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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







vendredi 31 octobre 2025

Toussaint - 01er novembre 2025

 Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse ! 







 


            Le cœur de la foi chrétienne, c’est Jésus, mort et ressuscité pour notre vie. Il n’y a pas à en douter une seule seconde. Chaque chrétien devrait pouvoir poser cette affirmation lorsqu’il est interrogé sur sa foi. Et chaque chrétien devrait pouvoir vivre les conséquences de cette affirmation. La plus immédiate, la plus évidente aussi, c’est la joie que procure cette bonne nouvelle pour nous.

            Les béatitudes entendues aujourd’hui ouvrent le premier grand discours de Jésus dans l’évangile de Matthieu. Et quel est le mot qui revient comme un refrain ? Heureux, renforcé par cette conclusion : réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse. Celui qui vit le bonheur annoncé par Jésus ne peut que se réjouir, même si les béatitudes semblent proposer un bonheur à mille lieues de ce que nous considérons comme utile à notre bonheur. Le bonheur proposé par Jésus est un bonheur qui découle d’un vivre avec les autres, d’une attention à ceux et celles qui en ont le plus besoin ; c’est un bonheur qui découle d’une manière d’être et non d’une manière d’avoir ou de posséder. Là où beaucoup diraient : pour être heureux, il me faut de l’argent, une maison, une voiture, Jésus nous dit : il te faut juste, pour être heureux, ouvrir les yeux sur ceux qui t’entourent et prendre le temps d’être là pour eux, quels que soient les événements qu’ils traversent, ou que tu traverses avec eux ou à cause d’eux. Et Jésus nous dit cela au début de son ministère de prédication. Si le temps de sa passion a pu faire oublier cet appel au bonheur et plonger ses disciples dans la peur et le désarroi, sa résurrection va le raviver. Devant celui qu’ils croyaient mort et qu’ils voient à nouveau vivant, au milieu d’eux, leur joie est complète. Et ainsi devrait être la nôtre.

            Un chrétien ne devrait jamais oublier de se réjouir à cause de Jésus, et vivre chaque instant de sa vie, bon ou moins bon, avec le souvenir de cette joie que provoque la résurrection de Jésus. Si la puissance de la résurrection nous habite et nous met en mouvement, alors notre cœur sera établi fermement dans cette joie du Christ ressuscité, et nous pourrons mieux affronter les moments plus difficiles de notre vie. Cette joie de la résurrection est pour aujourd’hui déjà et elle est notre avenir. Nous sommes faits pour vivre heureux avec Dieu et en Dieu, aujourd’hui et toujours. Les saints que nous fêtons tous ensemble en ce jour, qu’ils soient connus ou inconnus, ont tous vécu de cette joie que rien ne peut nous enlever. Dans les saints les plus récents, voyez un Carlo ACUTIS par exemple. Il a répandu, par de petites attentions quotidiennes, la joie autour de lui, et malgré la maladie foudroyante qui l’a emporté à 15 ans, il a su garder cette joie et consoler ses proches. C’est cela, vivre de la puissance de la résurrection du Christ. Les saints nous montrent tous, chacun à leur manière, comment vivre cette joie du Ressuscité.

             A ceux qui cherchent un chemin de sainteté, la joie se présente comme une route sûre, parce qu’elle est l’attitude la plus chrétienne possible. La joie que me procure ma foi en Jésus mort et ressuscité, est aussi la joie qui ouvre mon cœur aux autres et aident mes mains à soulager leur misère. C’est encore la joie de la foi qui dilate mon espérance et me fait entrevoir le bonheur véritable dans lequel Dieu veut ses enfants. Enfants de Dieu, nous le sommes, nous assure saint Jean dans la deuxième lecture de cette solennité. Nous le sommes parce que Dieu, le premier nous aime, sans aucun mérite de notre part. Voilà qui ajoute encore à notre joie. Ce n’est pas une joie de façade qu’il nous est demandé de vivre ; ce n’est pas un verni qui nous protègerait. Non, la joie que nous avons à vivre vient de l’assurance que rien ne peut nous enlever de la main de Dieu ; rien ne peut nous retenir loin de lui, puisqu’il nous aime et qu’il nous veut avec lui, toujours. Y a-t-il une plus grande joie que celle de se savoir aimé, inconditionnellement ?

