Quand Dieu nous dit son amour, il s'engage à être avec nous, toujours.
Il n’y a pas besoin d’être grand
théologien pour comprendre la solennité de l’Ascension. C’est un mot simple de
la langue française, utilisé pour désigner le fait de gravir une montagne (l’ascension
du Mont Blanc par exemple), et plus simplement encore compris par les nombreuses
personnes habitant un immeuble et qui prennent l’ascenseur pour monter dans les
étages supérieurs. Nous célébrons donc aujourd’hui une montée, celle de Jésus retournant
auprès de son Père. Nous l’avons entendu dans les Actes des Apôtres : tandis
que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs
yeux. Qu’est-ce que cette solennité nous apporte de plus ?
A priori, rien de plus que la solennité de Pâques. La résurrection de Jésus traduisait déjà cette montée : descendu aux enfers, il est ressuscité, entrainant avec lui ceux que la mort retenait captifs. C’est ce que nous disent toutes les icônes de Pâques dans le monde chrétien oriental. C’est dans la logique de Pâques que le Ressuscité retourne auprès de son Père qui l’avait envoyé pour le salut du monde. Ce dernier étant rendu possible par la Passion et la Résurrection de Jésus, il n’y a pas lieu que le Christ s’attarde ici-bas. Désormais, il nous attend auprès de son Père. Mieux, il reviendra un jour dans toute sa gloire. Cette espérance, née de la foi pascale, ne doit pas nous abandonner. Jésus ne retourne pas chez son Père parce que les hommes, en le jugeant et le condamnant l’auraient déçu ; il retourne chez son Père parce que sa mission est accomplie. C’est à ses disciples de prendre le relais, lorsque la puissance de l’Esprit Saint aura été répandue en eux. Vous allez recevoir une force quand l’Esprit Saint viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. Jésus peut reprendre à son compte la phrase attribuée à César : Veni, vidi, vici – Je suis venu, j’ai vu et j’ai vaincu. Un moment de l’Histoire des hommes est achevé et il ouvre sur un nouveau temps : celui de la mission des disciples de faire connaître cette histoire Jésus pour que le monde croie et se convertisse à son enseignement. L’évangile de ce jour ne dit pas autre chose quand Jésus affirme : Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit, apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé.
Nous voyons là que la mission n’est pas une option, un petit truc en plus à faire quand nous n’aurons plus rien d’autre à faire ! La mission devient première pour les disciples. Ce qu’ils ont vécu, ce qu’ils ont compris de Jésus, de sa mort et de sa résurrection, ils ont à le faire connaître. Ce qui est en jeu, ce n’est pas que Jésus soit connu du plus grand nombre ; ce qui est en jeu, c’est que le salut apporté par Jésus parvienne au plus grand nombre, parvienne aux extrémités de la terre, à toutes les nations. Jésus n’a pas donné sa vie uniquement pour ceux qui l’ont connu, mais pour tous les hommes, répandus par tout l’univers, à travers toute l’Histoire. C’est la mission de ses Apôtres ; c’est notre mission à tous, baptisés dans l’eau et l’Esprit Saint. Ce Christ que nous avons accueilli dans notre vie, nous ne pouvons pas le garder pour nous, au prétexte que les autres n’en veulent pas, ou que notre société est devenue trop laïque et matérialiste pour accueillir sa Bonne Nouvelle. Le chrétien est missionnaire ou il n’est pas ! Il porte le Christ en lui pour le porter au monde. Il ne s’agit pas de l’imposer, mais de le proposer sans cesse, et d’abord peut-être par notre art de vivre qui devrait nous identifier comme chrétiens et qui devrait susciter l’envie de vivre de ce même art qui consiste à mettre l’autre au cœur de nos préoccupations, à être attentifs aux plus petits qui sont les préférés de Jésus, à dire Jésus par toute notre vie, en acte d’abord et en parole, à celles et ceux qui nous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en nous, comme nous le demandait Pierre dimanche dernier.
En cette fête de l’Ascension, nul besoin de lever les yeux au ciel pour contempler Jésus. Il suffit de nous tourner les uns vers les autres pour trouver, en ceux que Dieu met sur notre route, la trace de celui qui a pris le chemin de notre humanité pour nous rappeler le chemin vers Dieu et vers la sainteté qu’il nous offre en partage. Parce que Jésus est devenu l’un de nous, chacun de nous porte un peu de sa présence au monde ; chacun de nous est comme une icône permettant de contempler l’amour de Dieu pour tous. Ne cherchons pas ailleurs qu’au milieu de nous Celui qui a donné sa vie pour nous sauver, et donnons-le à voir afin que le monde croie et parvienne au salut. Amen.

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