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Ce blog voudrait vous permettre de vivre un chemin spirituel au rythme de la liturgie de l'Eglise catholique.

Les méditations s'appuient soit sur les textes bibliques quotidiens, soit sur la prière de l'Eglise.

Puisque nous sommes tous responsables de la foi des autres, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Nous pourrons ainsi nous enrichir de la réflexion des autres.







mercredi 13 février 2013

Mercredi des Cendres - 13 février 2013

Croire, avec Joël, c'est revenir vers Dieu.



Voilà un carême qui aura un goût étrange. Il sera un temps de transition à plus d’un titre. Temps de transition parce qu’il nous mène du temps ordinaire que nous laissons ce soir au temps de Pâques que nous inaugurerons à la fin du mois prochain. Temps de transition encore puisqu’il nous permettra d’accueillir un nouveau successeur sur le siège de Pierre alors même que notre pape actuel est encore vivant. De quoi y perdre son latin. Il sera temps de transition aussi pour notre vie spirituelle si nous le vivons dans l’esprit annoncé par le prophète Joël : l’esprit de conversion, l’esprit d’un retour vers Dieu. En cette année de la foi, année qui veut nous faire redécouvrir ce qui fait notre foi, nous voici donc invités à revenir vers Dieu pour mieux croire.

Pourquoi revenir vers Dieu ? L’aurions-nous quitté ? Et quand ? Si l’appel du prophète Joël nous surprend, peut-être nous sommes-nous habitués à la présence de Dieu, habitués au point de ne plus le voir, de ne plus sentir le besoin de venir le voir, pour le rencontrer, lui parler, l’écouter. Nous comprenons alors le texte de Raymond DEVOS qui a ouvert notre célébration : l’homme existe, je l’ai rencontré. Quand l’homme s’habitue trop à Dieu au point de l’oublier, Dieu peut-il semblablement oublier l’homme qui ne le visite plus, qui ne lui parle plus, qui ne l’écoute plus ? Pouvons-nous perdre le goût de Dieu ? Dieu peut-il perdre le goût de l’homme ?

Certes, le mal que nous commettons nous éloigne de Dieu ; nous l’avons tous appris au catéchisme. Cela nous inquiète-t-il ? Cela nous dérange-t-il ? Ou est-ce simplement devenu quelque chose de normal ? Pire, quelque chose que nous ne croyons plus ? Il y aurait Dieu d’un côté, notre vie de l’autre, et entre les deux, un gouffre que rien ne peut combler ! Le temps du Carême que nous inaugurons ce soir vient nous redire que ce fossé peut être comblé, que Dieu nous attend toujours et qu’il jette sur les décombres de notre péché le pont de sa miséricorde : alors ce fossé qui nous tenait éloigné de lui devient pont de l’alliance, pont de la miséricorde, pont du retour vers Dieu. Le début de notre foi !

N’est-pas là, en effet, que commence la foi ? Lorsque, regardant ma vie et tout ce qui l’encombre, je fais le choix radical de me retourner vers celui qui ne me quitte jamais, m’attend toujours et espère le meilleur pour moi ? L’acte de croire commence par ce choix premier de remettre Dieu au cœur de ma vie. Aucune distance ne sera trop longue, aucun fossé trop profond, aucun péché trop grand au point de m’empêcher de revenir vers celui qui attend mon cœur contrit, mon désir sincère de vivre avec lui et pour lui. La conversion est toujours possible et ce temps du Carême se veut un temps privilégié pour effectuer ce retour, pour reprendre contact avec celui qui est la source de notre vie. Oui, Dieu nous attend, Dieu croit en l’homme qui croit en lui. Dieu espère l’homme qui espère en lui. Dieu accueille l’homme qui retourne vers lui. Rien ne pourra empêcher cette rencontre, si l’homme la désire.

Pour favoriser ce retour, trois chemins nous sont proposés par Jésus dans l’évangile : la prière, le jeûne et le partage. Non pas trois efforts à faire, mais trois moyens puissants pour combattre ce qui résiste en nous à l’amour de Dieu, ce qui résiste en nous aux appels de Dieu. La prière, conversation amoureuse avec la source de tout amour ; le jeûne, privation volontaire pour purifier notre corps et notre cœur et les rendre aptes à la rencontre avec Dieu ; le partage avec ceux qui ont moins de chance que moi pour retisser les liens d’une humanité créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Dieu nous offre ces moyens pour manifester notre désir de Lui, notre désir de rétablir des relations filiales vraies et sincères. Dieu nous donne tout quand il se donne à nous ; à nous de lui donner notre cœur et notre vie.