            En nous réjouissant aujourd’hui pour tous ceux et celles que l’Eglise reconnait comme saints, en nous réjouissant pour tous ceux qui le sont dans l’anonymat des autels, réjouissons-nous aussi pour nous, appelés par Dieu à être saints, que nous soyons un jour reconnus comme tel ou non. Que la sainteté de celles et ceux qui ont été élevés sur les autels stimulent notre sainteté et nous connaîtrons aujourd’hui et toujours la joie parfaite que Dieu nous donne en Jésus, son Fils, mort et ressuscité pour notre salut. Amen.

samedi 25 octobre 2025

30ème dimanche ordinaire C - 26 octobre 2025

C'est lui qui était devenu un  homme juste.



(Source : Icône La Parabole du Publicain et du Pharisien - icônes religieuses)



 

 

            En ce temps-là, à l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes… Jésus dit la parabole que voici. Vous l’aurez remarqué, j’ai volontairement omis le passage qui parle du mépris des autres pour que nous ne puissions pas dire que nous ne sommes pas comme ça, nous. Nous ne méprisons personne, nous sommes tous des gens de bien, ce qui nous fait croire que nous avons notre place auprès de Dieu assurée. Le Dieu juste et bon ne pourra pas nous la refuser. C’est là qu’il nous faut bien comprendre le sens de cette parabole du pharisien et du publicain. Et particulièrement la conclusion qu’en tire Jésus.

            La « morale » de l’histoire, Jésus la formule ainsi : Je vous le déclare : quand ce dernier (c'est-à-dire le publicain qui se tenait à distance) redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste. Que s’est-il passé ? Il s’est passé que Jésus a regardé les deux personnages de son histoire, celui qui se croit juste parce qu’il n’est pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères – alors que lui jeûne deux fois par semaine et verse le dixième de tout ce qu’il gagne. Il fait des choses bonnes, forcément, il est bon, forcément il est juste. L’autre, le publicain, lui se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel (il n’ose pas regarder Dieu en face), mais il se frappait la poitrine, en disant : « Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! » Il reconnaît qu’il a besoin de Dieu. Et Dieu, fidèle à son habitude, le reconnaît juste. Ecoutez Ben Sirac le Sage : La prière du pauvre traverse les nuées. Ecoutez le psaume 33 qui a répondu à la première lecture : Le Seigneur entend ceux qui l’appellent : de toutes leurs angoisses, il les délivre… Pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge. Nous avons beau faire quantité de choses que nous estimons belles et bonnes ; il n’en est pas moins vrai que ce n’est pas à nous d’estimer qu’elles nous ouvriront les faveurs de Dieu. Dieu seul est juge ; Dieu seul voit le fond des cœurs. Lui seul rend juste, non pas à cause de nos actes, mais à cause de ce qu’il y a au fond de notre cœur.

            Cette parabole nous remet devant cette évidence. Dieu juge selon sa justice, qui n’est pas – heureusement – celle des hommes. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire de bien et de bon. Mener une vie bonne, selon l’évangile, est utile pour nous et pour le monde. Parce que cela rend le monde plus beau, plus fraternel, et qu’il en a bien besoin le monde, en ce moment, de gens fraternels qui aiment le beau et le bien. Ce que cette parabole veut nous dire, c’est qu’il ne faut pas nous reposer sur ces choses bonnes que nous faisons, mais sur Dieu seul. C’est à lui seul qu’il faut faire confiance, et non pas à nos actes. C’est sur lui seul que nous pouvons compter, et non pas sur nous-mêmes. Si nous comptons sur nos propres forces, nous n’irons pas bien loin ; nous n’irons surtout pas au paradis. Nos petits poignets, même musclés, n’ouvriront aucune porte. Seul l’amour présent en nos cœurs peut ouvrir une porte. Seul notre désir de voir Dieu malgré notre faiblesse, malgré nos limites, peut nous ouvrir la porte qui mène au Père. Seul notre attachement au Christ et à sa Parole de vérité nous conduira sûrement là où Dieu nous attend. Les « J’ai fait ceci, donc j’ai droit à cela » ne nous mèneront nulle part. Reconnaître que nous avons souvent échoué à aimer comme Dieu le demande et compter encore sur sa miséricorde, voilà qui saura parvenir au cœur de Dieu ; il exercera la miséricorde que nous attendons de lui, il aimera encore et nous délivrera de ce qui nous retient loin de lui.

            La parabole que Jésus raconte est au fond une parabole qui nous invite à faire confiance absolument et uniquement au jugement de Dieu. Surtout quand nous portons sur nous un jugement sévère. Laissons Dieu nous regarder avec ses yeux et son cœur et non pas avec nos yeux et notre cœur. Osons croire en sa miséricorde ; osons faire confiance à son amour de toujours. Il ne nous en aimera que davantage. C’est cela le salut ; être aimé infiniment par Dieu quand bien même nous estimons ne plus être aimables. C’est ce que Paul explique dans sa lettre aux Romains et que je vous laisse en méditation (Rm 8, 31-35.37-39) : Que dire de plus ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Il n’a pas épargné son propre Fils, mais il l’a livré pour nous tous : comment pourrait-il, avec lui, ne pas nous donner tout ? Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? Dieu est celui qui rend juste : alors, qui pourra condamner ? Le Christ Jésus est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, il intercède pour nous : alors, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. Que cette parole reste gravée en nous et renforce en nous l’espérance du salut offert par Dieu. Amen.

