promesse de Jésus qui s’accomplit. Sa mort, sa résurrection et son Ascension que nous célèbrerons bientôt, ne sont pas un abandon, mais bien toutes choses nécessaires à notre salut et à notre vie de foi. Pour recevoir l’Esprit Saint, il faut la foi au Christ, mort et ressuscité pour notre vie ; pour vivre cette foi, il faut accueillir le don de l’Esprit Saint, présence de Dieu en notre vie, qui rend toutes choses possibles.
La promesse d’un Défenseur, faite par Jésus dans l’Evangile de ce dimanche, n’est donc pas un hochet destiné à nous consoler au pied de la croix ; elle est la preuve que Dieu nous aime, qu’il nous veut vivant et qu’il nous donne les moyens de cette vie éternelle qu’il nous offre dans le sacrifice de son Fils unique. Si Philippe est capable de réaliser tous ces signes, c’est parce que l’Esprit Saint l’accompagne et devance les Apôtres eux-mêmes. L’amour de Dieu pour nous reste premier. Il est la source de notre foi et non le résultat de celle-ci. C’est parce que Dieu nous aime, que nous pouvons croire en lui, et non parce que nous croyons en lui que Dieu nous aime. La présence de l’Esprit Saint, signe de l’amour de Dieu pour nous, est manifesté par les guérisons ; cette présence fait naître la foi qui sera confirmée par les Apôtres.
C’est cette présence de l’Esprit Saint en nous que Pierre demande à ses lecteurs de vivre quand il les invite à présenter à tout moment une défense devant quiconque leur demande de rendre raison de l’espérance qui est en eux. Et nous voyons là que Dieu fait bien les choses. L’Esprit Saint nous précède toujours, car nul ne peut dire Jésus Christ est Seigneur sans l’Esprit Saint. Comme tous les dons de Dieu, l’Esprit nous précède. Mais il nous revient de le mettre en œuvre, ou à tout le moins de ne pas être un obstacle à son action. C’est lui qui met sur nos lèvres les mots de la foi ; c’est lui qui nous permet d’en rendre témoignage avec douceur et respect. Car de même que l’Esprit ne s’impose pas à nous, de même n’avons pas à l’imposer, ni à imposer notre foi à quiconque. Si Dieu nous laisse libre de croire en lui, qui sommes-nous pour obliger d’autres à faire ce que nous avons fait librement ? L’amour ne s’impose pas ; il se propose et se vit.
Avec
l’Esprit Saint, tout est question d’amour. Pour nos frères orientaux, il est l’amour
qui unit le Père et le Fils. Jésus confirme cette interprétation de l’Esprit
Saint quand il nous dit dans l’évangile aujourd’hui : Celui qui reçoit
mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime,
sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à
lui. Seule la présence de l’Esprit Saint nous faire comprendre et aimer les
commandements de Dieu ; seule la présence de l’Esprit Saint nous fait sentir
et répandre la bonne odeur du Christ autour de nous. A mesure que nous
approchons de la fin du temps pascal, demandons à Dieu de rendre vivante et
agissante en nous la présence de son Esprit Saint ; demandons-lui d’aimer
comme il nous aime, et notre monde en sera renouvelé. Amen.