Dire : « Je crois », c’est donc accepter ce retour vers Dieu annoncé par le prophète Joël. Sans crainte, nous pouvons répondre à son appel, Dieu ne nous attendant pas pour nous juger, mais pour nous pardonner : il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour. Posons ce soir le premier pas d’une foi renouvelée en revenant vers Dieu et nous pourrons témoigner que Dieu existe, puisque nous l’aurons rencontré, et nous nous serons laissé aimer de lui. Joyeux retour vers Dieu à toutes et à tous. Amen.


(Dessin de Jean-François KIEFFER, Mille images d'évangile, Presse d'Ile de France)

vendredi 8 février 2013

05ème dimanche ordinaire C - 10 février 2013

Qui se laissera envoyer ?


Isaïe, Paul et Pierre. Trois personnages hors du commun que l’Eglise présente à notre méditation aujourd’hui. Trois personnages illustres, issus de milieu différents, mais qui ont en commun d’avoir été appelés par Dieu et d’avoir répondu positivement à cet appel. Trois personnages qui nous permettent d’entrer dans une attitude d’ouverture aux appels de Dieu.

Isaïe, d’abord. C’est un aristocrate juif qui a vécu dans les années 700 avant Jésus Christ. Son message est clair : devant les hésitations politiques des rois d’Israël, il annonce que seule l’Alliance avec YHWH peut sauver Israël du désastre. Face à l’orgueil de son peuple, Isaïe prêche vigoureusement la foi. Pourtant, ce n’était pas évident. Lorsqu’il reçoit la révélation de sa mission, il cherche à se dérober : mes lèvres sont impures. Il ne s’estime pas digne de la mission que Dieu veut lui confier. Devant la grandeur de Dieu dont il fait l’expérience dans un songe, Isaïe reconnaît son péché, sa petitesse : pour lui, l’honneur de parler au nom de Dieu est trop grand. Pourtant, il va accepter. Quand Dieu appelle quelqu’un, il lui donne aussi les moyens de sa mission. Isaïe est purifié par l’envoyé de Dieu. Désormais, il se laisse envoyer auprès de son peuple.

Paul, ensuite. Il est citoyen romain, issu d’une grande famille juive. C’est d’abord l’anti-chrétien fanatique qui, sur la route de Damas, rencontre le Christ. Une rencontre qui va bouleverser sa vie. Paul deviendra le modèle de tout missionnaire. Lui aussi aurait pu se dérober ; il avait de bonnes raisons pour cela. Je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Eglise du Christ. Mais, lui aussi va accepter : ce que je suis devenu, je le suis par la grâce de Dieu. Il reconnaît ce qu’il doit au Christ Sauveur qui s’est révélé à lui. Désormais, il n’y a rien de plus urgent que d’annoncer la résurrection de celui qui a offert sa vie par amour pour les hommes. Comment pourrait-il se taire, lui qui a bénéficié de ce salut ? Comment ne pourrait-il pas en faire profiter d’autres ? Malheur à moi, dira-t-il, si je n’évangélise pas !

Pierre, enfin. Celui que nous connaissons le mieux. Le professionnel de la pêche. Quand Jésus lui propose un stage de reconversion, il prend peur : éloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur ! Il reconnaît ainsi et la distance qui le sépare de Jésus et sa peur, ses doutes quant à son efficacité. Pierre, c’est aussi celui qui croyait tout savoir sur la pêche et qui reçoit une leçon d’un terrien qui n’y connaît rien : jette le filet, et tu verras ! Pierre, c’est celui qui croit et qui écoute cet inconnu. Pierre, c’est aussi celui qui trahira son ami par peur de la mort. Sois sans crainte ! N’aie pas peur ! Trois mots pour commencer ses années de compagnonnage, ses années de formation à l’école du Christ, pour lui permettre de devenir le prédicateur que l’on connaît !

Isaïe, Paul et Pierre. Trois modèles pour ceux qui sont invités à suivre le Christ d’une manière particulière pour annoncer sa Parole. Trois modèles pour rappeler que le travail est immense, souvent difficile, mais plein de joie et d’espoir parce que c’est Dieu qui mène la barque ! Trois vies d’hommes pour nous redire que nos petitesses, nos erreurs, notre péché ne sont pas un obstacle à la grâce de Dieu. Si c’est Dieu qui appelle, je ne peux que répondre dans la confiance : il me donnera la capacité à le suivre ; il mettra sur mes lèvres sa parole de vie ; il saura pénétrer mon cœur pour le rendre meilleur ! Saint Augustin déjà disait : Si Judas baptise, c’est le Christ qui baptise ! Comment dire mieux que l’envoyeur compte plus que l’envoyé ? Le Christ choisit qui il veut pour transmettre son Evangile aux hommes : il ne regarde pas la dignité de celui qu’il envoie, mais sa capacité à se laisser saisir par sa Parole, et à la laisser agir en lui.