  

samedi 18 octobre 2025

29ème dimanche ordinaire C - 19 octobre 2025

Persévérer, oui mais quand ce n'est plus possible ?




(Tableau d'Arcabas)





            C’est assez rare pour être souligné ; il y a, aujourd’hui, une belle unanimité entre les trois lectures entendues. Toutes, d’une manière ou d’une autre, nous invite à la persévérance en matière de foi. Nous pouvons le vérifier immédiatement. Dans le Livre de l’Exode, cela est suggéré ainsi : Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort. Dans la deuxième lettre à Timothée, c’est l’interpellation de Paul qui ouvre le passage entendu : Bien-aimé, demeure ferme dans ce que tu as appris… et encore Interviens à temps et à contretemps. Et dans l’Evangile, c’est l’introduction qui précise : Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager. Ces paroles sont suffisamment claires pour qu’elles puissent se passer de commentaire. Demeure alors une question : Persévérer dans la foi ou la prière, d’accord, mais quand cela ne semble plus possible, on fait quoi ?

            Nous avons tous connu de ces moments compliqués où laisser la foi ou la prière de côté semblait plus simple. De nombreux contemporains l’ont fait. Peut-être l’avons-nous fait durant une période de notre vie et qu’à la faveur d’un événement particulier, heureux ou malheureux, nous sommes revenus à la foi et à la prière. Ou bien, sans laisser tomber complètement, nous avons juste oublié. Quel confesseur n’a jamais entendu : je ne prie pas assez ! Je ne crois plus assez ! C’est plutôt normal, quand on prend sa vie spirituelle au sérieux, de constater des moments de sècheresse, de vide voire d’abandon temporaire. Si nous connaissons quelqu’un qui vit cela en ce moment, est-ce vraiment le meilleur conseil à lui donner que de lui dire : Persévère ? Peut-être, mais ce n’est pas suffisant, je m’en rends bien compte. Alors que faire ?

            Le livre de l’Exode nous indique une voie à suivre ; elle se nomme Aaron et Hour dans l’histoire entendue. Elle se nomme amis et communauté croyante dans le concret de notre vie. Je m’explique. Israël est une fois de plus en guerre contre un peuple voisin, dérangé par cette longue colonne d’étrangers qui traverse son territoire. Pendant la bataille, Moïse, Aaron et Hour se tiennent au sommet d’une colline. Moïse avait prévenu Josué : Choisis des hommes, et va combattre les Amalécites. Moi, demain, je me tiendrai sur le sommet de la colline, le bâton de Dieu à la main ». Et ceci fut fait. Quand Moïse tenait la main levée, Israël était le plus fort. Quand il la laissait retomber, Amalec était le plus fort. Mais les mains de Moïse s’alourdissaient. Voyez-vous, même les grands, même les très grands comme Moïse, qui parlait avec Dieu face-à-face, sont pris de faiblesse, même si elle n’est que physique comme pour Moïse. Essayez donc de garder les mains levées toute une journée, et vous comprendrez. La fatigue de Moïse allait-elle condamner Israël à la défaite ? Aaron et Hour veillent : ils ont d’abord fait assoir Moïse, puis ils lui soutenaient les mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre. Ainsi les mains de Moïse restèrent fermes jusqu’au coucher du soleil. Et Josué triompha des Amalécites au fil de l’épée.

            La solution, nous venons de l’entendre, c’est de ne pas affronter l’épreuve, la fatigue spirituelle, tout seul. Appuyons-nous sur les autres et permettons à d’autres de s’appuyer sur nous. C’est cela aussi faire communauté, faire Eglise. Nous sentir responsables de la foi des autres ; nous sentir responsables de la prière des autres. Non pas en leur rappelant qu’ils doivent prier ; mais en les portant dans notre prière quand nous remarquons qu’ils ne vont pas bien, que le doute les envahit, que les soucis prennent le dessus dans leur vie. Et n’hésitons pas, quand cela nous arrive, à demander l’aide de la communauté pour nous tenir la main, comme Aaron et Hour l’ont fait pour Moïse. Nul ne peut vaincre tout seul. Certes, Dieu est avec nous ; mais il n’empêche que Dieu se manifeste à nous, aujourd’hui encore, par ceux et celles qu’il met sur notre route. Celui qui a donné Aaron et Hour à Moïse, nous a donné des amis et une communauté croyante. Si notre amitié est vraie, si nos communautés sont bien vivantes, elles auront la force de porter et supporter les plus faibles ; elles auront le réflexe de tenir la main de ceux qui fatiguent. C’est pour cela que personne ne peut vivre sa foi et sa prière tout seul, dans son coin. C’est pour cela que la foi et la prière ne peuvent pas être reléguées à la seule vie personnelle ; elles ont toutes deux une dimension éminemment communautaire.

