Bienvenue sur ce blog !

Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







samedi 25 juillet 2026

17ème dimanche ordinaire A - 26 juillet 2026

 Le royaume des Cieux : un trésor caché, une perle fine trouvée.





(image trouvée en ligne)


 

            Troisième et dernier dimanche consacré à la lecture du chapitre treize de l’évangile de Matthieu, consacré aux paraboles sur le royaume des cieux. Nous avons entendu successivement les paraboles du semeur, du bon grain et de l’ivraie, de la graine de moutarde, du levain dans la pâte. Aujourd’hui, nous terminons avec les paraboles du trésor caché dans un chant, de la perle fine et celle du filet rempli de toutes sortes de poissons. Autant d’images différentes pour expliquer une réalité pourtant inscrite au cœur de notre foi : le royaume des cieux où nous sommes attendus ! La liturgie de ce dimanche a prévu une lecture courte de l’évangile qui ne fait entendre que la parabole du trésor caché et celle de la perle fine. Deux petites histoires qui nous disent de grandes choses.

            Le premier enseignement de ces paraboles, c’est que le royaume des Cieux, c’est quelque chose de précieux : un trésor caché, une perle de grande valeur qu’un homme finit par dénicher. Cela peut faire rêver, mais cela nous dit surtout que Dieu ne se moque pas de nous ; il ne nous promet pas juste un centre de vacances où nous irions nous reposer pour l’éternité. Ce qu’il nous propose, c’est quelque chose de précieux. Avons-nous déjà songé à ce que cela signifiait de pouvoir contempler Dieu face à face ? C’est comme la découverte d’un trésor caché ou d’une perle fine trouvée. Cela n’a pas de prix, c’est juste fabuleux !

            Et c’est le deuxième enseignement de ces paraboles. Ce trésor caché ou cette perle fine ont tellement de valeur que ceux qui les trouvent se débarrassent de tout ce qu’ils avaient jusqu’à maintenant pour les acquérir. Rien n’a plus de valeur quand on découvre le royaume des Cieux : il nous le faut absolument ! Et contrairement à la petite robe ou au costume vus en soldes, il n’y a pas de rabais possible. Il nous faut tout lâcher pour gagner ce trésor, pour acquérir cette perle fine. C’est le must have, c’est the place to be ! Comment, ayant entendu Jésus, et contemplé le royaume des Cieux, comment donc ne pas le vouloir ? C’est l’horizon vers lequel nous tourne Jésus ! C’est le but de toute vie croyante ! Avons-nous ce désir du royaume ? Le préférons-nous à tout le reste ?         

            Le troisième enseignement de la parabole, c’est que la découverte du royaume des Cieux procure une grande joie et c’est cette joie immense qui permet de ne rien lui préférer, de laisser tout ce qu’on avait jusqu’à maintenant pour acquérir ce bien supérieur, ce bien ultime. Le croyant n’est pas fait pour la tristesse ; et s’il la connaît, il doit savoir qu’une joie sans fin l’attend. Et cette joie est accessible dès maintenant. C’est la joie de savoir que la vie est la plus forte depuis que Jésus s’est livré sur la croix pour notre salut. C’est la joie de savoir que ce royaume n’est pas impossible à acquérir. Jésus nous en a indiqué le chemin : l’amour de Dieu et du prochain, jusqu’à l’amour des ennemis. Il nous en a indiqué le prix : une vie donnée au service des autres. Il nous l’a enseigné par ses paroles ; il nous l’a enseigné par sa vie donnée jusqu’à la mort. C’est la preuve qu’il ne nous ment pas et que nous pouvons le suivre, puisque notre foi nous dit qu’il a passé la mort, victorieux à jamais ! 

            Il y a encore une chose que nous comprenons en méditant ces paraboles : le royaume des Cieux se cherche ! Le trésor était caché ; la perle fine est dénichée après des années à en acquérir d’autres. C’est la quête d’une vie, et chaque croyant se doit de rechercher ce trésor caché. Ce n’est pas le fruit du hasard ; c’est le résultat d’une recherche qui transforme notre vie et notre art de vivre. Nous pouvons comprendre qu’il ne suffit pas d’être croyant un jour pour gagner ce royaume. C’est l’œuvre, que dis-je ? le chef d’œuvre de toute vie croyante. Nous pouvons, et nous devons travailler à ce royaume, dès ici-bas. C’est un chemin, un travail progressif. Combien d’hommes ont passé dans ce champ sans trouver le trésor caché ? Combien ont vu cette perle sans en reconnaître la grande valeur ? Il est donc possible, par paresse, par désintérêt, par méconnaissance, de passer à côté, de ne pas le trouver, de ne pas reconnaître sa juste valeur !