Isaïe, Paul et Pierre. Trois hommes saisis par Dieu pour porter au monde l’annonce de sa Parole. Aujourd’hui encore, il y a des Isaïe, des Paul, des Pierre, appelés pour annoncer aux hommes l’unique évangile : Jésus, mort et ressuscité pour notre vie ! Sachons les accompagner et les encourager sur le chemin exigeant du OUI à Dieu. L’Eglise a plus que besoin que des jeunes s’engagent à être apôtre pour jeter sur le monde les filets de l’amour de Dieu. Le monde a plus que besoin d’entendre qu’il est sauvé et appelé à une vie plus grande et plus fraternelle. Plus que jamais, le Seigneur interroge : Qui enverrai-je ? Qui sera mon messager ? Plus que jamais, nous sommes invités à répondre aux appels de Dieu. Il a besoin de chacun de nous. L’Eglise a besoin de chacun de nous. Et particulièrement de prêtres pour que toujours soient manifesté la bonté, la patience et l’amour de Dieu. Qui se laissera envoyer ?

  (Image de Coolus, Blog du Lapin bleu)

samedi 2 février 2013

04ème dimanche ordinaire C - 03 février 2013

Bla, bla, bla ou Parole de Vie ?



Bla, bla, bla ! Tout ce que nous lisons ici, tout ce que nous avons appris ou apprenons encore au catéchisme, tout cela ne serait-il que du bla, bla, bla ? En préparant cette eucharistie, en mesurant pleinement ce qui se vit ou ne se vit pas justement dans l’Eglise, en relisant les paroles prononcées par les uns et les autres au sujet du mariage pour tous, je me dis quelquefois : bla, bla, bla ! A quoi bon prêcher encore puisque tout cela semble si difficile à vivre ?

Bla, bla, bla ! L’annonce de la Parole de Dieu ne serait-elle que du bla, bla, bla ? Jérémie aurait pu le croire, lui qui n’a jamais été écouté, lui qui devait toujours dire les choses désagréables que personne ne voulait entendre. Il ne faisait rien de mal, Jérémie, mais il ne plaisait pas. Aujourd’hui, on dirait qu’il a un problème de communication. On n’a rien contre lui, mais avec lui, on ne peut pas travailler ! On ne peut pas et on ne veut pas écouter ce qu’il a à dire. Et pourtant, Jérémie ne fait et ne dit que ce que Dieu lui demande : J’ai fait de toi un prophète pour les peuples ! Ne tremble pas devant eux. Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi car je suis avec toi pour te délivrer. Si cette promesse de Dieu était du bla, bla, bla, jamais Jérémie n’aurait prophétisé. L’appel de Dieu, il l’a pris au sérieux quel qu’en soit le prix à payer.

Bla, bla, bla ! La Bonne Nouvelle annoncée par le Christ lui-même, ne serait-elle que du bla, bla, bla ? A regarder la réaction de certains de ses auditeurs, on pourrait le croire. Ce qu’il dit est tellement dérangeant, qu’on veut le supprimer, de manière radicale. On ne peut pas l’écouter, on ne peut pas travailler avec lui. Voici qu’il nous met devant nos contradictions, nos limites et qu’il nous demande de les dépasser, de progresser. Pour qui se prend-t-il ? Pourtant on le connaît bien ! Pourquoi veut-il être plus que nous, mieux que nous ? Un jour, c’est sûr, ils auront sa peau. Trop dérangeant, trop différent. Quant à se dire Dieu, on attend autre chose de Dieu que ça !

Bla, bla, bla ! L’appel à la charité, que Paul adresse à la communauté qu’il a fondée, ne serait-ce que du bla, bla, bla ? Peut-on vivre seulement un tel amour ? Peut-on seulement vivre un amour qui supporte tout, endure tout, espère tout, fait confiance en tout et qui ne dit ni ne fait rien de mal ? Avec Paul, je veux continuer à croire que l’amour n’est pas une option ; je veux continuer à croire que, dans nos relations humaines, professionnelles ou paroissiales, c’est bien à quelque chose de cet amour-là que nous sommes appelés. La charité ne peut simplement devenir du bla, bla, bla. Je ne peux m’y résoudre, Paul lui-même rappelant que la charité ne passera jamais. Quand rien ne va comme nous le voudrions, n’oublions pas que la charité est aussi à vivre, est d’abord à vivre. Et en premier lieu avec celui que je trouve si différent, si dérangeant !

Célébrant l’eucharistie ce matin, voyons de quel amour nous sommes aimés. Voyons de quel amour nous devrions aimer ! Là devant la croix, devant l’autel où Dieu lui-même s’offre par amour de nous, nous trouverons la force d’aimer et de marcher malgré tout, ensemble, vers ce que Dieu nous promet. Devant la croix, devant l’autel, osons dire que tout cela, ce n’est pas du bla, bla, bla. Puisse Dieu renouveler en chacun de nous la puissance de son amour pour qu’autour de nous la charité ne passe jamais. Que toujours, il y ait suffisamment d’amour pour considérer les différences de l’autre comme une richesse et comme chance. Sinon toutes nos paroles ne seront vraiment que du bla, bla, bla. Amen.