             Ne restons jamais seul ! Un chrétien seul est un chrétien en danger ! Que nos communautés soient ferventes, non pas par l’addition de la ferveur de chacun, mais par souci de celles et ceux qui la composent et qui ont besoin de cette ferveur collective pour ne pas perdre leur ferveur personnelle. Que notre manière de faire communauté donne envie d’y participer et de la faire vivre encore mieux. Prions sans relâche les uns pour les autres. Que chacun se sente le droit de s’assoir comme Moïse et de se laisser soutenir. Que chacun ait aussi assez d’attention pour soutenir celui qui en a besoin. Ainsi triompherons-nous ensemble dans les moments difficiles, avec la grâce de Dieu. Amen. 

samedi 11 octobre 2025

28ème dimanche du temps ordinaire C - 12 septembre 2025

 Veux-tu être seulement guéri ou veux-tu être sauvé ?





(Enluminure Parabole des dix lépreux, entre 1035 et 1040, Codex aureus d'Echternach, 
Evangéliaire ottonien, Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg)




            C’est curieux, les miracles de Jésus, parce qu’ils ne suivent aucun rituel, aucun ordre précis de choses à faire, de paroles à dire, si bien qu’il nous est impossible de tirer des évangiles une sorte de vade-mecum du miracle réussi, garanti à 100 %. Dans le cas qui nous est proposé aujourd’hui, il n’y a rien : ni coup de baguette magique, ni geste bizarre, ni parole mystérieuse. Et pourtant, ces lépreux sont guéris, pour l’un d’eux nous pouvons en être sûrs.


            
L’histoire est d’un banal achevé. Dix lépreux vinrent à la rencontre de Jésus au moment où il entrait dans un village. Ils ont dû le voir arriver de loin, eux qui vivent à l’écart des hommes ; à moins qu’ils ne l’aient suivi depuis un moment.  Ce n’est pas dit. En revanche, ils se hâtent de crier vers lui, avant qu’il ne soit entré dans le village. S’ils n’arrivent pas à se faire entendre, s’ils n’arrivent pas à le retenir, ce sera peine perdue : la Loi leur interdit de vivre au milieu des autres, leur maladie étant un risque pour tous. S’il ne les entend pas, s’il ne s’arrête pas, ils ne pourront pas entrer à sa suite. Vous aurez noté comme moi qu’ils le connaissent ; ils l’appellent par son nom : Jésus, et par un titre : maître. Ils reconnaissent en lui quelqu’un que les hommes peuvent suivre ; ils reconnaissent en lui quelqu’un que les hommes écoutent. Tout le monde ne se fait pas appeler maître ! Ils savent que son enseignement est puissant, qu’il fait bouger les personnes et les lignes de conduite. Donc, ils crient vers lui : Jésus, maître, prends pitié de nous. Jésus, les voyant, leur dit : Allez vous montrer aux prêtres. C’est tout ! Il ne les touche pas, il ne fait pas de boue, il ne dit rien à part cette parole qui reprend la loi : tout lépreux guéri doit se montrer aux prêtres pour faire constater sa guérison et être réintégré dans la société. Et c’est ce qu’ils font, séance tenante. L’évangéliste souligne sobrement : en cours de route, ils furent purifiés.

Cela aurait dû marquer la fin de cette histoire, mais l’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ces pas, en glorifiant Dieu. Or, c’était un Samaritain, comprenez : c’en est un qui n’est pas comme nous, un étranger, doublé d’un hérétique qui ne croit pas comme nous. Impur, il l’était dans son corps ; impur, il l’était aussi dans sa foi. Nous comprenons pourquoi il n’obéit pas à l’ordre de Jésus qui était d’aller se montrer aux prêtres. Il n’a pas tout à fait la même religion que les autres, que Jésus. Les autres ont observé strictement la Loi ; ils ont bien fait ce que Jésus demandait. Et sans doute comme lui auront-ils remercié Dieu, mais nous ne le saurons jamais, ne pouvant être à la fois avec Jésus et avec les prêtres. Ce n’est donc pas la peine de gloser sur cet aspect des choses. Ce qui doit nous intéresser, c’est ce que dit cette guérison.