            Travaillons donc à connaître et à reconnaître ce royaume. Cultivons notre désir de vivre avec Dieu pour toujours. Approfondissons notre foi et la connaissance de la Parole de Dieu. Cherchons-le et nous le trouverons ! Et osons demander à Dieu de nous l’accorder après une vie passée à le chercher sincèrement. Amen. 

 

samedi 18 juillet 2026

16ème dimanche ordinaire A - 19 juillet 2026

 Bon grain ou ivraie ?




(Jugement dernier, Détail du retable peint par Rogier Van de Weyden 
pour la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Beaune, France)


 



          Les paraboles de Jésus se suivent… et ne se ressemblent pas ! Elles ont beau parler du royaume des cieux, elles nous font toutes approcher une réalité différente de ce royaume. Sans doute parce que le royaume des cieux est plus complexe qu’on ne le pense. Je voudrais m’attarder sur celle du bon grain et de l’ivraie, parce qu’elle permet d’aborder une question essentielle, et peut-être la plus difficile à résoudre : la question de l’existence du mal. Si Dieu est bon, s’il n’a semé que de bons grains, pourquoi laisse-t-il le mal proliférer sans intervenir ?

          L’explication donnée par Jésus lui-même est pourtant simple : tant que le temps de la moisson n’est pas venu, arracher l’ivraie (le mal) ferait courir le risque d’arracher aussi de bons épis ! Et cela n’est pas acceptable : il n’est pas possible de sacrifier des innocents pour supprimer les coupables. Voltaire reprendra cette idée dans son œuvre Zadig ou la destinée en déclarant : il vaut mieux hasarder de sauver un coupable que de condamner un innocent. La justice de Dieu a l’éternité pour elle ! Dans ce monde créé juste et beau par Dieu, la présence du mal est l’œuvre de l’ennemi, le diable, celui qui divise justement. Ce n’est pas dédouaner Dieu que de le dire ; c’est rappeler simplement une évidence : il existe quelqu’un qui n’aime ni Dieu, ni sa justice et il fait tout pour corrompre ce que Dieu a semé, ce que Dieu a créé.

          Là où j’ai un peu de mal à suivre Jésus, c’est dans l’explication qu’il donne de cette parabole. Il laisse entendre qu’il y a deux sortes d’hommes : ceux qui relèvent du bon grain, les fils du Royaume ; et ceux qui relève de l’ivraie, les fils du Mauvais. Peut-on vraiment séparer ainsi les hommes ? Ne devons-nous pas reconnaître qu’il y a du bon grain et de l’ivraie en chacun de nous ? N’est-ce pas ce que nous faisons, et que l’Eglise nous demande de faire, dans le sacrement de la réconciliation, lorsqu’elle nous propose de confesser l’amour de Dieu en même temps que notre péché ? N’est-ce pas l’expérience que fait Paul, l’Apôtres des Nations quand il écrit dans sa lettre aux Romains (7, 19) : Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. C’est compliqué un être humain ; c’est tout aussi compliqué, un être humain qui veut être saint ! Tous ont le cœur qui balance entre le Bien et le Mal, et selon les occasions, selon les circonstances, nous penchons plus d’un côté que de l’autre.