(Photo : Christ Pantocrator, Plafond de l'église de Baia Sprie, Roumanie)

samedi 26 janvier 2013

03ème dimanche ordinaire C - 27 Janvier 2013

Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu !


Deux moments différents de l’histoire de l’humanité dans son rapport à Dieu nous sont présentés en ce dimanche et pourtant une même certitude les anime : Dieu est présent à son peuple. Deux moments qui, pour nous, sont une page d’histoire, certainement, mais qui nous concerne encore dans notre rapport à Dieu et dans notre manière de célébrer de jour consacré au Seigneur. 
 
Le premier moment nous est rapporté par cette belle page du livre de Néhémie. Elle se situe à un tournant de l’histoire de ce peuple qui a bien souffert. Néhémie est un personnage qui émerge après l’exil. Israël avait été battu militairement, Jérusalem et son Temple ravagés, et le peuple déporté à Babylone. En un mot, il ne restait rien de la foi de ce peuple ; il ne restait rien de son espérance ; il ne restait rien de son avenir. Le peuple a touché le fond, étranger dans une terre étrangère, ne pouvant plus célébrer son Dieu. 50 ans de captivité, puis l’espoir reprend avec le retour des premiers déportés, mais ce n’est plus pareil : Israël n’est plus libre, Israël est sous domination étrangère. Encore 93 ans, et c’est la première mission de Néhémie : il veut rebâtir Jérusalem. C’est dans ce cadre qu’est proclamé la Loi de Moïse, de l’aube jusqu’à midi. Sans doute a-t-il fallu cette épreuve de l’exil et de l’abandon pour que le peuple retrouve le sens de ce jour si particulier : Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Sans doute faut-il avoir touché le fond dans sa vie spirituelle pour mesurer l’importance de ce rappel adressé au peuple choisi par Dieu. De l’aube jusqu’à midi, le peuple se rassemble en une grande liturgie de la Parole. On est loin des cinquante minutes qu’on nous accorde royalement actuellement dans la plupart des paroisses pour célébrer toute la liturgie du dimanche ! Lorsque le peuple entend la Loi de Dieu donnée jadis à Moïse, il se met à pleurer : sans doute mesure-t-il à la fois la distance qui le sépare de cette Parole et la présence indéfectible de Dieu à son peuple. Peut-être se rendent-ils compte aussi que ce Dieu qu’ils ont cru absent et indifférent à leurs épreuves, les accompagnait en fait et attendait simplement un signe de leur part pour leur manifester à nouveau sa tendresse. Les péchés du peuple qui les avaient éloignés de Dieu et qui avaient entraîné l’exil, étaient maintenant lavés par ces larmes versés à l’écoute de la Parole. Dieu, par cette parole proclamée et reçue dans la foi, reprenait toute sa place dans le cœur et dans la vie du peuple qu’il s’était choisi. 
 
Pour vivre le deuxième moment de l’histoire de l’humanité dans son rapport avec Dieu, il faudra encore attendre plus de 400 ans et le début de la mission d’un certain Jésus, de Nazareth. Le pays est encore sous domination étrangère, mais la liberté religieuse est garantie par l’occupant. Le peuple n’en est plus à pleurer en écoutant la Parole de Dieu. Sans doute s’est-il trop habitué à elle ! Et voici que Jésus vient à la synagogue, celle de son enfance, celle où il a appris à prendre sa place dans la communauté croyante. Il lit un extrait du prophète Isaïe et commente : Cette parole que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ! A ceux qui pensaient que la domination étrangère qui se prolongeait excessivement était le signe que Dieu abandonnait encore son peuple, Jésus vient redire qu’au contraire, Dieu est toujours là, veillant et intervenant pour que, dès maintenant, la Bonne Nouvelle soit annoncée aux pauvres, les prisonniers soient libérés, les aveugles et autres malades, guéris. En un mot, dès aujourd’hui, les promesses de Dieu, transmises par les prophètes de jadis, se réalisent. Il suffit d’avoir les yeux fixés sur lui, Jésus, pour découvrir, dans son œuvre et ses paroles, la réalisation du projet d’amour de Dieu. C’était vrai au temps de Jésus ; c’est encore vrai aujourd’hui. 
 