 D’abord, elle nous dit que quiconque crie vers Jésus est exaucé, qu’il soit de son clan ou pas. La Bonne Nouvelle ne connaît pas de frontière, Jésus le démontrera à plusieurs reprises. Tous peuvent approcher Jésus ; tous peuvent recevoir de lui le don que Dieu veut lui faire ; tous sont appelés à être sauvés. Ensuite, elle nous dit qu’avec Jésus, une nouvelle manière de vivre la foi commence. Nous retrouverons cela dans l’évangile de Jean, avec l’épisode de… la Samaritaine, quand elle interroge Jésus sur les différences qui existent entre les Juifs et les Samaritains et les lieux où il faut adorer Dieu. Jésus lui répondra :  L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer » (Jn 4, 23-24). C’est ce que fait le Samaritain guéri. Il n’attend pas d’être auprès des prêtres pour rendre gloire à Dieu ; il le fait dès qu’il constate qu’il est guéri. Il ne se focalise pas sur un lieu, mais sur une personne, Jésus, vers qui il revient, tout heureux. Ce qui lui vaut une nouvelle parole de celui-ci : Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. Neuf lépreux ont été guéris ; un lépreux, un Samaritain, a été guéri et sauvé. Et ce n’est pas la même chose. On pourrait dire qu’il est guéri corps et âme, dans sa totalité. Jésus est devenu sa Bonne Nouvelle, le début de sa nouvelle vie. Comme les autres, il était venu vers Jésus dans l’espoir que quelque chose change dans sa vie. Constatant le changement, il est revenu vers Jésus, il s’est attaché à lui. C’est le troisième enseignement de cette guérison : Jésus change notre vie, radicalement. Il la rend meilleure, plus grande, en la remettant devant Dieu. Il soigne les corps ; il soigne les âmes. C’est pour cela qu’il est sauveur. Sinon, il ne serait que médecin. 

Ce miracle qui semblait banal à souhait, se révèle riche d’enseignements pour nous. Et il nous interroge : qui est Jésus pour toi ? Quelqu’un vers qui tu cries quand tout va mal ? Ou quelqu’un à qui tu te raccroches, à qui tu confies toute ta vie pour être vraiment sauvé ? Veux-tu seulement être guéri ou veux-tu être vraiment sauvé ? Avec le Samaritain, ose emprunter les chemins nouveaux qui s’ouvrent devant toi quand tu rencontres Jésus ; le salut est à ta portée. Accueille-le ! Amen.   

samedi 27 septembre 2025

26ème dimanche ordinaire C - 28 septembre 2025

 Empare-toi de la vie éternelle !



 


Empare-toi de la vie éternelle ! Cet appel pressant de Paul à son ami Timothée me surprend, moi qui crois fondamentalement que la vie éternelle est un don que Dieu me fait. Il a un je-ne-sais-quoi de guerrier, surtout quand nous lisons la totalité du verset : Mène le bon combat, celui de la foi, empare-toi de la vie éternelle. Comment comprendre ?

Un début de réponse nous vient de ce que Paul écrit encore à son ami. D’abord, il l’invite à rechercher la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur. Et je vois tous ceux qui étaient montés à cheval pour s’emparer de la vie éternelle, tomber de leurs grands chevaux. Ce n’est pas une guerre contre quelqu’un d’autre qu’il nous faut livrer, mais contre nous, contre ce que Paul appelle ailleurs les tendances égoïstes de la chair. Ce que nous devons livrer, ce n’est pas un combat contre Dieu, pour lui arracher la vie éternelle, comme nous arracherions une citadelle à l’ennemi. Pour nous emparer de la vie éternelle, comme Timothée, il nous faut personnellement vivre ces six attitudes. Et nous savons tous que ce n’est jamais simple. Être juste, alors même que nous pouvons avoir l’impression qu’on nous emberlificote ; vivre dans la piété, la foi, la charité, persévérer dans ces choses et rester doux, alors même que tant d’hommes sans foi ni loi réussissent mieux que nous, tout cela peut nous sembler vain, voire cruel. Si nous laissions tomber toutes ces choses que les autres ne respectent plus, est-ce que cela n’irait pas mieux pour nous ? Peut-être, nous n’en savons rien. Mais ce que nous savons, c’est que si nous faisions ainsi, si nous aussi nous vivions sans foi ni loi, ça n’irait pas mieux pour le monde ; ce serait pire pour tous. Les croyants, comme Timothée, sont des phares dans la nuit de tempête, qui peuvent guider l’humanité qui se perd vers la voie du salut. Souvenez-vous de ce que dit Jésus : Vous êtes la lumière du monde !