          Il y a des œuvres d’art que l’Eglise a laissé proliférer qui témoignent bien de cette dualité présente en chacun. Ce sont les nombreuses représentations du jugement dernier. Vous voyez de quoi je veux parler. Le Christ qui siège en majesté, assis sur la terre, et un ange, portant une balance et pesant les hommes. Ne nous y trompons pas. Ce dernier ne pèse pas deux personnes différentes pour voir laquelle serait bonne pour le paradis et laquelle serait vouée à l’enfer. Non l’ange pèse chacun, et c’est le même qui est sur le plateau de droite et sur le plateau de gauche. J’ai en mémoire le retable du jugement dernier peint pour la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Si vous en avez l’occasion, je vous invite à le contempler. Vous le trouvez facilement en ligne. Vous verrez l’ange placé sous le Christ, n’intervenant pas dans le jugement ; il tient juste la balance. Et sa posture, celle de ses mains, est en tout point identique à celle du Christ. Et que fait le Christ ? De sa main droite, il bénit ; de sa main gauche, il repousse le mal, à moins qu’il ne regarde pas d’abord le plateau gauche de la balance, celui qui pèse le mal fait par l’homme pesé. Au jugement dernier, nous dit le peintre, le Christ bénira toujours le bien que nous aurons fait. Il n’est pas le comptable que certains imaginent, qui note scrupuleusement tout le mal que nous faisons, pour n’en perdre aucune miette et nous le resservir lors du jugement dans un petit carnet noir. Le jugement de Dieu n’est pas accusatoire, il est un jugement qui regarde le bien fait. Et aucun bien fait ne sera jamais perdu ; le bien fait sera toujours plus important aux yeux de Dieu et de sa miséricorde que le mal. Dans son Royaume, nous entrerons avec le bien fait, et le mal que nous aurons pu faire, pour peu qu’il ne soit pas notre dernier mot, sera repoussé, pardonné par le Christ, pour que le bien resplendisse à sa juste valeur. Seul celui qui épousera totalement la cause du Mauvais au jour du jugement sera repoussé avec le Mauvais. Le temps nous est laissé, à chacun, pour choisir toujours le Bien et rejeter encore le Mal. Car telle est la justice de Dieu, qui prend patience et qui valorise le Bien tout en combattant le Mal.

          Le bon grain et l’ivraie poussent bien tous deux en nous ; le bon grain, parce que Dieu nous a fait ainsi ; l’ivraie, parce que le diable ne supporte pas le bien et cherchera toujours à mettre la division en l’homme d’abord, en y semant son ivraie. Ne nous y trompons pas : c’est bien parce que nous sommes divisés intérieurement chacun, que nous sommes divisés entre nous en société. C’est parce que l’homme est divisé en lui-même qu’il peut trouver bon ce qui est mal et mal ce qui est bon. La récente loi sur l’aide à mourir nous l’a encore démontré. Là où j’attendais que nos politiques s’occupent principalement de notre bien vivre ensemble, une courte majorité a trouvé mieux de s’occuper d’abord de notre bien mourir individuellement, trouvant cette solution meilleure à celle d’œuvrer au bien vivre pour tous, y compris pour nos malades et nos souffrants. Quand le bon grain pousse avec l’ivraie, tout devient possible. Mais comme l’a encore écrit Paul (1 Co 10, 23) : tout est permis, mais tout n’est pas constructif. Et la mort, comme le mal, n’a jamais rien construit, si ce n’est des cimetières.

          Cette parabole du bon grain et de l’ivraie, nous invite alors à faire le point sur notre vie et à décider, tant qu’il en est temps, de l’orientation que nous voulons donner à celle-ci. Une vie au service du Bien et de la Vie, ou une vie au service du Mal et de la Mort. La question est ancienne, puisque Moïse fut le premier à la poser à son peuple et à l’exhorter ainsi : choisis donc la vie ! Ainsi, sur notre plateau de balance, le Bien que nous aurons fait resplendira plus que le Mal auquel nous aurons pu succomber, et nous connaîtrons la gloire que Dieu réserve à ses fidèles. Amen.

dimanche 12 juillet 2026

15ème dimanche ordinaire A - 12 juillet 2026

 Tu prépares la terre, tu arroses les sillons.





 

            Il leur dit beaucoup de choses en paraboles. Voilà un fait de la vie de Jésus que nul ne peut contester. Nous ne les connaissons peut-être pas toutes, mais parmi celles qui nous sont parvenues, beaucoup retiennent celle de l’enfant prodigue et celle du bon Samaritain. La parable du semeur serait sans doute aussi bien placée au palmarès des paraboles les plus connues, parce que c’est une des rares à être entièrement expliquée par Jésus lui-même à ses seuls Apôtres. Faut-il dès lors que je rajoute une explication à l’explication officielle ? Il est difficile de dire autre chose que le Maître lui-même. Et pourtant…

