Quand Dieu nous dit son amour, il nous donne son Esprit.
Nous voici donc au terme du temps
pascal avec la solennité de la Pentecôte qui nous fait célébrer non pas l’Esprit
Saint, mais le don de l’Esprit à la jeune communauté qui croit en Jésus mort et
ressuscité. Tout au long du temps pascal, nous avons vu ce que Dieu fait pour
nous pour nous dire son amour. Au terme de ce parcours, Dieu nous dit son amour
en nous donnant son Esprit. Et ce n’est pas juste un détail de l’Histoire ;
c’est un moment fondateur.
Quand Dieu donne son Esprit, il nous
dit d’abord qu’il est avec nous toujours, l’Esprit Saint étant sa manière d’être
présent à notre monde depuis que son Fils est retourné auprès de son Père. Ce don
est la suite logique de toute l’histoire de Jésus, venu dans le monde redire
aux hommes la proximité de Dieu et son attention à notre monde. C’est une
ancienne habitude de Dieu de regarder notre monde et de se rendre présent à la
vie de ceux qui croient en lui. L’Alliance avec Moïse n’avait-elle pas commencé
par cette parole de Dieu : J’ai vu la misère de mon peuple, j’ai
entendu ses cris sous les coups des gardes. Avec Jésus, Dieu lui-même est
entré dans le monde, s’est fait proche comme jamais en prenant notre humanité. Le
Christ ressuscité étant entré dans sa gloire, l’Esprit Saint nous est donné
pour que cette présence soit ininterrompue. Dieu ne peut pas abandonner l’humanité
qu’il a sauvé par la mort de son Fils. Il s’est lié à nous pour toujours et le
don de l’Esprit est comme le sceau de cette union. Avec la force de l’Esprit, nous
sommes rendus capables d’assumer la présence de Dieu, de la laisser nous
transformer, de nous attacher à Jésus et de vivre son Evangile. L’Esprit reçu
nous rend capable de discerner la volonté de Dieu, de le reconnaître comme notre
Père et de reconnaître Jésus comme notre Seigneur. Personne n’est capable de
dire : « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit Saint.
Le don de l’Esprit est aussi le
signe que Dieu veut l’Eglise comme le lieu où le salut en Jésus est annoncé. Le
fait que les peuples nombreux, rassemblés à Jérusalem pour la fête juive de la Pentecôte,
entendent chacun dans son propre dialecte les Apôtres qui parlaient,
témoigne bien que le salut n’est pas réservé aux Apôtres et à ceux qui se
convertissent à Jérusalem, mais qu’il est bien pour tous. Le don de l’Esprit
fait exploser les frontières naturelles de l’Eglise (le peuple juif dont Jésus est
issu) pour englober tous les peuples de la terre. En ce sens, nous pourrions
dire que la mission d’un Paul de Tarse vers les nations païennes est déjà
présente en germe dans cette Bonne Nouvelle entendue et comprise par chacun
dans sa langue propre. Tous nous entendons parler dans nos langues des
merveilles de Dieu. En Dieu, par le ministère de Jésus et par le don de l’Esprit
Saint, il n’y a plus d’étrangers, il n’y a que des frères et des sœurs rachetés
par le Christ, invités à vivre avec tous la Bonne Nouvelle. Accueillir l’Esprit
revient à accueillir l’humanité dans sa totalité et refuser de ne parler et ne
vivre qu’avec ceux et celles qui ont les mêmes origines que nous. Le don de l’Esprit
Saint, sans rien enlever à ce qui fait de nous êtres uniques, nous rend
pourtant semblables en ce sens qu’il nous fait frères et sœurs en Christ, mort
et ressuscité pour le salut de tous. Et c’est l’honneur de l’Eglise d’être le
lieu qui rassemble les enfants de Dieu dispersés.
La merveilleuse séquence de la
Pentecôte nous a fait chanter l’œuvre de l’Esprit dans notre vie. Il est celui
qui nous dispense les dons de Dieu, la lumière de nos cœurs, notre
consolateur, notre repos, notre réconfort. Il est celui qui lave en
nous ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guérit ce qui est blessé. Nous
retrouvons ici l’affirmation de Jésus dans l’Evangile : A qui vous
remettrez les péchés, ils seront remis. Il n’est pas de vie chrétienne qui
ne soit une vie dans la force de l’Esprit Saint. Ce serait nous illusionner
gravement que de croire que nous pouvons, par nos seules forces et notre seule
volonté, marcher à la suite du Christ, à la rencontre de Dieu, sans l’aide de l’Esprit
Saint. Il est à notre vie croyante ce que l’oxygène est à notre vie humaine :
indispensable, parce qu’il est le souffle de Dieu qui nous anime et nous fait
vivre. Il est celui qui nous fait respirer Dieu à chaque instant. Il est le don
ultime de qui vont jaillir toutes les grâces et toute la connaissance de Dieu. Il
nous pousse à faire le bien et à rejeter le mal. Nous devons tout à ce don.
En ce jour de la Pentecôte, demandons
à Dieu de renouveler en nous ce don de l’Esprit, pour que notre baptême en
reçoive une nouvelle jeunesse ; qu’il creuse en nous la soif de Dieu et le
désir de vivre avec lui aujourd’hui et toujours. Amen.
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