C’est ce qu’avaient oublié ceux qui devaient guider le peuple d’Israël au temps où le prophète Amos fait retentir la voix de Dieu. Malheur à ceux qui vivent bien tranquille dans Sion et qui ne se tourmentent guère du désastre d’Israël ! A ceux qui s’interrogent sur ce désastre, je renvoie vers la première lecture de dimanche dernier déjà extraite du même prophète : Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances. Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’au déchet du froment. Ce qu’il dénonce, c’est un monde sans justice sociale, un monde du profit au détriment du petit, un monde du toujours plus pour quelques-uns au détriment d’un monde de partage pour tous. Personne ne peut espérer s’emparer de la vie éternelle en s’emparant des biens des pauvres, en s’enrichissant sur le dos des pauvres. Ce que Amos dénonce au nom de Dieu, c’est un monde sans justice, sans piété, sans foi, sans charité, sans douceur ; ce qu’il dénonce, c’est un monde qui persévère dans le mal, alors qu’il devrait persévérer dans le bien. Cela semble rapporter plus, de persévérer dans le mal, mais c’est avoir une courte vue : notre vie sur terre n’est qu’un moment face à la vie éternelle. C’est elle qu’il nous faut viser, c’est d’elle dont nous devons nous emparer.

 Le riche sans nom de la parabole de Jésus l’avait oublié, lui aussi. Il n’était sans doute pas sans foi, ni loi (quand tout va mal pour lui, il reconnaît et appelle le Père Abraham) ; sans doute allait-il au Temple et faisait-il sabbat. Peut-être était-il même juste en affaire : tous les riches ne sont pas des escrocs ! Et il n’a assurément pas fait de mal au pauvre Lazare ; il ne l’a juste pas vu ! Il vivait dans son monde, fait de beaux vêtements et de festins somptueux. Lazare vivait dans le sien, fait d’ulcères et de ventre vide : il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche, mais les seuls qui le voyaient, les chiens, venaient se rassasier sur lui en léchant ses ulcères. Le pauvre Lazare s’empare de quelque chose qui lui est refusé au riche sans nom : la vie éternelle.

             Empare-toi de la vie éternelle ! Qui d’entre nous y songe quotidiennement ? Ne pensons-nous pas un peu vite qu’elle finira par venir d’elle-même, plus tard, le plus tard possible d’ailleurs ? Ne pensons-nous pas quelquefois qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien, et tant pis pour les autres ? Après tout, nous travaillons, dur, alors que tant d’autres semblent profiter indûment d’un système. Nous ne faisons rien de mal, et surtout, nous ne faisons rien de mal aux autres à profiter un peu de la vie. Certes, mais leur faisons-nous du bien ? Car s’abstenir de faire du mal, c’est un bon début, mais si cela n’est pas suivi par un souci de faire du bien aux autres, c’est comme s’arrêter au milieu du gué. Emparons-nous de la vie éternelle, en suivant les recommandations de Paul à Timothée, et vivons en faisant le bien, sans relâche. Gardons le commandement du Seigneur, en demeurant sans tache, irréprochables, jusqu’à la Manifestation de notre Seigneur Jésus Christ. Amen.

dimanche 21 septembre 2025

25ème dimanche ordinaire C - 21 septembre 2025

 De l'intérêt de la confiance.





 

 

            Le diocèse de Strasbourg, au service duquel je suis entré il y a 33 ans maintenant, a essuyé ces derniers jours, dans une certaine presse qui n’a de catholique ou de chrétien que le nom, une tempête qu’il ne méritait pas. Je suis personnellement en colère contre ceux qui n’ont que le courage des lâches, se réfugiant dans l’anonymat le plus complet, et la force des mots manipulés (‘Les prêtres d’Alsace’ titraient ces journaux). A lire ces organes de presse, le diocèse est à feu et à sang, ce qui, je vous l’assure, n’est pas vrai. Cet épisode de la vie diocésaine se fixe dans ma mémoire quand je lis l’évangile de ce dimanche et particulièrement cette parole de Jésus : Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.