            L’expérience rapportée par Jésus dans cette parabole du semeur ne nous est pas étrangère, même si nous sommes citadins. Un bout de jardin ou quelques jardinières suffisent, et nous voilà à planter qui des fruits et légumes, qui des plantes d’agréments. Nous savons d’expérience combien le choix de la terre compte, selon ce que nous voulons faire grandir. Aucune terre n’est vraiment mauvaise ; il faut apprendre ce que l’on peut y planter. Un sol rocailleux ne convient pas à tout, mais les plantes dites de rocailles s’y épanouissent à merveille. Si j’en parle, c’est parce que je ne voudrais pas que quelqu’un pense qu’il n’est pas fait pour accueillir la Parole de Dieu, puisque c’est elle qui est largement semée dans la parabole. Nous sommes tous faits pour accueillir la Parole, mais peut-être que toute parole, même de Dieu, ne nous convient pas toujours. Selon ce que nous vivons, il nous faudra davantage une parole de consolation, ou de guérison, ou d’encouragement, et quelquefois une parole de réprimande ! Nous savons tous qu’une parole donnée à un mauvais moment peut ne rien donner, voire produire l’exact contraire de ce que nous visions. Semer la parole largement ne signifie pas la semer n’importe comment ! Comment pourrions-nous seulement croire que Dieu, qui accorde avec raison une grande importance à sa Parole et à sa réception, ne se préoccupe pas du lieu où sa Parole tombe ? 

            C’est le psalmiste qui m’a rendu attentif à ce détail. Le Psaume 64 (65) que nous avons chanté précise ceci : Ainsi, tu prépares la terre, tu arroses les sillons. C’est bien de Dieu qu’il parle, et de son œuvre pour nous. La terre qu’il prépare, c’est notre cœur ! Il le prépare, et nous prépare, à accueillir sa Parole, à accueillir son Verbe fait chair. Quand Dieu sème son Verbe, il prépare d’abord la terre. Pensons à tous les prophètes de la Première Alliance ! Pensons à Jean le Baptiste qui a préparé très immédiatement le cœur des hommes à l’accueil du Messie. Quand Dieu sème sa Parole, il n’est ni inconscient, ni fou ; il est juste généreux. Il sème largement, pour que jamais nous ne manquions de sa Parole nécessaire à notre vie, nécessaire à notre salut. Elle est pour tous, quel que soit l’état de notre vie, sol pierreux, envahi de ronces ou bonne terre. Il sème même au bord du chemin, quand bien même rien n’y pousse. Nous sommes bord du chemin lorsque nous nous tenons à distance, pas vraiment concernés par elle. Mais je crois que même du bord du chemin, Dieu ne désespère pas, parce que ce bord du chemin peut se laisser saisir par le spectacle de la bonne terre qui porte du fruit, et il peut décider un jour de chasser le Mauvais qui emporte tout ce que Dieu a pourtant largement semé. 

            Car oui, Dieu visite la terre, Dieu prépare la terre et arrose les sillons. Dieu nous visite, Dieu nous visite, et nous pouvons choisir de faire de cette visite, de cette préparation, quelque chose de bon pour nous, grâce à ses soins prodigués. Dieu n’abandonne personne au Mauvais. Il a même envoyé sa Parole nous libérer tous de l’emprise du Mauvais pour que, de bord du chemin, nous devenions tous bonne terre. Sans doute passerons-nous par le sol pierreux et le sol envahi de ronces. Mais toujours souvenons-nous que nous pouvons nous laisser travailler par Dieu, car c’est lui qui, non seulement sème, mais c’est aussi lui qui prépare notre terre et arrose nos sillons pour que nous produisions les fruits attendus à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Laissons donc Dieu agir en nous ; laissons-nous transformer par lui ; devenons cette bonne terre, et nous porterons du fruit. C’est notre choix de laisser Dieu préparer la terre et arroser les sillons. Amen.

dimanche 5 juillet 2026

14ème dimanche ordinaire A - 5 juillet 2026

Devenez mes disciples.



(Gustave Doré, Jésus prêchant devant la foule)




 

            La richesse de la Parole de Dieu ne cesse de me surprendre. Nous avons eu droit aujourd’hui à un extrait du prophète Zacharie qui nous parle d’un roi qui vient pour rétablir la paix ; puis d’une méditation de Paul sur le rôle de l’Esprit Saint dans notre vie ; enfin, nous avons entendu Jésus nous parler de sa mission qui est de révéler le Père, et pour cela, il nous invite à venir à lui. Mais quelle est la cohérence de cet ensemble ? Peut-on trouver un verset qui les unirait tous et qui donnerait du sens pour la semaine qui vient ?  La réponse vient de Jésus lui-même et elle tient en trois mots : Devenez mes disciples. Mais cela signifie quoi, devenir disciple ?