Ces deux moments de l’histoire ont en commun de se dérouler lors d’une liturgie. Le peuple est rassemblé, au jour consacré pour le Seigneur, pour écouter sa Parole, renforcer sa foi, vivifier son espérance. En ce jour, le temps est suspendu : ne compte que le jour du Seigneur et l’hommage qui lui est dû. Nous sommes aujourd’hui au jour du Seigneur. Nous sommes rassemblés pour écouter sa Parole (ce que nous sommes entrain de faire) et pour recevoir de lui ce qu’il veut encore nous donner (ce que nous ferons durant le temps de l’eucharistie et de la communion). Pourquoi vouloir presser Dieu ? Pourquoi vouloir que tout se termine avant que Dieu lui-même n’en ait fini de nous prodiguer ses dons ? C’est tout ce jour qui est consacré au Seigneur, et l’eucharistie qui nous rassemble en est le sommet. Plus j’avance dans mon ministère, moins je comprends ceux qui réclament une messe ne dépassant pas 50 minutes grand maximum. Si la liturgie est d’abord l’œuvre que Dieu réalise pour nous, comment puis-je lui demander d’aller plus vite, parce que mon rôti n’est pas prêt ou parce que j’ai encore mille choses à faire, mille choses qui semblent bien plus importantes que d’être là, auprès de lui, à l’écouter, à manger avec lui ? L’Eucharistie est bien ce repas où Dieu lui-même nous invite : c’est lui qui nous rassemble, lui qui nous parle, lui qui nous sert à sa table. Lorsque vous êtes invités, pressez-vous vos hôtes d’en finir rapidement pour que vous soyiez de retour chez vous dans cinquante minutes ? Quand vous recevez des amis chez vous, acceptez-vous qu’ils vous pressent pour rentrer après 50 minutes ? 
 
Il nous faut cesse revenir à ce que l’Eglise nous propose de vivre dès lors que sonnent les cloches de nos paroisses. Il nous faut entrer dans un temps qui est hors du temps fixé par nos montres, et entrer dans le temps de Dieu. Certes, exception faite de la nuit pascale qui demande le temps de parcourir vraiment la Parole de Dieu, ce n’est plus de l’aube jusqu’à midi que nous nous rassemblons ; mais la Parole de Dieu, pour être célébrée, reçue et méditée demande un peu de temps, un peu de silence aussi pour qu’elle puisse porter du fruit. La liturgie n’est pas un atelier de collier de perles que l’on enfile les unes à la suite des autres, le plus vite possible, pour passer ensuite à autre chose. Célébrer demande du temps, des chants, des prières, de l’écoute et donc du silence, de la beauté et de la patience. Ce n’est pas une course que l’on voudrait finie avant même qu’elle n’ait commencé. Chaque moment a son importance, chaque geste sa signification profonde qu’il nous faut réapprendre pour ne pas être saisi d’impatience quand on a l’impression qu’il ne se passe rien. Les maîtres de vie spirituels nous apprennent d’ailleurs que c’est souvent dans ces riens que Dieu agit le mieux, que Dieu agit le plus. 
 
Que nous soyons prêtres, religieux ou religieuses, acteurs de la liturgie ou paroissiens de base, l’impatience du dimanche matin peut nous guetter tous. Ne nous habituons pas à célébrer trop vite ; ne nous contentons pas de venir pour assister à quelque spectacle sacré (le prêtre et les servants d’autel quand il y en a, ne jouent pas une pièce de théâtre : ils servent votre prière). Ne demandons pas à l’Eglise d’entrer dans notre temps qui galope et qui toujours nous manque, mais acceptons d’entrer dans le temps de l’Eglise, le temps de Dieu pour qui mille ans sont comme un jour. Je laisse aux mathématiciens le temps de calculer ce qu’il nous faudrait comme temps pour obtenir 50 minutes pour Dieu et je vous promets que notre eucharistie sera finie bien avant. En attendant, profitons de ce temps avec lui puisque ce jour est un jour consacré au Seigneur notre Dieu. Amen.                   
 
(Dessin de Gustave DORE, Esdras montre le livre de la Loi)

dimanche 20 janvier 2013

02ème dimanche ordinaire C - 20 janvier 2013

Le signe de Cana.
 
 
Le signe de Cana, est-ce vraiment un signe de Jésus ? Pourquoi ce signe ? Et comment ce signe nous concerne-t-il aujourd’hui ? Trois questions que je voudrais reprendre avec vous ce matin. 
 
A qui donc attribué le signe de Cana ? La présence de Jésus explique-t-elle à elle-seule la transformation de l’eau en vin ? A y regarder de près, la réponse n’est pas évidente. Jésus ne pose pas de geste mystérieux,  il n’y a pas de hocus-pocus ou quelque autre formule magique, même pas un « je le veux ! » comme dans tant d’autres signes posés par lui. En fait, le signe de Cana devient possible parce qu’à l’origine, il y a une femme qui voit (Marie lui dit : « ils n’ont plus de vin »), deux ordres de Jésus (remplissez ces cuves ; puisez et portez au maître du repas) et des serviteurs qui obéissent. Si Marie n’avait pas vu que la fête allait s’achever par manque de vin, Jésus aurait-il eu l’idée du signe ?  Si les serviteurs n’avaient pas obéi et puisé l’eau, les jarres se seraient-elles rempli toutes seules ? Si Jésus n’avait pas été présents, l’eau puisée par les serviteurs auraient-elles été transformées ? Auraient-ils seulement eu l’idée d’aller puiser de l’eau ? Bien sûr, nous n’en savons rien, mais le questionnement nous permet de comprendre la particularité de ce signe sur tous les autres signes. Il est non seulement le premier signe de Jésus, mais il est aussi celui qui requiert plus que la simple présence de Jésus : il requiert le concours des hommes et de Marie. Chacun à sa place, chacun selon son charisme propre, a permis que le vin de la fête coule à flot. La présence et l’attention discrète de Marie ont été utiles à la réalisation du signe ; la présence et l’obéissance des serviteurs ont permis au signe d’être posé ; la présence et la parole assurée de Jésus ont parachevé l’œuvre de tous. 
 