            C’est un verset qui interpelle, forcément. Suis-je digne de confiance ? Qu’est-ce qui me rend digne de confiance ? Je ne suis pas plus saint que les autres ; je ne suis pas plus pieux que les autres ; je ne suis pas meilleur que les autres. J’essaie de mener le plus honnêtement possible ma vie et d’effectuer mon travail au meilleur de mes capacités. Parfois j’y réussis ; parfois je me trompe. Rien de dramatique, je crois. Il y a une chose en laquelle je crois plus que tout, c’est la loyauté : vis-à-vis de la famille, de mes amis, de mes collaborateurs, de mon Eglise. Selon les personnes et les situations, ce n’est pas toujours facile, mais je m’y tiens. C’en est devenu un critère important au moment où je décide d’accorder ou non ma confiance à quelqu’un. Et pas seulement parce que je m’interroge si la personne qui attend ma confiance sera loyale envers moi, mais parce que je me demande d’abord si je peux être loyal avec elle. En la matière, il faut toujours commencer par soi, me semble-t-il ; cela évite de se poser en donneur de leçon et en juge. Il en va de même pour la confiance : se demander si les autres peuvent me faire confiance est aussi important que de savoir si je peux leur faire confiance.

            Remarquez alors la sagesse de la parole du Christ : Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Elle me rappelle que la confiance se mérite. Et si elle se mérite, elle peut s’éprouver. C’est comme si Jésus nous disait : ne fonce pas tête baissée ! Prends le temps de connaître, de comprendre, et pourquoi pas de tester avec une chose simple. Remarquez aussi comment Jésus prend aussi en compte l’opposé, la malhonnêteté. En bien comme en mal, la petite chose sans importance, sera pareillement intéressante à évaluer. L’attitude dans la petite chose déterminera l’attitude dans la grande, parce que ce sera la même !

            Faisons un pas de plus encore et envisageons notre rapport à Dieu. Si nous croyons en Dieu (si nous avons foi en lui), nous avons nécessairement confiance en lui. Foi et confiance ont la même racine. La question de savoir si je peux faire confiance à Dieu ne se pose pas alors. Mais Dieu peut-il avoir confiance en moi ? Peut-il croire en moi ? Je suis sûr que Dieu me fait confiance ; c’est dans sa nature. Il ne peut pas faire autrement que de croire en moi, en nous. La question est donc davantage de savoir si je mérite cette confiance que Dieu place en moi dès avant ma naissance. Si Dieu n’avait pas foi en l’humanité, il ne l’aurait pas placé au sommet de sa création ; il n’aurait pas fait de nous ses enfants ! Deux pistes pour accepter l’idée que nous sommes dignes de la confiance que Dieu place en nous. La première consiste à nous abandonner à lui, à garder envers lui un rapport véritablement filial. En acceptant d’être ce qu’il fait de nous par le baptême (c'est-à-dire ses enfants), nous accueillons la confiance qu’il a placé en nous ; en vivant ce baptême qui fait de nous des fils et des filles de Dieu, nous nous montrons dignes de sa confiance. La deuxième piste, c’est d’approfondir toujours plus notre humanité ; elle est le seul chemin que nous ayons pour parvenir au salut que le Christ nous offre. C’est en étant pleinement humain à la manière du Christ, que nous deviendrons pleinement saints à la manière du Christ. En lui, humanité et divinité se conjuguent ; il est parfaitement l’un et l’autre. En devenant parfaitement humain, nous deviendrons parfaitement saints, parce que la présence du Christ en notre vie viendra enrichir notre humanité de sa sainteté. Nous serons authentiquement d’autres Christ ; nous lui serons semblables, éternellement.

            Lorsque nous accueillons la confiance que Dieu place en nous et que nous cherchons à vivre de cette confiance, alors celui croise ma route devient un frère ; alors nos différences deviennent des richesses ; alors fraternité et paix ne sont pas juste des valeurs proclamées, mais des réalités vécues. Assurément, cela vaut la peine d’accueillir la confiance que Dieu met en nous et de nous en montrer capables. C’est tout notre monde qui change parce qu’il se fait confiance à la manière dont Dieu lui fait confiance. Amen.

samedi 13 septembre 2025

La Croix glorieuse - 14 septembre 2025

 Une expression paradoxale ou une réalité ?





(Tableau d'Arcabas)



 

            La croix glorieuse : n’est-ce pas là une curieuse expression, voire un paradoxe ? Comment un instrument de torture et de mort peut-il être appelé « glorieux » ? Aurions-nous perdu le sens de la décence la plus élémentaire ? A vue seulement humaine, la question se pose effectivement ; mais pour celui qui croit au Christ, mort et ressuscité, cette expression a du sens, et la croix, source d’humiliation et de mort dans l’empire romain, devient source de vie éternelle.

