Quand Dieu nous dit son amour, il nous dit que nous sommes à lui.
Que personne d’entre vous n’ait à souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur, ou comme agitateur. Mais si c’est comme chrétien, qu’il n’ait pas de honte, et qu’il rende gloire à Dieu pour ce nom-là. Cette parole de Pierre a le mérite d’être claire. Elle nous rappelle qu’il y a un art de vivre chrétien qui ne considère jamais le mal comme une option possible. Notre titre de gloire, c’est d’être appelé chrétien, c'est-à-dire appartenant au Christ. Pierre se situe bien ainsi dans l’enseignement de son Maître, tel que nous l’avons entendu dans l’Evangile.
La prière de Jésus au soir de sa mort est pour ses disciples. Jésus sait qu’ils risquent de défaillir, qu’ils ne seront pas très courageux face aux événements de la Passion. Il s’adresse donc à son Père, pour eux. Dans cette prière, il nous rappelle un point de notre foi très important que nous pouvons résumer ainsi : Quand Dieu nous dit son amour, il nous dit que nous sommes à lui. Ce n’est rien de très nouveau, j’en conviens. Le psaume 138 exprime déjà quelque chose de cette idée quand il fait dire au psalmiste : Tu me devances et me poursuis, tu m'enserres, tu as mis la main sur moi. Comment dire mieux que nous sommes à Dieu, lui qui met sa main sur nous ? Jésus s’inscrit pleinement dans ce mouvement quand il confie ses disciples à son Père : Je prie pour eux : ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi. En devenant disciples du Christ par notre baptême, c’est bien comme fils du Père éternel que nous sommes reconnus. S’attacher au Christ, c’est s’attacher à Dieu. C’est reconnaître l’unité fondamentale qui existe entre le Père et le Fils. C’est le Père qui a suscité pour Jésus des disciples (ceux que tu m’as donnés) ; c’est le Fils qui les rend au Père avant sa Passion, car seul le Père pourra leur donner la force de surmonter cette épreuve ; seul le Père pourra les ouvrir à la nouveauté de la résurrection de son Fils unique qui marche vers sa mort.
Reconnaître que nous sommes au Père, cela a des conséquences très concrètes dans notre manière de croire. Cela concerne d’abord notre manière de nous adresser à lui. Jésus nous a appris à le faire très précisément : Quand vous priez, dites : Notre Père… Dès ce moment-là, Jésus nous invitait à nous situer dans un rapport de filiation à Dieu. En nous reconnaissant mutuellement fils et filles de Dieu, nous reconnaissons que nous sommes tous à Dieu, nous sommes tous frères et sœurs en Christ. Dieu est notre Père parce que Jésus, son Fils, que nous avons suivi librement, nous a confiés à Lui et nous a appris à nous adresser à Lui avec ces mots simples : Notre Père.
Reconnaître que nous sommes à Dieu, c’est aussi reconnaître qu’il nous aime infiniment, puisqu’il nous accepte comme ses enfants. Malgré nos faiblesses, malgré notre péché, Dieu nous rend dignes de lui, ne refusant pas le don que le Jésus lui fait. Et il faut relever ici le moment où ce don est fait par Jésus à son Père ; c’est bien au moment où Jésus marche vers sa mort, qu’il lui confie ses disciples, et à travers eux, celles et ceux qui, grâce à eux, croiront en lui quand il aura vaincu la mort.
Reconnaître que nous sommes à Dieu, c’est reconnaître, selon la parole de Paul aux Romains (8, 35.37-39), que rien ne peut nous séparer de lui. Alors, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. Dans nos moments de grandes joies, comme dans nos plus grandes détresses, n’oublions pas que nous sommes à Dieu, et que rien ne peut changer cela. Et quand bien même l’homme décidait de se détourner volontairement de Dieu, cela n’empêcherait pas celui-ci de l’en aimer davantage, et de guetter son retour.
Être
à Dieu, être dans la main de Dieu, est ce qui nous arrive de mieux. Cela ne
signifie pas que nous ne connaîtrons jamais d’épreuves, mais que nous avons en
lui celui qui veille sur nous et qui nous accompagne toujours. Le projet de
Dieu pour chacun de nous est toujours un projet de vie et de bonheur. En
affirmant que nous sommes à lui, nous reconnaissons sa présence à notre vie,
quels que soient les moments vécus. En affirmant que nous sommes à lui, nous
reconnaissons que notre désir le plus profond, c’est de vivre pour lui et avec
lui, pour toute éternité. En affirmant que nous sommes à lui, nous
reconnaissons notre désir d’être sauvés vraiment, car en lui seul est notre
salut. Soyons plus que jamais fiers d’être chrétiens ; soyons plus que
jamais fiers d’être à Dieu. Amen.

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