Nous voici donc amené à la deuxième question : pourquoi ce signe ? Pour que la fête continue. Là où Jésus est présent, il y a de la joie. Là où Jésus est présent, il y a le salut pour tous. Le premier signe de Jésus est un signe annonciateur, programmatique : il nous dit pourquoi celui-là est venu dans le monde. Il est venu porter la joie aux hommes ; il est venu introduire les hommes dans une alliance nouvelle ; il est venu réaliser les épousailles entre Dieu et l’humanité, comme l’avait promis Isaïe. Il est lui, l’époux qui vient faire la joie de sa fiancée. Dès le début de sa mission, il annonce ainsi ce que sera sa vie, ce que sera notre vie si elle est vécue dans l’obéissance au Christ. Et la profusion de vin annonce déjà son sang qui coulera pour le salut de toute l’humanité. Libérée du péché et de la mort par le sang versé du Fils unique de Dieu, l’humanité sera pleinement sauvée et vivra de ce bonheur que Dieu seul peut offrir. Un bonheur durable et profond, qui n’est pas fait de ces sourires de façade que les hommes aiment tant recevoir. 
 
Comment aujourd’hui recevons-nous cette promesse de bonheur ? Comment pouvons-nous aujourd’hui savoir que le temps de la joie est bien venu ? En participant vraiment à l’eucharistie. Là se joue à perpétuité les noces de Dieu et de l’humanité. Quand le prêtre traverse son peuple, c’est le Christ qui s’avance en lui. Quand nous chantons Dieu, c’est bien la joie des noces qui est chantée. Quand nous tournons nos cœurs vers le crucifié en demandant son pardon, c’est bien cette alliance nuptiale que nous voulons réitérer. Lorsque nous écoutons les textes sacrés, c’est bien la parole de Dieu qui retentit et nous entrons en dialogue d’amour avec lui. Quand nous approchons de l’autel, c’est bien à la table des noces que nous prenons place ; et là coule le vin de la fête ; et là est donné le pain du salut. Et quand nous quittons l’église, c’est bien encore avec notre époux, le Christ, que nous repartons dans la vie annoncer les merveilles que Dieu fait pour nous. L’eucharistie est bien le lieu où s’accomplit pour nous, chaque dimanche, le signe de Cana, le signe de notre salut, le signe du bonheur éternel qui nous est donné. 
 
Mais comme jadis à Cana, il ne suffit pas que le Christ s’offre sur l’autel de l’Eucharistie. Il faut encore qu’il y ait des hommes et des femmes pour accueillir ce signe, pour permettre à ce  signe d’être efficace pleinement. A quoi cela sert-il que le Christ s’offre, s’il n’y a personne pour vivre de ce don ? Avons-nous le désir de cette joie que Dieu seul peut nous donner ? Avons-nous le désir de goûter ce vin de la fête sans cesse versé ? Avons-nous le désir d’épouser Dieu ?

(Dessin de Coolus, Blog du lapin bleu)

samedi 12 janvier 2013

Baptême du Seigneur - 13 janvier 2013

Notre filiation divine.


Avec la fête du baptême de Jésus, nous clôturons le temps de Noël. Dès lundi, nous retournerons au temps ordinaire, pour tenter d’y trouver la trace du passage de Dieu au cœur de notre vie. Mais, aujourd’hui, une dernière fois, l’occasion nous est donnée de bien comprendre ce qui s’est joué en cette sainte nuit, où Dieu est devenu l’un de nous. Les lectures que nous avons entendues nous sont familières : elles nous ont, en effet, déjà accompagné durant le temps de l’Avent et les fêtes de Noël. Aujourd’hui, je voudrais m’attarder sur l’épître à Tite dont nous avons entendu un extrait en seconde lecture.