             La liturgie de cette fête nous a fait prier ainsi au début de notre eucharistie : Seigneur Dieu, tu as voulu qu’en acceptant la croix, ton Fils unique sauve l’humanité ; nous t’en prions : fais qu’ayant connu dès ici-bas ce mystère, nous obtenions au ciel les fruits de la rédemption. En une seule phrase tout est dit, tout devient clair. Et d’abord que c’est un grand mystère ! Pouvons-nous comprendre que quelqu’un accepte de mourir en croix pour notre salut ? Quelqu’un qui ne nous a pas connu, comme nous pouvons nous connaître les uns les autres ! Ne faudrait-il pas, pour comprendre réellement ce mystère, nous acceptions nous-mêmes de mourir douloureusement pour des étrangers, pour des gens qui nous auraient reniés, trahis ? Aurions-nous fait ce que le Christ a accepté de faire pour nous ? Je n’en suis pas sûr. Mais ce que dont je suis sûr, c’est que le Christ l’a fait pour moi, pour vous, pour la multitude comme le disent les paroles de la consécration. Jésus, le Fils unique de Dieu, a accepté la croix pour nous sauver. Réaliser cela, c’est réaliser aussi combien il nous a aimés à ce moment-là, et combien il nous aime toujours. Parce que voyant cette humanité, pour le salut de laquelle il est mort, continuer à se battre, à vivre loin de lui, à lui rendre si mal l’amour qu’il nous a donné, il n’est jamais revenu sur son désir de nous sauver. Jamais il ne nous a dit : dis donc, j’ai accepté la croix pour que tu sois sauvé, et c’est en vivant ainsi que tu me remercies ? Son amour livré sur la croix nous reste acquis à jamais ! C’est pour moi un mystère encore plus grand, moi à qui il arrive de regretter le bien fait. Cet amour livré un jour pour toutes les générations passées, présentes et à venir, ouvre le ciel à ceux qui croient un tel amour possible, à ceux qui croient en l’œuvre de salut accomplie par Jésus.

             La préface de la fête, au début de la prière eucharistique, « enfoncera le clou » si j’ose dire, en chantant l’œuvre que Dieu accomplit par son Fils. Il a permis que, de ce drame d’un fils livré et mort en croix, la vie surgisse à nouveau là où la mort a pris naissance. A ceux qui pourraient s’interroger sur ce que Dieu a fait au moment où son Fils acceptait la croix, la réponse jaillit dans la prière. Nous rendrons grâce à Dieu aujourd’hui car il a attaché au bois de la croix le salut du genre humain permettant ainsi par le Christ, que l’Ennemi, victorieux sur le bois [comprenons de la croix], fût à son tour vaincu sur le bois. Dieu a laissé faire son amour et a poussé cet amour jusqu’au bout. Puisque Jésus a accepté la croix, il transformera la croix en y faisant mourir l’Ennemi avec son Fils. Ainsi quand il rendra justice à l’amour du Fils pour son peuple en le ressuscitant, le monde sera délivré de l’Ennemi, définitivement vaincu sur le bois de la croix. Là où l’Ennemi semblait triompher, l’amour s’est montré plus rusé, plus puissant, définitivement vainqueur. Aucune manifestation d’amour ne sera jamais plus définitivement effacée par l’Ennemi. En Jésus, mort et ressuscité, l’Amour est vainqueur, l’Amour est plus fort. C’est peut-être la grande leçon pour nous de cette fête de la croix glorieuse. Ce signe de mort, devenu, par l’amour d’un seul pour tous, signe de vie, nous indique que la vraie vie est dans l’amour seulement. Celui qui veut vivre vraiment, qu’il commence par aimer simplement. Alors le Christ pourra le conduire à la gloire de la résurrection puisqu’il l’a racheté par le bois de la croix qui fait vivre. Nous vivons tous grâce à la croix du Christ ; nous aimerons tous à cause de la croix du Christ. Comme il nous a aimés, nous devons aimer ; c’est le commandement qu’il a laissé à ceux qui se disent ses disciples. Est-il seulement possible de ne pas répondre à un amour qui s’est livré tout entier, jusqu’à la mort, pour notre vie ? Est-il seulement possible de ne pas aimer à notre tour quand nous sommes aimés ainsi ?

             A ceux qui s’interrogeraient encore pour savoir qui est Dieu pour nous aimer ainsi, il n’est donné que le signe de la croix du Christ. Là réside la preuve que Dieu nous aime. Là réside la puissance de son amour. Là réside notre vie pour toute éternité. Elle est glorieuse, la croix qui nous sauve par l’obéissance du Fils et par l’amour de Dieu. Elle a vaincu la mort, elle nous ouvre les portes de la vie grâce à celui qui l’a acceptée pour nous dire son amour absolu. Levons les yeux vers elle et contemplons le prix versé pour notre salut. Amen.