Quand Dieu nous dit son amour, il nous offre la vie en abondance
Qu’est-ce qui est important ? Qu’est-ce qui nous reste en mémoire quand nous rentrons chez nous après la messe ? Nous entendons chaque dimanche quatre lectures, si l’on compte le psaume, et qu’emportons-nous ? La réponse va probablement varier en fonction des personnes, de notre humeur, de notre attention, du temps liturgique que nous célébrons, et que sais-je encore ? Pourtant, au cœur de toutes nos liturgies, il y a une certitude qui ne doit jamais nous abandonner, et que l’évangile de ce dimanche remet au centre : c’est la raison pour laquelle Jésus est venu en ce monde ; la raison pour laquelle il a donné sa vie. Chacune de nos eucharisties nous remet face à ce mystère. Je ne dis pas que vous pouvez oublier tout le reste ; mais ce cœur de la foi, quand bien même la célébration ou l’homélie devaient être ennuyeuses, vous devriez le retrouver et en rendre grâce.
Je vais immédiatement enlever une réponse inappropriée : Jésus n’est pas venu en ce monde pour mourir en croix et ressusciter. Mourir et ressusciter, c’est de l’ordre des moyens employés, ce n’est pas la raison pour laquelle il est venu en ce monde. Ceux qui ont encore en mémoire le catéchisme par questions-réponses, pourraient retrouver la raison principale de la venue de Jésus en ce monde à partir de cette question simple : que procure la foi ? La vie éternelle ! Oui, Jésus est venu en ce monde pour que ses brebis aient la vie, la vie en abondance. Et il faut entendre cette précision apportée par Jésus lui-même : la vie en abondance. Ce n’est pas une petite vie qu’il nous offre ; non, c’est la vraie vie, celle qui ne finit pas, celle que la mort elle-même ne saurait arrêter. Dieu n’est pas avare de cette vie largement donnée par Jésus mort et ressuscité. Nous le voyons dans les Actes des Apôtres : environ trois milles personnes se joignirent aux Apôtres au seul jour de la Pentecôte ! Le premier discours de Pierre, c’est tout ce qu’il fallait pour que trois milles personnes comprennent et désirent recevoir ce don de la vie éternelle offert par Dieu, en Jésus mort et ressuscité. Et il est impossible de compter, depuis ce premier discours, combien, à travers le temps et l’Histoire, ont compris que Dieu nous dit son amour en nous offrant cette vie en abondance ! Rien qu’aujourd’hui, nous sommes 2,3 milliards de chrétiens dans le monde. Je vous laisse imaginer ce que cela peut représenter en 21 siècles ! Je ne peux pas croire, avec autant d’ainés dans la foi, que j’ai pu, que nous puissions nous tromper lorsque nous accordons notre foi au Dieu Père, Fils et Esprit Saint que nous confessons avec tous les chrétiens.
Que certains veuillent falsifier la
foi, s’en servir à mauvais escient, Jésus lui-même nous avertit que cela peut
arriver. Mais il nous rassure aussi en nous disant que nous connaissons sa
voix à lui et que nous savons qui écouter. Les voleurs, les bandits, les
falsificateurs de la foi, il y en a eu et il y en aura encore. Mais il n’y a
jamais eu, et il n’y aura jamais qu’un seul Christ, qu’un seul vrai pasteur.
Et il est encore écouté aujourd’hui quand il parle à travers ceux qu’il
envoie porter sa parole. Voyez le Pape Léon. Si vous avez suivi son récent
voyage en Afrique, vous aurez peut-être été frappés par l’authenticité de son
message, la clarté de sa prédication, sans peur et sans haine, alors même qu’il
nous appelait tous à plus d’humanité, à mettre fin aux guerres, aux querelles d’égo,
aux dictatures de toutes sortes, qu’elles soient d’ordre politique, économique
ou technologiques. A la suite du Christ, il appelait à une vie plus grande,
plus digne, plus respectée et plus respectueuse pour tous. Même à la prison qu’il
a visité dans l’un des pays, il a rappelé la dignité de tout homme, y compris
de ceux qui se retrouvent derrière des barreaux, et que rien de ce qu’ils ont
pu faire ne justifiait envers eux l’usage de comportements dégradants. Le but
de la prison n’est pas de casser des hommes et des femmes, mais de leur
permettre de retrouver une place dans la société une fois leur peine accomplie.
Sa parole claire nous remet tous devant l’exigence d’être à la hauteur de cette
vie que Dieu propose à tous.
L’eucharistie qui nous rassemble vient comme raviver cette vie éternelle à laquelle nous participons déjà par notre baptême. Et le Pain eucharistique nous est donné pour nourrir cette vie, pour la faire grandir en nous, et nous rendre forts dans cette vie nouvelle. En effet, Pierre le rappelle dans sa première lettre, le Christ nous a laissé un modèle pour que nous suivions ses traces. Ce don de la vie éternelle, de la vie en abondance, suppose que, comme Jésus, nous refusions le péché, le mensonge, l’insulte, la menace et que nous choisissions au contraire l’abandon à Celui qui juge avec justice. En lui seul est la vie véritable parce qu’il est le seul à donner la vie éternelle. Les propositions faites par d’autres ne sont que des ersatz de mauvaises qualités qui ne mènent nulle part. Que l’eucharistie célébrée et reçue nous donne d’y voir clair et la force de nous engager à la suite du seul vrai berger : le Christ Jésus, qui a donné sa vie pour que nous ayons la vie éternelle. Amen.
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