Le passage entendu commence par une évidence paulinienne : Dieu a manifesté sa grâce pour le salut de tous les hommes. Lorsque Dieu paraît, c’est bien pour l’humanité entière, quelles que soient la race, la couleur de peau, les croyances. Dieu vient par grâce (c’est-à-dire gratuitement !) pour notre salut. Il nous faut donc apprendre à accueillir cette grâce. Et peut-être est-ce là déjà que les choses se compliquent : car, si Dieu vient à l’homme, l’homme n’a pas forcément envie d’être visité par Dieu ! La grâce de Dieu ne pourra donc agir que si l’homme s’ouvre à elle, accepte ce Dieu qui vient à sa rencontre. En d’autres termes, il faut que le désir de Dieu de sauver l’homme trouve écho dans le désir de l’homme d’être sauvé. C’est le premier défi de la foi : accepter Dieu tel qu’il est, entrer dans son projet d’amour pour nous. La foi est donc nécessaire au salut. Dieu ne peut pas, malgré sa toute puissance, sauver l’homme malgré lui ! Dieu ne peut pas obliger l’homme à croire en lui.

Paul poursuit en indiquant que celui qui accueille la grâce de Dieu, celui-là apprend à rejeter le péché, à faire ce qui est bien, selon le dessein de Dieu. Ce n’est donc pas l’homme qui pose des actes extraordinaires pour manifester sa foi ; c’est sa foi qui le transforme, qui transforme sa manière d’être et de vivre. Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui pensent qu’il suffit de vivre en homme juste. Ce ne sont pas nos actes qui nous justifient ; ce ne sont pas nos actes qui manifestent notre foi. C’est notre foi qui nous sauve ; c’est notre foi qui nous fait poser des actes en conformité avec ce que nous croyons, parce que par la foi, nous nous soumettons au désir de Dieu et nous y répondons. Vivre en homme juste ne fait pas de nous forcément des croyants ; mais vivre en croyant fait obligatoirement de nous des hommes justes, parce que la grâce de Dieu agit en nous qui l’avons reçue au cœur de notre vie.

Cette grâce s’active par le sacrement du baptême qui nous incorpore au Christ Sauveur et nous identifie à lui ; elle se fortifie par les autres sacrements, en particulier celui du pardon et de la réconciliation qui nous fait retrouver l’image et la ressemblance de Dieu que notre péché, nos éloignements, nos refus momentanés de la grâce avaient estompé ; la grâce se nourrit aussi du sacrement de l’Eucharistie, Pain des forts, Pain du ciel, toujours offert à celui qui veut grandir en sainteté et recevoir de Dieu ce qu’il veut nous donner. Sans les sacrements, la foi ne peut ni grandir, ni s’épanouir. Sans la participation à une vie de communauté, la foi se meurt. C’est bien pour cela que nous sommes invités, fermement, à la pratique dominicale régulière. Il y va de notre vie ! Elles sont nombreuses, les références bibliques et ecclésiales qui insistent sur cette rencontre unique avec les frères et avec Dieu. Un chrétien qui veut vivre son baptême véritablement ne saurait s’en passer ! C’est bien, en effet, dans notre attachement à la communauté des frères et par notre participation à sa vie, que nous manifestons le mieux notre ouverture à la grâce, notre accueil de sa Parole, notre désir de vivre unis à des personnes que nous ne choisissons pas, qui nous horripilent quelques fois, mais que Dieu lui-même place sur notre route pour nous dire sa présence, sa patience, son amour.

En célébrant cette eucharistie, ayons à cœur de redire à Dieu notre attachement à lui, notre désir d’écouter et de suivre le Christ. Par son baptême, il nous indique que ce chemin commence par la conversion, passe par la croix pour aboutir à la gloire de la résurrection. Par son baptême, il nous ouvre à la filiation divine. En recevant le corps et le sang du Christ, ayons bien conscience que Dieu renouvelle pour nous, aujourd’hui, le mystère de sa venue en nos vies pour nous transformer et nous faire vivre de son Esprit. C’est ainsi que nous progresserons vers le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur ! Amen.
 (Image de Gustave DORE, Le baptême de Jésus)


vendredi 4 janvier 2013

Epiphanie - 06 janvier 2013

Aujourd'hui, Seigneur !

Tout ceci, tout ce que nous célébrons en ce temps de Noël, ne sont-ce que de belles histoires ? N’y aurait-il donc pas quelque vérité cachée dans cette belle histoire d’hommes venus de loin, suivant une étoile dans le ciel, cherchant le roi qui vient de naître dans le palais d’Hérode avant de finalement s’agenouiller devant un enfant humble, né dans une étable ? La naissance de Jésus, son Epiphanie : belles histoires pour enfants sages ? C’est chaque année, pratiquement, que revient ce questionnement, parce que chaque année, il y a au moins un enfant inscrit au catéchisme qui finit par avouer, qu’à la maison, maman ou papa lui a dit que ce n’était pas vraiment sérieux ; et voilà le petit Jésus rangé avec Blanche Neige et Cendrillon, dans le même livre ! C’est à se demander si les gens ne font pas simplement plaisir au curé et aux catéchistes à Noël en venant aux diverses célébrations : vous comprenez, ce sont les seuls à y croire encore : on ne va pas les décevoir, à leur âge !