            La première attitude, c’est d’accueillir celui qui vient ou qui nous appelle. C’est tellement simple que cela m’avait presque échappé. Ce roi qui vient pour établir la paix, dont nous parle le prophète, ne pourra rien si nous ne décidons pas de l’accueillir dans notre vie. Les grands hommes et les grandes femmes qui ont recherché la paix n’ont pas manqué dans l’histoire de l’humanité ; et pourtant, combien de conflits aujourd’hui encore à nos portes ? Et je ne parle même pas de la violence ordinaire dans nos rues à laquelle tous semblent se résigner ! Nous n’avons pas accueilli ces messagers de paix ; nous ne les avons pas suivis pour œuvrer avec eux à un monde plus juste et fraternel d’où les armes et les chars de guerre auront disparu. Accueillir, ce n’est pas simplement écouter ; c’est tenir pour vrai ce qui est dit ou proposé et prendre notre part. Accueillir, c’est faire nôtre la cause de celui que l’on reçoit.

            La deuxième attitude est soulignée par Paul ; elle consiste à vivre de l’esprit de ceux que l’on a accueilli. Frères, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas. Être disciple, ce n’est donc pas juste être baptisé, mais vivre de ce Christ et de l’Esprit Saint qu’il nous a transmis. C’est passer de la théorie (l’évangile entendu) à la pratique (l’évangile vécu), en toutes choses et avec tous. Et cela, c’est un peu plus compliqué. Parce que nous avons tous de bonnes raisons de n’être pas évangélique avec untel qui nous a fait un sale coup, ou avec unetelle qui n’arrête pas de mal parler de nous. Et la liste est longue, de motifs de ne pas suivre en tout ce que nous dit l’Esprit. Il y en aura toujours un envers qui l’évangile sera trop difficile à appliquer. Mais pour Paul, il n’est pas possible de transiger. Accueillir le Christ, c’est vivre du Christ, vivre comme le Christ, pour vivre enfin, pour vivre en grand, pour vivre en entier. Si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez. Comprenez bien qu’il s’agit de l’homme pécheur en nous, et non pas autour de nous. Il n’est pas question de supprimer l’autre, mais bien de supprimer le péché et ce qui y conduit en nous. L’Esprit n’est pas donné pour supprimer ceux qui font du mal, mais pour supprimer notre propre capacité à faire le mal.

            La troisième attitude pour devenir disciple, c’est bien sûr de venir auprès de Jésus, et de rester avec lui quand bien même ce qu’il nous demande peut nous sembler lourd. Venez à moi, prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples… Mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. Je comprends ces affirmations comme une invitation à ne pas me décourager devant la tâche à accomplir. Il peut sembler quelquefois que le Christ nous demande l’impossible, par exemple lorsqu’il nous dit : Aimez vos ennemis ; ou encore celui qui regarde derrière lui n’est pas digne de moi. Bref, toutes les paroles difficiles de l’évangile ! Devenir disciple, ce n’est pas une vue de l’esprit ; devenir disciple, ce n’est pas la décision d’un moment ; devenir disciple, c’est l’œuvre d’une vie. Et cela passera forcément un jour par la croix, parce que le disciple n’est pas au-dessus de son maître, mais avec son maître. Là où passe le maître, passe le disciple. Mais le disciple y passe avec et grâce à l’enseignement et à l’exemple de son maître. Et le Christ, notre Maître, est passé partout victorieux. Même la mort n’a pu le retenir ! La vie est toujours avec lui ; la vie est toujours en lui. Devenir disciple, c’est partager cette vie et les effets de cette vie. Avec le Christ, nous pouvons tout pour le bien de tous ! Avec le Christ, la mort n’est plus à craindre ! Avec le Christ, le péché est vaincu ! Avec le Christ, Satan est défait.  

            Le changement du monde que beaucoup attendent ne viendra pas d’une recette politique. Ils semblent plus préoccupés en ce moment d’une bonne mort pour nous que d’une belle vie pour nous ! Le changement nécessaire pour que le monde devienne plus juste et plus fraternel ne viendra que d’authentiques disciples du Christ qui laisseront son Esprit infuser en leur vie pour mieux se diffuser autour d’eux. Car l’authentique disciple du Christ ne garde ni le Christ, ni son Esprit pour lui-même. Il veille à ce qu’il parvienne à tous. Devenir disciple, c’est devenir missionnaire, là où nous vivons pour que pas un seul lieu ne soit soustrait à l’amour que le Christ est venu offrir au monde. Amen.