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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

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vendredi 14 août 2026

Assomption de la Vierge Marie - 15 août 2026

 Le Magnificat, chant d'une victoire annoncée ! 







 

            Quand l’Eglise proclame le dogme de l’Assomption, elle n’a pas besoin de faire œuvre de grande explication auprès des hommes : ce qu’elle proclame, le peuple le croit depuis des siècles. C’est même la foi du peuple chrétien qui en quelque sorte « oblige » l’Eglise à proclamer l’Assomption de la Vierge Marie, reconnaissant ainsi que Dieu s’exprime avec force par ces petits qui depuis toujours ont compris que Marie, la Mère de Jésus, n’avait pas pu connaître la dégradation du tombeau, mais qu’elle avait été appelée corps et âme dans la gloire de Dieu. La foi chrétienne ayant, pour les croyants, un sens, il ne pouvait pas en être autrement. Ce qui se joue, dans ce dogme, c’est l’espérance de tout un peuple et la certitude que le Puissant fit [en Marie d’abord, mais pour nous tous aussi encore] des merveilles.

Les textes qui nous parlent de Marie étant rares, la liturgie de cette solennité nous fait entendre l’évangile de la Visitation, c'est-à-dire un épisode du commencement de ce qui deviendra l’histoire de Jésus. Ce n’est pas le tout-premier (celui de l’annonciation), mais le deuxième, qui le suit immédiatement et qui nous vaut cette belle prière de Marie que l’Eglise reprend tous les jours dans l’office du soir, le Magnificat. Si nous l’interprétons d’abord comme un cantique programmatique de ce que sera la vie de l’Enfant qui grandit dans le sein de Marie, le fait de le proclamer aujourd’hui, nous le fait entendre comme le chant de l’accomplissement de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa descendance à jamais. Les trois premiers versets de ce cantique annoncent ce que Dieu réalise et que nous célébrons aujourd’hui. Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! Qui peut douter que Marie n’est pas la première aujourd’hui à chanter Dieu, alors qu’elle retrouve son Fils Jésus dans sa gloire ? Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse : c’est le contenu même de la foi du peuple de Dieu qui a toujours reconnu l’humilité de Marie et qui, dès le début de l’Eglise, a vu la place éminente qui était la sienne dans l’histoire du Salut. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom ! La dernière merveille que Dieu réalise pour la Vierge, c’est justement de préserver de la corruption du tombeau, [celle] qui a porté dans sa chair [son] propre Fils et mis au monde d’une manière incomparable l’auteur de la vie (Préface de l’Assomption). 

Avec cette dernière merveille, c’est tout le projet de Dieu pour l’humanité qui est redit et célébré. Parce que ce qui est désormais réalité pour Marie, est appelé à devenir notre réalité. Nous sommes appelés à la gloire du ciel. C’est le projet de Dieu depuis la Création : avoir auprès de lui un collaborateur, un partenaire d’Alliance fiable. Marie l’a été toute sa vie durant. Elle, fille d’Eve comme nous, nous démontre qu’il est possible de vivre de cette Alliance. Nous ne servons pas un Dieu sans mémoire ; nous ne servons pas un Dieu ingrat. Nous servons un Dieu qui nous veut avec lui chaque jour et pour l’éternité. En appelant Marie dans sa gloire, il nous est rappelé que c’est là notre destinée, que c’est là notre espérance. Oui, la miséricorde [de Dieu] s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent, sur nous donc. Marie n’est pas une exception ; elle est le modèle du croyant qui choisit de suivre le Christ. Nous pouvons relire ainsi la préface de la messe Sainte Marie, modèle de l’Eglise qui nous fait chanter : Dans ton immense bonté, tu as donné à l’Eglise un modèle de culte parfait dans la Vierge Marie. Elle est, en effet, la Vierge qui écoute : elle accueille avec joie ta parole et la médite dans le silence de son cœur. Vierge en prière, elle exalte ta miséricorde dans son cantique de louange, elle intercède en faveur des époux à Cana, elle se joint à la prière unanime des Apôtres. Et la préface de la messe Sainte Marie, mère de l’Eglise nous fait chanter notre espérance et le rôle de Marie dans celle-ci : Elevée dans la gloire du ciel, elle accompagne et protège l’Eglise de son amour maternel dans sa marche vers la patrie jusqu’au jour de la venue glorieuse du Seigneur. A travers sa vie fidèle, Marie oriente toute vie vers ce que Dieu a promis à son peuple : le retour glorieux de Jésus et notre participation à sa gloire. Et ceci est fondamental parce que Marie n’a jamais fait que nous donner Jésus et de nous le montrer toujours. Elle nous montre le chemin vers lui, mais s’efface devant lui. Par son Assomption, Marie ne devient pas plus que nous ; elle devient ce que nous sommes tous appelés à devenir : des vivants dans la gloire du Dieu qu’ils ont servi. 

L’Eglise a raison de se réjouir aujourd’hui et de célébrer celle qui nous précède dans la gloire, parce qu’elle nous a précédée dans la foi. Elle a raison de chanter le cantique de Marie, chant d’une victoire annoncée. Puisse l’exemple de la Vierge faire grandir notre foi et notre espérance, et nous parviendrons, comme elle, à la gloire du Royaume où Dieu nous attend. Amen. 


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