Et pourtant, n’est-ce pas vrai que Dieu, en Jésus, s’est fait l’un de nous ? Ne savons-nous plus lire les signes qui nous sont donnés, comme jadis ces mages, venus d’Orient, ont su lire un signe dans le ciel (une étoile qui se levait) et se mettre en route pour voir et comprendre ? Il ne nous est donné rien de plus que jadis : un enfant couché dans une mangeoire dans lequel nous sommes invités, à la suite des mages,  à adorer notre Dieu, acclamer notre roi et reconnaître notre Rédempteur ! Un enfant que nous avons à accueillir dans notre vie, à laisser grandir pour qu’il puisse nous élever au rang même de Dieu. Cet enfant, en qui même les païens peuvent reconnaître leur Sauveur, est venu pour le salut de tous : pour le salut de son peuple, pour le salut de tous les peuples représentés par ces étrangers. La prophétie d’Isaïe (les nations marcheront à ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore) est réalisée. Autour de cet enfant, l’humanité peut retrouver son unité, chacun peut reconnaître en l’autre, en l’étranger, un frère à aimer parce qu’aimé de Dieu même. Ce n’est pas une belle histoire ; c’est l’histoire réelle de l’alliance entre Dieu et l’humanité. Et cette alliance, en Jésus, est pour tous et pour tous les temps.

Si nous acceptons que toutes ces histoires ne sont pas seulement de belles histoires, il nous faut alors faire un pas de plus, et affronter une autre question : tout ceci, tout ce que nous célébrons en ces jours, ne serait-ce qu’un anniversaire alors ? Ne célébrons-nous que des événements du passé, comme nous célébrons la victoire de telle ou telle bataille, la fondation de notre république ou que sais-je encore ? Bref, Noël, l’Epiphanie, une belle page de l’Histoire de l’humanité dont nous nous souvenons simplement. Il n’y aurait nul besoin de croire ; c’est une commémoration. On ne nous demande pas de croire à la révolution pour célébrer le 14 juillet ! C’est un événement marquant de notre histoire. De même, Jésus, du moment que l’on admet son historicité, ne serait alors qu’un grand homme dont nous pouvons sans honte nous souvenir. Nul besoin de croire en lui pour reconnaître l’héroïcité de sa vie, pour reconnaître qu’il a marqué l’histoire de l’humanité.

Pourtant, l’essence même de la liturgie, c’est de nous faire participer, non pas à un anniversaire des événements que nous célébrons, mais bien à l’aujourd’hui de cette histoire, à l’aujourd’hui de la naissance de Jésus, à l’aujourd’hui de son Epiphanie. La prière d’ouverture le souligne bien : Aujourd’hui, Seigneur, tu as révélé ton Fils unique aux nations ! La bénédiction solennelle le redira avec force : Aujourd’hui, le Christ s’est manifesté au monde. Aujourd’hui ! Un petit mot qui change tout. Un petit mot qui nous situe dans cette alliance avec Dieu ; un petit mot qui nous place, avec les mages, dans ce peuple d’étrangers qui reconnaît Jésus comme Dieu, Sauveur et Rédempteur ! Non, ce n’est pas une belle histoire pour enfant sage ! Non, ce n’est pas qu’une histoire du passé ! Noël, l’Epiphanie, c’est notre salut qui se joue aujourd’hui ! C’est pour notre temps, notre vie, notre salut d’aujourd’hui, que Dieu prend chair et se révèle à tous, nous y compris. Ce n’est ni notre passé qui est célébré, ni notre avenir qui est projeté : ce qui se joue, c’est notre aujourd’hui avec Dieu. Dieu n’est ni du passé, ni pour l’avenir seulement ! Dieu, c’est aujourd’hui qu’il choisit de vivre avec nous ; c’est aujourd’hui qu’il choisit de se montrer à nous et à tous ; c’est aujourd’hui qu’il se propose de conduire notre vie vers un à venir. C’est donc aujourd’hui qu’il me faut lui répondre. Je peux choisir Dieu aujourd’hui, fort de ce que je sais de notre passé, de ces alliances sans cesse reproposées par Dieu ; je peux choisir Dieu aujourd’hui, les yeux fixés vers l’avenir qu’il me promet : voir Jésus, le Christ, au terme de ma route ici-bas ; contempler enfin celui que j’aurai cherché et accueilli dans cet enfant.

Ne cantonnons pas Dieu dans un passé qui serait révolu ; ne l’enfermons pas dans un avenir lointain : c’est aujourd’hui qu’il vient à nous ; c’est aujourd’hui qu’il nous sauve ; c’est aujourd’hui que nous devons le chercher, le trouver et le suivre. Amen.

(icône de l'église orthodoxe de Zagreb, Croatie)