Bienvenue sur ce blog !

Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







samedi 13 juin 2026

11ème dimanche ordinaire A - 14 juin 2026

 Ils les choisit et les envoie en mission.




(Les Douze Apôtres)



            On croit connaître les Evangiles et on s’aperçoit que notre lecture, jusqu’à présent, était hâtive, voire inattentive aux détails qui différencient les différentes versions d’un même événement. L’évangile entendu aujourd’hui n’échappe pas à la règle. Matthieu que nous lisons cette année, a cette particularité de lier de manière très immédiate le choix des disciples et leur envoie en mission. Qu’est-ce que cela peut signifier pour nous ? Je vous propose trois pistes à méditer.

            Jésus choisit donc les Douze et les envoie en mission. Il les choisit pour cela. La preuve, à peine Jésus a-t-il donné la liste des Douze qu’il les envoie. Cela veut bien dire que Jésus n’appelle pas pour le plaisir d’appeler, pour avoir du monde autour de lui. Les signes qu’il pose, la clarté de son enseignement, assurent la présence des foules. Il suffit de lever les yeux : la foule est là, presqu’à chaque pas. Voyant les foules, Jésus fut pris de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Nous pouvons même dire que c’est la présence de ces foules qui conduit Jésus à choisir les Douze après avoir constaté que la moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux. En fait d’ouvrier, jusqu’à cet instant, il n’y a que lui, Jésus ! Le choix des Douze correspond donc à une nécessité de service. Tout seul, tout Fils de Dieu qu’il est, il n’y arrivera pas ; le temps lui est compté ! Et quand bien même il y arriverait dans l’immédiat, Jésus choisit d’avoir besoin d’Apôtres, parce qu’il voit sans doute plus loin que nous ; il voit sans doute déjà après Pâques et la mission qu’il restera à accomplir pour faire connaître son œuvre de salut pour tous les hommes. Avons-nous tous suffisamment conscience que, si nous ne pouvons rien faire pour Jésus, nous pouvons tout faire pour les hommes et les femmes de notre temps qui, comme jadis, sont comme des brebis sans berger ? Avons-nous suffisamment conscience que Jésus veut avoir besoin de nous pour participer, même modestement, à sa mission ?

           Jésus choisit donc les Douze et les envoie en mission. Mais Matthieu ne dit pas s’il les envoie seul ou par deux. C’est une précision qu’on trouvera chez Marc seulement, mais qui ne semble pas importante pour Matthieu. En revanche, Matthieu fait bien comprendre que ce choix pour un envoi est une participation à la mission même de Jésus. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche : c’est ce que proclame Jésus depuis le lendemain de son baptême.  Il y a comme un caractère urgent à la mission : le royaume est tout proche. Comme s’il s’agissait pour les gens de ne pas le rater, d’être prêts quand il viendra ! Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons : c’est ce que Jésus ne cesse de faire durant toute sa vie terrestre. Ce sont bien ces mêmes signes qu’ils doivent poser pour participer à l’unique mission qui est celle de Jésus, parce que, dans l’enseignement des prophètes d’Israël, ces signes attestent que le Messie est proche. Jésus, en leur donnant des instructions strictes, les rend capables de faire ce pourquoi il les envoie en mission. C’est toujours le cas aujourd’hui : Dieu n’appelle pas ceux qui sont capables de, mais rend capables ceux qu’il appelle. Cela permet à l’appelé d’être libéré de cette question, qui peut aussi être une objection : je ne saurai pas faire. Si Dieu t’appelle à quelque chose, s’il te choisit, il te rend capable d’accomplir ce qu’il te demande de faire. Il ne joue pas avec toi ; il te prend au sérieux et te donne la grâce nécessaire à ta mission. Mais suis-je persuadé de cette urgence que Jésus ressent ou est-ce que je me laisse convaincre que le royaume, c’est pour plus tard et que rien vraiment ne presse ?

            A ces disciples qu’il choisit et envoie, Jésus pose des interdits, et nous pouvons en être surpris. Ils s’entendent ainsi : Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Certains pourraient dire que cela a le goût singulier du nationalisme : d’abord les nôtres ! Mais peut-être faut-il d’abord y voir une affirmation de l’élection d’Israël comme peuple particulier de Dieu. Les promesses messianiques sont d’abord pour lui ; c’est lui d’abord qui doit se convertir, c’est lui qui doit être à nouveau fidèle à Dieu, c’est lui d’abord qui doit être sauvé pour retrouver le sens de son élection : il est le peuple particulier, non parce qu’il est le préféré de Dieu, mais parce qu’il doit être lumière pour toutes les nations. Si le peuple que Dieu s’est choisi ne resplendit plus de la gloire de Dieu, comment les nations païennes pourraient-elles être attirées par une lumière qui n’existe plus ? Ce serait perdre un temps précieux d’essayer de convaincre les autres s’ils voient que le peuple choisi s’est détourné de son Dieu. L’urgence est donc là, auprès du peuple de Dieu, et elle est toujours là pour nous aussi aujourd’hui, nous qui sommes entrés dans ce peuple par notre baptême. Les communautés chrétiennes peuvent continuer de se lamenter, continuer à se dépenser en projets divers et variés pour attirer du monde, mais si elles ne resplendissent pas du Ressuscité, comment les hommes et les femmes de notre temps comprendraient-ils l’intérêt de suivre, non pas nous, mais le Christ ? Comment pouvons-nous tous être davantage disciples de Jésus, c'est-à-dire vivre de lui, pour donner envie à d’autres de le devenir ? C’est sans doute notre plus grand défi.

            Cet appel des disciples et cet envoi en mission, ne sont donc pas seulement un événement du passé. Ils sont notre réalité, la réalité de l’Eglise tout entière, la réalité de ce peuple devenu, par le baptême, prêtre, prophète et roi à l’image du Christ. Portant le Christ en nous, l’accueillant en nous par l’eucharistie, nous ne pouvons pas, et nous ne devons pas surtout, le garder pour nous qui sommes fidèles. Le pain eucharistique, rompu et partagé, étant le signe de la présence du Christ, nous n’avons pas d’autre choix que de le partager encore largement à ces chrétiens qui ont oubliés Dieu, Jésus et son œuvre de salut, afin que, par leur conversion et notre conversion permanente, le monde puisse croire et parvenir un jour au salut. Entendons le Christ qui nous choisit et nous appelle par notre nom, comme il a choisi et appelé les Douze, et laissons-nous envoyer, même modestement, annoncer par notre vie que le royaume des Cieux est tout proche. AMEN.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire