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samedi 28 mars 2026

Dimanche des Rameaux et de la Passion - 29 mars 2026

 Vivre la Semaine Sainte.



(Arcabas, Jésus entre à Jérusalem)




 


            Nous arrivons, avec ce dimanche des Rameaux au bout de notre chemin vers Pâques. Une ultime semaine, appelée Semaine Sainte, nous sépare de Pâques ; elle est la semaine qui nous fait revivre chaque année le cœur de notre foi. Elle est la semaine de toutes les semaines : semaine de toutes les confusions, semaine de tous les dangers, semaine de toutes les surprises, semaine des plus grands signes de Jésus, semaine de tous les accomplissements. Comme le souligne Matthieu dans l’évangile de ce dimanche : Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le(s) prophète(s).

            Il y a une chose qui peut surprendre le lecteur attentif des évangiles. C’est le fait que Jésus, qui a souvent recommandé à ses disciples de se taire et d’être discrets au sujet de ce qu’ils ont vu, laisse soudain tout faire, comme si cela n’avait plus d’importance que la foule se trompe ou se méprenne sur lui. Il ne la corrige pas plus aujourd’hui quand elle l’acclame comme celui qui vient au nom du Seigneur, imaginant déjà pour un grand nombre la fin de l’occupation romaine, qu’il ne le fera le Vendredi Saint lorsqu’elle réclamera sa mort en vociférant : Crucifie-le ! le réduisant au rang d’un malfaiteur. La seule chose qui semble compter pour lui, c’est que rien ne le détourne de sa mission ultime, sauver le genre humain, même si cela se fera au prix de sa propre vie.

            Ce dimanche a ceci de particulier qu’il réunit en une célébration ce que certains appelleraient l’heure de gloire de Jésus, quand la foule, ivre de joie, l’acclame, et la première lecture de la Passion de Jésus, réduisant à néant la joie qui fut nôtre au début de notre rassemblement. Le titre exact de ce jour est Dimanche des Rameaux et de la Passion. La grande confusion de la foule ne doit pas devenir notre propre confusion. Avec le recul du temps, nous avons la vue complète sur l’histoire qui commence aujourd’hui et qui s’achèvera dans la nuit de Pâques. Nous avons raison, plus que la foule, d’acclamer Jésus comme  fils de David, parce que nous savons déjà ce qu’elle ignore encore, à savoir la manière dont Jésus va manifester cette royauté. Mais ne considérons pas cela comme un avantage. En effet, connaître la fin réelle de l’histoire peut nous empêcher d’y entrer vraiment et de nous précipiter déjà vers la fin, en romantisant ce qui va se passer entre l’acclamation des Rameaux et la reconnaissance du Ressuscité. Le dernier repas de Jésus, le reniement de Pierre, la trahison de Judas, le procès de Jésus et sa mort en croix ne sont pas des détails de l’Histoire. Ils sont les passages obligés pour que s’accomplissent les Ecritures. Ils rendent le chemin que Jésus doit parcourir terrible et difficile. Plus que jamais, il va assumer son humanité jusque dans ce qu’elle a de plus terrible ; plus que jamais, il va devoir assumer aussi sa divinité et la manière précise par laquelle il va sauver notre humanité. Et ne croyons pas que, parce qu’il est Dieu, cela était facile pour lui. La Semaine Sainte n’est une partie de plaisir pour personne : ni pour Jésus, ni pour ses disciples dont nous sommes. Notre joie du matin de Pâques ne sera réelle et forte que si nous vivons d’abord, avec Marie et les disciples, la détresse réelle de contempler Jésus, mort en croix.

            Au cours de cette semaine, ne suivons donc pas Jésus de loin, détachés de tout ce qui lui arrive. Vivons-la au contraire  au côté Judas qui l’avait livré et fut pris de remords ; vivons-la au côté de ses disciples qui l’abandonnèrent et s’enfuirent ; vivons-la au côté de Pierre qui a pris peur et a renié Jésus ; vivons-la au côté de Barrabas qui doit sa libération à la condamnation de Jésus ; vivons-la au côté de Pilate qui n’a pas le courage de la vérité ;  vivons-là aux côtés de Simon de Cyrène qui a porté la croix de Jésus ; vivons-la au côté du centurion et ceux qui, avec lui gardaient Jésus et dirent : Vraiment celui-ci était Fils de Dieu ! vivons-la au côté de Marie sa Mère qui connaît la douleur de perdre son fils ; vivons-la au côté de Joseph d’Arimathie qui a demandé le corps de Jésus et l’a déposé dans un tombeau neuf. Vivons-la avec toutes les émotions dont notre humanité est capable, les pires comme les meilleures. Prenons la pleine mesure de ces événements et nous prendrons la pleine mesure de l’amour dont Dieu nous aime. Amen.

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